jeudi 5 juillet 2012
Didier Le Bret, pa m' se pa m'.
Kreyol palé, kreyol konpran n'.
J'emprunte le titre de la "toun" (chanson) du chanteur Marc-Yves Volcy (*) pour répondre à l'ambassadeur Didier Le Bret: «pa m' se pa m».
J'emprunte aussi les paroles de la chanson pour répondre à l'ambassadeur en la circonstance.
En voici un extrait:
«kouzen mwen se yon gason ki fen
koutwazi nan men n' se pa monnen
rann sèvis l' chanje sa an plezi
se pou sa l' menm anvi di ou mèsi
kouzen mwen p' ap di ou anyen k'pa sa
santiman l' konn sa sa vle di sa
pa bokit li pot bel kalite
sèl defo l' pedan dènye degre
pi misye yon ti jan lèd
mwen di ou li lèd
se kòmsi l' fè ekspre li pran pwen l' pran remèd
misye lèd li lèd li lèd
men pa di avè m'
pa m' se pa m
pa m' se pa m
pa m' se pa m.»
J'ai aimé les réflexions de Louis Calvet exprimées dans sa lettre ouverte à Monsieur Frantz Duval, rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste, publiée le 28 juin 2012.
Monsieur Calvet commence sa lettre ainsi:
«Concernant l'incident Jean-Claude Duvalier/ambassadeur de France, je vous fais parvenir ces réflexions parce que j'estime que, par-delà Duvalier, c'est le pays tout entier qui est victime de l'affront fait à un ancien chef d'Etat jusqu'à présent pas légalement déchu de ses droits civils et politiques. »
Cliquez sur le lien suivant pour la lire la suite:
lenouvelliste.com/ Louis Calvet/ Autour de l'incident impliquant l'ex-président à vie Jean-Claude Duvalier et l'ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret.
______________________
(*) Marc-Yves Volcy, Coffret de quatre CD sous le titre "À flots et à délire Kat kabès", quatrième CD, plage 5.
lundi 18 avril 2011
Michel Martelly songe à amnistier Duvalier et Aristide
Par Vincent Marissal
La Presse
Le nouveau président d'Haïti, Michel Martelly, ne prendra pas de décisions précipitées dans le cas des anciens présidents Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide, mais il songe à leur accorder une amnistie dans le but, dit-il, de favoriser le processus de réconciliation dans son pays durement éprouvé.
Dans une entrevue exclusive à La Presse, via Skype, le populaire chanteur qui deviendra officiellement président dans les prochains jours, dit avoir un «plan pour l'avenir, pas pour le passé», tout en précisant qu'il respecte la douleur des victimes de ces régimes.
Cette position risque de faire des remous, en particulier auprès des centaines de Québécois d'origine haïtienne qui ont dû fuir leur pays pendant les années Bébé Doc (de 1971 à 1986), le plus souvent après avoir été arrêtés, torturés, menacés. Ces gens s'organisent pour faire condamner l'ancien dictateur, une démarche soutenue, notamment, par l'organisme Human Rights Watch.
On accuse Jean-Claude Duvalier d'être responsable de milliers de morts et de disparitions. À son retour à Port-au-Prince, en janvier, il a été accusé formellement de corruption et de détournement de fonds. Il a toutefois été relâché.
En entrevue, le président Martelly promet par ailleurs de mettre fin à des décennies de corruption et de gaspillage pour redonner confiance à son peuple et à la communauté internationale.
Il appelle en outre la diaspora haïtienne à revoir sa relation avec la mère patrie et reconnaît que les dirigeants de son pays ont cruellement manqué à leurs obligations dans le passé.
Voici, en blocs distincts, résumant les immenses défis qui se dressent devant Haïti, les réponses, le plan et la vision de son nouveau président.
1. Reconstruire le pays
Avant le tremblement de terre de janvier 2010, Haïti représentait déjà un défi incommensurable. Alors, maintenant, avec la dévastation en plus, peut-on encore y croire? Par où commencer?
«Les priorités sont multiples, reprend M. Martelly. On parle d'éducation, de relocalisation de ceux qui vivent sous les tentes, de la relance agricole, de la faim, de la crise alimentaire, de l'accès inexistant à la santé...
«Pour moi, le plus important, c'est de parler de la confiance qui n'existe plus entre la population et l'État et avec les partenaires d'Haïti. Il est impératif de rétablir cette confiance de telle sorte que l'on donne courage et force à la population. Redonner aussi confiance aux amis et partenaires d'Haïti parce que ça fait longtemps qu'ils se penchent sur la cause haïtienne et, malgré tout, on tarde à voir des résultats. On se demande même si c'est fait exprès. Et finalement on a réalisé que c'est le leadership haïtien qui n'a jamais donné la priorité aux intérêts d'Haïti, qui n'a jamais voulu donner ce développement durable, ce qui fait que l'on doit aujourd'hui vivre d'assistanat.»
Et que dites-vous aux Québécois qui pensent que ça ne vaut plus la peine de donner de l'argent à Haïti, que c'est un trou sans fond?
«D'abord, je leur dis merci d'avoir essayé, d'avoir fait ça avec leur coeur. Je connais bien l'amour que les Québécois et les Canadiens ont pour Haïti et je comprends aussi leur déception, parce qu'ils voudraient tous voir Haïti changer un jour.
«Je veux leur dire qu'Haïti va changer.
«Je veux voir Haïti progresser et non plus seulement collecter de l'argent. Cela m'intéresse beaucoup plus d'inviter les partenaires à faire des dons d'infrastructures, des hôpitaux, des centres de santé, des bibliothèques, de la machinerie agricole et mettre sur pied une structure de contrôle. Je suis beaucoup moins pour l'argent que pour les résultats.»
«On apporte une garantie: nous avons la bonne volonté. Sous ma présidence, la corruption ne sera pas de mise (...). Je vous garantis des résultats.»
2. Reprendre sa place et ses responsabilités
Qui doit diriger le colossal effort de reconstruction? La communauté internationale, Bill Clinton, le gouvernement haïtien?
«C'est le gouvernement haïtien qui doit mener, qui doit prendre sa place dans la reconstruction. Haïti est un pays libre et indépendant et a un président fraîchement élu. Il s'agit de donner la priorité aux besoins de la population.
«Il y a eu des doutes par le passé et parfois, par manque de confiance, on a même décidé pour Haïti. L'opinion des Haïtiens n'a pas toujours compté. Même au sein de la CIRH (Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti), la représentation haïtienne était presque inexistante. Les projets sont choisis par la partie étrangère. Les Haïtiens ont été le problème par le passé, mais maintenant c'est une nouvelle approche. On est conscients d'être allés à reculons.»
3. Trop d'ONG, trop peu de surveillance
«La communauté internationale a tout essayé pour aider Haïti, mais malheureusement, la corruption, le manque de transparence, le manque de cadre. Ça n'a pas toujours marché, ce qui a donné naissance à cette vague d'ONG qui sont sur le terrain et qui reçoivent beaucoup plus d'argent que l'État haïtien.
«Ce qui fait que les institutions sont faibles et que les ONG ont beaucoup d'argent. Malheureusement, elles ne répondent à personne, on ne leur pose pas de questions et elles agissent comme elles lde veulent dans n'importe quelle zone. Il faudrait blâmer l'État parce qu'il autorise les ONG. L'État aurait pu au moins superviser ces ONG et s'assurer qu'elles oeuvrent dans des endroits bien précis et que leurs programmes intègrent un plan national. Je blâme le leadership haïtien et le manque de volonté et de transparence. Cela va changer dès que nous serons installés.»
4. Les cas Bébé Doc et Aristide
Que faire des anciens présidents Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide récemment rentrés au pays, ravivant de douloureux souvenirs dans la population en plus de soulever des questions juridiques cruciales? Doit-on les arrêter et les juger pour les exactions et les fraudes commises sous leur présidence?
«Leur cas n'est pas aussi particulier que vous le pensez. La Constitution d'Haïti ne prévoit pas l'exil. Alors, ils sont bel et bien chez eux et je leur dis bienvenue. S'ils ont eu des problèmes ou s'ils ont mal agi par le passé, cela a à voir avec la justice.
«Je leur dis bienvenue et nous prônons la réconciliation et l'inclusion. Il ne s'agit pas de prôner l'idéologie. Mon gouvernement a un plan pour l'avenir. J'ai toujours évité de planifier sur le passé. Je dirais tout simplement que nous pourrons éventuellement penser à ça (l'amnistie) dans la mesure où ceux qui ont été blessés dans le passé comprennent la nécessité de se réconcilier. Avant de penser à ça, il faut faire un travail de sensibilisation et de réconfort pour comprendre les victimes et respecter leurs sentiments.
«Donc, on ne s'empressera pas de prendre des décisions, mais la tendance veut que je penche du côté de l'amnistie et de la clémence, de sorte que l'on puisse penser à demain et non pas au passé. Mais il faudra toujours tenir en compte du passé pour ne pas répéter les erreurs.»
5. Un nouveau rôle pour la diaspora
«La diaspora haïtienne envoie plus de 1 milliard et demi par année à des proches restés au pays. Un «apport considérable», mais mal dirigé et peu efficace.
«Cet argent arrive à coups de 100$ par personne ou 200$ par semaine. Il n'est pas utilisé pour des projets qui apporteraient le développement durable dans certaines villes. Je propose de créer une équipe qui prendra contact avec la diaspora, représentée elle aussi par une équipe, et ces deux équipes pourront travailler ensemble à des projets qui apporteraient du développement durable.
«La diaspora a un rôle à jouer. Elle doit revenir chez elle. Elle a eu peur de revenir à cause de l'insécurité. Le premier rôle serait d'être les premiers touristes, dont on a tellement besoin. Elle pourrait donner l'exemple. Elle pourrait aussi venir avec des projets solides qui puissent faire une différence. Il ne s'agit pas de payer l'écolage (NDLR: droits de scolarité) des petits ou d'envoyer 100$ pour la mangeaille.
«Parce qu'à ce moment-là, on ne voit pas les faits de cet apport. Je suggère que cette diaspora se constitue en force et que cela donne quelque chose de tangible.»
6. Message au prochain premier ministre canadien
«Il y a toujours eu une histoire d'amour entre Haïti et le Canada et je souhaite que le prochain premier ministre s'assure que les relations restent les meilleures. Je vous dis en plus merci pour toute l'assistance que votre pays a apportée par le passé et nous allons travailler à ce que vous ne regrettiez plus d'avoir fait tous ces efforts pour Haïti.»
mercredi 23 février 2011
Haïti: un procès contre Duvalier "pas possible", selon ses avocats
PORT-AU-PRINCE (AFP) — Un procès contre l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, que ce soit pour crimes contre l'humanité ou corruption, n'est "pas possible", ont déclaré mardi les avocats de l'ancien "président à vie", revenu au pays après 25 ans d'exil.
Jean-Claude Duvalier, revenu en Haïti le 16 janvier, a dirigé le pays entre 1971 et 1986, date à laquelle il s'est exilé en France. Il est inculpé de corruption, détournements de fonds et association de malfaiteurs par la justice haïtienne. Des victimes de son régime ont déposé une vingtaine de plaintes contre lui.
"Pour les mêmes faits reprochés aujourd'hui à M. Duvalier, et malgré la prescription, la justice haïtienne s'est déjà prononcée en 2001 et a innocenté l'ex-président", a relevé Me Frizto Canton un de ses avocats s'appuyant sur un jugement qui, selon lui, aurait été rendu par la Cour de Cassation haïtienne.
L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a dernièrement appelé à la tenue en Haïti d'un procès équitable contre Duvalier.
"Je voudrais qu'on puisse laisser M. Duvalier en paix et qu'il puisse vivre tranquillement dans son pays", a lancé l'avocat lors d'un point de presse pour présenter le dossier judiciaire de "Baby Doc". Il a mis en garde contre toute tentative de "juger un homme à la place d'un régime".
Rejetant les arguments avancés par le procureur d'Haïti pour poursuivre leur client pour crimes contre l'humanité, les avocats de M. Duvalier ont répondu que la législation haïtienne ne reconnaissait pas cette notion et que les conventions internationales en la matière n'ont pas été ratifiées par Haïti.
"Un procès contre Duvalier pour crimes contre l'humanité n'est pas possible en Haïti, compte-tenu du fait que nous n'avons aucune législation" en la matière, a martelé Me Alix-Aurélien Jeanty.
Reynold Georges, un troisième défenseur, a dénoncé "des persécutions" contre M. Duvalier, faisant allusion à un appel de victimes de son régime qui ont demandé au président René Préval et au ministre de la Justice de mettre l'ex-dictateur en prison.
"Le gouvernement ne peut pas ordonner à la Justice d'incarcérer le président Duvalier. La justice est indépendante de l'Exécutif", a-t-il soutenu.
lundi 7 février 2011
Entretien avec le Président Jean-Claude Duvalier
Q.- Quelles sont les circonstances ayant entouré votre départ du pouvoir le 7 février 1986?
R.- Si vous aviez la chance de lire ou d’écouter mon dernier message du 7 février 1986, vous auriez une idée très claire de ces circonstances.
En politique, il faut savoir se retirer à temps ; et pour moi qui ai vécu quinze ans sans tumulte aucun avec le peuple haïtien, le fait d’un soulèvement populaire dans deux ou trois villes de Province, dirigé contre mon gouvernement, me paraissait suffisant pour partir et, après maintes réflexions, j’ai décidé de partir, à la stupéfaction de mes collaborateurs, de mes partisans, des membres de ma famille et même de l’opposition, pour ne pas ralentir les efforts de développement qui étaient en cours. Croyez-moi, ma mère ne l’a su qu’au soir du 6 février.
Menm Manmanm ce nan nwit 6 fevrye a li konnen nou prale!
Q.- Avez-vous été contraint de quitter le pays?
R.- Je crois avoir déjà répondu à cette question. C’est non. Maintenant, si vous voulez me demander si j’avais les moyens de garder le pouvoir, en 1986, bien sûr que oui. Rappelez-vous que j’étais Chef Suprême et Effectif des Forces Armées et des Volontaires de la Sécurité Nationale. Si j’étais le dictateur que l’on prétend, je n’aurais eu qu’un seul mot à dire pour rétablir l’ordre. Je n’ai rien fait de tel. Souvenez-vous que deux écoliers sont tombés aux Gonaïves et un autre jeune au Cap-Haitien. Pour moi, c’était déjà trop. Je salue respectueusement la mémoire de ces jeunes gens tombés trop tôt. L’un d’eux, aux Gonaïves, était le fils d’un brave VSN et celui du Cap-Haitien, était un proche parent d’un officier de la Garde Présidentielle attaché à ma sécurité personnelle. Machination ou pas, je vous laisse le soin d’en juger. De toute façon, parmi les nombreuses options ouvertes devant moi, j’ai préféré laisser le pouvoir à un conseil civilo-militaire que j’ai constitué afin de hâter un règlement pacifique de la crise.
Q.-Quel rôle l’international a-t-il joué dans votre départ?
R.- Aucun. Sans doute vous posez cette question dans un contexte post-duvaliériste. Nous avons traité différemment avec l’international.
Epòk mwen tap Gouvène peyi-a relasyon-m te genyen ak entènasyonal la se pa menm relasyon ki egziste jodi a.
Quand j’ai décidé vraiment de partir, j’ai invité Jeudi 6 février, vers sept heures du soir, respectivement l’Ambassadeur de France et celui des Etats-Unis, à me rejoindre au Palais National et là, je leur ai fait part de ma décision de démissionner. J’ai sollicité de l’Ambassadeur américain, de me faire trouver, si possible, un moyen de transport. Un avion militaire m’a été gracieusement envoyé.
Q.- Certains reproches sont adressées au régime de Duvalier, notamment le bâillonnement de la presse, la restriction des libertés individuelles et d’associations, la corruption, les tortures et assassinats politiques. Prenons un à un ces reproches.
R.- Je préfère répondre globalement à cette question.
Rétrospectivement, le plus grand reproche que l’on puisse adresser à mon gouvernement c’est de n’avoir pas organisé des simulacres d’élections présidentielles tous les quatre ans, cinq ans ou six ans. J’avais une vision plus sérieuse de la démocratie. Et je voulais ramener tout mon entourage à cette vision sérieuse, dans un esprit de consensus. Malheureusement, les choses politiques prennent du temps en Haïti…
En matière de démocratie, si votre modèle est la France ou les Etats-Unis par exemple, tous les reproches vous sont permis. Si, au contraire, vous prenez d’autres exemples comme le modèle cubain très populaire en Haiti, je souhaiterais que l’on m’explique sincèrement en quoi ce pays ami est-il une démocratie par rapport à mon gouvernement qui, progressivement, s’ouvrait à l’opposition au point qu’un bon nombre de mes opposants sont devenus ministres, ambassadeurs ou ont été recrutés comme techniciens dans mon gouvernement…
A entendre les complaintes de mes adversaires, je me suis demandé si la seule façon de passer à leurs yeux pour un vrai démocrate n’était pas, en fin de compte, de me laisser abattre ou de leur laisser le pouvoir…Et jusque là, ils en ont fait quoi ?
Ki sa yo fè avec pouvwa sa-a
On semble dénier à mon gouvernement même le droit d’avoir maintenu la paix des rues et d’avoir pourchassé des poseurs de bombes ou des dealers de drogue!
Je sais qu’il y a eu des dérives ; encore une fois je les regrette amèrement ! Je rappellerai que toutes les fois que des cas d’abus documentés m’ont été rapportés, j’ai ordonné des sanctions sans fanfare. J’espère que les archives de l’armée et de la police pourront en témoigner.
Saviez-vous que, sous mon gouvernement, le Révérend Sylvio Claude a été arrêté puis jugé et condamné par un tribunal criminel à neuf ans de prison? Mais savez-vous aussi qu’il gagna devant la Cour de cassation, fut mis hors de cause et mis en liberté? Ces juges qui ont agi en toute indépendance n’ont pas été persécutés ni révoqués par mon gouvernement. Je salue le courage de ce martyr de la liberté! Je ne peux pas vous dire aujourd’hui à quel point j’étais dévasté à la vue des images atroces de son assassinat à Quatre-Chemins, aux Cayes, en septembre 1991. Personne ne parle de ce crime odieux! Avez-vous un bilan des journalistes, des militants politiques, des syndicalistes brutalement exécutés sous le règne de ces régimes démocratiques qui m’ont succédé?
Voyez-vous? C’est tout un débat. C’est un peu la même chose quand vous parlez de corruption. L’histoire finira par rétablir la vérité et dressera le vrai bilan-surtout social et économique- de ce que l’on a pu réaliser à partir des maigres ressources dont on a pu disposer. Nous n’avions pas eu la chance de ces généreux milliards malheureusement...
Q.- Comment avez-vous vécu l’exil?
R.- Mwen te fizikman an France men tout nanm mwen tout lespri-m te toujou an Ayiti
Au rythme de mon pays! J’étais placé à un centre d’observation pour constater les progrès réalisés dans certains pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, au cours de ces vingt-cinq dernières années et vivre parallèlement et douloureusement la désintégration d’Haïti à tous les niveaux au cours de cette même période. Même l’espoir s’est évanoui. La jeunesse n’a plus de référence morale et est abandonnée à elle seule sans boussole.
Q.- Quelle sensation ça vous fait d’être à nouveau en Haïti?
R.- Nou te viv moman sa-a menm jan avèm e nou tout konstate akèy chalere ke jenès la te banm
Vous l’avez vécu avec moi pour un voyage qui n’était ni programmé ni annoncé. Vous avez vécu l’enthousiasme de cette jeunesse à l’Aéroport International. Vous avez vu l’enthousiasme des employés des services publics, leur accueil, leur réception ! Mais, de l’Aéroport vers mon hôtel, j’ai été plongé dans une profonde désolation par ce que j’ai pu observer. Il est donc grand temps que tout le monde, dans un grand konbit, enfin, travaille à la renaissance de ce pays et à la promotion de la jeunesse. J’entrevois cette possibilité où tous les anciens chefs d’Etat pourraient former un grand conseil dans le but de promouvoir à la réconciliation nationale et au relèvement d’Haiti.
Q.- Quelle est votre lecture de la situation socio-politique actuelle?
R.- J’observe. Le pire qui pourrait arriver à ce peuple c’est qu’il devait continuer encore à vivre dans ces conditions infrahumaines, en dépit de ces milliards de dollars d’aide! Quelqu’un devrait avoir quelque part mauvaise conscience ! Nous devrions avoir mauvaise conscience en tant qu’élites dirigeantes!
Jenès peyi d’Ayiti a ce pou nou mete tet nou ansanm ak Union Fait la Force la pou nou rekonstwi peyi a.
Kenbe fèm pa lage mwen avèk nou
A byento!
samedi 22 janvier 2011
Haïti/Cinq jours après son arrivée spectaculaire au pays, le président Jean-Claude Duvalier s'adresse à la presse et au peuple haïtien
Président Jean-Claude Duvalier,
à Pétion-ville, Haïti, le 21 janvier 2011
Photo: AFP
Président Jean-Claude Duvalier devant la Presse,
dans un hôtel à Pétion-ville, Haïti, le 21 janvier 2011
Photo: Hector Retamal, AFP
Point de presse
de M. Jean-Claude DUVALIER
et de son conseil juridique
Chers amis de la presse,
Je vous remercie d'avoir répondu à mon invitation de ce jour et saisis cette opportunité qui m'est offerte de m'adresser à mes concitoyens.
Très brièvement, je vous dirai combien j'ai été favorablement impressionné par l'accueil qui m'a été réservé depuis l'Aéroport International Francois Duvalier pour cette visite, surtout par cette foule de jeunes qui ne m'ont pas connu.
Cela donne chaud au cœur. M di yo mèsi anpil, m'te kontan viv moman sa-a.
Cela dit, je sais à quel point nombre de vous sont curieux de savoir l'objet de mon retour à Port-au-Prince après un quart de siècle d'absence. Cette question est sur toutes les lèvres.
En effet, j'ai voulu rendre un hommage aux nombreuses victimes du séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui a fait, selon des estimations officielles, trois cent seize mille (316.000) morts. Malheureusement, je ne suis pas arrivé à temps pour cette commémoration.
Chers compatriotes,
Me voici revenu vous témoigner de ma solidarité en cette période extrêmement difficile de la vie nationale où vous êtes encore des centaines de milliers à vivre à la belle étoile, au milieu des ruines. Dès l'instant que j'ai pris la décision de revenir en Haïti pour commémorer avec vous, dans notre pays, ce triste anniversaire, je m'attendais à toutes sortes de persécutions ; mais croyez-moi, le désir de participer à vos cotés, à cette Konbit pour la reconstruction nationale, dépasse de loin les tracasseries auxquelles je pourrais être confronté… Peu importe le prix à payer, l'essentiel pour moi étant de me trouver avec vous. Et j'affirme qu'à ce titre, tous les Haïtiens et Haïtiennes de bonne volonté ont le droit de vouloir y prendre part.
Je saisis cette occasion pour présenter publiquement mes sympathies à mes millions de partisans qui, après mon départ volontaire d'Haïti, afin d'éviter un bain de sang et de faciliter le dénouement rapide de la crise politique, en 1986, ont été livrés à eux-mêmes. Des milliers ont été lâchement assassinés, boucanés, grillés, suppliciés au « pè lebrun », mot devenu tristement célèbre ; leurs maisons, leurs biens pillés, déchoukés , incendiés. Et tout cela, sous les feux des caméras du monde entier.
Je saisis aussi cette occasion pour exprimer, une fois de plus, ma profonde tristesse à l'endroit de mes compatriotes qui se reconnaissent, à juste titre, d'avoir été victimes sous mon gouvernement.
Jeunesse de mon pays,
Durant mon long séjour en France, j'ai toujours été attentif à vos cris et à vos malheurs. J'ai vécu vos moments difficiles avec beaucoup de peine et de chagrin. C'est à vous, futurs leaders de ce pays, qu'il convient d'assumer la relève et montrer au monde que l'âme haïtienne est bien vivace et forte.
Et comme pour parodier le Révérend Martin Luther King : « quand vous ferez en sorte que la cloche de la réconciliation nationale puisse résonner dans tous les cœurs et que nous la laissions carillonner dans chaque commune, dans chaque ville, dans chaque quartier , dans chaque foyer, alors, nous pourrons hâter la venue du jour où tous les enfants d'Haïti, hommes et femmes, vieux et jeunes, riches et pauvres, ceux de l'intérieur comme ceux de la diaspora, puissent marcher la main dans la main sans exclusion et participer ensemble à la renaissance d'Haïti ».
Tel est le message de mon retour.
Vive Haïti ! Que Dieu nous bénisse !
Merci.
mercredi 19 janvier 2011
Haïti: Duvalier aspire à retrouver le pouvoir, mais son passé le poursuit
Haïti- Jean-Claude Duvalier salue la foule à l'hôtel Karibe, Pétion-ville.
Photo: AFP, 19 janvier 2011
PORT-AU-PRINCE - Jean-Claude Duvalier ambitionne de redevenir président d'Haïti, a affirmé mercredi son entourage, malgré des plaintes pour crimes contre l'humanité déposées contre l'ancien dictateur rentré dans son pays à la surprise générale.
Trois jours après son retour à Port-au-Prince et 25 années d'exil en France, "Baby Doc", 59 ans, est apparu brièvement à la mi-journée à une cinquantaine de partisans qui l'ont acclamé à l'extérieur de son hôtel.
Parallèlement, son porte-parole, Henri-Robert Sterlin, a dévoilé à l'AFP la stratégie de l'ex-président, rentré à Port-au-Prince au moment où son pays traverse une grave crise politique depuis le premier tour contesté de la présidentielle du 28 novembre.
"Il faut tout bouleverser pour qu'on annule les élections. Et qu'après il y ait de nouvelles élections générales où Duvalier se présente. Et là, bingo" (il est élu), a expliqué M. Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris.
Mais l'ancien dictateur est poursuivi par son passé: il est tenu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants sous sa présidence (1971-86). Mercredi, quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont été déposées contre lui devant la justice haïtienne.
La journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a annoncé avoir porté plainte pour "séquestration arbitraire, exil, destruction de biens privés, torture physique et morale, violation des droits civils et politiques".
Baby Doc est déjà inculpé depuis mardi de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs.
Dans un communiqué, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a rappelé les autorités haïtiennes à leur "devoir continu d'enquêter, de poursuivre, de punir et de remédier aux atteintes aux droits de la personne", rappelant que la dictature Duvalier s'était caractérisée par "des violations massives des droits de la personne".
M. Duvalier s'est borné depuis son retour à déclarer qu'il était venu "pour aider" les Haïtiens après le séisme qui a dévasté le pays il y a tout juste un an. Il n'a toujours pas donné de conférence de presse.
De son côté, le Conseil électoral a entrouvert la porte à une révision des résultats de la présidentielle en indiquant qu'il prendrait "en considération" une révision des résultats du premier tour en fonction d'éventuelles contestations.
Les résultats préliminaires annoncés début décembre ont provoqué des violences de la part des partisans du chanteur Michel Martelly, arrivé en troisième position et donc exclu du deuxième tour.
Avec 21% des voix, M. Martelly ne comptait que quelques milliers de voix de moins que le candidat du pouvoir, Jude Célestin (22%), ce dernier étant donc qualifié pour affronter au deuxième tour une ancienne première dame, Mirlande Manigat, arrivée première avec 31% des voix.
Mais une mission d'enquête dépêchée par l'Organisation des Etats américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et recommandé de rétrograder M. Célestin en troisième position.
Outre l'hypothèse de l'annulation du scrutin, qui permettrait à M. Duvalier d'être candidat, M. Sterlin a formulé une deuxième hypothèse qui verrait finalement M. Martelly accéder au second tour, voire à la présidence, avec le soutien des duvaliéristes.
Si un second tour est organisé, "M. Martelly arriverait au pouvoir", a pronostiqué M. Sterlin, précisant que le parti duvaliériste n'avait "aucun problème avec M. Martelly".
mardi 18 janvier 2011
Duvalier accusé de corruption et de détournement

Le Président Jean-Claude Duvalier à Port-au-Prince.
Photo: La Presse canadienne, 18 janvier 2011
Le Président Jean-Claude Duvalier à Port-au-Prince.
Photo: Ramon Espinosa/AP, 18 janvier 2011
Source: yahoo.com
Par Jonathan M. Katz, The Associated Press La Presse Canadienne, 18 janvier 2011
PORT-AU-PRINCE, Haiti - Un juge a ouvert, mardi, une enquête officielle sur Jean-Claude Duvalier, deux jours après le retour surprise de l'ancien dictateur d'Haïti dans le pays, dont il a été chassé par une révolte populaire il y a près de 25 ans.
L'avocat de la défense Gervais Charles a déclaré que M. Duvalier, mieux connu sous le nom de «Bébé Doc», faisait face à des accusations de corruption et de détournement de fonds pour avoir supposément volé le trésor public avant son renversement, en 1986.
M. Charles a précisé que le cas était désormais entre les mains d'un juge d'instruction, qui décidera s'il y a suffisamment de preuves pour tenir un procès. Cette procédure pourrait durer jusqu'à trois mois.
M. Duvalier a passé une bonne partie de la journée au tribunal derrière des portes closes, où il a été interrogé.
Le système judiciaire haïtien permet la détention avant procès. Mais Mona Bernadeau, candidate au Sénat pour le parti de M. Duvalier, a déclaré que l'ancien dictateur devait rentrer à l'hôtel après sa séance à la cour.
Plus tôt mardi, un contingent de police était allé chercher «Bébé Doc» à son hôtel et l'avait escorté vers un véhicule utilitaire sport qui l'attendait à l'extérieur. L'ancien dictateur n'était pas menotté.
M. Duvalier, âgé de 59 ans, était calme et n'a rien déclaré, ignorant les questions des journalistes.
Le véhicule, escorté par un convoi de police, s'est rendu au palais de justice, bien que des dizaines de partisans de M. Duvalier aient tenté de bloquer les rues avec des conteneurs à déchets et des pierres pour empêcher que l'ancien dictateur soit conduit en prison.
Le palais de justice était bondé de spectateurs et de journalistes, qui n'ont pas été autorisés à entrer dans la salle pour assister aux procédures.
La compagne de M. Duvalier, Veronique Roy, interrogée par téléphone par l'Associated Press alors qu'elle se trouvait dans la salle, a déclaré que l'ancien dictateur n'avait «absolument pas» été arrêté.
Plusieurs centaines de partisans de Jean-Claude Duvalier étaient rassemblés devant le palais de justice, brûlant des pneus, scandant des slogans et appelant à l'arrestation du président René Préval.
Chal Christen, âgé de 56 ans, agitait un drapeau du parti politique de M. Duvalier, qu'il avait rangé depuis le renversement du «président à vie» par un soulèvement populaire, il y a près de 25 ans.
«Nous n'avons pas de nourriture, nos maisons se sont effondrées, nos enfants ne peuvent pas aller à l'école. C'est Préval qui est le dictateur», a dit M. Christen. «Nous voulons Duvalier comme président. Sous son régime, nous mangions bien et nous étions en sécurité.»
Fenel Alexi, un mécanicien âgé de 31 ans, a assisté à la scène en dénonçant tant M. Duvalier que M. Préval.
«Les citoyens de ce pays ont enduré tant de crimes», a déclaré M. Alexi. «Nous n'avons jamais eu de président qui n'ait pas commis de crimes.»
Jean-Claude Duvalier a pris le pouvoir en 1971 après la mort de son père, François Duvalier, dit «Papa Doc». Il était alors âgé de 19 ans. Le père et le fils ont présidé l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire haïtienne, durant lequel la police secrète du régime, les Tontons macoutes, a torturé et tué de nombreux opposants.
Plusieurs groupes de défense des droits de la personne, dont Amnistie internationale et Human Rights Watch, ont exhorté le gouvernement haïtien à arrêter M. Duvalier pour les nombreux abus commis sous son régime.
Amnistie internationale a diffusé un communiqué pour saluer l'«arrestation» de M. Duvalier, tout en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un début.
«Si une vraie justice veut être rendue en Haïti, les autorités haïtiennes doivent ouvrir une enquête criminelle sur la responsabilité de Duvalier pour la multitude d'abus contre les droits de la personne commis sous son règne, dont la torture, les détentions arbitraires, le viol, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires», affirme l'organisation.
Jean-Claude Duvalier bénéficie encore d'un certain soutien en Haïti, où des millions de citoyens sont trop jeunes pour se rappeler de la vie sous son règne. Son retour surprise a créé une onde de choc dans le pays, où certains craignent que sa présence ne ramène la polarisation extrême et la violence politique du passé.
Il n'a pas expliqué publiquement les raisons de son retour en Haïti. Lors de son arrivé dimanche à Port-au-Prince, sa compagne avait déclaré qu'il ne resterait que trois jours dans le pays.
Les procès pour atteintes graves aux droits de l’homme en Haïti
En 1991 le Docteur Roger Lafontant, un des grands barons du régime de Jean-Claude Duvalier, avait été arrêté à Port-au-Prince après une tentative de coup d’Etat. Alors qu’il était en prison sous la protection de la justice de notre pays en vue d’être jugé, il fut assassiné dans des circonstances non encore éclaircies. Cela nous a privés d’un procès pour atteintes graves aux droits de l’homme en Haïti, qui aurait été inévitablement le procès d’un régime, voire d’un système. Absolument rien ne pouvait justifier ni même excuser un tel assassinat.
Aujourd’hui nombreux sont ceux qui réclament l’arrestation de l’ex-Président Jean-Claude Duvalier en vue de pouvoir le juger, car il a certainement des comptes à rendre à la nation. Mais, comme nous devons nous dire en tout réalisme et en toute lucidité qu’un procès fait à Jean-Claude Duvalier sera inévitablement un procès fait à un régime, voire à un système, les chances que ce procès ait lieu en bonne et due forme sont infiniment réduites (2). Il s’agira plutôt d’un hallali (1) contre un homme qui a été autant bourreau que victime: un bourreau que la rumeur publique accuse de beaucoup de crimes graves au moins cautionnés par son administration; mais en même temps une victime de machinations nationales et internationales qui l’ont utilisé pour des objectifs inavouables et inavoués. Les implications et les ingérences de deux nations en particulier, à savoir les Etats-Unis et la France, dans la gestion de la nation haïtienne et dans le régime jean-claudien ont été régulières, souvent profondes et de notoriété publique (3).
Des personnes et des organisations disent leur frustration devant le fait que les grands crimes sont rarement punis en Haïti, à tout le moins d’une punition légale. Il semble qu’on peut lire en filigrane dans notre histoire une sorte de règle définissable ainsi: lorsqu’un grand crime en Haïti a des racines étrangères ou au moins mixtes (haïtiennes et étrangères), son impunité légale est quasiment assurée. Et l’on ne manquera pas de remarquer la morale à géométrie variable (dont les “variables” doivent dépendre de la feuille de route reçue des commanditaires) de bien des organisations dites de défense des droits de l’homme qui demandent, à grands cris et à juste titre, que Jean-Claude Duvalier soit jugé, alors que, par exemple, elles n’avaient jamais exprimé l’ombre d’une critique contre cet embargo sur Haïti imposé par le Président Bush et continué par le Président Clinton, un embargo dont, entre autres, le Cardinal de Santo Domingo, Primat des Amériques, disait urbi et orbi avec indignation qu’il était “le plus barbare, le plus inhumain, le plus cruel de tous les abus de la force brutale.” Les œillères financières sont toujours des plus efficaces.
Je dis haut et clair qu’à mon avis Jean-Claude Duvalier doit un jour être jugé pour les exactions dont la rumeur publique l’accuse. Mais en même temps nous devrons ce jour-là avoir le courage de mettre à côté de lui sur le banc des accusés tous ceux, individus ou organisations ou Etats, sur qui pèsent des accusations de grave complicité avec le régime jean-claudien. Pour paraphraser Corneille, “Quand le bras a fauté, l’on en punit la tête”. Et la tête est souvent aux bords des “fleuves impassibles” du Nord.
La justice, nationale ou internationale, doit être une et exactement la même pour tous.
Gérard Bissainthe
Professeur Emérite de la City University of New York
Président International élu du Forum Francophone International
gerardbissainthe@gmail.com
http://www.blocnotes-gbissainthe.com/
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(1.-) Après le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986, il n’y a eu en Haïti qu’un ou deux procès faits à des piliers de la dictature. Il est vrai que les gros poissons ou avaient très vite pris le large ou avaient brusquement vu la lumière du salut au petit matin du jour de la libération et avaient rejoint les libérateurs. Il y eut surtout contre les coupables, réels ou prétendus, du régime que des sortes d’hallalis qui prirent le nom de “déchouquages” ou de “Père-Lebrun” et qui furent la plupart du temps des lynchages par crémation sur la place publique. Loin de les condamner un membre du CNRS de la France du nom de Hurbon Laënnec a même écrit cette phrase restée tristement célèbre, jamais rectifiée et jamais désavouée, à savoir: “Le Père-Lebrun [entendez donc le lynchage par crémation] est une exigence de justice stricte.” Après un tel cautionnement moral d’une pratique inhumaine et barbare par quelqu’un dont on était en droit d’attendre des conseils judicieux de conduite collective dans des circonstances dramatiques de notre histoire, il n’y a pas lieu de s’étonner qu’il existe chez nous des êtres qui pratiquent la violence la plus brutale, dès que cela les arrange. Les Haïtiens, comme tous les peuples, sont capables des pires atrocités, mais ils n’ont pas besoin que des moralistes dépêchés par de prestigieuses institutions étrangères, les y encouragent.
(2.-) On a vu, par exemple, comment le procès fait à l’ex-président du Chili Pinochet a traîné en longueur pendant des années pour finir en réalité en queue de poisson.
(3.-) Si les ingérences américaines dans les affaires haïtiennes sont assimilables à une sorte de protectorat de facto, qui n’a comme justification pseudo-juridique que la Doctrine de Monroe, un simple fait montre, par exemple, l’implication qui fut quasi organique de la France dans le régime jean-claudien: l’écrivain haïtien feu Roger Gaillard a été pendant très longtemps sans états d’âme le rédacteur en chef très zélé du journal gouvernemental jean-claudien “Le Nouveau Monde”. En même temps la France avait fait de lui, sans état d’âme aussi, un membre éminent du Haut Conseil de la Francophonie, cet organisme qui officieusement gère (très mal) les affaires linguistiques et culturelles internationales de l’Etat français. Mais ici inutile de se voiler la face, “les Etats sont des monstres froids”, De Gaulle dixit.
lundi 17 janvier 2011
Haïti/Le Président Jean-Claude Duvalier retourne chez lui
Après 25 ans d'exil, le Président Duvalier retourne chez lui, en Haïti. Il a un peu vieilli.
Haïti a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles pour se rebâtir.
Que ce retour aide à stabiliser ce pays déstabilisé par ses fils et ses amis, ravagé par des actes de Dieu (acts of God)...
Bon retour, son Excellence.
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Cliquez sur le lien suivant pour voir l'arrivée de l'ancien chef d'état:
Président J.C. Duvalier à l'aéroport, 13 min 31 s
vendredi 27 août 2010
Entrevue du Président Jean-Claude Duvalier accordée à Deborah Ball du Wall Street Journal
haitian.truth.org, 26 août 2010
Article du WSJ en fichier pdf sur haitian.truth, 26 août 2010
Wall Street Journal/Deborah Ball/«Give back stolen cash ? Not so easy», 21 août 2010
1. The Swiss and Haitian governments claim that you stole the money in question from the Haitian state. What is your response to this? Where did this money come from ?
Sur le montant exact je ne dispose d’aucun renseignement précis si ce n’est que cette somme quelle qu’elle soit, n’est que l’épargne que ma famille a constituée depuis plus de 60 ans a laquelle s’ajoutent les intérêts bancaires depuis plus d’un demi-siècle. Ces intérêts représentent à peu prés 80% du montant en question .
Le gouvernement suisse a bloqué ces fonds au motif qu’une procédure judiciaire aurait été initiée en Haïti. Non seulement aucune condamnation n’a jamais été prononcée contre moi en Haïti, mais mieux encore aucune procédure judiciaire n’a jamais été engagée contre les Duvalier, jusqu’à cette date, en Haïti.
Les deux décisions prises en 24 ans qui me concernent ont été rendues par les tribunaux français et suisses. Et ces deux décisions ont été rendues en ma faveur.
2. Do you have any response to accusations that you engaged in criminal behaviour during your governance of Haiti ?
Criminal behaviour !
Laissez-moi saisir cette opportunité pour vous présenter en deux mots ce qu’a été mon gouvernement que j’ai voulu être avant tout un gouvernement d’ouverture.
Des mon accession à la présidence succédant à feu mon Père, à l’âge de 18 ans, en vu de maintenir l’équilibre politique dont Haïti avait besoin pour son développement économique, j’ai fait appel à tous les exilés pour qu’ils viennent apporter leurs contributions au développement de ce pays. Un certain nombre a répondu positivement. Parmi eux il y en a qui sont même devenus ministres ou ambassadeurs…
Pour y parvenir, mon premier geste a été de neutraliser toutes les forces négatives qui pouvaient constituer un obstacle à l’émergence de structures démocratiques réelles en Haïti. Ce n’était pas chose facile, croyez-moi, mais je me suis attelé à la tache.
Regardez ce qui se passe en Haiti depuis mon départ :
Combien de leaders politiques, combien de syndicalistes, combien d’étudiants, combien de journalistes ont été assassinés, exécutés sans l’ouverture de la moindre enquête. Le plus petit de ces cas eut soulevé la conscience et l’indignation de la communauté internationale durant ma présidence !
Combien de dirigeants, de sénateurs, de chefs de police, … ont été poursuivis aux États-Unis même, pour leur implication dans des trafics illicites et criminels durant ces 20 dernières années ?
Ni moi-même, ni aucun membre de mon gouvernement ou de mon administration n’avons jamais fait l’objet de poursuites pour conduites criminelles, ni n’avons été mis en accusation pour trafics illicites de tout genre, pendant ou après ma présidence.
Parlant de « criminal behaviour » vous vous trompez d’époque et de personne !
Quand j’entends les milliards qui ont été dépensés en Haïti versus les réalisations au cours de ces 20 dernières années, il faudrait que l’on demande comptes.
Demandez donc au peuple haïtien librement s’il vivait mieux avant ou s’il vit mieux aujourd’hui…et faites-moi part du verdict.
3. Why have you decided to fight the seizure and return of a relatively small amount of money so aggressively ?
C’est pour moi avant tout une question de principe que de défendre l’honneur de feu ma mère et, j’irai même devant la cour européenne des droits de l’homme pour défendre son honneur.
Faut-il clarifier que le compte bancaire en question est celui de la Fondation de feu ma mère.
4. What is your reaction to the Swiss government’s most recent freeze of the money (in January 2010) ?
Choqué. C’est le comble ! Pendant longtemps les pays du vieux continent représentaient pour tout le monde le symbole même de la démocratie par excellence ou se pratique la séparation des pouvoirs et la suprématie de la loi.
Figurez-vous que la plus haute instance judiciaire suisse,- la cour suprême fédérale,- ordonne le déblocage et la restitution de ces fonds et le gouvernement suisse, sans obtenir la permission d’un tribunal, ordonne de maintenir le blocage et propose au parlement suisse de voter une loi rétroactive qui lui permettrait de disposer de ces fonds comme il l’entend !
Même dans ce que vous appelez vous autres les républiques bananières on n’aurait pas osé.
Cette affaire sans précédent, remet en question la crédibilité de tout le système financier suisse.
Dés lors, qu’un état ne respecte plus les décisions de ses propres tribunaux il n’y a plus d’état.
Même en Haïti, on ne verrait pas cela !
5. What is your reaction to the new law (the so-called “Lex Duvalier”) the Swiss have proposed in order to return the money to Haiti ?
Paradoxalement, il y a une affaire Duvalier en Suisse alors qu’il n’existe pas d’affaire Duvalier en Haïti.
Et cette loi rétroactive proposée par le gouvernement suisse vise à subtiliser les fonds d’un client de l’UBS pour être envoyés au gouvernement le plus corrompu de toute l’Histoire haïtienne.
Pendant que je vous parle et que l’on dénie à ma mère plus de 60 ans d’épargne familiale, un proche collaborateur de ce gouvernement haïtien ayant moins de 3 000 euros de salaires mensuel, a pu accumuler, en moins de cinq ans, plus de 25 millions d’euros de dépôts bancaires en Suisse !
6. Can you confirm that you currently live in France ?
Je suis toujours basé en France depuis mon départ d’Haïti en 1986.
7. What would you do with the money if it were returned to you ?
Après le séisme du 12 janvier 2010, date aussi de l’arrêt de la cour suprême fédérale suisse, j’ai choisi de faire don des fonds de la fondation de feu ma mère, Simone Ovide Duvalier à la croix rouge américaine (compte tenu de la proximité des deux pays) en vue d’apporter une assistance d’urgence aux victimes des communes de Léogane, Carrefour, Port-au-Prince,…
Le gouvernement suisse soutient qu’il bloque ces fonds à la demande du gouvernement corrompu d’Haïti et les donnera en cadeau à une organisation suisse de préférence pour pouvoir subvenir aux besoins de la population haïtienne.
Si l’intention du gouvernement suisse était réelle à l’ endroit du malheureux peuple haïtien, c’eut été la bonne occasion de négocier avec les bénéficiaires de la fondation.
J’ai de bonnes raisons, – en ayant en mémoire le précédent juif – de douter des bonnes intentions du gouvernement suisse a l’égard du peuple haïtien.
8. Can you confirm that the money is being held in an account with UBS ?
Bien sur, les épargnes de ma famille existent sur un compte de l’UBS depuis plus d’un demi-siècle !
vendredi 15 janvier 2010
Haïti-séisme/ Le Président Jean-Claude Duvalier offre ses avoirs (M$ 8, huit millions de dollars US) détenus en Suisse aux victimes
Chers compatriotes,
C'est avec effroi et une profonde émotion, mais aussi une très grande préoccupation, que j'ai suivi les conséquences meurtrières et dévastatrices du terrible tremblement de terre qui a frappé si impitoyablement notre pays.
En ces heures de grande détresse nationale, mes pensées vont aux blessés, aux victimes, particulièrement aux enfants et à la jeunesse, à leurs familles et à leurs proches.
En ce moment de douleur et de deuil, je tiens à vous assurer de ma totale solidarité, et j’adresse aux familles si cruellement éprouvées mes sincères condoléances et mes plus profondes sympathies.
J'adresse également à toutes les équipes de secours mobilisées ma reconnaissance pour le travail remarquable qu’elles accomplissent dans des conditions extrêmement difficiles.
Je voudrais exprimer mes sincères remerciements et encourager le formidable élan de solidarité que toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens du Monde manifestent , et auquel la communauté internationale s'associe pleinement. Que cette communauté soit assurée de ma profonde gratitude.
Devant ce lourd et révoltant tribut , une fois de plus, infligé au Peuple et à la terre d’Haïti, la Nation toute entière doit se mobiliser pour surmonter ses malheurs.
Malgré la gravité de la situation, je souhaite vous dire mon espoir et ma conviction qu'Haïti saura retrouver, grâce à une exceptionnelle mobilisation des forces vives de notre pays, avec l'aide de la communauté internationale, le chemin d'une réelle reconstruction.
Peuple Haïtien,
Je connaîs votre extraordinaire courage, l'abnégation, et les sacrifices dont vous êtes toutes et tous capables pour sauver notre pays.
Les moments pénibles que nous vivons en appellent au sens du sacrifice national.
Dans ces circonstances particulièrement dramatiques pour notre pays, je tiens a exprimer toute ma solidarité et mon soutien.
Je demande officiellement aux autorités suisses, de transférer immédiatement l'ensemble des avoirs de la Fondation de feu ma Mère Simone Ovide Duvalier ( 8 millions de dollars US ), à la Croix-Rouge Américaine (American Red Cross), en vu de porter une assistance d'urgence, principalement aux populations des villes de Léogane - ville natale de feu ma Mère-, Carrefour - ville natale de feu mon Père- et, Port-au-Prince - où je suis né- mais aussi Gressier, Pétion-Ville, Jacmel, les Cayes, Petit Goave, Grand Goave...
J'ai immédiatement pris des dispositions pour qu'une première aide d'urgence d'envergure parvienne à Port-au-Prince au plus tôt, et, un important réseau de bénévoles est mobilisé pour aider la population en détresse.
Aux familles démunies, aux sans abri, aux régions sinistrées, aux enfants et à la jeunesse, j’envoie un grand message de fraternité et de solidarité dans cette si cruelle épreuve.
Que Dieu sauve Haïti !
A bientôt.
Jean-Claude Duvalier.
Paris, le 15 janvier 2010.
