mardi 29 décembre 2009

LES NOUVELLES LAMENTATIONS DU CHŒUR DES PLEUREURS ET DES PLEUREUSES (1)


par Gérard Bissainthe
gerarbis@orange.fr
29 décembre 2009


Il faut écouter le Chœur des Pleureurs et des Pleureuses qui emplissent le ciel, à fendre l'âme, de leurs cris de douleur dès qu'on touche à leur Minustah.

--Oh, ma chère, tu te rends compte! Ils osent attaquer notre Minustah chérie.
--Encore! Qui? Ray?
--Non, Ray est un allié. Un certain Keny.
--Keny? Keny? Connais pas.
--C'est un nouveau. Il n'y a pas longtemps qu'il est descendu dans l'arène.
--Ah! On y voit de tout par les temps qui courent.
--il faudrait sélectionner.
--Que veux-tu dire?
--Comme pour les élections ? Ne pas laisser entrer tout le monde.
--Tu veux dire que pour le Web il faudrait aussi un CEP?
--Bien sûr, ma chère. Au moins pour les Haïtiens.
--Mais à propos que veut dire CEP?
--Tu veux le vrai sens ou le faux?
--Le vrai, bien sûr.
--Ne le dis à personne. Pour ceux qui l'ont fondé CEP veut dire le "Comité des Emmerdeurs Patentés".
--Entre nous soit dit, je m'en doutais.
--Mais pourquoi donc ils ne veulent pas de notre Minustah chérie?
--Ce Keny et d'autres parlent de patriotisme, de souveraineté nationale, de fierté...
--Oh la! la! la! la! la! la! la! la! En plein vingt-et-unième siècle?
--Eh oui, ma chère!
--Je croyais qu’on avait supprimé cette engeance.
--Faut croire que le travail a été très mal fait.
--Qui devait la supprimer ?
--La Gogauche
--Parce qu’on comptait sur ces nuls ?
--C’était les moins chers.
--C N G !
--Ca veut dire quoi?
--Cas Nou Grave ! Et des Keny comme ça il y en a beaucoup. Ils ont tout un camp. Ils l'appellent le "Camp Patriotique".
--Et qu'est-ce qu’on trouve dans le Camp Patriotique?
--Mais, voyons, des Patriotes, ma chère.
--Tu es sûre que ce sont des Haïtiens?
--Apparemment oui. Ils ont tous des Ti-Zoreilles.
--Et que va faire contre eux notre Minustah chérie?
--Je leur avais envoyé un rapport sur ce grave danger.
--Et qu'est-ce qu'ils ont fait?
--Les Chefs ce jour-là étaient à la plage
--Tu veux dire que les Chefs de la Minustah vont à la plage?
--Ils sont bien obligés et ils y sont quasiment tout le temps.
--Pourquoi?
--Ils disent qu'ils sont à la plage pour observer la mer, car c’est de la mer que peuvent venir des invasions. Ils ont une conscience professionnelle farouche.
--Mais ton rapport, est-ce qu'au moins ils l'ont lu?
--Finalement il est tombé dans les mains d'un Chef qui venait d'une tribu océanienne: car toutes les tribus de la planète sont représentées dans notre Minustah chérie. Ce Chef a dit qu'il n'était pas tenu de le lire, parce que ce rapport n'était pas dans son dialecte. Donc il n’a jamais été lu.
--Jésus Marie Joseph! Mais, ma chère, nous dansons sur un volcan.
--Danser c’est beaucoup dire, car il n’y a pas de quoi festoyer. Disons au moins que nous sommes assis dessus.
--Que faire?
--Nous avons soumis le problème à Ray.
--Pourquoi Ray?
--Ray a ouvert une entreprise de culture.
--Et qu’est-ce qu’il cultive?
--L’Exécution. (2)
--Parce qu’on peut cultiver l’Exécution?
--D’autres se lancent bien dans la culture du riz, des choux, des perles, des poules. Pourquoi pas de l’Exécution? Il fallait seulement y penser.
--Et ça rapporte?
--Oh que non! Ray est un idéaliste. Ça lui rapporte des emmerdes. Tout le monde lui tombe dessus. Mais il tient ferme.
--Exécution pour exécution, pourquoi ne fait-il pas passer ceux qui l’emmerdent devant un peloton d’exécution?
--Non, Ray est un non-violent.
--Il n’est pas ceinture noire dans les Arts Martiaux?
--Non. C’est un homme intelligent. Seulement dans les Arts Libéraux.
--Et tu crois que Ray pourra nous sauver du grave danger posé par les Patriotes?
--Ray est notre
“Espoir suprême et suprême pensée”
--Et si Ray échoue, ces Patriotes vont continuer à courir dans l’arène politique?
--Eh oui, ma chère.
--En attendant, aussi longtemps que nous avons notre chère Minustah, chérissons-la.
Minustah de mon cœur,
Douce comme une aubergine.
Je mourrai de langueur,
Si ton mandat s’ termine

--Tu es mon bœuf salé

--Ma savane désolée!

--Toi mon Jacquot-Pieds-Verts
Avec tes billets verts.

--Sans toi je ne suis rien

--Avec toi je suis tout.

--Tu me veux tant de bien
Que je suis ton toutou.

Ainsi discourait et chantait au clair de lune le Chœur des Pleureurs et des Pleureuses
__________________
NDCDP-Politique.-
  1. Le texte original est publié, entres autres media, par le forum Haiti-nation, no. 16107, Mar 29 Décembre 2009, 5 h 09 min 57 s. L'auteur, le professeur Gérard Bissainthe, est l'une des plus grandes figures de l'élite intellectuelle haïtienne (et mondiale) de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Pour bien comprendre son texte, on peut lire les échanges récents entre Ray Killick, Keny Bastien et d'autres sur les différents fora haïtiens sur le Web.
  2. Culture d'Exécution.- Pour savoir de quoi il s'agit, on peut lire les remarquables interventions de Ray Killick, ing., Ph.D., sur le forum HaitianPolitics en 2005-2006. On peut également lire l'ouvrage EXECUTION: the discipline of getting things done, par Larry Bossidy et Ram Charan, publié par Crown Business, NY, 2002, une branche de Random House inc.; Library of Congress Catalog: HD31 . B626 2002, 278 pages.

lundi 21 décembre 2009

Haïti/Décentralisation véritable: le Municipalisme

Une image vaut mille mots.

***
Logo de l'Action municipaliste menée par le Professeur Gérard Bissainthe, 21 décembre 2009
***

Source: Haiti-nation (no. 15584), Lun 21 Décembre 2009, 11 h 24 min 46 s
_________________________

Voici le texte accompagnant le logo:
Camp Patriotique, Citoyen-Soldat, Action-Municipaliste même combat
par Gérard Bissainthe

Camp Patriotique, Citoyen-Soldat, Action-Municipaliste même combat. C'est le même combat vu sous des angles différents. C'est le combat de ceux que j'ai appelés depuis longtemps "les Chevaliers de l'Aurore" qui succèdent aux "Fantomes de la Nuit". Il ne s'agit pas de deux camps qui s'opposent, car il ne tient qu'à un "Fantome de la Nuit" de devenir, s'il le désire, un "Chevalier de l'Aurore" en se regénérant dans la lutte intransigeante pour la souveraineté nationale.
DIASPORA+ SECTIONS COMMUNALES= INDEPENDANCE NATIONALE.


_____________________________
Mise à jour du 3 janvier 2010:


Le texte qui suit provient du forum Haiti-nation, no. 16486, Dim 3 Janvier 2010, 0 h 55 min 58 s


Le municipalisme que je propose
par Gérard Bissainthe



Il y a plusieurs mois de cela je lançais sur le Web un débat sur le municipalisme. Ce concept en lui-même n’a rien de nouveau et je n’en ai ni n’en revendique la paternité. La véritable et finalement seule originalité de ma démarche était et est la suivante: je pensais et je pense que pour sauver Haïti aujourd’hui il faut établir un lien économique structuré et direct entre la Diaspora haïtienne et les bases du pays que sont les sections communales.

J’ai expliqué ailleurs et longuement les raisons pour lesquelles je pense que le salut d’Haïti est possible par le municipalisme. Je voudrais seulement ici expliquer le mécanisme que je propose pour instaurer le municipalisme dans notre pays.

Essentiellement ce mécanisme consiste en ceci:
1.- Nous créons des sponsorisations (un mot que je préfère à parrainage) des sections communales par la Diaspora haïtienne.
2.- Le/la sponsor peut être un individu ou une organisation de nationalité haïtienne ou étrangère.
3.- Le/la sponsor établit avec la (ou les) section(s) communale(s) sponsorisée(s) un lien qui n’est pas celui qui existe entre un donateur ou un bienfaiteur et un(e) obligé(e) (la personne qui reçoit un don); mais plutôt un lien (1) d’association. Le/la sponsor devient une sorte de citoyen virtuel de la section communale et sa participation devient une contribution quasi-citoyenne. Je propose pour les sponsors l’expression “citoyen(ne) partenaire” (ou simplement “partenaire”). Le/la partenaire peut être un(e) partenaire haïtien(ne) ou étranger/étrangère, selon sa nationalité. La possibilité existe aussi pour la section communale de donner de sa propre initiative au/à la “partenaire” le titre de “citoyen(ne) d’honneur”.

Une question se pose: comment démarrer cette opération?
L’idéal eut été de la démarrer avec la participation du Gouvernement en place. Mais comme le Gouvernement en place s’obstine à dire (et il le clame sur les toits) que les Haïtiens bi- ou multi-nationaux (qui constituent l’épicentre, le fer de lance, la locomotive de la Diaspora) ne sont pas des Haïtiens à part entière, le Gouvernement en place par haine et/ou par peur de cette Diaspora, aura plutôt tendance à saboter cette opération, plutôt qu’à l’encourager et à la promouvoir, comme il devrait. Si bien que dans la conjoncture actuelle d’exclusion effective de la Diaspora la seule solution est de lancer cette opération comme une initiative citoyenne d’Haïtiens qui refusent l’immobilité du statu quo, en attendant que le pays ait enfin à sa tête un Gouvernement ouvert, progressiste et dynamique. D’ailleurs cette opération du municipalisme en dynamisant économiquement les sections communales apportera petit à petit des transformations substantielles dans la société haïtienne dont le centre (traditionnellement appelé la “République de Port-au-Prince”) étouffe la périphérie ou l’arrière-pays. La Municipalisme, tel que proposé ici, fera la jonction entre les deux Exclus de facto de la nation haïtienne, à savoir l’arrière-pays (les sections communales) et la Diaspora. Et c’est de là seulement, dans l’INCLUSION, que pourra venir notre salut.

J’en profite pour proposer comme Femmes et Hommes de l’Année 2009 “les Malérèzes et les Malérés” de notre arrière-pays dont nous n’avons pas cessé de parler, pour ne pas changer, pendant toute l’année 2009 et pour lesquelles rien n’a encore été fait, si ce n’est les solutions-bidons des tas de minus de la Minustah.

Que cette année 2010 soit l’année ensoleillée de la Libération Patriotique Souverainiste Municipaliste d’Haïti !

Gérard Bissainthe
2 janvier 2010
gerarbis@orange.fr


___________

(1) La nature de ce lien est d’une très grande importance. Car depuis plusieurs décennies s’est établie en Haïti une assistance étrangère quasiment omniprésente qui a créé dans notre pays une mentalité d’assisté quasiment omniprésente aussi. La conséquence de l’assistance est la dépendance qui est le contraire de l’indépendance. Si nous voulons retrouver notre indépendance, il n’existe qu’une seule et unique solution: mettre fin à l’assistance économique étrangère. Où pouvons-nous trouver les fonds pour remplacer ceux de l’assistance économique étrangère? Dans la Diaspora haïtienne. Mais nous devons en même temps éviter que la Diaspora ne devienne un “bienfaiteur” extérieur qui de haut fait un don aux “pauvres Haïtiens de l’intérieur ”. D’où la proposition que celui qui veut participer au développement d’Haïti devienne partie intégrante de l’entité (la section communale) qu’il veut aider comme une sorte de citoyen virtuel de cette entité. Nous pouvons ainsi créer autour de chaque section communale un réseau non pas de “bienfaiteurs” (toujours un peu condescendants) mais d’associés, de participants. Le mot “partenaire” décrit bien ce nouveau lien entre un individu ou une organisation qui veut participer au développement d’une section communale et cette section communale. Lorsqu’il adviendra que le/la partenaire rende visite à “sa” section communale, il/elle y sera reçu(e) non comme un bienfaiteur ou un parrain ou une marraine, mais comme un membre de cette section communale, un frère ou une sœur, si l’on préfère. Il faut souligner ici que l’étranger peut aussi devenir partenaire à titre d’étranger.

dimanche 13 décembre 2009

NOEL DES MAGISTRATS

Par Heidi FORTUNÉ
Magistrat, Juge d’Instruction
Cap-Haïtien, Haïti
13 décembre 2009


La Justice est la pierre angulaire de toute démocratie. Elle représente le levier principal pour le développement de notre pays. Les investisseurs se manifesteront si leur confiance est acquise. Les citoyens évolueront normalement s’ils sont assurés que leurs droits les plus élémentaires sont garantis et le taux de criminalité baissera si des peines exemplaires sont requises et appliquées envers et contre tous ceux qui violent la loi. Les observateurs nationaux et étrangers, les instances financières internationales, les politiciens (toutes tendances confondues) s’accordent sur la nécessité pour Haïti de disposer d’une Justice indépendante et efficace, à la mesure de ses ambitions politiques, économiques et sociales. Mais, cela ne pourra pas se faire avec des codes datant de 1835, un arsenal juridique presque vide et des Magistrats mal entretenus.



Malheureusement, les dirigeants ne sont pas de cet avis. Ils pensent que tous les Juges sont des corrompus et ne méritent pas d’être bien traités. Nous avons au sein de l’appareil judiciaire, tout comme au sein de l’Exécutif et du Parlement des voleurs en toge, des racketteurs en cravate et des pourvoyeurs pour qui les écritures ne sont pas lisibles. Mais, nous en avons également de bons et fiers Magistrats qui instruisent opiniâtrement des affaires délicates et sulfureuses sans peur de prendre à rebrousse-poil quelques grands élus, notables ou criminels notoires. Nous avons des Magistrats insensibles au charme et à l’influence du pouvoir et de l’argent, allergiques aux compromis qui favorisent les carrières. Nous avons des Magistrats qui prennent parfois des décisions très courageuses, au moment même ou d’autres confrères alimentent le flot des positions obscurantistes. Non, il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes. Depuis toujours, la Justice et les hommes qui la servent loyalement ont toujours été discrets, trop discrets peut-être. Pourtant, leur rôle demeure aussi colossal que mal connu et, pour cette raison même, mal reconnu.



Dans la vie, on doit être cohérent dans ce qu’on fait, dit et défend. Si on sait que le remède contre la corruption est indiscutablement la punition ; alors, pourquoi gaspiller de l’argent dans des colloques de stratégie et autres campagnes de sensibilisation ? La solution est là, on n’a pas à enfoncer une porte déjà ouverte. Le véritable problème c’est qu’en Haïti, tout est politique alors que dans d’autres pays, tout est juridique. Nos voisins dominicains viennent de nous donner l’exemple dans le dossier du nommé Amaral Duclona où c’est la Cour Suprême, et non le Ministère de la Justice ou la police, qui a décidé de l’extradition de ce dernier vers la France. Nous haïssons ce que font certaines personnes au nom de la République. Nous condamnons et dénonçons avec force ce qu’est devenue la justice au Cap-Haitien…toutes ces affaires jugées avec parti-pris ou classées sans suite, parce que ‘’selon que vous serez riche ou pauvre…’’



Le puissant et le misérable ne sont plus égaux devant la loi par les temps qui courent. Ceux qui ont de l’argent ou un titre nobiliaire ont toujours raison et ceux qui n’ont ni l’un ni l’autre sont toujours coupables. Seuls les indigents commettent des infractions. Allez faire un tour dans les prisons, visitez les cellules, consultez les répertoires de condamnations et vous verrez. Le plus triste dans tout cela, les décisions de nos tribunaux ne donnent pratiquement pas lieu à débat. Au niveau universitaire, le commentaire ‘’d’Arrêt‘’ semble être passé de mode ; sûrement du fait des difficultés techniques et intellectuelles qu’il soulève. Avouons toutefois que la disparition du ‘’Bulletin des Arrêts’’ de la Cour de Cassation a contribué à cette situation. Ainsi va la Justice !



Nous sommes à quelques jours de Noël, et jamais cette période traditionnellement de fête ne nous a paru commencer de manière plus cruelle ni plus triste pour la Magistrature. 20 décembre 2007 – 20 décembre 2009. Bientôt deux ans depuis la publication des lois portant sur le Statut des Magistrats, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et l’École de la Magistrature dans le journal officiel de la République. Deux ans depuis que les Juges attendent impatiemment l’arrivée du Père Noël au Palais de Justice… tandis qu’on réveillonne tous les soirs de l’autre côté du Champ de Mars. Décidément, la Présidence montre une belle constance dans son hostilité aux Magistrats et à la réforme judiciaire. Et, il faut être vraiment aveugle pour ne pas voir ce qui se trame. Triste noël, en vérité, des Magistrats !
______________
N.B. Le juge Fortuné a aussi un blog:
http://heidifortune.blogspot.com

jeudi 19 novembre 2009

QUE FAIRE? Salut les Christophiens!

Par Gérard Bissainthe
Source: Haïti-Nation (14119), Jeudi 19 Novembre 2009, 4 h 36 min 28 s

Le Pouvoir Exécutif actuel (Préval et le PM) a échoué, échoue et échouera toujours.
Le Pouvoir Législatif actuel (Députés et Sénateurs) a échoué, échoue et échouera toujours.

L'erreur de l'opposition est de s'imaginer qu'il suffit de mettre "des gens bien" à la place de Préval et du PM et à la place des Députés et Sénateurs actuels pour sauver le pays.

L'opposition oublie qu'avant d'entrer dans l'Exécutif et le Législatif actuels ceux qui y sont entrés, pris isolément, étaient loin d'être des coquins. Il y avait même parmi eux des gens très bien. L'opposition pense que le pouvoir les a corrompus. Non le pouvoir ne les a pas corrompus. Le système les a ligotés.

Quelque compétents et vertueux que soient ceux qui veulent remplacer le Président, le PM, les Députés et les Sénateurs actuels, une fois entrés dans le "système", ils ne feront pas mieux que le Président, le PM, les Députés et les Sénateurs actuels. Dans ce sens c'est une totale perte de temps d'aller travailler à les changer pour mettre d’autres à leur place.

Mes amis n'aiment pas m'entendre dire: "N'allez pas aux élections." Et pourtant je dois continuer à le dire. Envoyer aujourd’hui le meilleur ou la meilleure d'entre nous au Palais National ou à la Primature ou au Sénat ou à la Chambre, c'est signer son arrêt de mort politique. Il ou elle sera condamné(e) à l’échec. Cela fait plus de cinquante ans que je retourne ce problème dans tous les sens. Je ne vois qu'une solution: changer le "système".

Changer le "système" est une tache titanesque. Comme celle qu'affrontèrent nos pères et qui s'est terminée en 1804. Mais il n'y a pas d'autre issue. Et c'est nous, Haïtiens de l'intérieur et de l'extérieur, tous unis comme les doigts de la main, qui devons le faire. Seuls. Les autres, les Etrangers, quelque proches qu’ils soient de nous et quelque amitié qu’ils nous portent, pourront nous encourager, mais ils ne pourront pas se battre à notre place. Sur le ring il n'y aura que nous face à notre destin. Tenons-nous le pour dit.

J'ai préconisé le Municipalisme. Relisez ce que j'ai écrit là-dessus et que vous retrouverez sur mon site ( www.municipalisme.com ) Si vous avez du temps à perdre pour faire et refaire tout ce qui a jusqu'ici échoué lamentablement et spectaculairement, perdez-le. Moi je n'en ai pas.

Que les lièvres continuent à courir par monts et par vaux, à s'ébaudir à l'ombre de la Minustah en fleurs ou à refaire le pèlerinage ou le chemin de croix des officines étrangères qui ont toutes et chacune depuis toujours une solution pour notre salut. Pendant ce temps les tortues iront à la base du pays et laborieusement, patiemment, pierre par pierre, le reconstruiront en le faisant renaitre de ses cendres. Ceux qui ne peuvent pas aller sur place, ont mille moyens de le faire de loin. Personne n'a d'excuses de ne pas participer. Mais dis-toi bien qu'un seul centime de toi Haïtien vaudra toujours mille fois mieux que mille dollars ou mille euros de l'Etranger. Une seule goutte de ta sueur vaut beaucoup mieux qu'un château d'eau de l'Etranger.

A la question "Que Faire?" ma réponse est
1.- Commencez par vous dire que Haïti peut être sauvée. Donc si vous dites que "La messe est dite pour Haïti", allez ailleurs vous faire cuire un oeuf et fichez-nous la paix. Il y a des pleuroirs pour les démissionnaires.
2.- Ensuite dites-vous que ce sont les Haïtiens et les Haïtiens seuls qui sauveront Haïti. Les Etrangers n'y pourront rien. Si pour vous ce sont les Etrangers qui vont nous sauver, restez avec les Etrangers et fichez-nous la paix.
3.- Ensuite dites-vous que l'Haïtien intrafrontalier et l'Haïtien extrafrontalier sont tous les deux des Haïtiens authentiques et à part entière. Si vous voulez exclure un des deux, pour quelque raison que ce soit, allez encore vous faire voir ailleurs.
4.- Que maintenant les Haïtiens
a.- qui ont foi en Haïti
b.- qui n'attendent le salut que d'eux-mêmes et pas de l'Etranger
c.- qui veulent faire corps avec tous leurs frères Haïtiens de l'intérieur ou de l'extérieur
A.- se regroupent comme des Christophiens pour affronter la bataille qui nous attend ;
B.- qu’ils s'épaulent mutuellement et travaillent ensemble, la main dans la main, sans rancune ni haine pour ceux qui choisissent d'autres chemins.

Economisons nos énergies. 1% pour tenter de convaincre encore ceux qui ont fait d'autres choix. 99% pour mettre ensemble nos énergies et nos centimes. Catel, SPP, Guichard, Onel et vous tous les braves qui depuis longtemps dans vos coeurs êtes des Christophiens, soulevez les masses de la base et avec elles boycottez les élections de la Minustah et avec elles faites vos propres élections à partir des sections communales. C'est ainsi et ainsi seul que nous aurons un Pouvoir à nous Haïtiens et que personne ne pourra nous prendre. Vous me dites: '"C'est difficile." Je vous réponds: "Yes We Can!" L'autre l'a fait. Avec les "grassroots" aussi. Avec les "Ballots" aussi. Des hommes décidés, disait Gandhi, sont capables de braver et de défaire un empire. Ajoutons: sont capables de construire une nation dans du granit.

Mettons sur pied des actions et des opérations pour implémenter le Municipalisme. C'est notre seule issue.

Il est des cas où il faut faire l’impossible, parce que c’est la seule manière de vaincre le fatal.

C’était le cas pour nos pères avant 1804. C’est encore le cas pour nous aujourd’hui où il faut terminer le travail que Christophe a laissé inachevé, de construire la nation haïtienne sur les bases du refus de toute concession sur la Souveraineté Nationale, du refus de toute assistance débilitante et démobilisatrice (Partenaires oui, Assistés non), sur les bases de l’Education et du Travail acharné qui vient à bout de tout.

Salut les Patriotes, les Municipalistes Christophiens !
L’avenir est à nous ! Et, je vous garantis, il sera ensoleillé !

Gérard Bissainthe
18 novembre 2009

vendredi 6 novembre 2009

Histoire du mur de Berlin


Au tout début de novembre 1989, il y a donc vingt ans, je participais à Tempe, en Arizona, à une conférence internationale sur la conception géométrique assistée par ordinateur (CAGD) organisée à l'Université d'État de l'Arizona (ASU) par l'éminent professeur de mathématiques, Robert Barnhill (1).

C'était donc quelques jours avant la chute du «mur de la honte» (9 novembre 1989).

On débattait dans les médias de la réunification des deux Allemagne et ça bougeait vite sur le terrain, en Allemagne. À un étudiant allemand (de l'Ouest) au doctorat en mathématiques qui assistait à la conférence en compagnie de son professeur, Dr. Josef Hoschek, j'ai demandé est-ce qu'il pensait que la réunification des deux Allemagne était une chose possible. Il m'a répondu sans ambages, dans son anglais, que cela était impensable. Cela signifiait pour moi qu'il n'était pas d'accord pour la réunification.

La conférence prit fin le 6 novembre 1989. Revenu à Montréal, en passant par Chicago, j'apprenais, trois jours plus tard, le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin et la réunification des deux Allemagne. J'ai donc tout de suite pensé à la conversation que j'ai eue avec cet étudiant allemand en Arizona quelques jours auparavant. Je m'imaginais dans quel état il a dû se trouver en apprenant cette nouvelle. Il devait y avoir, à l'époque, beaucoup d'allemands de l'Ouest qui furent du même avis que cet étudiant.

Pour lire l'histoire du mur en français, cliquez sur: mur de Berlin, ou en anglais, cliquez sur Berlin wall.
_______________
(1) À cette conférence, j'ai eu l'occasion de rencontrer des mathématiciens parmi lesquels, je cite de mémoire: Josef Hoschek, Philip Davis, Pierre Jean Laurent, Richard Franke, Alain Le Méhauté, Gerald Farin, Gregory Nielson, Thomas Foley, Kestutis Salkauskas, etc. Au cours de cette conférence, j'ai longuement discuté avec le professeur Salkauskas du krigeage de Georges Matheron; j'ai également discuté avec lui de son livre Curves and Surfaces qu'il venait de publier et que je venais de lire à Montréal; dans ce livre une place était faite au krigeage (kriging) en tant qu'interpolateur. J'ai longuement parlé au professeur Laurent et j'ai échangé un peu avec le professeur Franke qui connaissaient bien la méthode du krigeage, autant que le professeur Salkauskas. Je reviendrai un jour sur ce sujet dans Le coin de Pierre-Mathématiques appliquées.

vendredi 30 octobre 2009

Un nouveau premier ministre en Haïti


LEMONDE.FR avec Reuters 30.10.09 21h11

Le président haïtien René Préval a désigné vendredi 30 octobre Jean-Max Bellerive comme nouveau premier ministre, a déclaré un sénateur du parti au pouvoir.

M. Bellerive, qui était ministre du plan et de la coopération, est appelé à remplacer Michèle Pierre-Louis, démise de ses fonctions jeudi soir par des parlementaires proches du président René Préval, lors d'une séance controversée boycottée par l'opposition.

Ces derniers jours, les sénateurs du parti Lespwa ("l'espoir", en français), majoritaires, s'étaient ouvertement prononcés pour un changement de gouvernement, estimant que l'équipe au pouvoir n'avait pas fourni les résultats escomptés.

_____________
L'article original est posté ici.

Haïti/Le Sénat destitue le Premier ministre haïtien, madame Michèle Duvivier Pierre-Louis

Source: Presse canadienne

La Première ministre haïtienne destituée par le Sénat
De Jonathan Katz (CP)

PORT-AU-PRINCE — Une nouvelle crise politique a éclaté en Haïti vendredi, avec la destitution de la Première ministre Michèle Pierre-Louis et la dissolution du gouvernement qui en découle, sous l'impulsion du parti du président Préval au Sénat.

Dix-huit des 29 sénateurs ont voté la motion de censure, défendue par des membres du mouvement Lespwa ("L'Espoir") du président René Préval, lequel avait nommé la Première ministre l'an dernier. Les élus de Lespwa ont pris le contrôle du Sénat il y a quelques semaines à l'issue des élections de juin marquées par une faible participation et des soupçons de fraude.

On ignorait vendredi si le chef de l'Etat soutenait la censure. Il devrait rapidement nommer un nouveau Premier ministre pour former un gouvernement et poursuivre les programmes économiques vitaux engagés, même si, président de 1996 à 2001, il lui est déjà arrivé de diriger le pays seul pendant 18 mois.

Jeudi soir, les sénateurs ont débattu pendant plus de neuf heures avant de voter peu après minuit, en l'absence de Mme Pierre-Louis qui avait souligné que la décision était connue d'avance.

Le débat a été très agité, des sénateurs quittant rageusement la salle en s'accusant les uns les autres d'être armés, ou arpentant la salle tandis que le président de la chambre haute, Kelly Bastien, appelait l'assemblée au calme.

Pendant la plus grande partie des discussions, les partisans de la Première ministre, y compris, paradoxalement, des sénateurs de l'opposition, ont dénoncé l'illégalité de la motion de censure, en raison selon eux d'erreurs de procédure.

Les adversaires de Mme Pierre-Louis se sont montrés peu diserts, se contentant souvent de prendre la parole pour demander à M. Bastien de passer au vote.

Cette nouvelle période d'instabilité politique risque de nuire aux efforts de la communauté internationale avec la direction haïtienne, et notamment Mme Pierre-Louis, pour attirer les investissements étrangers dans ce petit pays pauvres des Caraïbes.

Proche du président Préval, Michèle Pierre-Louis avait été nommée Première ministre en septembre 2008, après cinq mois de vacance du poste. Son prédécesseur, Jacques Edouard Alexis, avait lui-même été destitué par le Sénat en avril à la suite d'émeutes de la faim contre la flambée des prix de l'alimentation, qui s'étaient soldées par sept morts. En cinq ans, après le renversement du président Jean-Bertrand Aristide par la rébellion en 2004, Haïti a vu défiler quatre Premiers ministres. René Préval a été investi à la présidence en mai 2006.

Mme Pierre-Louis, qui est appréciée des diplomates étrangers mais ne possède pas de base politique réelle, a pris la tête du gouvernement alors qu'Haïti affrontait quatre tempêtes et cyclones. Le bilan de ces catastrophes naturelles s'est finalement élevé à près de 800 morts, plus la destruction de 60% des cultures du pays et de milliers d'habitations, ponts et routes.

Dans une lettre au président du Sénat pour justifier son absence à la séance de jeudi soir, la Première ministre a souligné les efforts de son gouvernement "pour qu'Haïti intègre la communauté internationale et aie des possibilités d'investissement, national et international", et aussi "pour améliorer la vie de la population haïtienne". "Je laisse les sénateurs de la République assumer leur responsabilité face à la nation", a-t-elle ajouté.

L'annonce de la motion de censure la semaine dernière avait créé la surprise car ce qui est reproché à Mme Pierre-Louis n'est pas clair. Le contentieux pourrait porter sur l'utilisation d'un fonds de 197 millions de dollars (133 millions d'euros) pour réparer les dégâts commis par les tempêtes.

Les Etats-Unis se sont déclarés inquiets de ce retour de l'instabilité politique qui pourrait "causer beaucoup de tort à Haïti", selon la porte-parole de l'ambassade américaine à Port-au-Prince.
_____________________________________
//L'article posté ci-dessus provient de: Google/hostednews.

//Lire aussi les articles de Radio Kiskeya: