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lundi 15 février 2021

#Haiti / Crise politique / Sur la durée du mandat présidentiel de 5 ans- Une analyse et une suggestion (bien humblement).-

 Par Dr. Pierre Montès

Date: 12 février 2021
1) LA CONSTITUTION AMENDÉE.-
Voici ce que dit la constitution de 1987 amendée.
Article 134-1:
La durée du mandat présidentiel est de cinq (5) ans. Cette période commence et se terminera le 7 février suivant la date des élections.
Article 134-2:
L’élection présidentielle a lieu le dernier dimanche d’octobre de la cinquième année du mandat présidentiel.
Le président élu entre en fonction le 7 février suivant la date de son élection. Au cas où le scrutin ne peut avoir lieu avant le 7 février, le président élu entre en fonction immédiatement après la validation du scrutin et son mandat est censé avoir commencé le 7 février de l’année de l’élection.
Article 134-3:
Le Président de la République ne peut bénéficier de prolongation de mandat. Il ne peut assumer un nouveau mandat, qu’après un intervalle de cinq (5) ans.
En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat.
2) REMARQUES.-
On peut admettre sans discussions le principe selon lequel la constitution de 1987 amendée ne permet pas de violer la règle (logique) mathématique utilisée pour arrondir en nombres entiers les nombres décimaux.
On veut arrondir un nombre décimal au nombre entier le plus proche, disons, le nombre 5 (cinq).
Voici la règle qui s'applique généralement en mathématiques :
"Tout nombre décimal à arrondir à 5 doit être compris entre
4,5000...1 et 5,4999...9".
Pour simplifier, disons que ce nombre doit être compris entre 4,5 et 5,5 pour le considérer comme égal (l'arrondir) à 5.
Ayons en tête cette règle mathématique en lisant les articles 134-1, 134-2 et 134-3.
Ainsi, sans prolonger ni raccourcir le "mandat présidentiel de 5 ans", on peut considérer que ce mandat peut commencer au moment de la prestation de serment, le, ou avant, ou après le 7 février de l'année X et qu'il doit se terminer le, ou avant, ou après le 7 février de l'année Y.
On peut alors admettre que la durée effective du "mandat présidentiel de 5 ans" soit comprise entre un minimum de 4 ans, 6 mois plus 1 jour, et, un maximum de 5 ans 6 mois moins 1 jour.
Ainsi l'article 134-1 sera respecté, l'article 134-2 sera respecté, l'article 134-3 sera respecté, la règle mathématique utilisée pour arrondir les nombres décimaux ne sera pas violée.
Sur la base de ce raisonnement, le mandat du Président Jovenel Moïse devrait prendre fin à l'élection au suffrage universel d'un nouveau Président au cours de l'année 2021 ou au plus tard au début de 2022. Il pourrait alors rester au pouvoir jusqu'à une date située autour du 7 février 2022, plus ou moins 6-mois-moins-1-jour, si un accord politique est trouvé sur le respect de cette règle mathématique et sur le respect du principe selon lequel un élu succède à un élu.
_____________________________________
N.B.- L'auteur n'est ni pour ni contre l'une ou l'autre des parties en présence. Seuls le triomphe de la logique et le bonheur d'Haïti l'intéressent dans cette crise. Il n'est pas en situation de conflit d'intérêts.

jeudi 8 mars 2012

Edito : Les acculés

Par Frantz Duval
Source: Le Nouvelliste, 6 mars 2012

Haïti: Le président Michel Martelly prend des coups. Pas un jour qu'une nouvelle lettre de sénateurs, une déclaration de député ou un document sur internet ne vienne troubler son règne. Stoïquement, le Martelly nouveau laisse passer la vague, fait le dos rond, encaisse et compte les jours.

La mauvaise passe comme les sept plaies d'Égypte n'est que pour un temps, doit-il se dire.
De partout, rapporte-t-on, les conseils affluent : il doit tenir bon et ne rien dire qui puisse raviver les ressentiments. Parler n'a pas été une bonne idée pour le chanteur. Quand on sait combien lui coûte son silence, lui qui adore provoquer, son attitude est admirable.

Les diplomates qui ont rencontré le président de la République ces derniers temps sont convaincus que les leçons de ses dernières sorties ont été apprises. « Monsieur le président, plus d'excitations gratuites », lui a même conseillé un des grands amis d'Haïti.

Résultats: les visites prévues de longue date se déroulent sans anicroches. Premier ministre de Curaçao, dollars de Petrocaribe, Commissaire de l'Union Européenne, elatriye. Les annonces de millions se suivent à un rythme soutenu. Cela ne veut pas dire que les promesses seront tenues, mais au moins elles sont faites. Le Premier ministre désigné a le temps de souffler et d'enfiler rencontre sur rencontre pour se tisser une base d'appui plus large. Martelly marque des points sans tapage, achète du temps. Compte ses vrais amis.

La communauté internationale sait que Martelly est convaincu qu'elle doit le soutenir. Comment les diplomates en poste ici pourraient-ils s'infliger un tel désaveu en mettant en doute le choix appuyé avec chaleur il y a moins d'un an ? Nos grands amis doivent peser sur le frein du leader et boire la lie de ses erreurs.

Les parlementaires aussi savent que nous ne sommes pas à la veille d'un bouleversement, mais, eux, ne peuvent plus actionner le bouton de l'arrêt d'urgence. Ils ne veulent pas se déjuger non plus ni passer pour des vendus, des mous, des lâches.

Pendant que les jours passent, la situation se détériore, le capital confiance s'effiloche, les conditions d'une crise plus sérieuse se mettent en place.





Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Twitter:dalfaz

samedi 25 février 2012

Haiti Without a Prime Minister Again: Is This Reconstruction or ‘Deconstruction’?

By Tim Padgett

Source: globalspin.blogs.time.com, February 25, 2012

This article was written by Tim Padgett in Miami with Susana Ferreira in Port-au-Prince
Speaking to his nation Friday night, Feb. 24, Haitian President Michel Martelly sported several pink bracelets that read Tet Kale, or “Bald Head” in Creole, a political slogan referring to Martelly’s own shaved pate. Unfortunately, it’s the Haitian government that’s looking pretty bald at the moment after Friday’s resignation of Martelly’s Prime Minister, Garry Conille, who had only been on the job for four months. In his two-minute television broadcast, Martelly urged Haitians and the international community to “stay calm. We have already taken every step so that the state my continue to work normally.”
But Haiti, the western hemisphere’s poorest nation and arguably its most dysfunctional government, doesn’t work normally in the best of times – and Conille’s sudden departure is a politically seismic shock to Haiti’s recovery, two years after an earthquake that wrecked the country and killed more than 200,000 people. It was also a product of what looks increasingly like an intractable standoff between a populist President, a former carnival singer known as “Sweet Micky,” who seems as imperious as he is inexperienced, and an opposition-controlled Parliament run by entrenched establishment pols who can’t accept an outsider head of state. “This is a big, senseless step backward,” one western diplomat in Port-au-Prince told TIME. “It’s the last thing Haiti needed right now.”
The diplomat’s sentiments are being echoed around the international community – Canadian Foreign Affairs Minister John Baird said the Conille resignation “causes further instability at a time when the Haitian people face serious hardship” – and for good reason. Thanks to the acrimony between President and Parliament, Haiti went without a Prime Minister – who runs the government and therefore oversees disbursement of earthquake recovery funds – for more than six months after Martelly was sworn in last May. During that time, nervous international donors withheld billions of dollars for reconstruction projects.
Conille’s installation as Haiti’s No. 2 leader had buoyed them. A U.S.-educated doctor and veteran of U.N. development work, Conille was a top aide to former U.S. President Bill Clinton in the latter’s role as special U.N. envoy to Haiti. In the past four months, Haiti has seen a series of high-profile investments, including the announcement of a $45 million Mariott Hotel and the construction of the Caracol Northern Industrial Park, a $300 million project set to cut ribbon for its first tenant in a matter of weeks. But the new political crisis suddenly renders the future of these and other projects uncertain. Now, after the recent momentum, as Martelly sought to build confidence in Haiti’s potential as a manufacturing, agriculture and tourism hotspot – he insisted Friday that “the country is starting to take off” – his government could find itself back at square one.
And the reasons seem as boorish as they are byzantine. If Conille’s appointment had encouraged the international community, it put domestic pols on edge from the start. Among the sore points that led Martelly, cabinet ministers and parliamentarians to push Conille out: arguments over interpretations of the Haitian Constitution, particularly the powers of the PM versus the President’s; a Senate-led investigation into the alleged dual nationality of Martelly, Conille and other high-ranking government officials (Conille had urged those being targeted to comply and submit documents, while Martelly had advised them not to, calling the probe a conspiracy against him); and Conille’s push to audit $300 million in post-earthquake contracts awarded under his predecessor, Jean-Max Bellerive, a cousin of Martelly’s.
Disagreements between Martelly and Conille had become more public in recent weeks, with the President even arriving unannounced at Conille’s house one evening for an angry exchange. Still, Conille insisted two weeks ago that he wouldn’t step down, that he was in it for the long haul.
But when the government returned to work on Thursday, Feb. 23, after the bright revelry of Carnival, the political mood turned darker. Cabinet ministers and other officials did finally comply with the investigating Senate commission’s request for nationality and travel documents, but they reportedly wore pink Tet Kale bracelets to make it clear they backed Martelly and not Conille. They then openly boycotted a scheduled meeting with the PM – who, humiliated, having lost control of his cabinet and facing the prospect of a no-confidence vote in Parliament, felt “obliged,” as he wrote in his terse resignation letter, to quit.
Conille, a consummate technocrat, can also be blamed to a certain degree for political naivete if not arrogance: running the Haitian government requires more rough-and-tumble shrewdness than a career in the U.N. usually instills. He perhaps could have done more, for example, to assuage concerns in the Parliament that he felt more loyalty to the U.N., Clinton and foreign investors than to Haiti.
Even so, his ouster makes Martelly’s government and Parliament look more foolish and petty than ever. Half the earthquake rubble has yet to be cleared away in Haiti, but the Senate has chosen to make a dual-nationality witchhunt one of its priorities? Given Haiti’s long and ugly history of official corruption, it’s natural that international donors want to see more transparency in the use of their reconstruction billions – and yet when Conille tried to inspect the post-earthquake books, Martelly and his allies pushed back, making it look all the more to the outside world that Haiti has something to hide.
Meanwhile, the Haitian media report that violent crime is up sharply in the capital, Port-au-Prince, during the crisis – with one major daily, Le Nouvelliste, calling the current situation “deconstruction” instead of reconstruction. Conille will stay on to manage routine affairs until a new PM is nominated; Martelly promised the search for Conille’s successor would begin soon, and that government officials and Parliament would resolve the crisis quickly. “Like it or not,” he said, using one of his slogans, “victory is for the people.” But not with a government like this.

samedi 27 août 2011

De la perversion de la fonction parlementaire

Par Heidi FORTUNÉ
Magistrat, Juge d’Instruction
Cap-Haitien, Haïti, ce 26 août 2011

Le parlement désigne une assemblée délibérante ayant pour fonction de voter des lois et de contrôler l’action gouvernementale. Historiquement, c’est pour cela qu’il a été institué en Grande-Bretagne au Xlllème siècle. Donc, à l’origine, le parlementaire avait des attributions très précises et bien définies mais cela a évolué au fil du temps avec cette pratique déloyale de faire chanter les gouvernements pour des portefeuilles ministériels, en les menaçant de motion de censure. Jusque-là, nous ne voulons pas parler de perversion de la fonction mais le comportement de certains élus est, en effet, pervers.

Ces dernières années, les « pères conscrits » haïtiens ont très mauvaise réputation aux yeux de la population, et la conjoncture politique actuelle vient renforcer cet antiparlementarisme. Et, au-delà de ce simple phénomène d’opinion, il y a tout un dérèglement de la norme constitutionnelle voire une sorte de déviation inouïe de la fonction. Dans la pratique la plus habituelle, leur mission de contrôler et d’évaluer les politiques publiques du gouvernement et de légiférer en faveur du peuple est, sans conteste, négligée par rapport à d’autres sphères d’activités qui n’ont aucune relation avec celle qui leur est dévolue par la Constitution.

Le parlementaire n’est pas un agent de développement. En ce sens, il n’a pas à réclamer de l’argent dans les ministères au nom de sa circonscription pour la réalisation de projets. Son travail ne consiste pas à céder, contre de l’argent ou par intérêt, des postes de direction aux plus offrants. Il n’a rien à voir, en termes de déboursement, dans l’organisation des activités populaires et culturelles telles les fêtes patronales et les festivités carnavalesques. Un Sénateur ou un Député ne doit pas appartenir à la pègre ni avoir des connexions avec des narcotrafiquants ou être impliqué dans une action malhonnête, douteuse ou condamnable telle la corruption par exemple.

Le parlementaire devrait être une personnalité morale, honorable et respectable ayant un certain niveau de connaissance pour discuter des questions spécifiques d’importance publique. Il devrait avoir la capacité intellectuelle de faire la lumière sur les opérations du pouvoir en place en fournissant un espace publique où les politiques et les actions gouvernementales sont débattues, passées au crible et livrées à l’opinion publique. Il devrait être aussi en mesure de soutenir l’État de Droit en dénonçant d’éventuels abus de pouvoir, comportement arbitraire et conduite illégale ou anticonstitutionnelle de la part de l’Exécutif. Il ne devrait être ni un analphabète ni un laquais…pour éviter que sa fonction ne soit perçue comme une sinécure pour les personnes amorphes, molles, inactives et qui ne maitrisent ni la lecture ni l’écriture.

En effet, ils sont légions, ceux-là qui pensent que les parlementaires haïtiens, en raison de leur improductivité et de leur performance négative, ne méritent pas leur salaire et les largesses qui leur sont allouées...Pourtant, les Juges font, de très loin, mieux qu’eux ; malheureusement, ils sont traités en parents pauvres. Il faudra, un jour, un soulèvement de la Magistrature et du corps judiciaire en général pour exiger des deux autres pouvoirs de l’État un partage équitable de la souveraineté nationale et des biens de la République tel que prévu par la Constitution.

Aujourd’hui, avec la logique d’affrontement instaurée au niveau de la Chambre Haute par une majorité bien déterminée à contrecarrer l’Exécutif, le Parlement remplit moins bien son rôle que par le passé. Quand le sens d’action de l’un dévie la ligne régulière de l’autre, cela va entrainer le pays dans une instabilité certaine. Théoriquement, le Parlement représente le peuple et devrait être le garant de ses aspirations. Provoquer des difficultés, détourner l’intérêt, créer des conditions de blocage…voilà les moyens possibles pour le mandant de retirer sa confiance à son mandataire, de douter de sa compétence et de son aptitude à garantir son destin.

Dans le système démocratique, le pouvoir est censé être exercé par le peuple. Donc, il ne devrait pas y avoir de conflit pour la conduite et le bien-être de la société entre l’Exécutif et le Législatif. Ceci est contraire au droit et à la morale politique. Le parlement a le droit d’exprimer, avec une certaine décence, son désaccord ou son contraste avec le gouvernement en place ; c’est pourquoi le principe d’organisation sociale les dispose en complémentarité. Cependant, les couches les plus défavorisées ne doivent pas en subir les conséquences.

Depuis son avènement au pouvoir, un véritable écran est dressé entre le Président de la République et un groupe de seize Sénateurs qui ne pensent décidément qu’à leurs intérêts personnels et à ceux de leurs familles politiques plutôt qu’aux besoins pressants de la population et au redémarrage du pays. Si le peuple n’a pas assez d’autorité pour contraindre le Législatif à jouer correctement le jeu de la démocratie, il court le risque de voir sa réalité quotidienne se restreindre dans des conflits bien en deçà de ses aspirations.

Heidi FORTUNÉ

dimanche 14 août 2011

Mettre fin à la comédie


Source: lenouvelliste.com, 12 août 2011
Par Gary Victor

Haïti: On m'a raconté l'histoire d'un président récent à qui des conseillers, chose quand même rare, faisaient remarquer qu'il ne pouvait pas soutenir un ignare trop bien connu à un poste électif majeur. Le chef de l'État objecta le plus sérieusement du monde : « Kijan ! Li pa ka leve men l ? » Chose dite, chose faite ! Le populisme à l'haïtienne ne fait pas dans la dentelle.
Ce qui est choquant dans ce qu'on est en train de vivre actuellement, c'est de voir des commentateurs s'arrêter à l'aspect purement formel de la question. On réclame le respect de la loi, le respect de la Constitution. Nos parlementaires prennent des positions, votent, en jurant ne vouloir que le respect des procédures et le bien de la nation. Pourtant, nous savons tous que ce formalisme n'est que façade et est sans consistance. Le jeu est truqué depuis que René Préval a tout fait pour mettre sous contrôle le Conseil électoral provisoire, sous les yeux d'une communauté internationale, indifférente, frileuse, pour ne pas dire complice, qui a été pourtant obligée d'intervenir quand le grain de sable Martelly est venu mettre à mal la machine Unité. Mais la magouille n'a été stoppée qu'à moitié. La seconde moitié a continué son petit bonhomme de chemin, bien que le Conseil électoral provisoire ait démontré son engagement à mener à bon port le projet INITE.

Aujourd'hui, commentateurs, hommes politiques opinent comme s'il y avait un cadre légal que voulaient respecter les acteurs en présence. Ils jouent tous la comédie en oubliant la réalité des intérêts mesquins, inavouables, souvent énormes, cachés derrière ce qui se déballe en public. Nous savons tous comment ont été acquises certaines fortunes, certaines positions. Nous savons tous que le jeu consiste, de part et d'autre, à protéger les acquis maffieux et à mettre la main sur ce qui reste des ressources de ce pays au bénéfice de clans qui ont sans cesse démontré leur mépris pour ce peuple et pour ce pays. Une certaine presse semble vouloir tomber dans le panneau. Ce qui est effrayant, c'est comme s'il était admis qu'une décision « politique » signifiait simplement une décision prise dans l'intérêt d'un groupe ou de plusieurs groupes, alors que ces groupes, en fait, ne s'entendent que sur une seule chose et ne défendent rien de politique: le partage du butin ! Le mot politique dans tout ce qu'il a de plus noble est dévoyé. Il n'est plus question de l'intérêt de la communauté, il n'est plus question de notre pays tout simplement. Ici, il n'est plus question de politique. Il est question de boue. On fait de la politique en République dominicaine. On ne fait pas de la politique en Haiti. On n'a qu'à voir la différence entre nos deux pays pour comprendre que ceux, ici, qui parlent de « décision politique », ne savent pas de quoi ils parlent. Il faut arriver à faire de la vraie politique en Haïti.

Il est tout à fait curieux et symptomatique qu'on ait rejeté la candidature d'un citoyen au poste de Premier ministre parce qu'il a fait son travail comme ministre de la Justice en tentant par toutes les voies possibles, avec le peu de moyens dont il disposait, de stopper une opération menée par des hordes de voyous, de violeurs, de kidnappeurs - des gens qui ont assassiné et mutilé notre jeune poète le plus talentueux, Jacques Roche - et de s'opposer à certains diktats de la communauté internationale. Il y avait certainement des gens de l'autre côté de la barricade appuyant ces voyous, qui sont maintenant en position d'autorité ! La preuve que notre société est malade. Qu'aurait dû faire un ministre de la justice à ce moment ? Pactiser avec les bandits ? Permettez-moi de penser à cette jeune policière assassinée - Marie Christine Jeune - qui avait refusé aussi de pactiser avec des délinquants choyés par le pouvoir. Il faut vraiment que dans ce pays on commence à respecter ceux qui ont le courage de s'opposer à l'inacceptable.

On ne peut pas tomber dans le piège de ce formalisme sans consistance, de cette coquille vide que nous présentent parlementaires et membres de l'exécutif, alors que cette coquille ne sert qu'à dissimuler des sosyete madichon, une corruption triomphante qui détruit notre jeunesse et qui prépare pour notre pays un avenir de ruines, de poussière et de cendre.
Les comédiens, on les connaît. Pensent-ils qu'on ne se doute pas qu'ils sont des comédiens ? C'est peut-être pour cela qu'ils sont plus intransigeants, plus intolérants, plus pourfendeurs de l'intelligence, qu'ils se trouvent dans un camp ou dans l'autre. Il devient de plus en plus urgent que d'autres voix s'élèvent, surtout au niveau de la presse, pour qu'on ne fasse plus le jeu de ce formalisme trompeur, sans consistance, pour ne pas dire assassin. Il n'est jamais trop tard pour arrêter la corruption, pour arrêter la bêtise.

vendredi 12 août 2011

Haïti/Crise politique/ Concertation oui, affrontement non

  
Trois mois sans Premier ministre, mais avec un gouvernement démissionnaire transitoire.

Le Président Michel Martelly a été élu sous la bannière du parti Répons Peyzan. Ce parti n'a fait élire que trois (3) députés; ces derniers ont rejoint le groupe GPR formé en majorité de députés du parti INITE.

Trois mois après avoir prêté serment devant le Parlement, le Président Martelly n'arrive pas à se doter d'un Premier ministre et d'un gouvernement pour commencer à exécuter son programme dont les priorités sont regroupées suivant quatre (4) axes: état de droit, éducation, environnement et emploi.

Deux candidats au poste de Premier ministre, Daniel Gérard Rouzier et Bernard Honorat Gousse, choisis par le Président Martelly, remplissaient tous les deux les conditions techniques exigées par l'article 157 de la constitution. Leur candidature a, malgré tout, été rejetée par un vote dit politique, le premier par la Chambre des députés, le second par le Sénat.

Depuis plus d'une semaine, les Présidents de la Chambre des députés et du Sénat  attendent que le Président de la république les appelle en consultation comme le veut la constitution  pour que le Président leur communique le nom de la personne qu'il choisit  comme candidat au poste de Premier ministre, une personne que le Président croit pouvoir rallier une majorité tant à la Chambre des députés et au Sénat pour pouvoir gouverner pendant les cinq prochaines années.


Ce que peut faire le Président Michel Martelly.

On comprend très bien la déception du Président. Mais il est certain que le Président veuille réussir son mandat de cinq ans. Pour ce faire, il doit avoir un Premier ministre et un gouvernement qui mettra en application son programme.

Le Président de la république et son équipe doivent entamer le processus de consultation avec le Parlement pour aboutir à un choix de Premier ministre conformément à l'article 137 de la constitution.
J'ai bien dit le Parlement, car je pense que la consultation devra se faire avec les différents groupes de parlementaires au niveau des deux Chambres afin que le Président arrive à se rallier une majorité certaine au niveau de chacune des deux Chambres du Parlement. C'est grâce à l'appui de cette majorité que le Président pourra faire ratifier son Premier ministre désigné, et qu'il pourra gouverner le pays de manière efficace pendant les cinq années de son mandat.

Le Président Martelly est le chef du Pouvoir exécutif. Il est le chef de l'État. La nation est divisée en deux solitudes; il doit racoler les deux Haïti comme le symbolise notre drapeau et comme le dit notre devise: l'union fait la force.

Le Président doit se comporter en bon père de famille. Et il en est capable. Il a la bonne volonté, il aime travailler, il aime Haïti. Il doit être le pilote de la navette nationale, et en tant que tel, il doit avoir en tout temps les deux mains sur le volant; le Premier ministre doit être son co-pilote à bord.

Dans le processus de recherche d'une majorité au Parlement, dans la recherche du plus grand bien pour le plus grand nombre, et pour arriver à avoir un Premier ministre et un gouvernement, entre autres objectifs, voici une petite suggestion que je formule bien respectueusement et bien humblement au Président et à l'entourage du Président.

Il est suggéré de rencontrer, idéalement, chacun des parlementaires (99 députés, 30 sénateurs). Comme ce serait trop long maintenant car le temps presse, le Président et son équipe pourraient procéder de la manière suivante.

Il y a dix (10) départements géographiques et 99 circonscriptions électorales. Le Président pourrait décider de rencontrer en même temps les trois sénateurs et les députés des circonscriptions d'un  même département. Cela ferait dix (10) groupes à rencontrer en tout. S'il accorde une demi-journée par rencontre, il pourrait, en cinq jours (disons une semaine) réaliser ce travail avec les parlementaires, tous les parlementaires.

Une semaine pour permettre au Président de la république et aux Parlementaires de s'apprivoiser, de se connaître, de s'entendre, de se concerter. [Selon le Larousse, concerter = préparer (une action) en commun; se concerter = s'entendre pour agir ensemble.]

Au cours des rencontres, le Président et son équipe de collaborateurs prendraient note des besoins, des attentes, des préoccupations, des problèmes de chacune des 99 circonscriptions électorales du pays et de chacun des dix (10) départements  géographiques du pays. Ces données seraient utilisées aussitôt que possible et en  particulier lors de la préparation du premier budget annuel du gouvernement Martelly. [Une circonscription est formée d'une partie de commune, d'une commune entière, ou bien de plusieurs communes réunies; il y a 143 communes en tout en Haïti.]

Bien sûr, durant la campagne électorale, Monsieur Martelly avait visité les différentes régions du pays; il connaît donc les problèmes; il les a touché du doigt; et il a son programme. Mais il y a tellement de problèmes à résoudre, il n'y a tellement pas assez de ressources qu'il faudra faire des choix et échelonner dans le temps les actions arrêtées et surtout, surtout, les répartir équitablement dans l'espace des dix départements géographiques du pays. Les données recueillies au cours des rencontres avec les parlementaires permettraient au Président Martelly d'ordonnancer les solutions des problèmes des différentes circonscriptions et départements en tenant compte de l'avis des parlementaires.

Ces premières rencontres  seraient organisées pour faire partir la machine gouvernementale (choix et ratification du PM). Mais ces rencontres pourraient se répéter périodiquement, disons annuellement, et un suivi devrait être fait.

De plus ce genre d'exercices pourrait s'étendre à d'autre secteurs de la société haïtienne.

Le Président de la république doit être constamment à l'écoute des circonscriptions (des communes, des sections communales) et des départements. Nous savons tous que le Président en est capable et que le Président aime et aimera faire cela. Il doit montrer qu'il les entend, les comprend, les aide. C'est ainsi qu'il pourra acquérir et maintenir l'appui, sinon de la totalité, du moins de la majorité des parlementaires de chacune des deux chambres du Parlement.

Concertation oui, affrontement non. Le Président doit se comporter en tout temps en bon père de famille.

Dr. Pierre Montès      

jeudi 11 août 2011

Haïti/Crise politique/ «Madame Liliane Pierre-Paul voit rouge»

    
Madame Liliane Pierre-Paul voit rouge

Source: haiti-nation, 11 août 2011, 1:41 PM
Par Professeur Gérard Bissainthe

Madame Liliane Pierre-Paul, s'imaginant que Mgr Louis Kébreau (1) parle des "pantalettes roses" de Sweet Micky a vu subitement rouge et est sortie de ses gonds. Devant la stagnation actuelle on peut comprendre son exaspération. Mais il faut quand même préciser qu’à aucun moment le prélat haïtien n'a parlé de la couleur du "kanson" de Sweet Micky auquel il fait allusion dans sa récente déclaration demandant au chef d'Etat haïtien de "mété Kanson nan rein li pou li dirigé pays a." De toute évidence le prélat haïtien se réfère à la fameuse expression du président Paul Magloire qui s'était donné le surnom de "Kanson Fè".

Le glissement de "kanson" à "pantalette" est d'ailleurs dû à une candidate à la présidence qui voulait dire qu'arrivée au pouvoir, le fait qu'elle appartient au sexe féminin ne l'empêcherait pas d'avoir ce qu'il est convenu d'appeler de "mâles vertus". De là à arriver aux "pantalettes roses" de Sweet Micky (qui appartiennent à l'histoire passée de notre actuel président), il n'y a qu'un pas que Madame Liliane Pierre-Paul a franchi un peu trop vite et un peu trop allègrement.

A la vérité; le mot du prélat haïtien --est-il vraiment besoin de le dire? -- est donc à prendre non au sens littéral, mais au sens figuré. L’Archevêque du Cap-Haïtien se fait l'interprète d'un très grand nombre de personnes qui ont soutenu Michel Martelly en se disant que sa spontanéité, sa fougue, sa détermination, son anticonformisme même étaient et sont encore ce dont un chef d'Etat haïtien a le plus besoin aujourd’hui pour nous sortir de la crise actuelle. Il faut quelqu'un qui soit capable de donner la parole aux actes pour en finir, car la plaisanterie a assez duré. Toutes ces personnes attendaient du nouvel élu qu'il prenne le taureau de nos problèmes par les cornes et le terrasse. Or depuis qu'il est arrivé au pouvoir, il passe son temps ou à se sauver hors du pays, comme s'il en avait peur –bientôt en Argentine, hier à Washington, ou à Miami ou à New York ou en Espagne--, ou à faire de beaux discours, comme on a toujours fait avant lui. Depuis près de trois mois la nation est bloquée et rien ne se règle. Toutes ces personnes pensent qu'elles ont élu quelqu'un qui avait une image de "dur" et qu'elles se retrouvent apparemment devant un "mou" totalement inefficient. Et tout le monde se dit: "Mais où est donc passé cet homme décidé, ce fonceur qui s'appelait Sweet Micky et qui semble aujourd’hui ou impotent ou prisonnier?" C'est ce mécontentement qui va se généralisant qu'a voulu exprimer, j’en suis convaincu, le prélat haïtien.

Une telle conjoncture de désarroi et d’impairs me ramène à la mémoire ces vers de Racine:

"Cet esprit d'imprudence et d'erreur,
De la chute des rois funeste avant-coureur
."

Si rose il y a, il est plutôt du côté de ceux, de quelque bord qu’ils soient, qui veulent faire croire que la situation actuelle est rose et que tout va très bien, Madame la Marquise", sauf qu'on déplore "un tout petit rien", à savoir que le pays est toujours sans PM, sans programme, sans plan, sans direction. Pour d’autres l’actuel Président n’est pas à sa place et doit partir tout de suite pour céder son siège, mais au fond à qui ? A un “déjà vu”? A un nouveau “sauveur”? Madame Liliane Pierre-Paul qui pour moi fait partie du “Gran-Lacou” et dont au fond je comprends le ras-le-bol, pourrait-elle nous faire part de la solution rapide et faisable qu’elle a en tête pour sortir du désordre sans entrer dans le chaos?

Pour ma part je pense qu’au lieu de tomber à bras raccourcis sur le nouvel élu, il faut avant tout essayer de “faire avec”. Il a voulu le poste; il l’a eu. Maintenant il doit faire le travail en s’entourant de gens capables et compétents. Presque trois mois sans même avoir mis le pied à l’étrier, c’est un record d’impuissance. Ça ne peut plus durer. Ça finira inéluctablement, croyez-en mon plus d’un demi-siècle d’expérience, par sentir le “Bonsoi dan’m” qui arrive toujours quand on s’y attend le moins.

Le prélat haïtien, de toute évidence, a voulu être paternel et même fraternel. Ses conseils sont gratuits. Souvent les conseils gratuits valent beaucoup mieux que ceux pour lesquels on paye très cher.

Gérard Bissainthe
11 août 2011
_______________________________________________________________
(1) NDCDP-Politique.-
Pour un résumé de cet événement, cliquer sur les liens suivants:

a) Un article sur le site Web de Radio Vision 2000 rapportant les propos de Mgr Kébreau:
Haïti : Michel Martelly doit enfiler son pantalon de Sweet Micky pour pouvoir gouverner, selon un responsable ecclésiastique

b) Un article de Roberson Alphonse dans Le Nouvelliste rapportant la mise au point de Mgr Kébreau:
 Haïti: Kébreau et le pantalon de Sweet Micky font des vagues ! 

jeudi 4 août 2011

Haïti/Sa candidature rejetée par 16 sénateurs, Bernard Gousse réagit.


PROMESSES D’AVENIR

Par Bernard GOUSSE

Chers Amis Compatriotes,

Le Sénat a pris une décision qui met malheureusement fin au cheminement qui devait me permettre de me mettre au service de mon pays. Malheureusement … mais momentanément.

Ma désignation a soulevé un débat public salutaire où les forces saines de la population se sont exprimées en faveur du bien, de la vie, de l'éducation, contre le mal absolu incarné dans une barbarie s’étant abattue éhontément sur les bébés, les femmes âgées, les petites marchandes et les ouvriers.

Je remercie Monsieur le Président de la République, Michel J. Martelly, d’avoir désiré m’associer à l’œuvre de son mandat populaire.

Je remercie les parents et amis qui n’ont jamais fléchi dans leur support. Je remercie surtout les anonymes rencontrés dans les rues, sur les places, qui, discrètement mais chaleureusement, m’ont encouragé dans un combat qui était devenu le leur.

Je remercie aussi mes compatriotes sénateurs du groupe des 16 pour la publicité faite autour de mon nom avec un zèle quotidien dont n’aurait pu faire preuve la meilleure agence de publicité. J’ai pu grâce à eux me prouver à moi-même et démontrer à mes compatriotes mon endurance à garder le front haut et la tête altière, le regard porté vers un destin collectif de grandeur, indifférent aux crachats et aux vulgaires piaillements. Je ne manquerai donc pas de leur faire parvenir leurs honoraires s’ils me soumettent une facture pour un travail décidément bien fait.

Le débat parlementaire du 2 août 2011 a permis que des sénateurs désintéressés défendissent le droit et les valeurs morales avec une opiniâtreté, un panache et une éloquence pour lesquels je les félicite. Ils n’ont pas été vaincus et ont, j’espère, suscité des vocations de parlementaires valeureux, nourris de courage et de science. La défaite fut celle, éphémère, du droit, et celle, peut-être définitive, de l’honneur du Sénat, alors que languissent sous les tentes et dans les masures, dans les écoles comme dans les conseils d’administration, dans une patience de plus en plus ténue, les espoirs déçus d’une Haïti studieuse, travailleuse et reconstruite.

Le combat dans lequel je suis engagé dépasse désormais ma personne; je ne peux l’abandonner. L’horizon de ce combat ne s’arrête pas à la question de premier ministre. Le temps est venu pour que la dignité, le travail honnête et l’éducation soient les valeurs proposées en exemple et récompensées, pour que soient vaincues l’immoralité, la corruption, les richesses spontanées et l’arrogante ignorance.

La vie publique bien conçue, en dépit de ses vicissitudes, mérite que l’on s’y consacre quand la guident l’accès généralisé aux services sociaux de base, la modernisation de l’Etat, la libération des énergies créatrices et surtout le regain de la dignité nationale.

Je resterai donc parmi vous.

Au revoir


GPR, Gousse Pi Rèd.

lundi 18 juillet 2011

Professeur Sauveur Pierre-Étienne au micro de Raymond Laurent, CKUT 16 juillet 2011

Amies et amis internautes,

Voici des liens vers deux vidéos:

  1. Professeur Sauveur Pierre-Étienne au micro de M. Raymond Laurent: 1ère partie, oplmv2010,ckut et nyrvah.blogspot.com, 18 min 38 sec, 16 juillet 2011;


  2. Professeur Sauveur Pierre-Étienne au micro de M. Raymond Laurent: 2e partie, oplmv2010, ckut et nyrvah.blogspot.com, 17 min 13 sec, 16 juillet 2011.

mardi 12 juillet 2011

Haïti/Bernard Gousse, PM désigné, répond aux questions de Valéry Numa (Radio Vision 2000, 11 juillet 2011)

Amies et amis internautes,

Voici une entrevue à écouter pour vous faire votre propre idée de Me Bernard Gousse.

LCDP-Politique, pour sa part, est d'avis que Bernard Gousse, homme de loi, sage, compétent, honnête, ferait un excellent chef de gouvernement.
LCDP-Politique est convaincu que le Président Michel Martelly a raison de le choisir comme candidat au poste de Premier ministre.

Cliquez sur touthaiti.com (Vision 2000/Valéry Numa/Bernard Gousse répond), 52 minutes, 11 juillet 2011.

lundi 11 juillet 2011

Haïti/RATIFICATION Premier ministre: Le Président est un exemple de démocratie

Sources: Forum culturel et Stanley Lucas, Lundi 11 juillet 2011, 17h 09min 10s
Par Stanley Lucas

Le Président Michel Martelly dans le cadre du processus de désignation du Premier Ministre a démontré qu'il est un démocrate allant même jusqu'à faire des concessions sur ses prérogatives constitutionnelles. La constitution donne au President de la république l'autorité de nommer le Premier Ministre. Dans le cadre de Bernard Gousse dix noms sont allés au Parlement. Les sénateurs de l'INITE ont choisi trois noms. Sur la liste des trois noms le Président a choisi un nom faisant d'énormes concessions sur ses prérogatives.


Mais l'INITE voulant absolument imposer la continuité de l'INITE avec Bellerive ou la continuité de LAVALAS avec Ceant a refusé de prendre en considération le nom de Me. Bernard Gousse qu'ils ont eux même choisi. Assistons-nous à une dictature parlementaire? Si le parlement a des droits et prérogatives garantis par la constitution de 1987, quelques parlementaires de l'INITE n'ont pas le droit d'empiéter sur les prérogatives constitutionnelles du Président de la république. Moïse Jean-Charles, Wenceclass Lambert à travers leurs déclarations sont des exemples concrets de ces violations des droits du Président.


La réalité est que l'INITE ne POURRA pas imposer la continuité au Président de la république. La base de Martelly est à 98% opposée à Jean-Max Bellerive à cause de ses performances au cours des dix dernieres années. Le video de Michel Soukar a confirmé un sentiment général qui se renforce sur le Premier Ministre Bellerive; voir:
http://www.youtube.com/watch?v=scpOaf3IeIM

En ce qui a trait à Me. Jean-Henry Céant c'est la même chose au niveau de la base de Michel Martelly: à 99.9% sa base ne veut pas de cette association lavalassienne. En plus le rapport sur la corruption de l'UCREF est encore frais dans la mémoire des supporters de Martelly et des citoyens en général; voir:
http://balawou.blogspot.com/2010/08/jean-henry-ceant-enquetes-sur-la.html

Malgré les efforts légaux de Jean-Henry Céant pour blanchir son nom, ils sont très nombreux ceux qui maintiennent des doutes malgré ses efforts sus-mentionnés.


Le Président Michel Martelly a deux options:
1. Travailler pour la ratification de Me. Bernard Gousse en utilisant les pouvoirs et leviers légaux et démocratiques de la présidence d'Haïti. Demander le respect du processus de ratifications et des provisions constitutionnelles. Il obtiendra la ratification.

2. Préparer juste un nom, un nouveau nom, qu'il soumettra aux Présidents des deux chambres vingt-quatre heures après, dans le cas où le Sénat refuserait Me Bernard Gousse. Ce nom ne devra en aucun cas représenter la continuité. Dans le cas contraire Martelly pourrait le payer très cher lors des élections de Novembre 2011 et perdre sa base nécessaire pour affronter les difficultés qui se poseront lors de l'application de ses réformes pour moderniser l'état et le secteur privé.

mercredi 19 janvier 2011

Haïti: Duvalier aspire à retrouver le pouvoir, mais son passé le poursuit



Haïti- Jean-Claude Duvalier salue la foule à l'hôtel Karibe, Pétion-ville.
Photo: AFP, 19 janvier 2011


Source: lexpress.fr, 19 janvier 2011
Par AFP, publié le 18/01/2011 et mis à jour le 19/01/2011

PORT-AU-PRINCE - Jean-Claude Duvalier ambitionne de redevenir président d'Haïti, a affirmé mercredi son entourage, malgré des plaintes pour crimes contre l'humanité déposées contre l'ancien dictateur rentré dans son pays à la surprise générale.
Trois jours après son retour à Port-au-Prince et 25 années d'exil en France, "Baby Doc", 59 ans, est apparu brièvement à la mi-journée à une cinquantaine de partisans qui l'ont acclamé à l'extérieur de son hôtel.

Parallèlement, son porte-parole, Henri-Robert Sterlin, a dévoilé à l'AFP la stratégie de l'ex-président, rentré à Port-au-Prince au moment où son pays traverse une grave crise politique depuis le premier tour contesté de la présidentielle du 28 novembre.

"Il faut tout bouleverser pour qu'on annule les élections. Et qu'après il y ait de nouvelles élections générales où Duvalier se présente. Et là, bingo" (il est élu), a expliqué M. Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris.

Mais l'ancien dictateur est poursuivi par son passé: il est tenu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants sous sa présidence (1971-86). Mercredi, quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont été déposées contre lui devant la justice haïtienne.

La journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a annoncé avoir porté plainte pour "séquestration arbitraire, exil, destruction de biens privés, torture physique et morale, violation des droits civils et politiques".

Baby Doc est déjà inculpé depuis mardi de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs.

Dans un communiqué, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a rappelé les autorités haïtiennes à leur "devoir continu d'enquêter, de poursuivre, de punir et de remédier aux atteintes aux droits de la personne", rappelant que la dictature Duvalier s'était caractérisée par "des violations massives des droits de la personne".

M. Duvalier s'est borné depuis son retour à déclarer qu'il était venu "pour aider" les Haïtiens après le séisme qui a dévasté le pays il y a tout juste un an. Il n'a toujours pas donné de conférence de presse.

De son côté, le Conseil électoral a entrouvert la porte à une révision des résultats de la présidentielle en indiquant qu'il prendrait "en considération" une révision des résultats du premier tour en fonction d'éventuelles contestations.

Les résultats préliminaires annoncés début décembre ont provoqué des violences de la part des partisans du chanteur Michel Martelly, arrivé en troisième position et donc exclu du deuxième tour.

Avec 21% des voix, M. Martelly ne comptait que quelques milliers de voix de moins que le candidat du pouvoir, Jude Célestin (22%), ce dernier étant donc qualifié pour affronter au deuxième tour une ancienne première dame, Mirlande Manigat, arrivée première avec 31% des voix.

Mais une mission d'enquête dépêchée par l'Organisation des Etats américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et recommandé de rétrograder M. Célestin en troisième position.

Outre l'hypothèse de l'annulation du scrutin, qui permettrait à M. Duvalier d'être candidat, M. Sterlin a formulé une deuxième hypothèse qui verrait finalement M. Martelly accéder au second tour, voire à la présidence, avec le soutien des duvaliéristes.

Si un second tour est organisé, "M. Martelly arriverait au pouvoir", a pronostiqué M. Sterlin, précisant que le parti duvaliériste n'avait "aucun problème avec M. Martelly".

lundi 17 janvier 2011

Haïti-élections 2010-2011/ Un second tour entre Manigat et Martelly

Le groupe d'experts dépêché par l'OEA a remis son rapport contenant ses recommandations au Président René Préval, le jeudi 13 janvier 2011.

Les conclusions du rapport étaient déjà connues quelques jours avant le 12 janvier.

Parmi les experts de l'OEA, il y a le Dr Fritz Scheuren (1). Il est statisticien diplômé de l'Université de Chicago. Il a été le 100e Président de l'ASA (American Statistical Association). Il est l'auteurs de livres sur les élections et le contrôle de la qualité.

Le rapport des experts conclut que Michel Martelly est 2e et Célestin 3e.
Le rapport recommande explicitement que Jude Célestin soit écarté du 2e tour, même si l'écart entre lui et Michel Martelly est réduit à 3225 voix en faveur de Michel Martelly.

Les résultats préliminaires publiés par le CEP avant la révision/correction proposée par l'OEA donnaient Jude Célestin deuxième et Michel Martelly troisième avec un écart (plus grand) de 6845 voix en faveur de Jude Célestin (7 décembre 2011).

Vu le sérieux et la qualité du travail des experts de l'OEA, le gouvernement Préval et le CEP n'ont d'autres choix que d'accepter et d'appliquer à la lettre les recommandations de l'OEA: second tour Manigat - Martelly.

Il reste à savoir si le deuxième tour sera organisé sous René Préval avec le CEP actuel, même si le candidat du pouvoir sortant est écarté par ce CEP.

LCDP-Mathématiques appliquées a fait une analyse statistique des résultats corrigés par l'OEA pour les trois premiers candidats. Nous arrivons à la même conclusion que les experts de l'OEA et le Dr Scheuren en particulier: on ne peut pas conclure que Célestin = Martelly (pourcentages de vote); Martelly est bien deuxième après Mirlande Manigat et Célestin est troisième.

Jude Célestin doit être écarté du second tour.

Voici le lien conduisant à notre analyse. Veuillez excuser la technicité:

Haïti-vérification des résultats du 1er tour présidentielles 2010 par l'OEA: Manigat 1ere, Martelly 2e, Célestin 3e.


Dr. Pierre Montès
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(1) Dr. Fritz Scheuren/National Opinion Research Center (NORC), University of Chicago.

dimanche 16 janvier 2011

Odette Roy Fombrun invite René Préval à partir le 7 février 2011

Source: radiokiskeya.com, jeudi 11 janvier 2011

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT RENE PREVAL

Monsieur le Président,
J’ai suivi avec intérêt vos déclarations à la presse ce soir, 11 janvier 2011, avant-veille de l’anniversaire de ce désastreux tremblement de terre qui a dévasté la capitale et tous les grands services de l’Etat. Vous vous êtes bien défendu. Vous avez raison sur bien des points. MAIS, cette défense ne tient pas compte de la réalité sur le terrain aujourd’hui et surtout pas des menaces qui pèsent d’augmenter l’instabilité que vous dites sans cesse combattre.

Concernant la Constitution de 87.
Il est certain que dès les débuts de votre mandat, vous avez fait ressortir qu’elle avait tant d’imperfections dangereuses qu’il fallait envisager d’y apporter des amendements le plus tôt possible. Malheureusement, la perception à votre proposition a été que vous vouliez vous faire accorder un autre mandat. Ainsi, la Constitution de 87 est demeurée en vigueur. Vos critiques rejoignaient les miennes et celles de la constitutionaliste, Madame Mirlande Manigat. Vu que les Amendements à lui apporter seraient très nombreux, elle recommandait l’adoption d’une Nouvelle Constitution et présentait un projet. J’ai alors proposé que les travaux d’une Constituante soient entamés à partir de l’étude du livre de Madame Manigat. (Proposition que je renouvelle aujourd’hui). Toutefois, elle insistait sur le respect de la Constitution de 87, tant que cette dernière serait en vigueur.

L’une des imprécisions de la Constitution de 87 concernait l’article 149 qui précise que le mandat du président commence le 7 février pour une durée de 5 ans ; les Constituants ont omis de préciser qu’au cas où, pour une raison ou pour une autre, le mandat devait commencer à une autre date, celui-ci se terminerait le 7 février de la 5eme année. Conscient du problème, vous aviez sagement accepté que votre mandat prenne fin le 7 février 2011 tel que consigné dans la loi électorale d’alors. Or, voilà qu’aujourd’hui, vous vous appuyez de préférence sur l’article fixant votre mandat à 5 ans pour demeurer jusqu’au 14 mai. En faisant ce nouveau choix, vous renvoyez aux calandres grecques la date constitutionnelle du 7 février. Pourquoi ce revirement ? Pourquoi vouloir bénéficier de cette imperfection de la Constitution de 87 que vous dénonciez et que vous aviez si sagement décidé de corriger en laissant le pouvoir le 7 février 2011 ? Seul un accord national aurait rendu cette option transitoire possible. Malheureusement, cet accord n’a pas été obtenu et sur le terrain ce sont les affrontements et le kraze-brize qui se préparent. Dans le contexte actuel c’est dangereux de faire un tel choix.

Monsieur le Président,
Concernant votre départ.
Sans nul doute, s’il n’y avait pas eu la catastrophe du 12 janvier, vous auriez terminé votre mandat dans la paix, après avoir inauguré quelques routes, ponts, universités... et, peut-être lancé le pays sur la voie du développement. Il est aussi certain que l’histoire vous rendra hommage là où hommage vous est dû - comme pour le respect de la liberté de parole et la lutte contre l’insécurité. (La presse dépasse même les limites du permis et le citoyen ne semble plus ressentir le besoin de se procurer une voiture blindée).

Malheureusement, vous portez - même injustement - le poids de la catastrophe du 12 janvier, jugée mal gérée et injustement celui du cholera qui fait tant de victimes. Vous êtes condamné par un destin malheureux à quitter le pouvoir, laissant le pays exsangue, MENDIANT, alors qu’il est le plus riche pays de la Caraïbe, riche en histoire, en sites historiques, en cultures… Le voilà classé, par ses « Grands Amis » qui l’aident à coups de millions et même de milliards ( ?) : « seul PMA d’Amérique et seul pays du Continent en voie de totale désertification». Quelle déchéance ! Quelle honte ! Quelle peine ! Comment expliquer une telle déchéance sinon que par un questionnement de ce qui n’a pas été fait ?

Pourquoi n’avez-vous pas exploité tant de richesses ? Pourquoi n’avez-vous pas arrêté le dangereux déboisement des mornes dominant la capitale, et empêché la construction et la multiplication de ces bétons-villes menaçants ? Pourquoi avoir tant tardé à entreprendre une décentralisation effective porteuse d’emplois et de régénérescence des provinces, limitant l’exode rural ? Il était dans votre intérêt d’encourager l’intéressant projet NABATEC, créateur de nombreux emplois et de logements pour les sans abris de Port-au-Prince. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ? Surtout, pourquoi n’avoir pas mis un frein à l’envahissement d’espaces destinés à des projets de développement ? Ces initiatives constructives auraient certainement plaidé en votre faveur aujourd’hui.

Concernant la création du parti UNITE.
Vous avez expliqué valablement les raisons qui vous ont porté à le créer et à vous y impliquer personnellement et directement. Ce choix qui ne vous a pas mis au-dessus de la mêlée, porte un secteur de la population à vous rendre responsable de l’échec des élections et à réclamer votre départ du pouvoir. En rétrospective, il eut été plus sage et plus prudent pour vous de supporter des élections non-partisanes pour une transmission pacifique du pouvoir….

En conclusion, je vous prie, Excellence, d’éviter au pays de nouveaux soubresauts, dangereux pour la souveraineté nationale. Imitez le geste de Tiresias Simon Sam. Le 7 février, transmettez volontairement le pouvoir à un juge de la Cour de Cassation et la Nation vous sera reconnaissante de lui avoir évité le kraze-brize destructeur qui la menace. Laissez à l’histoire le soin de vous rendre justice.

Je suggère aussi qu’à votre départ :
le cabinet ministériel reste en place, vu les accords en vigueur avec la Communauté Internationale et les nombreux projets en cours. Ceci permettrait de maintenir une certaine stabilité et d’assurer un minimum de continuité. Ce cabinet est cependant sujet à remaniement par votre remplaçant. Il reviendra au président élu et aux nouvelles Chambres le soin d’installer un nouveau Gouvernement.

le remaniement du Conseil Electoral et du système électoral afin de garantir la crédibilité des prochaines joutes devant se tenir dans les plus brefs délais. Vous pourriez peut-être proposer une procédure.

la mise en place d’une Constituante afin que les futures élections se fassent sous l’égide d’une nouvelle Constitution mieux adaptée au développement harmonieux de la Nation et que réclament de nombreux citoyens.

Avec mes respectueuses salutations et mes vœux de Paix pour vous, votre famille et le pays

Odette Roy Fombrun
________________________________________

* Votre cas, Monsieur le Président, est semblable à celui du président Magloire. En ce temps-là, la date constitutionnelle n’était pas le 7 février, mais le 15 mai. Magloire … « prête serment le 6 décembre 1950 pour un mandat de 6 ans. Une disposition transitoire de la constitution de 1950 prévoit que son mandat prendrait fin le 15 mai 1957 » (afin de respecter la date constitutionnelle). Parce que la politique est l’assassin numéro un de notre pays, malgré cette précision des Constituants, il y a eu protestations et Magloire a du prendre le chemin de l’exil.

lundi 10 janvier 2011

Élection en Haïti: l'OEA recommanderait l'exclusion de Célestin

Source: cyberpresse.ca, 10 janvier 2011 à 13h33 Mis à jour à 14h22

Agence France-Presse
Port-au-Prince

Les observateurs internationaux de l'OÉA (Organisation des états américains) recommandent l'exclusion de Jude Célestin, candidat gouvernemental, du second tour à venir de la présidentielle contestée.
Dans son projet de rapport qu'elle doit présenter lundi au président René Préval, l'OÉA fait état de preuves d'irrégularités dans le déroulement des opérations électorales. Elle recommande donc que le candidat arrivé troisième, Michel Martelly, se retrouve au second tour contre l'ancienne Première dame Mirlande Manigat.

L'Associated Press a obtenu copie de ce rapport, qui n'a pas encore été rendu public. Un responsable étranger proche des activités de la mission de l'OÉA a confirmé ces conclusions, lui aussi sous le couvert de l'anonymat.

La Commission électorale haïtienne devra décider de la réponse à apporter à ces recommandations. Le second tour, qui était prévu pour dimanche prochain, n'aura quoi qu'il en soit pas lieu jusqu'à au moins le mois prochain.


Le président Préval ne devrait pas réagir aux conclusions du rapport de l'OÉA avant mercredi et les cérémonies marquant le premier anniversaire du séisme dévastateur du 12 décembre 2010.

Les résultats du premier tour contesté, le 28 novembre, donnaient Mme Manigat en tête, devant le candidat gouvernemental Jude Célestin, semblant exclure de la course le chanteur populaire Michel Martelly. Le candidat soutenu par le président Préval semblait ne devancer son rival que d'un très faible nombre de voix. Ces résultats ont été vivement contestés par les partisans des trois protagonistes, qui tous ont parlé de fraudes et d'erreurs.

«La mission d'expertise a déterminé qu'elle ne pouvait pas apporter son soutien aux résultats préliminaires des élections présidentielles rendus publics le 7 décembre 2010», écrit ce rapport.

En vertu des analyses des experts, M. Martelly se retrouvait en deuxième position avec 22,2 pour cent, 7150 votes ayant été invalidés. M. Célestin passerait lui de la deuxième à la troisième place, avec 21,9 pour cent des voix, en ayant perdu 17 220 votes. Mme Manigat resterait en tête, avec 31,6 pour cent des voix, après que 13 830 voix en sa faveur aient été supprimées pour irrégularités.

«Si ces recommandations devaient être mises en oeuvre, la position du candidat à la troisième place serait modifiée en deuxième, et le candidat actuellement deuxième reculerait à la troisième», peut-on lire dans le projet de rapport.

Selon l'OÉA, des dizaines de milliers de bulletins devraient être écartés pour irrégularités. En revanche, les experts ne vont pas jusqu'à réclamer un nouveau recomptage national des voix, ni à annuler purement et simplement le premier tour et organiser un nouveau scrutin, comme l'ont réclamé plusieurs candidats ou observateurs, jugeant que cela «soumettrait les Haïtiens à un manque encore plus long de gouvernance constitutionnelle».
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À lire également:
Jonathan Katz: «New count hits Haiti gov't candidate», AP, jan. 10, 2011, 10h20 AM.

dimanche 9 janvier 2011

Haïti/Crise électorale - crise politique



Le Président haïtien René Préval et le Secrétaire général adjoint de l'OEA, Albert Ramdin, 17 décembre 2010. Photo: OEA



Le 28 novembre 2010, après la journée de vote où des partisans du candidat du parti au pouvoir ont participé à des fraudes massives en faveur de leur candidat Jude Célestin, des diplomates réunis en la circonstance étudiaient la possibilité d'envoyer le Président Préval en exil. C'est ce qu'a déclaré l'ambassadeur Ricardo Seitenfus dans une entrevue à un journal brésilien le 29 décembre 2010.

Une commission formée d'experts choisis par l'OEA est venue, fin décembre-début janvier, à Port-au-Prince pour évaluer la nature et l'ampleur des fraudes et faire ensuite rapport au secrétaire général de l'OEA, au Président Préval et au CEP.

Il est bruit que le rapport des experts de l'OEA sera déposé au début de cette semaine.

Le rapport des experts de l'OEA va permettre, nous l'espérons, de comprendre ce qui s'est réellement passé le 28 novembre 2010, jour du vote, ce qui s'est passé ensuite au centre de tabulation, et, enfin, ce qui s'est passé au CEP de René Préval.

Le rapport permettra, nous l'espérons, de mesurer l'ampleur des fraudes perpétrées en faveur du candidat de René Préval, Jude Célestin, par des militants du parti INITÉ, ce qui déteminera s'il y a lieu d'annuler le premier tour ou de continuer avec un second tour avec ou sans Célestin.

Selon ce que rapporte CaribWorldNews, (Kingston, Jamaïque, 8 janvier 2011), les experts ont tiré au hasard un échantillon de 550 urnes pour vérification.

Nous supposons que l'expert statisticien de la commission de l'OEA voudrait vérifier, entre autres choses, si l'échantillon prélevé permet d'obtenir des résultats similaires à ceux proclamés par le CEP. Par exemple, est-ce que l'échantillon contient à la fois environ 31% de voix pour Manigat, 22% environ pour Célestin, 22% environ pour Martelly ? Ce sont les pourcentages dévoilés par le CEP le 5 décembre dernier sur un total de 1 074 056 votes valides au premier tour des présidentielles 2010.

Si tel était le cas, les experts de l'OEA pourraient arriver à la conclusion que le centre de tabulation et le CEP méritent 10 sur 10. Et les fraudes se situeraient alors exlusivement (ou presque) du côté des militants de INITÉ qui ont opéré dans les bureaux de vote le 28 novembre ou dans la nuit du 27 au 28 novembre dans les bureaux de vote, si on ne tient pas compte de la mauvaise organisation de la logistique par le CEP (électeurs ne sachant où aller voter, électeurs munis de leur carte et dont le nom ne figurait pas sur la liste d'électeurs au bureau de vote où ils ont été dirigés, etc.).

Il ne sera pas possible de corriger le biais que les fraudes du parti INITÉ ont introduit dans le vote du 28 novembre 2010 en faveur de Jude Célestin, car ce biais affectera aussi, évidemment, l'échantillon de 550 urnes prélevé par les experts de l'OEA.

Espérons que les experts soient en mesure de déterminer le pourcentage d'urnes qui sont polluées parmi les 550 urnes de l'échantillon choisi et qu'ils se prononceront clairement sur l'opportunité ou non d'appliquer ce pourcentage aux urnes remplies aux élections présidentielles du 28 novembre dans l'ensemble des bureaux de vote.

Rapelons qu'il y a aussi le sondage réalisé par le CNO (centre national d'observation des élections qui avait déployé 5 500 observateurs à travers le pays) le jour du vote, sur environ 1500 bureaux de vote qui avait donné les estimations suivantes:

Mirlande Manigat: 30% environ;
Michel Martelly: 25% environ;
Jude Célestin: 20% environ (résultat biaisé par les fraudes en faveur de Célestin).

Il reste qu'une décision sera prise à la suite du dépôt du rapport des experts de l'OEA.
Le CEP et René Préval, devraient accepter de suivre les recommandations du rapport des experts de l'OEA. C'est ce qu'a déclaré en essence le Premier ministre Bellerive à Carib World News la semaine passée à Kingston.

Mais, quelle que soit la décision que prendront Préval et le CEP, le deuxième tour devrait être organisé par un CEP remanié, et, sous un gouvernement provisoire, après le 7 février 2011, dans un délai court. On ne peut pas faire confiance au système Préval-CEP actuel, même si Célestin est éliminé au premier tour.

Si le rapport des experts révèle que les fraudes en faveur de Célestin sont énormes, l'une des solutions politiques possibles serait d'accorder la victoire à Mirlande Manigat au 1er tour, étant donné son avance et étant donné qu'il n'y a pas eu de fraudes en sa faveur au premier tour. Ce serait alors élire un président à la majorité relative. A ce propos, si l'on enlève les voix en faveur de Célestin au premier tour, comme s'il avait 0 vote en sa faveur au 1er tour (le pire des scénarios), on aboutirait alors aux pourcentages suivants au 1er tour des présidentielles du 28 novembre 2010:

Mirlande Manigat: 336 878/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 40,5%
Michel Martelly: 234 617/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 28,2%
Jude Célestin: (241 462 - 241 462)/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 0,0%

Est-ce que les électeurs qui se sont déplacés pour aller voter pour Mirlande Manigat et qui n'ont pas pu voter du tout le 28 novembre, représentent les 9,5% de votes qu'il lui manque pour être élue dès le 1er tour ?

Est-ce que les électeurs qui se sont déplacés pour aller voter pour Michel Martelly et qui n'ont pas pu voter du tout, représentent les 21,8% de votes qu'il lui manque pour être élu dès le 1er tour ?

On n'aura jamais réponse à ces deux questions hypothétiques. On ne peut que conjecturer.

Enfin, en résumé, le rapport des experts de l'OEA sera très utile. Il restera à savoir comment Préval le fera utiliser par son CEP.

Préval est comme pris dans un piège (pèlen, karabann): d'un côté il y a la communauté internationale qui a condamné Préval au point d'avoir voulu l'envoyer en exil, si Bellerive avait accepté de faire partie de la transition le 28 novembre (2e entrevue de Seitenfus au Brésil, le 29 décembre); d'un autre côté, il y a les électeurs qui veulent que leur vote au premier tour compte. Et enfin, il y a l'échéance constitutionnelle du 7 février 2011 que Préval sera amené à respecter de gré ou de force.

samedi 8 janvier 2011

Haïti/Le mandat du Président René Préval doit prendre fin le 7 février 2011


Source: Page FaceBook de M. Jean-Junior Joseph, 8 janvier 2011


Le CEP, en proclamant l'élection de René Préval en 2006 à la présidence d'Haïti, avait précisé que le mandat du Président prendra fin le 7 février 2011.
Plusieurs juristes, dont l'éminent homme de loi Gérard Gourgue, se sont prononcés récemment sur le sujet. Ils sont unanimes à dire que le Président Préval devra partir le 7 février 2011, comme le veut la Constitution de 1987.

Selon toute vraisemblance, le deuxième tour des élections présidentielles aura lieu sous un président et un gouvernement provisoires qui feront la transition (qu'on espère très courte, disons 45 jours environ) entre René Préval et, nous l'espérons, Madame Mirlande Manigat (RDNP) qui a été classée première au premier tour tenu le 28 novembre 2010, malgré les fraudes du parti au pouvoir (INITÉ).

dimanche 2 janvier 2011

Haïti/René Préval aux Gonaïves: Le chant du cygne ?



Gonaïves, 1er janvier 2011.- Président René Préval: le chant du cygne ?
Photo: zimbio.com




Manifestation anti-Préval aux Gonaïves, 1er janvier 2011
Photo: zimbio.com


Pour plus d'images, cliquez sur: zimbio.com.


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Tiré du journal Le Nouvelliste:, 1er janvier 2011

Haïti: "Nous sommes à un carrefour dangereux" selon René Préval

Le président René Préval a jugé samedi, à l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance d'Haïti, que son pays se trouvait à un "carrefour dangereux" en raison de la crise politique née des élections contestées du 28 novembre.

"Aujourd'hui, nous sommes à un carrefour dangereux. A côté des calamités naturelles, nous sommes dans une crise politique issue des élections du 28 novembre 2010", a déclaré M. Préval à la télévision nationale d'Haïti depuis la ville des Gonaïves (Nord) où se déroulaient les festivités du 207e anniversaire de l'indépendance d'Haïti, ancienne colonie française.

La proclamation, début décembre, des résultats préliminaires des scrutins présidentiel et législatifs avait provoqué de violentes manifestations en Haïti où de nombreux secteurs ont dénoncé des fraudes en faveur du candidat à la présidence Jude Célestin, soutenu par M. Préval.

Le chanteur populaire Michel Martelly, arrivé en troisième position de la présidentielle avec 21% des voix derrière Jude Célestin (22%) et l'ex-première dame Mirlande Manigat (31%), contestent les résultats qui font actuellement l'objet d'une évaluation par des experts dépêchés par l'Organisation des Etats américains (OEA).

M. Préval, dont le mandat constitutionnel arrive à terme le 7 février, a ainsi laissé entendre qu'il pourrait rester au pouvoir jusqu'au 14 mai pour permettre de compléter le processus électoral.

Un groupe de 12 candidats à la présidence qui exigent l'annulation des élections demande à René Préval de partir à la fin de son mandat et prône l'installation d'un gouvernement provisoire.

"C'est un président légitime et des parlementaires légitimes qui doivent remplacer le président, les sénateurs et les députés", a recommandé M. Préval appelant au respect de loi électorale et de la Constitution du pays "pour éviter de tomber dans une crise plus grave".

"La reconstruction du pays ravagé par un violent séisme en 2010, la lutte contre le choléra qui a fait plus de 3.000 morts, réclament la stabilité dans la vie politique du pays", a scandé M. Préval.

samedi 1 janvier 2011

Haïti/Présidentielle : l’OEA entame sa mission de recomptage



Les candidats en tête au premier tour de l'élection présidentielle en Haïti.
De gauche à droite: Michel Martelly, Mirlande Manigat et Jude Célestin.
Montage RFI / Pierre Moussart, 01-01-2011



Par RFI et Amélie Baron, correspondante RFI à Port-au-Prince
Source: RFI, Samedi 01 janvier 2011


En Haïti, plus d'un mois après le premier tour de l'élection présidentielle, aucun résultat définitif n'a encore été officialisé. Pour sortir de l'impasse politique, l'OEA débute ce 1er janvier sa mission de vérification. Il ne s'agit pas pour l'organisation de recompter les voix, pour infirmer ou confirmer les résultats, mais simplement d'apporter une assistance légale aux autorités de Port-au-Prince.

Il aura fallu plus de deux semaines pour que ces missions internationales se mettent en place. Devant la crise électorale dans laquelle Haïti était plongée, le président de la République René Préval en avait fait la demande le 13 décembre mais la dizaine d'experts n'est arrivée que le 31 décembre car il fallait définir avant le rôle exact de ces deux nouvelles missions. Et il ne s'agit pas d'une opération de recompte des votes.

Un premier groupe d'experts, des statisticiens et informaticiens, vont donc s'atteler à vérifier comment les données des procès verbaux des bureaux de vote ont été compilées. Et des juristes vont, eux, apporter une assistance légale aux autorités haïtiennes pour gérer les plaintes déposées par les partis et les candidats.

Les résultats définitifs du premier tour des élections auraient dû être annoncés le 20 décembre. L'Organisation des Etats d'Amérique se dit consciente des contraintes de temps mais ne se donne aucune date butoir pour achever son travail. L'organisation du deuxième tour des élections à la date du 16 janvier est de toute façon compromise, car le pays se prépare à commémorer ce 1er janvier 2011 le séisme qui a tué plus de 250 000 personnes le 12 janvier dernier.

lundi 20 décembre 2010

Conférence de presse de Madame Mirlande Manigat, candidate à la Présidence

De: Robert Benodin
Objet: Conférence de presse de Madame Mirlande Manigat, candidate à la Présidence
À: "'*RDNP 098 News'"
Date: Lundi 20 décembre 2010, 12h00

Conférence de presse de Madame Mirlande Manigat, candidate à la Présidence
Port-au-Prince, le vendredi 17 décembre 2010
Version française de la déclaration introductive faite en créole.

"Messieurs et dames les journalistes, Bonjour.

Je vous remercie pour votre présence ce matin.
Je voudrais vous entretenir de divers sujets.

Tout d'abord, le cas de Patrice Dumont, responsable du service de presse de ma campagne. Vous savez qu'il a été convoqué, hier matin, au Parquet de Port-au-Prince pour répondre d'accusations de complicité afin d'incendier les locaux de la Télévision Nationale. De ce fait, il est accusé d'association de malfaiteurs.

A ce sujet, je voudrais faire les observations suivantes.

Pour qui connaît Patrice Dumont, une telle accusation est dénuée de tout bon sens et ne saurait constituer un dossier sérieux et acceptable. Il s'agit de l'expression d'une volonté de porter atteinte à l'intégrité bien connue de ce citoyen remarquable.

Mais, mal en a pris aux auteurs d'une initiative aussi incongrue que maladroite et ils se sont rendus compte que Patrice n'était pas "pitimi san gado". Vous étiez nombreux à venir couvrir cet événement et surtout pour lui témoigner votre solidarité. D'autres citoyens, des parlementaires, des amis y compris moi-même, étaient aussi présents au Parquet. Après une audition rapide, Pepe a pu sortir libre, mais il doit rester à la disposition de la justice, ce qui signifie que l'affaire n'est pas encore classée.

En second lieu, par delà Patrice Dumont, c'est le RDNP qui était visé car le chef d'accusation a souligné qu'il avait assisté à une réunion au domicile d'un membre du RDNP sis à Delmas 22 ! Aucun nom, aucune adresse précise, ce qui souligne la désinvolture et le manque de professionnalisme des dispensateurs de la justice.

Tout le monde sait que le RDNP est un parti non violent. Nous condamnons toute forme de violence comme moyen politique. Alors, que recherche-t-on ?

Je répète ce slogan martelé tout au long de la campagne "Nou pa pè, nou pap janm pè !!" S'ils croient nous intimider avec ce genre d'abus, ils se trompent lourdement.

Je lance un appel aux commissaires du Gouvernement pour qu'ils n'oublient pas qu'ils font partie du Ministère de la Justice, mais qu'ils ne sont pas aux ordres du Ministre de la Justice.

Les juges de paix ne sont pas protégés par l'Article 177 de la Constitution comme ceux des cours d'appel et du Tribunal de Cassation déclarés inamovibles. Aussi, ils sont placés dans une position fragile. Nous savons que beaucoup d'entre eux ont été révoqués ou déplacés à la veille des élections, un acte arbitraire qui viole le principe de l'indépendance de la Justice proclamée par cette même Constitution. A ceux-là, je demande de prendre patience car justice leur sera rendue lorsque Mirlande Manigat deviendra Présidente de la République.

Enfin, je lance un appel à ceux qui détiennent encore le pouvoir et je leur dis ceci : il vous reste encore 52 jours. Le compte à rebours a déjà commencé pour vous car bientôt 50 jours, 45, 30, 15, 8, 2 et.....le 7 février, good bye ! Tachez de finir votre mandat en beauté si vous le pouvez ! Ne ternissez pas les jours qui vous restent !

Le deuxième point que je voudrais aborder est la suite des élections du 28 novembre.

Je remercie les 336.878 citoyens qui ont voté pour moi. Je remercie aussi tous ceux dont les votes n'ont pas été pris en compte car JE SAIS et VOUS AUSSI VOUS SAVEZ qu'ils ont été plus nombreux que les 31% qui m'ont été accordés.

Mais la réalité est que j’occupe la première place et celle-ci n'est pas contestée.

Actuellement, une vaste opération de recomptage est annoncée
Comptez ! Recomptez ! Mais respectez le vote populaire. Le peuple sait pour qui il a voté et pour qui il n'a pas voté. Je vous le répète PINGA ! Respectez le vote populaire !

Celui des jeunes, étudiants ou pas, mais désœuvrés et qui se sentent abandonnés !
Celui des femmes de toutes les catégories sociales !
Celui des marchandes de "chin jambé et de maléré pa brital" !
Celui des ouvriers et des artisans !
Celui des paysans malmenés par la vie et par l'infortune !
Celui des professionnels !
Celui des membres de la société civile et du secteur privé !
Celui des membres de notre vaillante Police Nationale !
Celui des croyants de toutes les confessions religieuses !

Respectez leur vote et leur choix.
J'occupe la première place et j'attends que l'on indique qui sera non mon adversaire car nous sommes fils et fille d'une même nation, mais mon compétiteur dans une élection loyale.

Je voudrais préciser pour quelle raison je ne participe pas à cette opération de recomptage. Pour cela, il me faut revenir en arrière. Le vendredi 7 décembre, j'apprends par voie de presse la formation de cette Commission spéciale (Communiqué No 59 du CEP). Nous nous sommes réunis et nous avons décidé de publier un communiqué signé de deux avocats de mon équipe, Me Wilmine Raymond Saint Pierre et Carol Chalmers, par lequel, nous avons décliné l'invitation à en faire partie, car aucune indication n'était donnée quant à la composition de cette Commission, son mandat, ni même le lieu de la réunion projetée. Le lendemain samedi, à 5h a.m., je reçois sur Internet une lettre signée du Président du CEP, m'invitant à participer le jour même à midi, à une première prise de contact, au local de la MINUSTAH. Cette lettre était accompagnée d'un document indiquant les termes de référence, la composition de la Commission et les trois candidats arrivés en tête ou, à défaut, leurs représentants étaient invités à "assister" aux travaux de la dite Commission.

Cette fois, je n'ai même pas répondu car cette démarche me paraissait irrecevable pour plusieurs raisons. D'abord la forme. J'ai trouvé que le CEP avait failli à tous les usages de la bienséance en adressant, via Internet, à une personne en passe de devenir la prochaine Présidente de la République, une lettre avec une signature illisible, sans le sceau du CEP et sans le document accusant réception d'une correspondance importante. En outre, le CEP n’a pas compétence pour former une telle Commission sans les nécessaires provisions constitutionnelles et légales requises
Enfin, je me demande quelle crédibilité accorder à cette démarche et surtout, quels sont les documents qui feront l'objet de cette opération de recomptage, car il est vraisemblable qu'ils pourraient être triés sur le volet, afin de soumettre à l'attention ceux d'entre eux qui seraient acceptables. Vous savez que vous pouvez consulter sur Internet des pièces ahurissantes qui indiquent comment, maladroitement, des Procès Verbaux ont été falsifiés, mis en quarantaine puis récupérés pour gonfler le résultat obtenu par un candidat. A la base donc, il se pose une question de confiance et il ne faudrait pas que les promoteurs de l'opération prennent les citoyens pour des imbéciles.

A ce que j'ai pu apprendre, cette commission est mort-née et plusieurs institutions pressenties pour en faire partie ont décliné l'offre. De même, j'ai appris de la bouche même de Monsieur Ramdin, Secrétaire Adjoint de l'OEA venu me visiter hier, que les deux Commissions sollicitées de l'OEA par le Président de la République, n'ont pas été constituées, ce qui ne signifie pas que l’institution interaméricaine ne va pas s'impliquer dans une opération de recomptage.

Enfin, le troisième élément de mon intervention préliminaire porte sur les solutions proposées à la crise électorale en passe de se transformer en crise politique.

Depuis quelque temps, de propositions sont discutées et on me les a soumises il y a quelques jours, venant aussi bien d'institutions nationales que de secteurs internationaux. Je n'en retiendrai que deux d'entre elles.

La première consisterait en l'organisation du deuxième tour avec les trois candidats placés en tête. Cette "triangulaire" prévue dans un pays comme la France et pour les élections législatives, est en contradiction avec notre Constitution qui précise qu'un deuxième tour est organisé seulement avec les deux candidats les mieux placés.

La seconde anticiperait une nouvelle élection avec tous les candidats avec cette particularité que le vainqueur serait le candidat qui obtiendrait le plus grand nombre de voix. Dans ce cas aussi, il s’agit d'une proposition de violation de la Constitution qui précise que le Président, tout Sénateur ou Député doit obtenir la majorité absolue, c'est-à-dire 50% + 1.

Etant constitutionnaliste et légaliste, je ne saurais me rallier à ces deux propositions.

Je suis aussi une citoyenne consciente de la gravité de la situation et je demeure ouverte pour la recherche d'une solution. J'éprouve toujours un malaise lorsque l'on souligne à mon attention que telle solution n'est pas juridique mais elle est politique, comme si une décision de nature politique ne devrait pas, a priori, reposer sur des bases juridiques. Aussi, je privilégie la voie constitutionnelle car celle-ci me sert de boussole et je me bats pour qu'il en soit ainsi dans notre pays, même si, comme vous le savez, j'ai de nombreuses critiques contre la Charte Fondamentale, tout en soulignant que tant qu'elle existe, il faut en respecter les principes.

Mais je vous le dis et je vous le répète : en tant que femme politique consciente et responsable, je demeure ouverte et disponible pour toute recherche d'une solution adéquate à la crise présente à condition qu'elle ne soit pas imposée, qu'on me considère comme une partenaire et qu'elle ne s'écarte pas trop de la légalité.

Pour terminer, je fais un appel au Président Préval pour lui demander de mieux terminer son mandat, qu'il s'appuie sur ce qu'il conserve de patriotisme et de sens de l'Etat pour qu'il ne soit pas coupable envers la nation pour des décision inappropriées que ses amis et lui seraient tentés de concocter. Il est encore temps pour qu'il se ressaisisse !

Mirlande Manigat
Candidate à la présidence de la République d'Haïti.
Tel : (509) 3561 - 9430
E-mail: mhmanigat@yahoo.fr