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jeudi 24 mars 2011

Haïti/Deuxième tour présidentielles 2011/Simulation conditionnelle des résultats (tentative no. 1)


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Par Dr. Pierre Montès
LCDP-Politique, 24 mars 2011

Une simulation est une variante possible de la réalité.

Selon cette simulation, la candidate Mirlande Manigat obtiendrait 52,6% des voix et le candidat Michel Martelly, 47,4% des voix.





Le CEP n'ayant pas encore commencé à publier les résultats préliminaires du deuxième tour des présidentielles 2011, nous avons procédé à une estimation basée sur les pourcentages avancés par les Alliés de la candidate du RDNP pour sept des dix départements géographiques du pays au cours de leur conférence de presse du 23 mars 2011 (1).

Pour les trois autres départements, les pourcentages mesurés par le dernier sondage BRIDES (17 mars 2011) ont été utilisés pour fin de simulation.

Selon cette simulation, la candidate Mirlande Manigat obtiendrait 52,6% des voix et le candidat Michel Martelly, 47,4% des voix.

Au moment d'écrire ces lignes, nous apprenons que le CEP a révisé le nombre d'électeurs potentiels sur la base d'une étude récente de l'OEA qui établit le nombre d'électeurs décédés à 432 347. Ainsi, le nombre d'électeurs potentiels passe de 4 712 693 à 4 290 540, selon le CEP (3). Nous notons que la différence entre ces deux nombre est de 422 153 et non 432 347. Le CEP n'a pas fourni d'explication pour justifier cette apparente inconsistance. De même la répartition des électeurs décédés par département n'est pas indiquée. On suppose que ces décès soient principalement concentrés dans l'OUEST et le SUD-EST (à cause du séisme du 12 janvier 2010 qui a affecté surtout ces deux départements du pays). Nous n'avons pas tenu compte de ces nouveaux chiffres dans la simulation, mais ils sont mentionnés au bas du tableau ci-dessus. De toutes facons, cela ne changera pas de façon sensible les pourcentages simulés pour les deux candidats et ne renversera pas le classement des deux candidats obtenu dans cette simulation, à savoir: Madame Mirlande Manigat, victorieuse au second tour, Présidente d'Haïti.

Une mise à jour de ce travail sera effectuée, si nécessaire, quand de nouvelles données ou informations seront disponibles, avant la publication des résultats officiels par le CEP d'ici au 31 mars 2011.

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(1) Conférence des Alliés de la candidate du RDNP: LCDP-Politique, 23 mars 2011.
(2) Sondage BRIDES: LCDP-Politique, 18 mars 2011.
(3) CEP, communiqué de presse #90, 24 mars 2011.

mercredi 23 mars 2011

Haïti-deuxième tour des présidentielles 2011/Les organisations d'observation se contredisent sur ce que doivent taire les médias


Source: lenouvelliste.com, 22 mars 2011
Par Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

Le Conseil électoral provisoire (CEP) est clair là-dessus. Les médias n'ont pas le droit de donner des résultats partiels du scrutin. « Cela n'est pas juste, s'insurge le directeur exécutif du CNO. Les procès-verbaux affichés dans les bureaux de vote sont déjà publics. Je ne vois pas pourquoi les médias ne peuvent pas les publier », a fulminé Noël Laguerre. « C'est très délicat de les publier dans les médias, a rétorqué le directeur exécutif du RNDDH. Ce que la population entend à la radio peut lui donner l'impression que son candidat a gagné, alors que dans le Centre de tabulation, des procès-verbaux peuvent être écartés pour diverses raisons », argue Pierre Espérance. Le duel de l'argumentaire.

Haïti: Seul le CEP est habilité à donner les résultats des élections, ont souvent fait valoir les responsables de l'institution électorale. Ils menacent même d'appliquer la loi pour arriver à leurs fins. Ce qui n'empêche pas pour autant les médias étrangers de donner les tendances des votes comme ils ont l'habitude de le faire. Les avis des organisations d'observation électorales divergent sur le dossier. Le directeur exécutif du Conseil national d'observation (CNO) n'arrive pas à s'expliquer ce comportement des autorités du CEP. « Ce n'est pas juste. Les procès-verbaux affichés dans les bureaux de vote sont déjà publics. Je ne vois pas pourquoi le CEP, après avoir affiché ces procès-verbaux dans les bureaux de vote, refuse à la presse de les publier », a déclaré Noël Laguerre, joint au téléphone par Le Nouvelliste.


Même position pour l'ISC et le CONHANE

« En demandant cela, je ne crois pas que le CEP obéit à la loi électorale, selon le responsable du Conseil Haïtien des Acteurs Non Etatiques (CONHANE), Edouard Paultre. La tendance du vote n'est pas le résultat des élections. Elle n'est qu'une communication qui indique l'évolution du vote au fur et à mesure que le dépouillement des procès-verbaux se poursuit. Cette décision du CEP montre qu'on doit être vigilant. Il se donne une marge de manoeuvre pour pouvoir faire toutes sortes de manipulations. C'est inacceptable. »

Dans presque tous les pays démocratiques, deux heures après ou pendant le vote on commence à donner les tendances et les résultats disponibles. Invité du jour mardi à l'émission Panel Magik sur les ondes de Radio Magik 9, le directeur exécutif du l'Initiative de la société civile, Rosny Desroches, se questionne sur les vrai motifs du CEP.


Le RNDDH fait cavalier seul

« Je pense que c'est une très bonne chose que les résultats des élections ne soient pas publiés dans la presse. C'est très délicat. Ce que la population entend peut rapidement lui donner l'idée que son candidat a remporté les élections, alors que des procès-verbaux acheminés au Centre de tabulation peuvent être écartés pour fraudes ou irrégularités », a contredit le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits de l'homme (RNDDH), Pierre Espérance, arguant que cela peut arriver qu'un centre de vote ou des bureaux de vote soient annulés pour les raisons susmentionnées.

Il ne faut pas oublier, a-t-il renchéri, qu'Haïti, ce n'est pas seulement un département, il s'agit de 10 départements. Un candidat peut remporter une zone et perdre une autre...De ce fait, le responsable du RNDDH a suggéré que l'on attende les résultats préliminaires du CEP fixés pour le 31 mars. Toutefois, Pierre Espérance estime que vu le nombre réduit de candidats à la présidence et aux l'égislatives, le CEP pourrait publier les résultats cinq jours après le vote.

M. Espérance dit enfin compiler ses documents afin de les confronter avec ceux du CEP. « Nous n'avons aucun problème à ce que le CEP dise que c'est lui qui doit publier les résultats. Cependant, nous avons nos données, après la publication des résultats, nous allons voir s'ils sont conformes à nos documents », a-t-il avancé. Dans le cas contraire, il demandera des comptes.


La POHDH un peu plus nuancée

Le responsable de la POHDH, se veut un plus nuancé dans ce débat. Tout en voulant respecter la loi électorale qui donne au seul CEP la prérogative de publier les résultats des élections, Antonal Mortimé a déclaré que rien ne peut empêcher un journaliste de rendre publiques ses informations. Selon lui, les procès verbaux lus après le vote par certains médias étaient déjà publics.


Tout le monde est d'accord sur le bon déroulement du vote

Toutes ces organisations d'observation électorale, par contre, sont d'avis sur le fait que le second tour a été plus acceptable que le premier. Elles disent avoir constaté une grande amélioration dans le déroulement de la journée de vote du 20 mars. Toujours est-il qu'il y a des choses qui méritent encore d'être corrigées.

Plus de 40 centres de vote dans l'aire métropolitaine ont commencé à fonctionner après 9 heures du matin le jour du vote. Soit parce qu'ils n'ont pas reçu de matériel, soit que le matériel n'était pas complet. Contrairement à ce qu'avait dit le CEP, de nouvelles organisations d'observation ont été autorisées à superviser les élections, alors qu'il y en avait qui étaient à la solde des candidats à la présidence, ce qui a tendance à discréditer les organisations d'observation nationale...

Pour l'instant, dans cette phase du processus électoral, tout se joue dans le Centre de tabulation où les procès-verbaux commencent à arriver. La population doit attendre le 31 mars pour connaître les résultats préliminaires.

vendredi 18 mars 2011

Haïti/élections présidentielles 2011/ Sondage BRIDES 17 mars 2011

Le deuxième tour des présidentielles aura lieu dans deux jours, le 20 mars 2011. Le deux candidats en lice sont: Mirlande Hyppolite Manigat et Michel Joseph Martelly.


Le deuxième et dernier sondage BRIDES (1) montre les résultats suivants:


Mirlande Manigat: 2758 votes pour, sur un total de 5918, soit 46,6%.

Michel Martelly: 3160 votes pour, sur un total de 5918, soit 53,4%.


Sur les 5920 personnes interrogées, deux (dans l'OUEST) ont déclaré être indécises et non pas exprimé leur intention. Sur les 2758 personnes en faveur de Mirlande Manigat, 396 ont refusé de montrer leur carte à l'enquêteur, 628 disposant d'une carte d'électeur n'étaient pas en possession de cette carte au moment de répondre à l'enquêteur, et, 1399 ont montré leur carte à l'enquêteur. Dans les rubriques «Non applicable» et «Autre», non définies dans le rapport, on compte 275 et 60 personnes pour Mirlande Manigat, respectivement.


Sur les 3160 personnes en faveur de Michel Martelly, 867 ont refusé de montrer leur carte à l'enquêteur, 893 disposant d'une carte d'électeur n'étaient pas en possession de cette carte au moment de répondre à l'enquêteur, et, 1338 ont montré leur carte à l'enquêteur. Dans les rubriques «Non applicable» et «Autre», non définies dans le rapport, on compte 7 et 54 personnes pour Michel Martelly, respectivement.


Si l'on tient compte seulement des personnes ayant montré leur carte, on a les résultats suivants: Manigat: 1399 sur 2737, soit 51,1% Martelly: 1338 sur 2737, soit 48,9%.


Si l'on enlève du total des sondés ceux qui ont refusé de montrer leur carte à l'enquêteur, on trouve:

Manigat: 2758 - 396 = 2362 sur 4655, soit 50,7%;

Martelly: 3160 - 867 = 2293 sur 4655, soit 49,3%.


Bien que la méthodologie du sondage soit techniquement bonne, il est vraisemblable que dans son application, un biais systématique y soit introduit par les enquêteurs. En effet, par exemple, l'impopularité notoire du candidat Martelly dans l'OUEST ne se retrouve pas dans le sondage BRIDES qui lui concède 1298 votes pour, sur 2422 (53,6%), soit 1124 votes à Madame Manigat sur 2422 (46,4%). De plus, BRIDES, dans son rapport, n'a pas fourni les résultats détaillés de l'OUEST par circonscription, mais seulement le total pour ce département.


Nous souhaitons bonne chance à Madame Mirlande Manigat, dimanche 20 mars 2011.

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(1) Pour lire le 2e sondage, cliquez sur le lien suivant:



Pour lire le 1er Sondage, cliquez sur le lien suivant:

vendredi 4 février 2011

Haïti : une femme en lice pour la présidence

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NDCDP-Politique.- Mirlande Manigat, candidate du RDNP, la probable future présidente d'Haïti.
La devise de son parti est: «La tête froide, le coeur chaud, les mains propres
Contrairement à l'opinion émise dans l'article ci-dessous, il n'y a aucun doute en Haïti: Mirlande Manigat, en allant au second tour, part avec une grande longueur d'avance sur son rival, Michel Martelly. En effet, elle a toujours été premiere dans les sondages. De plus elle a été classée première au premier tour des présidentielles (31%), suivie de Michel Martelly (22%), malgré les fraudes massives et flagrantes des militants du parti INITÉ le 28 novembre 2010 en faveur du candidat Jude Célestin.
Photo: Thony Bélizaire, février 2011


Source: leparisien.fr et AFP, 4 février 2011

Haïti aura t-il bientôt une femme à sa tête ? C'est un scénario probable puisque Mirlande Manigat, 70 ans, figure parmi les deux candidats qui vont s'affronter au second tour de la présidentielle haïtienne. Jeudi, le candidat du pouvoir Jude Célestin a été exclu du second tour mettant fin à deux mois de crise politique née de la contestation des résultats du premier tour du 28 novembre dernier.

Mirlande Manigat affrontera donc Michel Martelly le 20 mars prochain. Ce dernier, star de la musique haïtienne, est le fils d'un cadre du secteur pétrolier. Ancien étudiant aux Etats-Unis, il est connu pour ses excès sur scène et ses virulentes invectives politiques. Par contraste, avec ses lunettes et sa voix douce, Mirlande Manigat, grande dévoreuse de romans d'Agatha Christie, a vécu 13 ans en France et appartient à l'élite haïtienne.

Intellectuelle diplômée de la Sorbonne et de Science-Po, Mirlande Manigat serait la première femme élue à la tête du pays. Elle promet de rompre avec la corruption et de réformer le système éducatif. Auteur de plusieurs ouvrages consacrés au droit constitutionnel, elle n'a pas une grande expérience du combat politique. Jusqu'à la campagne des derniers mois, elle avait toujours vécu dans l'ombre de son mari, Leslie Manigat, au pouvoir quelques mois en 1988, se consacrant à l'enseignement pour devenir vice-rectrice d'une université privée en Haïti.

« Sweet Micky » veut « changer la face d'Haïti »

La lourde tâche de reconstruire le pays le plus pauvre des Amériques, après le violent séisme du 12 janvier 2010, pourrait cependant revenir à Michel Martelly, 49 ans, alias «Sweet Micky». Bien que critiqué en raison de liens qu'ils entretiendrait avec Jean-Claude Duvalier (ancien dictateur haïtien revenu au pays le mois dernier), le chanteur au crâne rasé incarne le changement et peut être considéré comme le favori.

«Je pense que les jeunes vont voter pour Martelly, en particulier ceux qui sont au chômage et qui vivent dans les zones urbaines», explique Robert Fatton, politologue, professeur haïtien à l'université de Virginie (est des Etats-Unis). «Il a l'avantage de pouvoir mobiliser cette frange de la population mieux que tout autre candidat. En ce moment, il a le vent en poupe».

«Mon objectif est d'avoir la possibilité de changer la face d'Haïti. Les gens me voient comme la lumière au fond du tunnel», avait assuré «Sweet Micky» le mois dernier, sans toutefois décrire concrètement les changements qu'il promet d'apporter.