samedi 16 janvier 2010
Haïti-séisme/ Obama invoque la mémoire de Martin Luther King
vendredi 15 janvier 2010
Haïti-séisme/ Le Président Jean-Claude Duvalier offre ses avoirs (M$ 8, huit millions de dollars US) détenus en Suisse aux victimes
Chers compatriotes,
C'est avec effroi et une profonde émotion, mais aussi une très grande préoccupation, que j'ai suivi les conséquences meurtrières et dévastatrices du terrible tremblement de terre qui a frappé si impitoyablement notre pays.
En ces heures de grande détresse nationale, mes pensées vont aux blessés, aux victimes, particulièrement aux enfants et à la jeunesse, à leurs familles et à leurs proches.
En ce moment de douleur et de deuil, je tiens à vous assurer de ma totale solidarité, et j’adresse aux familles si cruellement éprouvées mes sincères condoléances et mes plus profondes sympathies.
J'adresse également à toutes les équipes de secours mobilisées ma reconnaissance pour le travail remarquable qu’elles accomplissent dans des conditions extrêmement difficiles.
Je voudrais exprimer mes sincères remerciements et encourager le formidable élan de solidarité que toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens du Monde manifestent , et auquel la communauté internationale s'associe pleinement. Que cette communauté soit assurée de ma profonde gratitude.
Devant ce lourd et révoltant tribut , une fois de plus, infligé au Peuple et à la terre d’Haïti, la Nation toute entière doit se mobiliser pour surmonter ses malheurs.
Malgré la gravité de la situation, je souhaite vous dire mon espoir et ma conviction qu'Haïti saura retrouver, grâce à une exceptionnelle mobilisation des forces vives de notre pays, avec l'aide de la communauté internationale, le chemin d'une réelle reconstruction.
Peuple Haïtien,
Je connaîs votre extraordinaire courage, l'abnégation, et les sacrifices dont vous êtes toutes et tous capables pour sauver notre pays.
Les moments pénibles que nous vivons en appellent au sens du sacrifice national.
Dans ces circonstances particulièrement dramatiques pour notre pays, je tiens a exprimer toute ma solidarité et mon soutien.
Je demande officiellement aux autorités suisses, de transférer immédiatement l'ensemble des avoirs de la Fondation de feu ma Mère Simone Ovide Duvalier ( 8 millions de dollars US ), à la Croix-Rouge Américaine (American Red Cross), en vu de porter une assistance d'urgence, principalement aux populations des villes de Léogane - ville natale de feu ma Mère-, Carrefour - ville natale de feu mon Père- et, Port-au-Prince - où je suis né- mais aussi Gressier, Pétion-Ville, Jacmel, les Cayes, Petit Goave, Grand Goave...
J'ai immédiatement pris des dispositions pour qu'une première aide d'urgence d'envergure parvienne à Port-au-Prince au plus tôt, et, un important réseau de bénévoles est mobilisé pour aider la population en détresse.
Aux familles démunies, aux sans abri, aux régions sinistrées, aux enfants et à la jeunesse, j’envoie un grand message de fraternité et de solidarité dans cette si cruelle épreuve.
Que Dieu sauve Haïti !
A bientôt.
Jean-Claude Duvalier.
Paris, le 15 janvier 2010.
lundi 11 janvier 2010
Haïti: Franck Sylvain, Président provisoire - quelques photos


Comme le dit le Président Sylvain dans sa dédicace, mon père, Pierre D. Montès était son collaborateur en 1957. Alors que mon père était Directeur Général de l'Administration Générale des Contributions (actuelle DGI), il était le conseil spécial du Président Sylvain.
Voici la formation complète du Cabinet du Président Provisoire Franck Sylvain:
- Thézalus Pierre-Étienne, Secrétaire d'État de l'intérieur et de la Défense Nationale.
- Pierre-André Sajous, Secrétaire d'État de la Présidence.
- Évremont Carrié, Secrétaire d'État des Relations Extérieures et des Cultes.
- Francis Salgado, Secrétaire d'État des Finances.
- Colbert Bonhomme, Secrétaire d'État de la Justice et de l'Économie Nationale.
- Christian Laporte, Secrétaire d'État de l'Éducation Nationale.
- Marc Augustin, Secrétaire d'État de la Santé Publique et du Travail.
- Antonio Rimpel, Secrétaire d'État des Travaux Publics.
- André Mangonès, Secrétaire d'État de l'Agriculture et du Commerce.
- Windsor K. Laferrière, Sous-Secrétaire d'État de l'Économie Nationale.
- Lydia O. Jeanty, Sous-Sedcrétaire d'État du Travail (Protection de la femme et de l'enfance).
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N.B. Les photos ci-dessus proviennent du livre intitulé: Les 56 jours de Franck Sylvain, Imprimerie Henri Deschamps, Port-au-Prince, Haïti, 160 pages. J'encourage tous ceux qui désirent se lancer dans l'arène politique à lire le livre de Franck Sylvain.
vendredi 8 janvier 2010
Haïti : 2010, année d’élections : analyse, réflexions et vœux.
7 janvier 2010
1. Introduction
René Préval termine son deuxième et dernier mandat. Le 7 février 2011, il devra passer le pouvoir à son successeur élu (ou sa «successeure» élue). Dit autrement, il devra, pour répéter un slogan cher à la mouvance dont il est issu: «raché manyòk li, baye tè a blanch». Et voilà que René Préval crée, tout d'un coup, à la cinquième et dernière année de son dernier mandat, un parti politique qu’il baptise : UNITÉ (INITÉ en créole). Si le candidat de l’UNITÉ, Jacques-Édouard Alexis, devait être l’élu des élections présidentielles de 2010, alors ce serait, pour René Préval, le cas de dire : «Apré nou, cé nou».
Or, l’expérience Lavalas-Lespwa (gouvernement s'appuyant sur l'anarchie) des 25 dernières années a échoué. Si l’UNITÉ prenait le pouvoir en 2011, il faudrait que ce soit le dernier acte de la tragédie Lavalas-Lespwa-Inité (L-L-I). Il faudrait qu’une révolution tranquille amène sur la scène géopolitique du sang neuf, des hommes nouveaux, sans aucuns liens avec la mouvance (L-L-I).
L’expérience L-L-I a apporté à Haïti deux occupations étrangères, a démantelé les FADH et a refusé de décentraliser le pouvoir et l’administration, a tenu à l’écart la diaspora, a laissé le champ libre aux ONG.
Dès 2016, ces hommes nouveaux mettraient fin pacifiquement (par les urnes) à la tragédie L-L-I, implanteraient alors un système politique nouveau dont les acteurs nouveaux soient totalement incorruptibles.
2. Confidences du Président provisoire Franck Sylvain (du 7 février 1957 au 2 ou 3 avril 1957)
Puisqu’on parle beaucoup d’élections, il me paraît opportun d’introduire ici quelques extraits du livre de Me. Franck Sylvain, intitulé «Les 56 jours de Franck Sylvain», Imprimerie Henri Deschamps, Port-au-Prince, Haïti, 1980, 160 pages. Ces extraits susciteront réflexions et méditations chez les hommes nouveaux qui seront appelés à faire la révolution tranquille.
Le 7 février 1957, le Président provisoire Franck Sylvain était élu par l’Assemblée nationale pour remplacer le Président provisoire démissionnaire Joseph Nemours Pierre-Louis. Franck Sylvain, était un ancien Juge de la Première Chambre Civile et Juge-Doyen au Tribunal des Référés au Palais de Justice de Port-au-Prince (1951-1955). Franck Sylvain était l’un des principaux artisans de la chute du Général Président Paul E. Magloire par sa célèbre «Consultation juridique» qu'il publiait en 1956 dans le journal Œdipe et dans laquelle il établissait rigoureusement que la date de la fin du mandat du Président était le 15 mai 1956 et non le 15 mai 1957 comme le prétendait ce dernier.
Le Président provisoire Franck Sylvain devrait organiser des élections générales vraiment honnêtes. Il prenait très au sérieux son rôle. Mais, il n’a pas réussi à organiser de telles élections car il fut renversé après 56 jours de bon et lourd labeur au Palais national.
«Et c’est sa bonne foi qui le fit renverser par des prétendus leaders civils et militaires qui ne désiraient ni le règne de la justice, ni celui de l’honnêteté» (Les 56 jours, p.75).
«À la vérité, aucun candidat ne désirait des élections vraiment libres. Ces honorables citoyens n’avaient pas confiance en eux-mêmes, ni dans les forces populaires dont ils prétendaient avoir l’appui. Mais chacun aurait préféré des élections dirigées pour lui-même.» (Les 56 jours, p. 109).
«C’était, plus d’une fois, de hauts fonctionnaires du Département d’État qui me demandaient de solliciter du peuple haïtien, par un plébiscite, une prolongation d’au moins trois ans de la durée de mon mandat… Et pour essayer de me convaincre, ils se faisaient accompagner d’un Président ou d’un Vice-Président d’une puissante Banque, la Chase Bank ou la City Bank disposée, mais résolument, à donner une aide considérable au gouvernement pour le bien-être du peuple haïtien. C’était aussi d’éminents Présidents ou Directeurs de compagnies d’industrie désireuses de faire des investissements, de venir installer des usines dans le pays. Quant aux journalistes, c’étaient toujours des hommes ou des femmes enthousiastes, avides d’interviews et rêvant, comme les autres, d’une chimérique demande de prolongation de mandat. Et tous, comme le jeune homme riche de l’Évangile, ‘ s’en allaient tout tristes‘, devant le rejet inexorable de leur proposition…» (Les 56 jours, p. 89).
Le Général Léon Cantave, chef de l’Armée d’Haïti, qui se faisait toujours accompagner «de son acolyte», le Colonel Pierre Vertus, commandant des Casernes, rendait souvent visite au nouveau Chef de l’État, Franck Sylvain.
«Président, lui dirent-ils à leur première visite, avec toutes ces passions en ébullition, il est peu probable que nous arrivions aux élections.» (Les 56 jours, p.108).
«Président, lui dirent-ils à une seconde visite, même si nous arrivons au jour des élections, elles peuvent se gâter. Dans ce cas-là, on ne sait jamais, il vous faudra dire : ‘J’y suis, j’y reste’.» (Les 56 jours, p.108).
Voici ce que le Président Sylvain leur répondit :
«Écoutez, messieurs ! J’ai toujours eu en horreur le mensonge. Et J’ai toujours considéré comme indigne un Chef d’État qui ment à son peuple. Le mensonge est dégradant. Le suffrage universel, les élections au premier degré, c’est une conquête sociale du peuple haïtien. Il est trop tard pour nous de juger que les Haïtiens ne sont pas mûrs pour de tels comices. J’ai pris l’engagement de faire des élections honnêtes, je les ferai. Et je me retirerai sitôt l’installation de mon successeur.» (Les 56 jours, p. 108).
Et Sylvain rapporte les propos d’un jeune capitaine de l’Armée d’Haïti (le nom n’est pas fourni) à lui transmis par un ami commun, Roger Lemoine :
«Ayez l’obligeance de dire au Président qu’il est indispensable qu’il désigne à l’Armée un candidat, que ce soit un chien, que ce soit un chat, dont nous devions assurer le succès. C’est une question de vie ou de mort pour l’Armée qui n’est pas encore réhabilitée de l’état d’abjection où l’avait fait descendre Paul Magloire, et qui demeure exposée aux coups mortels que pourrait lui porter un Président qui ne serait pas élu par elle. En ce moment, nous sommes désemparés, puisque le Président semble tenir absolument aux élections libres.» (Les 56 jours, p. 115-116).
À propos de ce message verbal à lui transmis, le Président Sylvain opine ainsi : «Je suis sûr qu’il avait pourtant compris, mon jeune ami d’alors, que c’est précisément cette réhabilitation que je recherchais avec amour pour cette Armée qui m’était chère, réhabilitation dont le Général, par calcul et par ambition, ne voulait pas du tout.»
Le Général Cantave finit donc par renverser le Président provisoire Franck Sylvain au début d’avril 1957, 56 jours après sa nomination le 7 février 1957. Sa famille et lui furent mis en résidence surveillée à l’une des trois belles petites maisons identiques situées à Turgeau et surnommées «Trois Bébés», pendant plusieurs longues semaines. Dans l'intervalle de six mois, à partir de la chute de Sylvain, trois autres gouvernements provisoires se succèdèrent. Le dernier des trois fut par un gouvernement formé de militaires ayant à sa tête le Général Antonio Kébreau qui organisa des élections générales par lesquelles le Dr François Duvalier sortit vainqueur le 22 septembre 1957.
Ce long préambule m’amène à considérer brièvement les élections présidentielles de 1950 à 2006 et à oser prédire les résultats des élections présidentielles futures en 2010-2011 et en 2015-2016.
3. Les élections présidentielles au suffrage universel de 1950 à 2015
L’année 2010, sur le plan politique, sera vraisemblablement une année de sélections/élections municipales, législatives et présidentielles.
À dire vrai, il n’y a jamais eu d’élections présidentielles au suffrage universel libres, honnêtes et démocratiques en Haïti, ni en 1950, ni en 1957, ni en 1987, ni en 1988, ni en 1990, ni en 1995, ni en 2000, ni en 2006. Y en aura-t-il en 2010-2011, en 2015-2016 ?
Si le candidat déclaré vainqueur est l’homme du puissant voisin, alors le résultat des éléctions présidentielles est catalysé par la logistique des Forces armées indigènes faisant partie de la Grande Armée. Dans ce cas, le candidat ne jouit pas d’une popularité clairement supérieure à celle de ses rivaux. C’était le cas de Magloire en 1950, de Duvalier en 1957, de Manigat en 1988.
Si le candidat déclaré vainqueur n’est pas l’homme du puissant voisin, il a alors été capable de mobiliser la Rue, malgré la présence sur le terrain des Forces armées indigènes. Le résultat du scrutin est alors dicté par la Rue dès le premier tour. Dans ce cas le candidat jouit d’une certaine popularité, mais il n’a pas confiance en ses forces propres pour gagner honnêtement les élections, soit au premier tour, soit au second tour. C’était le cas d’Aristide en 1990.
Si le candidat déclaré vainqueur est l’homme du puissant voisin, si de plus il est capable de mobiliser la Rue, et s’il n’existe pas de Forces armées indigènes capables de déployer sa logistique à l’échelle du territoire national, c’est alors la Rue qui dicte le résultat du scrutin dès le premier tour. Le candidat n’a pas confiance en ses forces propres pour gagner honnêtement les élections au second tour. C’était le cas de Préval en 1995, d’Aristide en 2000, de Préval en 2006.
En 1950, en 1957, en 1987, en 1988, il y avait les Forces armées indigènes qui agissaient sur le terrain pour garantir la victoire du candidat qui avait la faveur du puissant voisin (ou pour faire avorter le processus dans le cas contraire (novembre 1987)). En 1995, en 2000 et en 2006, il n’y avait pas de Forces armées indigènes, la Rue a donc pris leur place, à sa manière. En 1990, les Forces armées indigènes n’ont pas pu empêché à la Rue de dicter le résultat de l’élection d’un candidat qui n’avait clairement pas la faveur du puissant voisin.
À ce moment-ci (janvier 2010), on peut augurer qu’en 2010, la Rue réussira encore à dicter son choix aux élections présidentielles. Et à moins de revirement soudain, imprévisible, le candidat qui sera déclaré vainqueur au début de 2011, aura l’aval du puissant voisin et sera issu de la mouvance LAVALAS-LESPWA-INITÉ. Ce sera vraisemblablement : Jacques-Édouard Alexis qui réapparaît publiquement ces jours-ci pour s'exprimer ouvertement au nom de l'UNITÉ (Réf. Nouvelles à CPAM, 8 janvier 2010).
L’an 2016 marquera-t-il la fin du règne de l’Anarchie orchestrée par la mouvance Lavalas-Lespwa-Inité ?
Qu’est-ce qui devrait caractériser cette nouvelle génération qui, on l’espère, se manifesterait en 2016 pour libérer définitivement Haïti des griffes de la mouvance L-L-I et de l’influence séculaire des flibustiers, pour établir enfin un véritable partenariat entre ceux qui contrôlent l’économie du pays, le peuple, le puissant voisin et la diaspora ? Et la désoccupation d’Haïti, quand aura-t-elle lieu ?
4. La géopolitique haïtienne
Les politiciens démocrates qui voulaient le progrès de leur pays ont vu leur passage au pouvoir écourté brutalement. C’était le cas de Dumarsais Estimé, de Franck Sylvain, de Leslie François Manigat. Ils ne faisaient pas l’affaire des détenteurs traditionnels des leviers de l’économie du pays et résistaient aux tentations que leur présentaient les flibustiers indigènes et étrangers.
Les politiciens anarchistes qui, disant vouloir le bien du plus grand nombre, soulevaient les passions des démunis contre les intérêts des détenteurs des leviers de l’économie du pays, ont vu leur mandat écourté brusquement. Ils ne faisaient pas l’affaire des détenteurs traditionnels des leviers de l’économie du pays, ni celle de la classe moyenne et suscitaient de faux espoirs chez les plus démunis. Cependant, ils ont succombé aux tentations que leur présentaient les flibustiers indigènes et étrangers. C’était le cas de Jean-Bertrand Aristide.
Entre ces deux extrêmes, se situaient la plupart des politiciens (dictateurs ou non) qui ont joué le jeu des détenteurs des leviers de l’économie du pays et celui des flibustiers indigènes et étrangers.
S’ils brimaient les droits et libertés de leur peuple, ils arrivaient à se maintenir au pouvoir par la force (milice). C’était le cas des Duvalier.
Si le pays était (est) occupé, la dictature était (est) artificiellement empêchée par l’occupant qui se substituait (substitue) aux forces armées indigènes. C’était le cas de Préval I avec la Minuha; c’est le cas de Préval II avec la Minustah.
Les flibustiers indigènes sont des filous en cravate ou non, qui gravitent autour des détenteurs du pouvoir politique (dans l’ombre ou ouvertement). Ils drainent les ressources du pays à leurs fins personnels, siphonnent les recettes de l’État, aident les politiciens à s’enrichir.
Les flibustiers étrangers sont des filous qui drainent une part importante des fonds qu’ils aident l’État haïtien à obtenir (prêts ou dons) à des conditions désavantageuses pour le Pays. Ce ne sont pas eux qui vont donc empêcher les politiciens à s’enrichir à même ces prêts et ces dons.
5. Pour un nouveau système politique (décentralisé) avec de nouveaux (incorruptibles) hommes politiques en Haïti dès 2016
Oui, il faut qu’Haïti se débarrasse de la mouvance L.L.I. qui a lamentablement échoué en 1986-2010, et qui échouera en 2011-1016.
Il faut à Haïti une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui résistent aux tentations des flibustiers indigènes et étrangers.
Il faut à Haïti une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui prennent en main les destinées du pays fondé par Dessalines, Pétion, Christophe…
Il faut à Haïti une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui fassent équipe avec les détenteurs des leviers de l’économie du pays et les haïtiens de la diaspora.
Il faut à Haïti une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui fassent du développement des sections communales de chacune des 140 communes d’Haïti, leur première priorité (Exemples: le municipalisme du Professeur Bissainthe, ou la décentralisation de Paul G. Magloire (le MORN), ou les gouvernements départementaux décentralisés (avec à leur tête des Gouverneurs; voir mes écrits antérieurs, entre autres, sur ce sujet)).
Et que cette nouvelle génération d’hommes et de femmes se manifeste dès maintenant pour qu’elle parvienne à restaurer la souveraineté du pays (départ de la Minustah) et à éradiquer en Haïti toute dictature et tout pouvoir anarchique.
«Avance(z) en eau profonde… et lancez les filets». Luc (5, 4).
Dr. Pierre Montès
7 janvier 2010
mardi 29 décembre 2009
LES NOUVELLES LAMENTATIONS DU CHŒUR DES PLEUREURS ET DES PLEUREUSES (1)
Il faut écouter le Chœur des Pleureurs et des Pleureuses qui emplissent le ciel, à fendre l'âme, de leurs cris de douleur dès qu'on touche à leur Minustah.
--Oh, ma chère, tu te rends compte! Ils osent attaquer notre Minustah chérie.
--Encore! Qui? Ray?
--Non, Ray est un allié. Un certain Keny.
--Keny? Keny? Connais pas.
--C'est un nouveau. Il n'y a pas longtemps qu'il est descendu dans l'arène.
--Ah! On y voit de tout par les temps qui courent.
--il faudrait sélectionner.
--Que veux-tu dire?
--Comme pour les élections ? Ne pas laisser entrer tout le monde.
--Tu veux dire que pour le Web il faudrait aussi un CEP?
--Bien sûr, ma chère. Au moins pour les Haïtiens.
--Mais à propos que veut dire CEP?
--Tu veux le vrai sens ou le faux?
--Le vrai, bien sûr.
--Ne le dis à personne. Pour ceux qui l'ont fondé CEP veut dire le "Comité des Emmerdeurs Patentés".
--Entre nous soit dit, je m'en doutais.
--Mais pourquoi donc ils ne veulent pas de notre Minustah chérie?
--Ce Keny et d'autres parlent de patriotisme, de souveraineté nationale, de fierté...
--Oh la! la! la! la! la! la! la! la! En plein vingt-et-unième siècle?
--Eh oui, ma chère!
--Je croyais qu’on avait supprimé cette engeance.
--Faut croire que le travail a été très mal fait.
--Qui devait la supprimer ?
--La Gogauche
--Parce qu’on comptait sur ces nuls ?
--C’était les moins chers.
--C N G !
--Ca veut dire quoi?
--Cas Nou Grave ! Et des Keny comme ça il y en a beaucoup. Ils ont tout un camp. Ils l'appellent le "Camp Patriotique".
--Et qu'est-ce qu’on trouve dans le Camp Patriotique?
--Mais, voyons, des Patriotes, ma chère.
--Tu es sûre que ce sont des Haïtiens?
--Apparemment oui. Ils ont tous des Ti-Zoreilles.
--Et que va faire contre eux notre Minustah chérie?
--Je leur avais envoyé un rapport sur ce grave danger.
--Et qu'est-ce qu'ils ont fait?
--Les Chefs ce jour-là étaient à la plage
--Tu veux dire que les Chefs de la Minustah vont à la plage?
--Ils sont bien obligés et ils y sont quasiment tout le temps.
--Pourquoi?
--Ils disent qu'ils sont à la plage pour observer la mer, car c’est de la mer que peuvent venir des invasions. Ils ont une conscience professionnelle farouche.
--Mais ton rapport, est-ce qu'au moins ils l'ont lu?
--Finalement il est tombé dans les mains d'un Chef qui venait d'une tribu océanienne: car toutes les tribus de la planète sont représentées dans notre Minustah chérie. Ce Chef a dit qu'il n'était pas tenu de le lire, parce que ce rapport n'était pas dans son dialecte. Donc il n’a jamais été lu.
--Jésus Marie Joseph! Mais, ma chère, nous dansons sur un volcan.
--Danser c’est beaucoup dire, car il n’y a pas de quoi festoyer. Disons au moins que nous sommes assis dessus.
--Que faire?
--Nous avons soumis le problème à Ray.
--Pourquoi Ray?
--Ray a ouvert une entreprise de culture.
--Et qu’est-ce qu’il cultive?
--L’Exécution. (2)
--Parce qu’on peut cultiver l’Exécution?
--D’autres se lancent bien dans la culture du riz, des choux, des perles, des poules. Pourquoi pas de l’Exécution? Il fallait seulement y penser.
--Et ça rapporte?
--Oh que non! Ray est un idéaliste. Ça lui rapporte des emmerdes. Tout le monde lui tombe dessus. Mais il tient ferme.
--Exécution pour exécution, pourquoi ne fait-il pas passer ceux qui l’emmerdent devant un peloton d’exécution?
--Non, Ray est un non-violent.
--Il n’est pas ceinture noire dans les Arts Martiaux?
--Non. C’est un homme intelligent. Seulement dans les Arts Libéraux.
--Et tu crois que Ray pourra nous sauver du grave danger posé par les Patriotes?
--Ray est notre
“Espoir suprême et suprême pensée”
--Et si Ray échoue, ces Patriotes vont continuer à courir dans l’arène politique?
--Eh oui, ma chère.
--En attendant, aussi longtemps que nous avons notre chère Minustah, chérissons-la.
Minustah de mon cœur,
Douce comme une aubergine.
Je mourrai de langueur,
Si ton mandat s’ termine
--Tu es mon bœuf salé
--Ma savane désolée!
--Toi mon Jacquot-Pieds-Verts
Avec tes billets verts.
--Sans toi je ne suis rien
--Avec toi je suis tout.
--Tu me veux tant de bien
Que je suis ton toutou.
Ainsi discourait et chantait au clair de lune le Chœur des Pleureurs et des Pleureuses
- Le texte original est publié, entres autres media, par le forum Haiti-nation, no. 16107, Mar 29 Décembre 2009, 5 h 09 min 57 s. L'auteur, le professeur Gérard Bissainthe, est l'une des plus grandes figures de l'élite intellectuelle haïtienne (et mondiale) de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Pour bien comprendre son texte, on peut lire les échanges récents entre Ray Killick, Keny Bastien et d'autres sur les différents fora haïtiens sur le Web.
- Culture d'Exécution.- Pour savoir de quoi il s'agit, on peut lire les remarquables interventions de Ray Killick, ing., Ph.D., sur le forum HaitianPolitics en 2005-2006. On peut également lire l'ouvrage EXECUTION: the discipline of getting things done, par Larry Bossidy et Ram Charan, publié par Crown Business, NY, 2002, une branche de Random House inc.; Library of Congress Catalog: HD31 . B626 2002, 278 pages.
lundi 21 décembre 2009
Haïti/Décentralisation véritable: le Municipalisme
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Mise à jour du 3 janvier 2010:
Le texte qui suit provient du forum Haiti-nation, no. 16486, Dim 3 Janvier 2010, 0 h 55 min 58 s
Le municipalisme que je propose
par Gérard Bissainthe
Il y a plusieurs mois de cela je lançais sur le Web un débat sur le municipalisme. Ce concept en lui-même n’a rien de nouveau et je n’en ai ni n’en revendique la paternité. La véritable et finalement seule originalité de ma démarche était et est la suivante: je pensais et je pense que pour sauver Haïti aujourd’hui il faut établir un lien économique structuré et direct entre la Diaspora haïtienne et les bases du pays que sont les sections communales.
J’ai expliqué ailleurs et longuement les raisons pour lesquelles je pense que le salut d’Haïti est possible par le municipalisme. Je voudrais seulement ici expliquer le mécanisme que je propose pour instaurer le municipalisme dans notre pays.
Essentiellement ce mécanisme consiste en ceci:
1.- Nous créons des sponsorisations (un mot que je préfère à parrainage) des sections communales par la Diaspora haïtienne.
2.- Le/la sponsor peut être un individu ou une organisation de nationalité haïtienne ou étrangère.
3.- Le/la sponsor établit avec la (ou les) section(s) communale(s) sponsorisée(s) un lien qui n’est pas celui qui existe entre un donateur ou un bienfaiteur et un(e) obligé(e) (la personne qui reçoit un don); mais plutôt un lien (1) d’association. Le/la sponsor devient une sorte de citoyen virtuel de la section communale et sa participation devient une contribution quasi-citoyenne. Je propose pour les sponsors l’expression “citoyen(ne) partenaire” (ou simplement “partenaire”). Le/la partenaire peut être un(e) partenaire haïtien(ne) ou étranger/étrangère, selon sa nationalité. La possibilité existe aussi pour la section communale de donner de sa propre initiative au/à la “partenaire” le titre de “citoyen(ne) d’honneur”.
Une question se pose: comment démarrer cette opération?
L’idéal eut été de la démarrer avec la participation du Gouvernement en place. Mais comme le Gouvernement en place s’obstine à dire (et il le clame sur les toits) que les Haïtiens bi- ou multi-nationaux (qui constituent l’épicentre, le fer de lance, la locomotive de la Diaspora) ne sont pas des Haïtiens à part entière, le Gouvernement en place par haine et/ou par peur de cette Diaspora, aura plutôt tendance à saboter cette opération, plutôt qu’à l’encourager et à la promouvoir, comme il devrait. Si bien que dans la conjoncture actuelle d’exclusion effective de la Diaspora la seule solution est de lancer cette opération comme une initiative citoyenne d’Haïtiens qui refusent l’immobilité du statu quo, en attendant que le pays ait enfin à sa tête un Gouvernement ouvert, progressiste et dynamique. D’ailleurs cette opération du municipalisme en dynamisant économiquement les sections communales apportera petit à petit des transformations substantielles dans la société haïtienne dont le centre (traditionnellement appelé la “République de Port-au-Prince”) étouffe la périphérie ou l’arrière-pays. La Municipalisme, tel que proposé ici, fera la jonction entre les deux Exclus de facto de la nation haïtienne, à savoir l’arrière-pays (les sections communales) et la Diaspora. Et c’est de là seulement, dans l’INCLUSION, que pourra venir notre salut.
J’en profite pour proposer comme Femmes et Hommes de l’Année 2009 “les Malérèzes et les Malérés” de notre arrière-pays dont nous n’avons pas cessé de parler, pour ne pas changer, pendant toute l’année 2009 et pour lesquelles rien n’a encore été fait, si ce n’est les solutions-bidons des tas de minus de la Minustah.
Que cette année 2010 soit l’année ensoleillée de la Libération Patriotique Souverainiste Municipaliste d’Haïti !
Gérard Bissainthe
2 janvier 2010
gerarbis@orange.fr
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(1) La nature de ce lien est d’une très grande importance. Car depuis plusieurs décennies s’est établie en Haïti une assistance étrangère quasiment omniprésente qui a créé dans notre pays une mentalité d’assisté quasiment omniprésente aussi. La conséquence de l’assistance est la dépendance qui est le contraire de l’indépendance. Si nous voulons retrouver notre indépendance, il n’existe qu’une seule et unique solution: mettre fin à l’assistance économique étrangère. Où pouvons-nous trouver les fonds pour remplacer ceux de l’assistance économique étrangère? Dans la Diaspora haïtienne. Mais nous devons en même temps éviter que la Diaspora ne devienne un “bienfaiteur” extérieur qui de haut fait un don aux “pauvres Haïtiens de l’intérieur ”. D’où la proposition que celui qui veut participer au développement d’Haïti devienne partie intégrante de l’entité (la section communale) qu’il veut aider comme une sorte de citoyen virtuel de cette entité. Nous pouvons ainsi créer autour de chaque section communale un réseau non pas de “bienfaiteurs” (toujours un peu condescendants) mais d’associés, de participants. Le mot “partenaire” décrit bien ce nouveau lien entre un individu ou une organisation qui veut participer au développement d’une section communale et cette section communale. Lorsqu’il adviendra que le/la partenaire rende visite à “sa” section communale, il/elle y sera reçu(e) non comme un bienfaiteur ou un parrain ou une marraine, mais comme un membre de cette section communale, un frère ou une sœur, si l’on préfère. Il faut souligner ici que l’étranger peut aussi devenir partenaire à titre d’étranger.
dimanche 13 décembre 2009
NOEL DES MAGISTRATS
Magistrat, Juge d’Instruction
Cap-Haïtien, Haïti
13 décembre 2009
La Justice est la pierre angulaire de toute démocratie. Elle représente le levier principal pour le développement de notre pays. Les investisseurs se manifesteront si leur confiance est acquise. Les citoyens évolueront normalement s’ils sont assurés que leurs droits les plus élémentaires sont garantis et le taux de criminalité baissera si des peines exemplaires sont requises et appliquées envers et contre tous ceux qui violent la loi. Les observateurs nationaux et étrangers, les instances financières internationales, les politiciens (toutes tendances confondues) s’accordent sur la nécessité pour Haïti de disposer d’une Justice indépendante et efficace, à la mesure de ses ambitions politiques, économiques et sociales. Mais, cela ne pourra pas se faire avec des codes datant de 1835, un arsenal juridique presque vide et des Magistrats mal entretenus.
Malheureusement, les dirigeants ne sont pas de cet avis. Ils pensent que tous les Juges sont des corrompus et ne méritent pas d’être bien traités. Nous avons au sein de l’appareil judiciaire, tout comme au sein de l’Exécutif et du Parlement des voleurs en toge, des racketteurs en cravate et des pourvoyeurs pour qui les écritures ne sont pas lisibles. Mais, nous en avons également de bons et fiers Magistrats qui instruisent opiniâtrement des affaires délicates et sulfureuses sans peur de prendre à rebrousse-poil quelques grands élus, notables ou criminels notoires. Nous avons des Magistrats insensibles au charme et à l’influence du pouvoir et de l’argent, allergiques aux compromis qui favorisent les carrières. Nous avons des Magistrats qui prennent parfois des décisions très courageuses, au moment même ou d’autres confrères alimentent le flot des positions obscurantistes. Non, il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes. Depuis toujours, la Justice et les hommes qui la servent loyalement ont toujours été discrets, trop discrets peut-être. Pourtant, leur rôle demeure aussi colossal que mal connu et, pour cette raison même, mal reconnu.
Dans la vie, on doit être cohérent dans ce qu’on fait, dit et défend. Si on sait que le remède contre la corruption est indiscutablement la punition ; alors, pourquoi gaspiller de l’argent dans des colloques de stratégie et autres campagnes de sensibilisation ? La solution est là, on n’a pas à enfoncer une porte déjà ouverte. Le véritable problème c’est qu’en Haïti, tout est politique alors que dans d’autres pays, tout est juridique. Nos voisins dominicains viennent de nous donner l’exemple dans le dossier du nommé Amaral Duclona où c’est la Cour Suprême, et non le Ministère de la Justice ou la police, qui a décidé de l’extradition de ce dernier vers la France. Nous haïssons ce que font certaines personnes au nom de la République. Nous condamnons et dénonçons avec force ce qu’est devenue la justice au Cap-Haitien…toutes ces affaires jugées avec parti-pris ou classées sans suite, parce que ‘’selon que vous serez riche ou pauvre…’’
Le puissant et le misérable ne sont plus égaux devant la loi par les temps qui courent. Ceux qui ont de l’argent ou un titre nobiliaire ont toujours raison et ceux qui n’ont ni l’un ni l’autre sont toujours coupables. Seuls les indigents commettent des infractions. Allez faire un tour dans les prisons, visitez les cellules, consultez les répertoires de condamnations et vous verrez. Le plus triste dans tout cela, les décisions de nos tribunaux ne donnent pratiquement pas lieu à débat. Au niveau universitaire, le commentaire ‘’d’Arrêt‘’ semble être passé de mode ; sûrement du fait des difficultés techniques et intellectuelles qu’il soulève. Avouons toutefois que la disparition du ‘’Bulletin des Arrêts’’ de la Cour de Cassation a contribué à cette situation. Ainsi va la Justice !
Nous sommes à quelques jours de Noël, et jamais cette période traditionnellement de fête ne nous a paru commencer de manière plus cruelle ni plus triste pour la Magistrature. 20 décembre 2007 – 20 décembre 2009. Bientôt deux ans depuis la publication des lois portant sur le Statut des Magistrats, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et l’École de la Magistrature dans le journal officiel de la République. Deux ans depuis que les Juges attendent impatiemment l’arrivée du Père Noël au Palais de Justice… tandis qu’on réveillonne tous les soirs de l’autre côté du Champ de Mars. Décidément, la Présidence montre une belle constance dans son hostilité aux Magistrats et à la réforme judiciaire. Et, il faut être vraiment aveugle pour ne pas voir ce qui se trame. Triste noël, en vérité, des Magistrats !
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N.B. Le juge Fortuné a aussi un blog:
http://heidifortune.blogspot.com



