Par Dr. Pierre Montès
lundi 15 février 2021
#Haiti / Crise politique / Sur la durée du mandat présidentiel de 5 ans- Une analyse et une suggestion (bien humblement).-
jeudi 8 mars 2012
Edito : Les acculés
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:dalfaz |
samedi 25 février 2012
Haiti Without a Prime Minister Again: Is This Reconstruction or ‘Deconstruction’?
Source: globalspin.blogs.time.com, February 25, 2012
samedi 27 août 2011
De la perversion de la fonction parlementaire
Ces dernières années, les « pères conscrits » haïtiens ont très mauvaise réputation aux yeux de la population, et la conjoncture politique actuelle vient renforcer cet antiparlementarisme. Et, au-delà de ce simple phénomène d’opinion, il y a tout un dérèglement de la norme constitutionnelle voire une sorte de déviation inouïe de la fonction. Dans la pratique la plus habituelle, leur mission de contrôler et d’évaluer les politiques publiques du gouvernement et de légiférer en faveur du peuple est, sans conteste, négligée par rapport à d’autres sphères d’activités qui n’ont aucune relation avec celle qui leur est dévolue par la Constitution.
Le parlementaire n’est pas un agent de développement. En ce sens, il n’a pas à réclamer de l’argent dans les ministères au nom de sa circonscription pour la réalisation de projets. Son travail ne consiste pas à céder, contre de l’argent ou par intérêt, des postes de direction aux plus offrants. Il n’a rien à voir, en termes de déboursement, dans l’organisation des activités populaires et culturelles telles les fêtes patronales et les festivités carnavalesques. Un Sénateur ou un Député ne doit pas appartenir à la pègre ni avoir des connexions avec des narcotrafiquants ou être impliqué dans une action malhonnête, douteuse ou condamnable telle la corruption par exemple.
Le parlementaire devrait être une personnalité morale, honorable et respectable ayant un certain niveau de connaissance pour discuter des questions spécifiques d’importance publique. Il devrait avoir la capacité intellectuelle de faire la lumière sur les opérations du pouvoir en place en fournissant un espace publique où les politiques et les actions gouvernementales sont débattues, passées au crible et livrées à l’opinion publique. Il devrait être aussi en mesure de soutenir l’État de Droit en dénonçant d’éventuels abus de pouvoir, comportement arbitraire et conduite illégale ou anticonstitutionnelle de la part de l’Exécutif. Il ne devrait être ni un analphabète ni un laquais…pour éviter que sa fonction ne soit perçue comme une sinécure pour les personnes amorphes, molles, inactives et qui ne maitrisent ni la lecture ni l’écriture.
En effet, ils sont légions, ceux-là qui pensent que les parlementaires haïtiens, en raison de leur improductivité et de leur performance négative, ne méritent pas leur salaire et les largesses qui leur sont allouées...Pourtant, les Juges font, de très loin, mieux qu’eux ; malheureusement, ils sont traités en parents pauvres. Il faudra, un jour, un soulèvement de la Magistrature et du corps judiciaire en général pour exiger des deux autres pouvoirs de l’État un partage équitable de la souveraineté nationale et des biens de la République tel que prévu par la Constitution.
Aujourd’hui, avec la logique d’affrontement instaurée au niveau de la Chambre Haute par une majorité bien déterminée à contrecarrer l’Exécutif, le Parlement remplit moins bien son rôle que par le passé. Quand le sens d’action de l’un dévie la ligne régulière de l’autre, cela va entrainer le pays dans une instabilité certaine. Théoriquement, le Parlement représente le peuple et devrait être le garant de ses aspirations. Provoquer des difficultés, détourner l’intérêt, créer des conditions de blocage…voilà les moyens possibles pour le mandant de retirer sa confiance à son mandataire, de douter de sa compétence et de son aptitude à garantir son destin.
Dans le système démocratique, le pouvoir est censé être exercé par le peuple. Donc, il ne devrait pas y avoir de conflit pour la conduite et le bien-être de la société entre l’Exécutif et le Législatif. Ceci est contraire au droit et à la morale politique. Le parlement a le droit d’exprimer, avec une certaine décence, son désaccord ou son contraste avec le gouvernement en place ; c’est pourquoi le principe d’organisation sociale les dispose en complémentarité. Cependant, les couches les plus défavorisées ne doivent pas en subir les conséquences.
Depuis son avènement au pouvoir, un véritable écran est dressé entre le Président de la République et un groupe de seize Sénateurs qui ne pensent décidément qu’à leurs intérêts personnels et à ceux de leurs familles politiques plutôt qu’aux besoins pressants de la population et au redémarrage du pays. Si le peuple n’a pas assez d’autorité pour contraindre le Législatif à jouer correctement le jeu de la démocratie, il court le risque de voir sa réalité quotidienne se restreindre dans des conflits bien en deçà de ses aspirations.
dimanche 14 août 2011
Mettre fin à la comédie
Il est tout à fait curieux et symptomatique qu'on ait rejeté la candidature d'un citoyen au poste de Premier ministre parce qu'il a fait son travail comme ministre de la Justice en tentant par toutes les voies possibles, avec le peu de moyens dont il disposait, de stopper une opération menée par des hordes de voyous, de violeurs, de kidnappeurs - des gens qui ont assassiné et mutilé notre jeune poète le plus talentueux, Jacques Roche - et de s'opposer à certains diktats de la communauté internationale. Il y avait certainement des gens de l'autre côté de la barricade appuyant ces voyous, qui sont maintenant en position d'autorité ! La preuve que notre société est malade. Qu'aurait dû faire un ministre de la justice à ce moment ? Pactiser avec les bandits ? Permettez-moi de penser à cette jeune policière assassinée - Marie Christine Jeune - qui avait refusé aussi de pactiser avec des délinquants choyés par le pouvoir. Il faut vraiment que dans ce pays on commence à respecter ceux qui ont le courage de s'opposer à l'inacceptable.
On ne peut pas tomber dans le piège de ce formalisme sans consistance, de cette coquille vide que nous présentent parlementaires et membres de l'exécutif, alors que cette coquille ne sert qu'à dissimuler des sosyete madichon, une corruption triomphante qui détruit notre jeunesse et qui prépare pour notre pays un avenir de ruines, de poussière et de cendre.
vendredi 12 août 2011
Haïti/Crise politique/ Concertation oui, affrontement non
jeudi 11 août 2011
Haïti/Crise politique/ «Madame Liliane Pierre-Paul voit rouge»
De la chute des rois funeste avant-coureur."
_______________________________________________________________
(1) NDCDP-Politique.-
Pour un résumé de cet événement, cliquer sur les liens suivants:
a) Un article sur le site Web de Radio Vision 2000 rapportant les propos de Mgr Kébreau:
Haïti : Michel Martelly doit enfiler son pantalon de Sweet Micky pour pouvoir gouverner, selon un responsable ecclésiastique
b) Un article de Roberson Alphonse dans Le Nouvelliste rapportant la mise au point de Mgr Kébreau:
Haïti: Kébreau et le pantalon de Sweet Micky font des vagues !
jeudi 4 août 2011
Haïti/Sa candidature rejetée par 16 sénateurs, Bernard Gousse réagit.
PROMESSES D’AVENIR
Par Bernard GOUSSE
Chers Amis Compatriotes,
Le Sénat a pris une décision qui met malheureusement fin au cheminement qui devait me permettre de me mettre au service de mon pays. Malheureusement … mais momentanément.
Ma désignation a soulevé un débat public salutaire où les forces saines de la population se sont exprimées en faveur du bien, de la vie, de l'éducation, contre le mal absolu incarné dans une barbarie s’étant abattue éhontément sur les bébés, les femmes âgées, les petites marchandes et les ouvriers.
Je remercie Monsieur le Président de la République, Michel J. Martelly, d’avoir désiré m’associer à l’œuvre de son mandat populaire.
Je remercie les parents et amis qui n’ont jamais fléchi dans leur support. Je remercie surtout les anonymes rencontrés dans les rues, sur les places, qui, discrètement mais chaleureusement, m’ont encouragé dans un combat qui était devenu le leur.
Je remercie aussi mes compatriotes sénateurs du groupe des 16 pour la publicité faite autour de mon nom avec un zèle quotidien dont n’aurait pu faire preuve la meilleure agence de publicité. J’ai pu grâce à eux me prouver à moi-même et démontrer à mes compatriotes mon endurance à garder le front haut et la tête altière, le regard porté vers un destin collectif de grandeur, indifférent aux crachats et aux vulgaires piaillements. Je ne manquerai donc pas de leur faire parvenir leurs honoraires s’ils me soumettent une facture pour un travail décidément bien fait.
Le débat parlementaire du 2 août 2011 a permis que des sénateurs désintéressés défendissent le droit et les valeurs morales avec une opiniâtreté, un panache et une éloquence pour lesquels je les félicite. Ils n’ont pas été vaincus et ont, j’espère, suscité des vocations de parlementaires valeureux, nourris de courage et de science. La défaite fut celle, éphémère, du droit, et celle, peut-être définitive, de l’honneur du Sénat, alors que languissent sous les tentes et dans les masures, dans les écoles comme dans les conseils d’administration, dans une patience de plus en plus ténue, les espoirs déçus d’une Haïti studieuse, travailleuse et reconstruite.
Le combat dans lequel je suis engagé dépasse désormais ma personne; je ne peux l’abandonner. L’horizon de ce combat ne s’arrête pas à la question de premier ministre. Le temps est venu pour que la dignité, le travail honnête et l’éducation soient les valeurs proposées en exemple et récompensées, pour que soient vaincues l’immoralité, la corruption, les richesses spontanées et l’arrogante ignorance.
La vie publique bien conçue, en dépit de ses vicissitudes, mérite que l’on s’y consacre quand la guident l’accès généralisé aux services sociaux de base, la modernisation de l’Etat, la libération des énergies créatrices et surtout le regain de la dignité nationale.
Je resterai donc parmi vous.
Au revoir
GPR, Gousse Pi Rèd.
lundi 18 juillet 2011
Professeur Sauveur Pierre-Étienne au micro de Raymond Laurent, CKUT 16 juillet 2011
Voici des liens vers deux vidéos:
- Professeur Sauveur Pierre-Étienne au micro de M. Raymond Laurent: 1ère partie, oplmv2010,ckut et nyrvah.blogspot.com, 18 min 38 sec, 16 juillet 2011;
- Professeur Sauveur Pierre-Étienne au micro de M. Raymond Laurent: 2e partie, oplmv2010, ckut et nyrvah.blogspot.com, 17 min 13 sec, 16 juillet 2011.
mardi 12 juillet 2011
Haïti/Bernard Gousse, PM désigné, répond aux questions de Valéry Numa (Radio Vision 2000, 11 juillet 2011)
Voici une entrevue à écouter pour vous faire votre propre idée de Me Bernard Gousse.
LCDP-Politique, pour sa part, est d'avis que Bernard Gousse, homme de loi, sage, compétent, honnête, ferait un excellent chef de gouvernement.
LCDP-Politique est convaincu que le Président Michel Martelly a raison de le choisir comme candidat au poste de Premier ministre.
Cliquez sur touthaiti.com (Vision 2000/Valéry Numa/Bernard Gousse répond), 52 minutes, 11 juillet 2011.
lundi 11 juillet 2011
Haïti/RATIFICATION Premier ministre: Le Président est un exemple de démocratie
Par Stanley Lucas
Le Président Michel Martelly dans le cadre du processus de désignation du Premier Ministre a démontré qu'il est un démocrate allant même jusqu'à faire des concessions sur ses prérogatives constitutionnelles. La constitution donne au President de la république l'autorité de nommer le Premier Ministre. Dans le cadre de Bernard Gousse dix noms sont allés au Parlement. Les sénateurs de l'INITE ont choisi trois noms. Sur la liste des trois noms le Président a choisi un nom faisant d'énormes concessions sur ses prérogatives.
Mais l'INITE voulant absolument imposer la continuité de l'INITE avec Bellerive ou la continuité de LAVALAS avec Ceant a refusé de prendre en considération le nom de Me. Bernard Gousse qu'ils ont eux même choisi. Assistons-nous à une dictature parlementaire? Si le parlement a des droits et prérogatives garantis par la constitution de 1987, quelques parlementaires de l'INITE n'ont pas le droit d'empiéter sur les prérogatives constitutionnelles du Président de la république. Moïse Jean-Charles, Wenceclass Lambert à travers leurs déclarations sont des exemples concrets de ces violations des droits du Président.
La réalité est que l'INITE ne POURRA pas imposer la continuité au Président de la république. La base de Martelly est à 98% opposée à Jean-Max Bellerive à cause de ses performances au cours des dix dernieres années. Le video de Michel Soukar a confirmé un sentiment général qui se renforce sur le Premier Ministre Bellerive; voir:
http://www.youtube.com/watch?v=scpOaf3IeIM
En ce qui a trait à Me. Jean-Henry Céant c'est la même chose au niveau de la base de Michel Martelly: à 99.9% sa base ne veut pas de cette association lavalassienne. En plus le rapport sur la corruption de l'UCREF est encore frais dans la mémoire des supporters de Martelly et des citoyens en général; voir:
http://balawou.blogspot.com/2010/08/jean-henry-ceant-enquetes-sur-la.html
Malgré les efforts légaux de Jean-Henry Céant pour blanchir son nom, ils sont très nombreux ceux qui maintiennent des doutes malgré ses efforts sus-mentionnés.
Le Président Michel Martelly a deux options:
1. Travailler pour la ratification de Me. Bernard Gousse en utilisant les pouvoirs et leviers légaux et démocratiques de la présidence d'Haïti. Demander le respect du processus de ratifications et des provisions constitutionnelles. Il obtiendra la ratification.
2. Préparer juste un nom, un nouveau nom, qu'il soumettra aux Présidents des deux chambres vingt-quatre heures après, dans le cas où le Sénat refuserait Me Bernard Gousse. Ce nom ne devra en aucun cas représenter la continuité. Dans le cas contraire Martelly pourrait le payer très cher lors des élections de Novembre 2011 et perdre sa base nécessaire pour affronter les difficultés qui se poseront lors de l'application de ses réformes pour moderniser l'état et le secteur privé.
mercredi 19 janvier 2011
Haïti: Duvalier aspire à retrouver le pouvoir, mais son passé le poursuit
Haïti- Jean-Claude Duvalier salue la foule à l'hôtel Karibe, Pétion-ville.
Photo: AFP, 19 janvier 2011
PORT-AU-PRINCE - Jean-Claude Duvalier ambitionne de redevenir président d'Haïti, a affirmé mercredi son entourage, malgré des plaintes pour crimes contre l'humanité déposées contre l'ancien dictateur rentré dans son pays à la surprise générale.
Trois jours après son retour à Port-au-Prince et 25 années d'exil en France, "Baby Doc", 59 ans, est apparu brièvement à la mi-journée à une cinquantaine de partisans qui l'ont acclamé à l'extérieur de son hôtel.
Parallèlement, son porte-parole, Henri-Robert Sterlin, a dévoilé à l'AFP la stratégie de l'ex-président, rentré à Port-au-Prince au moment où son pays traverse une grave crise politique depuis le premier tour contesté de la présidentielle du 28 novembre.
"Il faut tout bouleverser pour qu'on annule les élections. Et qu'après il y ait de nouvelles élections générales où Duvalier se présente. Et là, bingo" (il est élu), a expliqué M. Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris.
Mais l'ancien dictateur est poursuivi par son passé: il est tenu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants sous sa présidence (1971-86). Mercredi, quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont été déposées contre lui devant la justice haïtienne.
La journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a annoncé avoir porté plainte pour "séquestration arbitraire, exil, destruction de biens privés, torture physique et morale, violation des droits civils et politiques".
Baby Doc est déjà inculpé depuis mardi de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs.
Dans un communiqué, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a rappelé les autorités haïtiennes à leur "devoir continu d'enquêter, de poursuivre, de punir et de remédier aux atteintes aux droits de la personne", rappelant que la dictature Duvalier s'était caractérisée par "des violations massives des droits de la personne".
M. Duvalier s'est borné depuis son retour à déclarer qu'il était venu "pour aider" les Haïtiens après le séisme qui a dévasté le pays il y a tout juste un an. Il n'a toujours pas donné de conférence de presse.
De son côté, le Conseil électoral a entrouvert la porte à une révision des résultats de la présidentielle en indiquant qu'il prendrait "en considération" une révision des résultats du premier tour en fonction d'éventuelles contestations.
Les résultats préliminaires annoncés début décembre ont provoqué des violences de la part des partisans du chanteur Michel Martelly, arrivé en troisième position et donc exclu du deuxième tour.
Avec 21% des voix, M. Martelly ne comptait que quelques milliers de voix de moins que le candidat du pouvoir, Jude Célestin (22%), ce dernier étant donc qualifié pour affronter au deuxième tour une ancienne première dame, Mirlande Manigat, arrivée première avec 31% des voix.
Mais une mission d'enquête dépêchée par l'Organisation des Etats américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et recommandé de rétrograder M. Célestin en troisième position.
Outre l'hypothèse de l'annulation du scrutin, qui permettrait à M. Duvalier d'être candidat, M. Sterlin a formulé une deuxième hypothèse qui verrait finalement M. Martelly accéder au second tour, voire à la présidence, avec le soutien des duvaliéristes.
Si un second tour est organisé, "M. Martelly arriverait au pouvoir", a pronostiqué M. Sterlin, précisant que le parti duvaliériste n'avait "aucun problème avec M. Martelly".
lundi 17 janvier 2011
Haïti-élections 2010-2011/ Un second tour entre Manigat et Martelly
Les conclusions du rapport étaient déjà connues quelques jours avant le 12 janvier.
Parmi les experts de l'OEA, il y a le Dr Fritz Scheuren (1). Il est statisticien diplômé de l'Université de Chicago. Il a été le 100e Président de l'ASA (American Statistical Association). Il est l'auteurs de livres sur les élections et le contrôle de la qualité.
Le rapport des experts conclut que Michel Martelly est 2e et Célestin 3e.
Le rapport recommande explicitement que Jude Célestin soit écarté du 2e tour, même si l'écart entre lui et Michel Martelly est réduit à 3225 voix en faveur de Michel Martelly.
Les résultats préliminaires publiés par le CEP avant la révision/correction proposée par l'OEA donnaient Jude Célestin deuxième et Michel Martelly troisième avec un écart (plus grand) de 6845 voix en faveur de Jude Célestin (7 décembre 2011).
Vu le sérieux et la qualité du travail des experts de l'OEA, le gouvernement Préval et le CEP n'ont d'autres choix que d'accepter et d'appliquer à la lettre les recommandations de l'OEA: second tour Manigat - Martelly.
Il reste à savoir si le deuxième tour sera organisé sous René Préval avec le CEP actuel, même si le candidat du pouvoir sortant est écarté par ce CEP.
LCDP-Mathématiques appliquées a fait une analyse statistique des résultats corrigés par l'OEA pour les trois premiers candidats. Nous arrivons à la même conclusion que les experts de l'OEA et le Dr Scheuren en particulier: on ne peut pas conclure que Célestin = Martelly (pourcentages de vote); Martelly est bien deuxième après Mirlande Manigat et Célestin est troisième.
Jude Célestin doit être écarté du second tour.
Voici le lien conduisant à notre analyse. Veuillez excuser la technicité:
Haïti-vérification des résultats du 1er tour présidentielles 2010 par l'OEA: Manigat 1ere, Martelly 2e, Célestin 3e.
Dr. Pierre Montès
_______________________
(1) Dr. Fritz Scheuren/National Opinion Research Center (NORC), University of Chicago.
dimanche 16 janvier 2011
Odette Roy Fombrun invite René Préval à partir le 7 février 2011
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT RENE PREVAL
Monsieur le Président,
Concernant la Constitution de 87.
L’une des imprécisions de la Constitution de 87 concernait l’article 149 qui précise que le mandat du président commence le 7 février pour une durée de 5 ans ; les Constituants ont omis de préciser qu’au cas où, pour une raison ou pour une autre, le mandat devait commencer à une autre date, celui-ci se terminerait le 7 février de la 5eme année. Conscient du problème, vous aviez sagement accepté que votre mandat prenne fin le 7 février 2011 tel que consigné dans la loi électorale d’alors. Or, voilà qu’aujourd’hui, vous vous appuyez de préférence sur l’article fixant votre mandat à 5 ans pour demeurer jusqu’au 14 mai. En faisant ce nouveau choix, vous renvoyez aux calandres grecques la date constitutionnelle du 7 février. Pourquoi ce revirement ? Pourquoi vouloir bénéficier de cette imperfection de la Constitution de 87 que vous dénonciez et que vous aviez si sagement décidé de corriger en laissant le pouvoir le 7 février 2011 ? Seul un accord national aurait rendu cette option transitoire possible. Malheureusement, cet accord n’a pas été obtenu et sur le terrain ce sont les affrontements et le kraze-brize qui se préparent. Dans le contexte actuel c’est dangereux de faire un tel choix.
Monsieur le Président,
Malheureusement, vous portez - même injustement - le poids de la catastrophe du 12 janvier, jugée mal gérée et injustement celui du cholera qui fait tant de victimes. Vous êtes condamné par un destin malheureux à quitter le pouvoir, laissant le pays exsangue, MENDIANT, alors qu’il est le plus riche pays de la Caraïbe, riche en histoire, en sites historiques, en cultures… Le voilà classé, par ses « Grands Amis » qui l’aident à coups de millions et même de milliards ( ?) : « seul PMA d’Amérique et seul pays du Continent en voie de totale désertification». Quelle déchéance ! Quelle honte ! Quelle peine ! Comment expliquer une telle déchéance sinon que par un questionnement de ce qui n’a pas été fait ?
Pourquoi n’avez-vous pas exploité tant de richesses ? Pourquoi n’avez-vous pas arrêté le dangereux déboisement des mornes dominant la capitale, et empêché la construction et la multiplication de ces bétons-villes menaçants ? Pourquoi avoir tant tardé à entreprendre une décentralisation effective porteuse d’emplois et de régénérescence des provinces, limitant l’exode rural ? Il était dans votre intérêt d’encourager l’intéressant projet NABATEC, créateur de nombreux emplois et de logements pour les sans abris de Port-au-Prince. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ? Surtout, pourquoi n’avoir pas mis un frein à l’envahissement d’espaces destinés à des projets de développement ? Ces initiatives constructives auraient certainement plaidé en votre faveur aujourd’hui.
Concernant la création du parti UNITE.
En conclusion, je vous prie, Excellence, d’éviter au pays de nouveaux soubresauts, dangereux pour la souveraineté nationale. Imitez le geste de Tiresias Simon Sam. Le 7 février, transmettez volontairement le pouvoir à un juge de la Cour de Cassation et la Nation vous sera reconnaissante de lui avoir évité le kraze-brize destructeur qui la menace. Laissez à l’histoire le soin de vous rendre justice.
Je suggère aussi qu’à votre départ :
le remaniement du Conseil Electoral et du système électoral afin de garantir la crédibilité des prochaines joutes devant se tenir dans les plus brefs délais. Vous pourriez peut-être proposer une procédure.
la mise en place d’une Constituante afin que les futures élections se fassent sous l’égide d’une nouvelle Constitution mieux adaptée au développement harmonieux de la Nation et que réclament de nombreux citoyens.
Avec mes respectueuses salutations et mes vœux de Paix pour vous, votre famille et le pays
Odette Roy Fombrun
________________________________________
* Votre cas, Monsieur le Président, est semblable à celui du président Magloire. En ce temps-là, la date constitutionnelle n’était pas le 7 février, mais le 15 mai. Magloire … « prête serment le 6 décembre 1950 pour un mandat de 6 ans. Une disposition transitoire de la constitution de 1950 prévoit que son mandat prendrait fin le 15 mai 1957 » (afin de respecter la date constitutionnelle). Parce que la politique est l’assassin numéro un de notre pays, malgré cette précision des Constituants, il y a eu protestations et Magloire a du prendre le chemin de l’exil.
lundi 10 janvier 2011
Élection en Haïti: l'OEA recommanderait l'exclusion de Célestin
Agence France-Presse
Port-au-Prince
Les observateurs internationaux de l'OÉA (Organisation des états américains) recommandent l'exclusion de Jude Célestin, candidat gouvernemental, du second tour à venir de la présidentielle contestée.
Dans son projet de rapport qu'elle doit présenter lundi au président René Préval, l'OÉA fait état de preuves d'irrégularités dans le déroulement des opérations électorales. Elle recommande donc que le candidat arrivé troisième, Michel Martelly, se retrouve au second tour contre l'ancienne Première dame Mirlande Manigat.
L'Associated Press a obtenu copie de ce rapport, qui n'a pas encore été rendu public. Un responsable étranger proche des activités de la mission de l'OÉA a confirmé ces conclusions, lui aussi sous le couvert de l'anonymat.
La Commission électorale haïtienne devra décider de la réponse à apporter à ces recommandations. Le second tour, qui était prévu pour dimanche prochain, n'aura quoi qu'il en soit pas lieu jusqu'à au moins le mois prochain.
Le président Préval ne devrait pas réagir aux conclusions du rapport de l'OÉA avant mercredi et les cérémonies marquant le premier anniversaire du séisme dévastateur du 12 décembre 2010.
Les résultats du premier tour contesté, le 28 novembre, donnaient Mme Manigat en tête, devant le candidat gouvernemental Jude Célestin, semblant exclure de la course le chanteur populaire Michel Martelly. Le candidat soutenu par le président Préval semblait ne devancer son rival que d'un très faible nombre de voix. Ces résultats ont été vivement contestés par les partisans des trois protagonistes, qui tous ont parlé de fraudes et d'erreurs.
«La mission d'expertise a déterminé qu'elle ne pouvait pas apporter son soutien aux résultats préliminaires des élections présidentielles rendus publics le 7 décembre 2010», écrit ce rapport.
En vertu des analyses des experts, M. Martelly se retrouvait en deuxième position avec 22,2 pour cent, 7150 votes ayant été invalidés. M. Célestin passerait lui de la deuxième à la troisième place, avec 21,9 pour cent des voix, en ayant perdu 17 220 votes. Mme Manigat resterait en tête, avec 31,6 pour cent des voix, après que 13 830 voix en sa faveur aient été supprimées pour irrégularités.
«Si ces recommandations devaient être mises en oeuvre, la position du candidat à la troisième place serait modifiée en deuxième, et le candidat actuellement deuxième reculerait à la troisième», peut-on lire dans le projet de rapport.
Selon l'OÉA, des dizaines de milliers de bulletins devraient être écartés pour irrégularités. En revanche, les experts ne vont pas jusqu'à réclamer un nouveau recomptage national des voix, ni à annuler purement et simplement le premier tour et organiser un nouveau scrutin, comme l'ont réclamé plusieurs candidats ou observateurs, jugeant que cela «soumettrait les Haïtiens à un manque encore plus long de gouvernance constitutionnelle».
______________________________
À lire également:
Jonathan Katz: «New count hits Haiti gov't candidate», AP, jan. 10, 2011, 10h20 AM.
dimanche 9 janvier 2011
Haïti/Crise électorale - crise politique

Le Président haïtien René Préval et le Secrétaire général adjoint de l'OEA, Albert Ramdin, 17 décembre 2010. Photo: OEA
Le 28 novembre 2010, après la journée de vote où des partisans du candidat du parti au pouvoir ont participé à des fraudes massives en faveur de leur candidat Jude Célestin, des diplomates réunis en la circonstance étudiaient la possibilité d'envoyer le Président Préval en exil. C'est ce qu'a déclaré l'ambassadeur Ricardo Seitenfus dans une entrevue à un journal brésilien le 29 décembre 2010.
Une commission formée d'experts choisis par l'OEA est venue, fin décembre-début janvier, à Port-au-Prince pour évaluer la nature et l'ampleur des fraudes et faire ensuite rapport au secrétaire général de l'OEA, au Président Préval et au CEP.
Il est bruit que le rapport des experts de l'OEA sera déposé au début de cette semaine.
Le rapport des experts de l'OEA va permettre, nous l'espérons, de comprendre ce qui s'est réellement passé le 28 novembre 2010, jour du vote, ce qui s'est passé ensuite au centre de tabulation, et, enfin, ce qui s'est passé au CEP de René Préval.
Le rapport permettra, nous l'espérons, de mesurer l'ampleur des fraudes perpétrées en faveur du candidat de René Préval, Jude Célestin, par des militants du parti INITÉ, ce qui déteminera s'il y a lieu d'annuler le premier tour ou de continuer avec un second tour avec ou sans Célestin.
Selon ce que rapporte CaribWorldNews, (Kingston, Jamaïque, 8 janvier 2011), les experts ont tiré au hasard un échantillon de 550 urnes pour vérification.
Nous supposons que l'expert statisticien de la commission de l'OEA voudrait vérifier, entre autres choses, si l'échantillon prélevé permet d'obtenir des résultats similaires à ceux proclamés par le CEP. Par exemple, est-ce que l'échantillon contient à la fois environ 31% de voix pour Manigat, 22% environ pour Célestin, 22% environ pour Martelly ? Ce sont les pourcentages dévoilés par le CEP le 5 décembre dernier sur un total de 1 074 056 votes valides au premier tour des présidentielles 2010.
Si tel était le cas, les experts de l'OEA pourraient arriver à la conclusion que le centre de tabulation et le CEP méritent 10 sur 10. Et les fraudes se situeraient alors exlusivement (ou presque) du côté des militants de INITÉ qui ont opéré dans les bureaux de vote le 28 novembre ou dans la nuit du 27 au 28 novembre dans les bureaux de vote, si on ne tient pas compte de la mauvaise organisation de la logistique par le CEP (électeurs ne sachant où aller voter, électeurs munis de leur carte et dont le nom ne figurait pas sur la liste d'électeurs au bureau de vote où ils ont été dirigés, etc.).
Il ne sera pas possible de corriger le biais que les fraudes du parti INITÉ ont introduit dans le vote du 28 novembre 2010 en faveur de Jude Célestin, car ce biais affectera aussi, évidemment, l'échantillon de 550 urnes prélevé par les experts de l'OEA.
Espérons que les experts soient en mesure de déterminer le pourcentage d'urnes qui sont polluées parmi les 550 urnes de l'échantillon choisi et qu'ils se prononceront clairement sur l'opportunité ou non d'appliquer ce pourcentage aux urnes remplies aux élections présidentielles du 28 novembre dans l'ensemble des bureaux de vote.
Rapelons qu'il y a aussi le sondage réalisé par le CNO (centre national d'observation des élections qui avait déployé 5 500 observateurs à travers le pays) le jour du vote, sur environ 1500 bureaux de vote qui avait donné les estimations suivantes:
Mirlande Manigat: 30% environ;
Michel Martelly: 25% environ;
Jude Célestin: 20% environ (résultat biaisé par les fraudes en faveur de Célestin).
Il reste qu'une décision sera prise à la suite du dépôt du rapport des experts de l'OEA.
Le CEP et René Préval, devraient accepter de suivre les recommandations du rapport des experts de l'OEA. C'est ce qu'a déclaré en essence le Premier ministre Bellerive à Carib World News la semaine passée à Kingston.
Mais, quelle que soit la décision que prendront Préval et le CEP, le deuxième tour devrait être organisé par un CEP remanié, et, sous un gouvernement provisoire, après le 7 février 2011, dans un délai court. On ne peut pas faire confiance au système Préval-CEP actuel, même si Célestin est éliminé au premier tour.
Si le rapport des experts révèle que les fraudes en faveur de Célestin sont énormes, l'une des solutions politiques possibles serait d'accorder la victoire à Mirlande Manigat au 1er tour, étant donné son avance et étant donné qu'il n'y a pas eu de fraudes en sa faveur au premier tour. Ce serait alors élire un président à la majorité relative. A ce propos, si l'on enlève les voix en faveur de Célestin au premier tour, comme s'il avait 0 vote en sa faveur au 1er tour (le pire des scénarios), on aboutirait alors aux pourcentages suivants au 1er tour des présidentielles du 28 novembre 2010:
Mirlande Manigat: 336 878/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 40,5%
Michel Martelly: 234 617/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 28,2%
Jude Célestin: (241 462 - 241 462)/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 0,0%
Est-ce que les électeurs qui se sont déplacés pour aller voter pour Mirlande Manigat et qui n'ont pas pu voter du tout le 28 novembre, représentent les 9,5% de votes qu'il lui manque pour être élue dès le 1er tour ?
Est-ce que les électeurs qui se sont déplacés pour aller voter pour Michel Martelly et qui n'ont pas pu voter du tout, représentent les 21,8% de votes qu'il lui manque pour être élu dès le 1er tour ?
On n'aura jamais réponse à ces deux questions hypothétiques. On ne peut que conjecturer.
Enfin, en résumé, le rapport des experts de l'OEA sera très utile. Il restera à savoir comment Préval le fera utiliser par son CEP.
Préval est comme pris dans un piège (pèlen, karabann): d'un côté il y a la communauté internationale qui a condamné Préval au point d'avoir voulu l'envoyer en exil, si Bellerive avait accepté de faire partie de la transition le 28 novembre (2e entrevue de Seitenfus au Brésil, le 29 décembre); d'un autre côté, il y a les électeurs qui veulent que leur vote au premier tour compte. Et enfin, il y a l'échéance constitutionnelle du 7 février 2011 que Préval sera amené à respecter de gré ou de force.
samedi 8 janvier 2011
Haïti/Le mandat du Président René Préval doit prendre fin le 7 février 2011
Le CEP, en proclamant l'élection de René Préval en 2006 à la présidence d'Haïti, avait précisé que le mandat du Président prendra fin le 7 février 2011.
dimanche 2 janvier 2011
Haïti/René Préval aux Gonaïves: Le chant du cygne ?

Gonaïves, 1er janvier 2011.- Président René Préval: le chant du cygne ?
Photo: zimbio.com

Manifestation anti-Préval aux Gonaïves, 1er janvier 2011
Photo: zimbio.com
Pour plus d'images, cliquez sur: zimbio.com.
__________________________________
Tiré du journal Le Nouvelliste:, 1er janvier 2011
Haïti: "Nous sommes à un carrefour dangereux" selon René Préval
Le président René Préval a jugé samedi, à l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance d'Haïti, que son pays se trouvait à un "carrefour dangereux" en raison de la crise politique née des élections contestées du 28 novembre.
"Aujourd'hui, nous sommes à un carrefour dangereux. A côté des calamités naturelles, nous sommes dans une crise politique issue des élections du 28 novembre 2010", a déclaré M. Préval à la télévision nationale d'Haïti depuis la ville des Gonaïves (Nord) où se déroulaient les festivités du 207e anniversaire de l'indépendance d'Haïti, ancienne colonie française.
La proclamation, début décembre, des résultats préliminaires des scrutins présidentiel et législatifs avait provoqué de violentes manifestations en Haïti où de nombreux secteurs ont dénoncé des fraudes en faveur du candidat à la présidence Jude Célestin, soutenu par M. Préval.
Le chanteur populaire Michel Martelly, arrivé en troisième position de la présidentielle avec 21% des voix derrière Jude Célestin (22%) et l'ex-première dame Mirlande Manigat (31%), contestent les résultats qui font actuellement l'objet d'une évaluation par des experts dépêchés par l'Organisation des Etats américains (OEA).
M. Préval, dont le mandat constitutionnel arrive à terme le 7 février, a ainsi laissé entendre qu'il pourrait rester au pouvoir jusqu'au 14 mai pour permettre de compléter le processus électoral.
Un groupe de 12 candidats à la présidence qui exigent l'annulation des élections demande à René Préval de partir à la fin de son mandat et prône l'installation d'un gouvernement provisoire.
"C'est un président légitime et des parlementaires légitimes qui doivent remplacer le président, les sénateurs et les députés", a recommandé M. Préval appelant au respect de loi électorale et de la Constitution du pays "pour éviter de tomber dans une crise plus grave".
"La reconstruction du pays ravagé par un violent séisme en 2010, la lutte contre le choléra qui a fait plus de 3.000 morts, réclament la stabilité dans la vie politique du pays", a scandé M. Préval.
samedi 1 janvier 2011
Haïti/Présidentielle : l’OEA entame sa mission de recomptage
Montage RFI / Pierre Moussart, 01-01-2011
Par RFI et Amélie Baron, correspondante RFI à Port-au-Prince
Source: RFI, Samedi 01 janvier 2011
En Haïti, plus d'un mois après le premier tour de l'élection présidentielle, aucun résultat définitif n'a encore été officialisé. Pour sortir de l'impasse politique, l'OEA débute ce 1er janvier sa mission de vérification. Il ne s'agit pas pour l'organisation de recompter les voix, pour infirmer ou confirmer les résultats, mais simplement d'apporter une assistance légale aux autorités de Port-au-Prince.
Il aura fallu plus de deux semaines pour que ces missions internationales se mettent en place. Devant la crise électorale dans laquelle Haïti était plongée, le président de la République René Préval en avait fait la demande le 13 décembre mais la dizaine d'experts n'est arrivée que le 31 décembre car il fallait définir avant le rôle exact de ces deux nouvelles missions. Et il ne s'agit pas d'une opération de recompte des votes.
Un premier groupe d'experts, des statisticiens et informaticiens, vont donc s'atteler à vérifier comment les données des procès verbaux des bureaux de vote ont été compilées. Et des juristes vont, eux, apporter une assistance légale aux autorités haïtiennes pour gérer les plaintes déposées par les partis et les candidats.
Les résultats définitifs du premier tour des élections auraient dû être annoncés le 20 décembre. L'Organisation des Etats d'Amérique se dit consciente des contraintes de temps mais ne se donne aucune date butoir pour achever son travail. L'organisation du deuxième tour des élections à la date du 16 janvier est de toute façon compromise, car le pays se prépare à commémorer ce 1er janvier 2011 le séisme qui a tué plus de 250 000 personnes le 12 janvier dernier.
lundi 20 décembre 2010
Conférence de presse de Madame Mirlande Manigat, candidate à la Présidence
Objet: Conférence de presse de Madame Mirlande Manigat, candidate à la Présidence
À: "'*RDNP 098 News'"
Date: Lundi 20 décembre 2010, 12h00
Conférence de presse de Madame Mirlande Manigat, candidate à la Présidence
Port-au-Prince, le vendredi 17 décembre 2010
Version française de la déclaration introductive faite en créole.
"Messieurs et dames les journalistes, Bonjour.
Je vous remercie pour votre présence ce matin.
Je voudrais vous entretenir de divers sujets.
Tout d'abord, le cas de Patrice Dumont, responsable du service de presse de ma campagne. Vous savez qu'il a été convoqué, hier matin, au Parquet de Port-au-Prince pour répondre d'accusations de complicité afin d'incendier les locaux de la Télévision Nationale. De ce fait, il est accusé d'association de malfaiteurs.
A ce sujet, je voudrais faire les observations suivantes.
Pour qui connaît Patrice Dumont, une telle accusation est dénuée de tout bon sens et ne saurait constituer un dossier sérieux et acceptable. Il s'agit de l'expression d'une volonté de porter atteinte à l'intégrité bien connue de ce citoyen remarquable.
Mais, mal en a pris aux auteurs d'une initiative aussi incongrue que maladroite et ils se sont rendus compte que Patrice n'était pas "pitimi san gado". Vous étiez nombreux à venir couvrir cet événement et surtout pour lui témoigner votre solidarité. D'autres citoyens, des parlementaires, des amis y compris moi-même, étaient aussi présents au Parquet. Après une audition rapide, Pepe a pu sortir libre, mais il doit rester à la disposition de la justice, ce qui signifie que l'affaire n'est pas encore classée.
En second lieu, par delà Patrice Dumont, c'est le RDNP qui était visé car le chef d'accusation a souligné qu'il avait assisté à une réunion au domicile d'un membre du RDNP sis à Delmas 22 ! Aucun nom, aucune adresse précise, ce qui souligne la désinvolture et le manque de professionnalisme des dispensateurs de la justice.
Tout le monde sait que le RDNP est un parti non violent. Nous condamnons toute forme de violence comme moyen politique. Alors, que recherche-t-on ?
Je répète ce slogan martelé tout au long de la campagne "Nou pa pè, nou pap janm pè !!" S'ils croient nous intimider avec ce genre d'abus, ils se trompent lourdement.
Je lance un appel aux commissaires du Gouvernement pour qu'ils n'oublient pas qu'ils font partie du Ministère de la Justice, mais qu'ils ne sont pas aux ordres du Ministre de la Justice.
Les juges de paix ne sont pas protégés par l'Article 177 de la Constitution comme ceux des cours d'appel et du Tribunal de Cassation déclarés inamovibles. Aussi, ils sont placés dans une position fragile. Nous savons que beaucoup d'entre eux ont été révoqués ou déplacés à la veille des élections, un acte arbitraire qui viole le principe de l'indépendance de la Justice proclamée par cette même Constitution. A ceux-là, je demande de prendre patience car justice leur sera rendue lorsque Mirlande Manigat deviendra Présidente de la République.
Enfin, je lance un appel à ceux qui détiennent encore le pouvoir et je leur dis ceci : il vous reste encore 52 jours. Le compte à rebours a déjà commencé pour vous car bientôt 50 jours, 45, 30, 15, 8, 2 et.....le 7 février, good bye ! Tachez de finir votre mandat en beauté si vous le pouvez ! Ne ternissez pas les jours qui vous restent !
Le deuxième point que je voudrais aborder est la suite des élections du 28 novembre.
Je remercie les 336.878 citoyens qui ont voté pour moi. Je remercie aussi tous ceux dont les votes n'ont pas été pris en compte car JE SAIS et VOUS AUSSI VOUS SAVEZ qu'ils ont été plus nombreux que les 31% qui m'ont été accordés.
Mais la réalité est que j’occupe la première place et celle-ci n'est pas contestée.
Actuellement, une vaste opération de recomptage est annoncée
Comptez ! Recomptez ! Mais respectez le vote populaire. Le peuple sait pour qui il a voté et pour qui il n'a pas voté. Je vous le répète PINGA ! Respectez le vote populaire !
Celui des jeunes, étudiants ou pas, mais désœuvrés et qui se sentent abandonnés !
Celui des femmes de toutes les catégories sociales !
Celui des marchandes de "chin jambé et de maléré pa brital" !
Celui des ouvriers et des artisans !
Celui des paysans malmenés par la vie et par l'infortune !
Celui des professionnels !
Celui des membres de la société civile et du secteur privé !
Celui des membres de notre vaillante Police Nationale !
Celui des croyants de toutes les confessions religieuses !
Respectez leur vote et leur choix.
J'occupe la première place et j'attends que l'on indique qui sera non mon adversaire car nous sommes fils et fille d'une même nation, mais mon compétiteur dans une élection loyale.
Je voudrais préciser pour quelle raison je ne participe pas à cette opération de recomptage. Pour cela, il me faut revenir en arrière. Le vendredi 7 décembre, j'apprends par voie de presse la formation de cette Commission spéciale (Communiqué No 59 du CEP). Nous nous sommes réunis et nous avons décidé de publier un communiqué signé de deux avocats de mon équipe, Me Wilmine Raymond Saint Pierre et Carol Chalmers, par lequel, nous avons décliné l'invitation à en faire partie, car aucune indication n'était donnée quant à la composition de cette Commission, son mandat, ni même le lieu de la réunion projetée. Le lendemain samedi, à 5h a.m., je reçois sur Internet une lettre signée du Président du CEP, m'invitant à participer le jour même à midi, à une première prise de contact, au local de la MINUSTAH. Cette lettre était accompagnée d'un document indiquant les termes de référence, la composition de la Commission et les trois candidats arrivés en tête ou, à défaut, leurs représentants étaient invités à "assister" aux travaux de la dite Commission.
Cette fois, je n'ai même pas répondu car cette démarche me paraissait irrecevable pour plusieurs raisons. D'abord la forme. J'ai trouvé que le CEP avait failli à tous les usages de la bienséance en adressant, via Internet, à une personne en passe de devenir la prochaine Présidente de la République, une lettre avec une signature illisible, sans le sceau du CEP et sans le document accusant réception d'une correspondance importante. En outre, le CEP n’a pas compétence pour former une telle Commission sans les nécessaires provisions constitutionnelles et légales requises
Enfin, je me demande quelle crédibilité accorder à cette démarche et surtout, quels sont les documents qui feront l'objet de cette opération de recomptage, car il est vraisemblable qu'ils pourraient être triés sur le volet, afin de soumettre à l'attention ceux d'entre eux qui seraient acceptables. Vous savez que vous pouvez consulter sur Internet des pièces ahurissantes qui indiquent comment, maladroitement, des Procès Verbaux ont été falsifiés, mis en quarantaine puis récupérés pour gonfler le résultat obtenu par un candidat. A la base donc, il se pose une question de confiance et il ne faudrait pas que les promoteurs de l'opération prennent les citoyens pour des imbéciles.
A ce que j'ai pu apprendre, cette commission est mort-née et plusieurs institutions pressenties pour en faire partie ont décliné l'offre. De même, j'ai appris de la bouche même de Monsieur Ramdin, Secrétaire Adjoint de l'OEA venu me visiter hier, que les deux Commissions sollicitées de l'OEA par le Président de la République, n'ont pas été constituées, ce qui ne signifie pas que l’institution interaméricaine ne va pas s'impliquer dans une opération de recomptage.
Enfin, le troisième élément de mon intervention préliminaire porte sur les solutions proposées à la crise électorale en passe de se transformer en crise politique.
Depuis quelque temps, de propositions sont discutées et on me les a soumises il y a quelques jours, venant aussi bien d'institutions nationales que de secteurs internationaux. Je n'en retiendrai que deux d'entre elles.
La première consisterait en l'organisation du deuxième tour avec les trois candidats placés en tête. Cette "triangulaire" prévue dans un pays comme la France et pour les élections législatives, est en contradiction avec notre Constitution qui précise qu'un deuxième tour est organisé seulement avec les deux candidats les mieux placés.
La seconde anticiperait une nouvelle élection avec tous les candidats avec cette particularité que le vainqueur serait le candidat qui obtiendrait le plus grand nombre de voix. Dans ce cas aussi, il s’agit d'une proposition de violation de la Constitution qui précise que le Président, tout Sénateur ou Député doit obtenir la majorité absolue, c'est-à-dire 50% + 1.
Etant constitutionnaliste et légaliste, je ne saurais me rallier à ces deux propositions.
Je suis aussi une citoyenne consciente de la gravité de la situation et je demeure ouverte pour la recherche d'une solution. J'éprouve toujours un malaise lorsque l'on souligne à mon attention que telle solution n'est pas juridique mais elle est politique, comme si une décision de nature politique ne devrait pas, a priori, reposer sur des bases juridiques. Aussi, je privilégie la voie constitutionnelle car celle-ci me sert de boussole et je me bats pour qu'il en soit ainsi dans notre pays, même si, comme vous le savez, j'ai de nombreuses critiques contre la Charte Fondamentale, tout en soulignant que tant qu'elle existe, il faut en respecter les principes.
Mais je vous le dis et je vous le répète : en tant que femme politique consciente et responsable, je demeure ouverte et disponible pour toute recherche d'une solution adéquate à la crise présente à condition qu'elle ne soit pas imposée, qu'on me considère comme une partenaire et qu'elle ne s'écarte pas trop de la légalité.
Pour terminer, je fais un appel au Président Préval pour lui demander de mieux terminer son mandat, qu'il s'appuie sur ce qu'il conserve de patriotisme et de sens de l'Etat pour qu'il ne soit pas coupable envers la nation pour des décision inappropriées que ses amis et lui seraient tentés de concocter. Il est encore temps pour qu'il se ressaisisse !
Mirlande Manigat
Candidate à la présidence de la République d'Haïti.
Tel : (509) 3561 - 9430
E-mail: mhmanigat@yahoo.fr

