mardi 26 janvier 2010

My Pride and Hope for Haiti

By Michèle Pierre-Louis
Open Society Institute's director of reconstruction efforts in Haiti; Fmr. Haitian Prime Minister

Source: The Huffington Post.

Port-au-Prince -- It is an image of apocalypse. The National Palace and the ministries that were the heart of Haiti's government are in ruins. The beautiful court of justice collapsed. Building after building, street after street.

Two weeks after the earthquake, the residents of Port-au-Prince make their way through heaps of rubble. There are still corpses in piles of debris. Survivors who still have homes sleep in the streets scared by the aftershocks. The lucky have mattresses. If they have food, they cook outside.

On these streets I hear people praying and singing. And I see solidarity.

People are not angry. They are upset because they are totally left to their own devices. The government, which suffered losses, is also traumatized. Its offices totally destroyed, it is unable to provide leadership.

An immense international aid effort is underway, but it has yet to touch most people.

Somehow I see a sense of pride emerging in Port-au-Prince. Pride in our self-reliance. People say we must dig ourselves out. Literally. Community leaders have been playing an important role trying to help get citizens organized and keep them safe.

The reports of unrest are exaggerated. In Haiti, it is as if people want to prove that we can take care of ourselves -- at least partly. Because of course we do need help. That help consists of emergency aid and a plan for moving our ravaged country forward.

The plan for Haiti should unfold in three phases: rescue, recovery and reconstruction. We are now at the end of the first. With international support, we still need to get help to the neediest: food, water and medical care.

The second stage needs should get underway urgently. We need to restore a system of public information to tell people what to do and what not to do. For example, what water is safe to drink and what street needs to be closed off because buildings are in danger of collapse.

Bodies need to be cleared away to ward off disease. We need to restore basic services and remove debris and unsound structures.

At the same time, we must tackle the problem of shelter. We need to get people into tents before the rains come. We have identified places outside the capital that can be used to house camps.

If people are relocated, they must have a basic way to earn some semblance of a living. We should press forward with cash-for-work programs, to pay people to pick up garbage. Instead of shipping in big rock cutters, we can use international aid to pay Haitians to break up debris with sledge hammers.

The third phase is reconstruction and development. That is our opportunity to start afresh with a view to mistakes we have made in the past.

The outpouring of generosity from all corners of the world even from those who can ill afford it is staggering. Without combined leadership from abroad and from Haiti itself however this help will amount to little.

Before the earthquake, our capital had mushroomed to a teeming city of three million people unable to support its residents.

Haiti with the donor community should consider a long-term plan of rebuilding with an eye towards developing the country more evenly so that citizens can prosper. A critical role for donors together with local communities, is to provide employment so people will have an incentive to relocate; Basic infrastructure needs to be built throughout but to thrive, Haiti needs other ports not just in the capital. It needs to build manufacturing centers to capitalize on the country's proximity to the United States.

As I sift through the ruins of my home, I have hope. I am more convinced than ever that we should put the country back together not as it was but as it should be.

jeudi 21 janvier 2010

Ministre Edwin M. Paraison: message à diaspora haïtienne

NDCDP-Politique.-

Il est notoirement connu que Le Coin de Pierre-Politique n'est pas partisan de la mouvance politique qui occupe le pouvoir en Haïti depuis 1986 de manière presque continue et à laquelle appartiennent des hommes politiques tels que Jean-Bertrand Aristique (le mal absolu) et René Préval.

Néanmoins, il publie la lettre suivante pour informer ses lecteurs internautes de tous horizons.

Le Coin de Pierre-Politique croit qu'il faut maintenant à la tête du pays et de l'administration décentralisée des 140 Communes et des 570 Sections communales d'Haïti des hommes nouveaux, des femmes nouvelles, jeunes ou moins jeunes, n'appartenant à aucuns des partis politiques existants qui soient issus de la mouvance ci-haut mentionnée. Il faut des femmes et des hommes nouveaux dont la devise serait empruntée de l'un des partis de l'opposition actuelle: «La tête froide, le coeur chaud, les mains propres

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Haïti-séisme: Local du ministère des Ministère des haïtiens vivant à l'étranger (MHAVE)
Photo: Ministre Edwin M. Paraison, 19 janvier 2010
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Source: Haiti-nation, no. 18192, Mar 19 Janvier 2010, 21 h 18 min 27 s


Chers compatriotes de la diaspora,


Il y a 8 jours, le mardi 12 Janvier 2010, notre pays a été durement frappe par un des plus meurtriers tremblement de terre de la planète qui a fait d’ énormes dégâts particulièrement a Port au Prince, mais aussi a Leogane, Jacmel et Petit Goave. Plus de 75,000 cadavres ont été déjà officiellement inhumes, sans compter, les victimes enterrées par leurs parents ou toujours ensevelies sous les décombres. Les estimations officielles prévoient que les pertes en vies humaines pourraient largement dépasser le chiffre de 100,000 personnes.

L’appareil de l’état au lendemain de cette catastrophe était partiellement paralyse face a une situation d’urgences multiples: un pays sans communication, en grande partie, une capitale obstruée en plusieurs points par des décombres, des pilonnes électriques et des arbres; le palais national, la primature, le parlement, les ministères et services autonomes, la Direction Générale des Impôts (DGI), les résidences officielles du Président et du Premier Ministre effondrés ou in opérationnels en majorité. Des fonctionnaires, employés publics et policiers directement affectes et dans certains cas traumatises.

Parmi ces locaux, celui du Ministère des Haïtiens Vivant a l’Etranger (MHAVE) s’est écroulé avec une dizaine de membres de son personnel inclus le Ministre dans ses bureaux, sauves miraculeusement. Deux personnes ont pu être secourues sous les décombres. Malheureusement, deux autres ont péri. De même que le professeur Guercy Antoine, membre du cabinet technique, chez lui. Plusieurs autres ont perdu des parents et leurs maisons, notamment Sainthony Jeudi, responsable de communication, attriste par la mort de sa femme et son beau-père.

Parmi les victimes l’on compte aussi de nombreux étrangers résidents permanents ou fonctionnaires internationaux.

Haïtiens,Haïtiennes ou descendants d’ haïtiens, ou que vous soyez dans le monde, tous, nous sommes durement éprouvés par cette cruelle et pénible situation. Nous pleurons nos morts, nous déplorons nos pertes diverses. Cependant, une fois de plus, nous devons et nous allons rebondir. Nous en sommes capables, parce que l'une des plus remarquables caractéristiques de notre peuple, c'est la résilience.

Le gouvernement a installe des le lendemain du séisme, un centre de gestion aux bureaux de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) prés de l’aéroport. La coordination est assurée par le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales pour un plan d’urgence qui compte avec la participation de la communauté internationale. Les interventions qui s’améliorent de jour en jour sont canalisées à travers ces filières: Sante, Eau et Assainissement, Aide alimentaire, Abris, Logistique, Reconstruction.

Le MHAVE, en partenariat avec d’autres instances publiques, particulièrement la Direction Générale des Douanes et la Protection Civile, assure la coordination de l’aide multiforme provenant de la diaspora. A signaler que des opérations médicales humanitaires sont déjà en cours en Haïti avec des associations professionnelles de la République Dominicaine et des Etats Unis. D’ un autre cote, plusieurs activités ont été lancées dans les communautés haïtiennes de l’étranger allant de l’assistance psychologique aux parents des victimes a des levées de fonds.

Des leçons d’événements précédents nous obligent néanmoins, à faire un appel aux leaders et organisations communautaires, a créer au niveau local, en diaspora, la synergie nécessaire pour une action concertée permettant en Haïti de faciliter la réception de l’aide combien importante des compatriotes de la diaspora afin d’accroitre l’efficacité des diverses initiatives.

La mise sur pied de comites régionaux : Amérique du nord, Caraïbes et Amérique Latine, Europe/Afrique est à considérer, tenant compte, entre autres, des conférences annoncées sur la crise humanitaire haïtienne, afin de renforcer les capacités de mobilisation du MHAVE pour garantir la participation des compatriotes vivant a l’étranger dans les grandes décisions qui détermineront le futur du pays.
D’ autre part, après les premiers secours à la population sinistrée auxquels nous nous sommes attelles, une cellule de crise créée avec des agents du Ministère a déjà répondu à 82 cas de demandes de recherches de parents de membres de la diaspora, portées disparues.

La tâche est colossale. Sur tous les plans. Plus que jamais auparavant, le pays a besoin de vous. De vos dons, de vos investissements, mais autant, sinon plus, de vos bras, de votre matière grise, de votre esprit de créativité. En ce sens, toutes les facilites administratives sont garanties par le gouvernement pour l’encadrement des opérations humanitaires des haïtiens et leurs descendants vivant a l’étranger, et de nos amis de la société civile internationale.

En accord avec le gouvernement dominicain, l’usage de l’aéroport de Barahona situe a deux heures et demie de Port au Prince permettra de faciliter les démarches humanitaires entreprises par les haïtiens et leurs descendants de la diaspora.

En Haïti, les citoyens, toutes catégories confondues, font montre d’une solidarité exemplaire durant ces moments douloureux. Par ailleurs, nous comptons déjà sur des actions concrètes et des promesses de support international pour entreprendre, après l’assistance humanitaire d’urgence, de rebâtir notre pays, au propre et au figuré. Cependant, nous sommes convaincus que nous y arriverons plus rapidement et plus durablement avec votre participation active. L'heure a sonné.


Edwin Paraison
Ministre

Numeros de téléphones disponibles:

631 479 3118 (Skype)
Tel 34 76 39 77 (VOILA), 36 73 29 69 (DIGICEL)

mardi 19 janvier 2010

Haïti : les Américains débarquent pour sécuriser l'aide humanitaire

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Des troupes héliportées américaines débarquent sur les pelouses du Palais national, le mardi 19 janvier 2010.- Photo Juan Barreto
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Source: le parisien.fr avec AFP
19.01.2010, 20h05 Mise à jour : 20.01.2010, 03h19


Sécuriser les distributions de l'aide alimentaire et les hôpitaux en liaison avec les Casques bleus déjà présents, mais aussi favoriser le passage des convois humanitaires et des ambulances. Une semaine après le séisme, les premiers militaires américains se sont déployés mardi dans Port-au-Prince, la capitale haïtienne.

«Poussez-vous !» Fusil-mitrailleur à l'épaule, les soldats américains foncent en colonne vers l'Hôpital général et prennent le contrôle de la sécurité à l'entrée. Les hommes de la 82e Airborne sont arrivés mardi matin à bord d'hélicoptères qui se sont posés sur la pelouse du Palais national complètement détruit.

«Fournir de l'électricité, des infrastructures et une organisation, voilà pourquoi nous sommes ici», explique l'un d'eux. «Il y a du racket, pas mal de vols, on n'arrive pas à contrôler tout le monde. C'est pourquoi on a fait appel à eux», explique le chef de la sécurité du palais présidentiel. Rapidement et fermement, les militaires commencent à faire sortir ceux qui, apparemment, ne devraient pas se trouver là.

Tensions internationales

L'arrivée massive des forces américaines en Haïti a suscité des tensions internationales, le Venezuela accusant Washington de vouloir «occuper» Haïti. En France, des critiques ont également vu le jour, mais l'Elysée a tenu à mettre les choses au point mardi, saluant «le rôle essentiel que les Etats-Unis jouent sur le terrain».

3 500 Casques bleus en renfort pour éviter pillages et attaques

Alors que les derniers jours ont été marqués par une poussée de violence, notamment lors des distributions d'aide - obligeant ainsi la Croix-Rouge à en interrompre une dans le quartier de Delmas, à Port-au-Prince, en raison d'une «atmosphère tendue» - cette mobilisation américaine doit faciliter l'accès de l'aide à la population. L'arrivée prochaine de 3 500 Casques bleus - militaires et policiers - supplémentaires approuvée mardi par le Conseil de sécurité de l'ONU va dans le même sens.

«Les policiers envoyés en renfort vont escorter les convois humanitaires, des milliers de tonnes d'aide alimentaire sont acheminées vers 200 points de distribution et ces convois ont un besoin croissant d'être escortés», a expliqué le directeur des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Leroy. «Les militaires, eux, vont assurer la sécurité des couloirs humanitaires, entre Port-au-Prince et la République dominicaine, et entre la capitale et le port qui se trouve au nord de Haïti», le port de la capitale ayant été gravement endommagé, souligne-t-il.

Au moins 75 000 morts, 90 survivants tirés des décombres

Alors qu'Haïti compte ses victimes - 75 000 morts, 250 000 blessés et un million de sans-abri, selon un bilan provisoire mardi soir - l'ONU a affirmé que «l'espoir persiste» de retrouver des survivants. Mais le général Daniel Allyn, chef adjoint de l'opération américaine en Haïti, a annoncé que la phase de recherche des survivants allait «très bientôt» s'achever. Depuis une semaine, «au moins 90 survivants» ont été tirés des décombres, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Les blessés affluent toujours vers des centres de soins débordés, où les amputations se succèdent.

Eviter une catastrophe sanitaire

Sur le front des secours, l'urgence est désormais d'éviter une catastrophe sanitaire: sans accès à l'eau potable et à des sanitaires, les risques d'épidémie augmentent à chaque instant. A Port-au-Prince, huit hôpitaux, dont la moitié sont des structures de campagne, sont opérationnels et le navire-hôpital américain Comfort, avec 1 000 lits à bord, était attendu dans les prochains jours.

Malgré des débuts difficiles dans la distribution de l'aide dus à des problèmes logistiques et de coordination, «il y a des progrès, nous avançons sur l'assistance humanitaire d'urgence», a estimé la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Emilia Casella.

1,2 milliard de promesses de dons

A Saint-Domingue, une première réunion internationale sur la reconstruction a estimé qu'Haïti avait besoin de dix milliards de dollars sur cinq ans pour se rétablir. Selon des données communiquées mardi par l'ONU, des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars, provenant d'Etats, de personnes privées et d'entreprises, ont déjà été recueillies.

"Haïti souffre d'une très grave absence de leadership", Michèle Pierre-Louis

Par Vincent Hugeux, publié le 19/01/2010 à 14:45 - mis à jour le 19/01/2010 à 16:39
Source: lexpress.fr

Premier ministre entre septembre 2008 et octobre 2009, Michèle Pierre-Louis fustige les carences de l'Etat haïtien. Au-delà de la mort et de la tragédie, le tremblement de terre pourrait-il constituer un électrochoc salutaire?

En quoi les carences de l'Etat haïtien amplifient-elles l'impact du séisme?

La faiblesse de l'Etat précède ce malheur. Pour avoir été chef du gouvernement juste après une série de cyclones, j'en sais quelque chose. Quand un pays est quasiment dépourvu d'institutions, il éprouve les pires difficultés à faire face à un désastre de cette ampleur. La volonté existe; pas les structures permettant d'y répondre de façon rigoureuse et responsable. En détruisant les lieux d'exercice du pouvoir – la présidence, le Parlement, les ministères – le tremblement de terre aura aggravé le phénomène.

Il est évident que l'on paie aussi cinquante ans de non-gestion ou de mauvaise gestion. La crise de la paysannerie a provoqué la prolifération des bidonvilles. On en recense 38 autour de Port-au-Prince. L'Etat étant le premier propriétaire terrien de ce pays, les gens squattent les plaines et colonisent les montagnes.

Quel est, au sommet de l'Etat, le manquement n°1?

L'absence de décision. Quand René Préval tourne en rond, se demande en réunion que faire, il faut que quelqu'un lui rappelle que le président, c'est lui. L'absence de leadership est très grave. Dans l'immédiat, nous pleurons nos morts, le plus dignement possible, mais il faut se ressaisir. Deux phases suivent ce genre de drame. On doit d'abord répondre aux besoins des survivants. Puis s'attaquer à la reconstruction. Laquelle exigera des moyens pharaoniques.

Une mise sous tutelle d'Haïti est-elle nécessaire? Si oui, sous quelle forme?

A l'image de mes compatriotes, je n'aime pas le mot tutelle. Mais soyons pragmatiques. Il faut qu'une entité assure une prise en charge. On ne pourra pas s'en sortir tout seuls. Le pays était déjà extrêmement dépendant. Quand nos trois piliers financiers, la Direction générale des impôts, le ministère des Finances et les Douanes sont par terre, cela signifie que 65 000 fonctionnaires ne recevront pas leur traitement et que deux sources majeures de recettes budgétaires disparaissent: le fisc et les taxes douanières sur l'essence importée, soit 18% de nos ressources.

Confier les rênes à l'ONU? Non. Sa mission ici, la Minustah, a été décapitée et n'est plus fonctionnelle. De plus, il y a 9000 soldats de la paix ici, dans un pays qui n'est pas en guerre; et on ne voit pas bien ce qu'ils ont apporté. On pourrait imaginer plutôt un consortium américano-canadien. Et si la France ou l'Union européenne veulent s'y mettre, très bien.

Au regard des blessures léguées par l'Histoire, comment les Haïtiens toléreront-ils le rôle moteur dévolu aux Etats-Unis?

Lorsque, en 1994, [le président en exil] Jean-Bertrand Aristide revient à Port-au-Prince dans le sillage de 25 000 marines, c'est très dur pour nous, Haïtiens. Les Américains qui viennent ici ne comprennent pas nécessairement le pays. Mais, dans le malheur qui nous frappe, il faut avant tout sauver des vies, puis reconstruire autrement. Vous trouverez toujours des groupes de la gauche haïtienne enclins à adopter une posture nationaliste.

Certaines blessures n'ont jamais vraiment cicatrisé. Notamment l'ostracisme des Etats-Unis envers nous au xixe siècle. On n'oublie pas que Washington n'a reconnu Haïti que soixante ans après son indépendance. Il y a eu ensuite l'occupation américaine du début du siècle dernier, puis le retour d'Aristide avec ces gens-là, lesquels ont ensuite évincé le même Aristide. Comme si nous n'étions pas capables de prendre notre destin en main. Mais peut-être, au fond, ne le sommes-nous pas...

La pire des choses serait pour les étrangers de débarquer avec leurs gros sabots et la certitude d'avoir tout compris parce qu'ils détiennent les moyens. S'il y a des Haïtiens qualifiés, compétents, il faut les consulter pour décider quoi faire, où et comment.

Craignez-vous, dans les secteurs de Cité-Soleil, Bel-Air ou Martissant, le retour en force des gangs démantelés en 2007?

Ça a déjà un peu commencé. Non que les bandes reviennent en tant que telles. Mais certains individus ont repris du service. Face à ce péril, la population se montrera très vigilante. Elle est prête à se défendre.

La classe politique haïtienne saura-t-elle cette fois se montrer à la hauteur des enjeux?

Pour elle aussi, il y a un avant-12 janvier et un après-12 janvier. On n'est plus dans les petites intrigues de pouvoir. Si l'on ne prend pas conscience qu'il est urgent de dépasser les mesquineries politiciennes, les ridicules histoires de clans et les querelles intestines stériles, c'est désespérant. A ce stade, il ne faut pas compter sur les partis, mais sur les individus. Voilà pourquoi j'essaie de réunir quelques-uns de mes anciens ministres. Voilà pourquoi nous faisons livrer ici des réserves d'eau, pour la filtrer et la distribuer dans les quartiers défavorisés.

Aujourd'hui exilé en Afrique du Sud, Jean-Bertrand Aristide peut-il tirer profit du désarroi créé par le séisme?

A la fin de l'année dernière, il a fait deux déclarations. Sous forme de parabole, Aristide invitait les gens à prendre la rue, pour riposter à la mise à l'écart de son parti, Lavalas, dans la perspective des élections prochaines. Eh bien, ça n'a pas marché. Même les membres de sa mouvance admettent que l'audience du leader s'est beaucoup affaiblie. Peut-il resurgir dans une telle situation? Dès lors qu'il joue sur le registre émotionnel et culturel, nul ne le sait. Mais je n'y crois pas.

Sénatoriales, législatives, locales, présidentielle: 2010 devait être une année électorale. Quand les Haïtiens pourront-ils voter?

Il serait absurde de prétendre tenir les scrutins aux échéances prévues. D'ailleurs, les gens nous le disent: pas question d'élections. Mais ils disent aussi que le pouvoir doit changer...

La tragédie du 12 janvier peut-elle administrer au pays un électrochoc salutaire?

Absolument. Je ne peux imaginer que c'est foutu. Au-delà de la mort et de la tragédie, il faut saisir cette opportunité.

lundi 18 janvier 2010

Haiti-séisme/ Accord de coopération Haïti - États-Unis

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Palais national, après le séisme du 12 janvier 2010
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Source: AlterPresse, 18 janvier 2010

Communiqué commun des gouvernements d’Haïti et des États-Unis d’Amérique

Soumis à AlterPresse le 17 janvier 2010

Le Président de la République d’Haïti, M. René Garcia Préval, et la Secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique, Mme Hillary Rodham Clinton, se sont entretenus aujourd’hui à Port-au-Prince, à la suite du séisme catastrophique du 12 janvier 2010 et de ses conséquences tragiques, et ont rendu public le communiqué commun suivant :

Reconnaissant :

la longue histoire d’amitié qui lie le peuple d’Haïti et le peuple des États-Unis et le respect mutuel qu’ils professent pour leur souveraineté respective ;

les graves souffrances du peuple d’Haïti, notamment la perte immense de vies, la quantité massive de blessés et les dommages étendus causés à l’infrastructure publique et à la propriété privée ;

la nécessité urgente d’une réponse immédiate aux demandes du Gouvernement d’Haïti et l’importance primordiale de l’exécution sûre, rapide et efficace des opérations de sauvetage, de secours, de rétablissement, de reconstruction ainsi que d’autres efforts ;

les défis actuels sans précédent auxquels doit faire face le Gouvernement d’Haïti ; et

l’entretien du 15 janvier entre le Président Obama et le Président Préval soulignant l’urgence des besoins de l’État et du peuple haïtiens, l’engagement du Président Obama relatif au soutien total du peuple des États-Unis en faveur du Gouvernement et du peuple d’Haïti en ce qui concerne aussi bien l’effort immédiat de rétablissement que l’effort à long terme de reconstruction, et l’engagement des deux Présidents à maximiser la coordination entre les diverses parties, notamment le Gouvernement d’Haïti, les Nations Unies, les États-Unis et les nombreux partenaires et organisations internationaux sur le terrain ;

Le Président Préval, au nom du Gouvernement et du peuple d’Haïti, salue comme essentiels les efforts que déploient en Haïti le Gouvernement et le peuple des États-Unis en faveur du rétablissement immédiat, de la stabilité et de la reconstruction à long terme d’Haïti, et prie les États-Unis d’apporter leur assistance en tant que de besoin en vue d’accroître la sécurité, à l’appui du Gouvernement et du peuple d’Haïti ainsi que des Nations unies et des partenaires et des organisations internationaux sur le terrain ;

La Secrétaire d’État Clinton, au nom du Gouvernement et du peuple des États-Unis, réaffirme l’intention des États-Unis, par leur assistance, de se tenir aux côtés du peuple haïtien en ce moment de grande tragédie ; et

Le Président Préval et la Secrétaire d’État Clinton réaffirment ensemble que les Gouvernements d’Haïti et des États-Unis continueront de coopérer en vertu du présent accord commun afin d’assurer les opérations les plus sûres et efficaces possibles de sauvetage, de secours, de rétablissement et de reconstruction.
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L'article original est publié ici.

dimanche 17 janvier 2010

Un Sauvetage Humaniste ?

Source: Haiti-nation, 17806, Sam 16 Janvier 2010, 18 h 17 min 39 s
Par Ray Killick, 16 janvier 2010
RayHammertonKillick-conscience@yahoo.com


Notre pays s'est effondré. Ce qui restait d'un État qui fonctionnait mal s'est écroulé le 12 janvier 2010 aux environs de 5:00 PM. Les faiblesses de cet État se sont révélées à nous dans toute leur plénitude. L'État n'existe que légalement aujourd'hui. Il ne possède aucun contrôle de la situation, aucun pouvoir coercitif. Quant à la société, elle est vouée à elle-même par suite d'un coup d'État de la Nature qui impose, de plus, à toutes ses classes, le statut de sinistrés. Et si le monde entier s'est levé d'un seul homme pour épouser la cause d'Haïti, c'est pourtant l'homme le plus puissant du monde qui donne le ton : il faut reconstruire Haïti. Le nation-building est dans le collimateur d'Obama, mais il faut d'abord commencer par le commencement, i.e., sauver les vies et arrêter l'effondrement total.

EQUATION COMPLEXE

Les commerçants ne vont pas pouvoir se remettre de cette furie de la nature. L'industrie est également frappée. La classe moyenne qui est toujours dans une situation précaire a perdu pignons sur rue. Les emplois ont disparu puisque les patrons ne vont pas pouvoir remonter le courant aisément. Les masses qui ne possédaient rien ont plus faim que jamais. Étudiants et écoliers vont investir les rues, les cours, les parcs, etc. pendant de longs mois, au moins, car les établissements scolaires se sont effondrés. La domesticité a reçu un gros coup puisque les maisons de PAP sont inhabitables ou presque. On a là une situation potentiellement explosive.

Ceux qui dirigent le monde ont posé rapidement l'équation avec ses variables et ses paramètres. Ils ont pris les mesures d'urgence pour éviter le pire : le chaos total, les maladies infectieuses, la famine, les répercussions sur les voisins d'Haïti, etc. L'humanité sensible à la misère des peuples s'est mobilisée pour secourir le peuple haïtien. Le fundraising au nom d'Haïti accuse un record mondial en ce sens qu'il a dépassé ceux des catastrophes précédentes.

RENOUVEAU POSSIBLE

Avec l'humanité à nos côtés, nous avons une chance de renaître aussi longtemps que la communauté internationale ne confiera pas la gestion de la reconstruction d'Haïti à l'Onu. De fait, le président Obama qui a été extrêmement généreux à l'égard du peuple haïtien ($100 millions) et des haïtiens vivant illégalement ou en visite aux États-Unis, vient de nommer les présidents Bill Clinton et George W. Bush pour travailler le secteur privé américain en faveur d'Haïti et également pour superviser ce qui va se dérouler au pays.

Dix milles marines sont attendus ce lundi 18 janvier 2010 à Port-au-Prince. Le porte-avions USS Vincent déjà présent dans la rade de PAP est capable de produire de l'eau potable à partir de l'eau de mer. Le navire-hôpital USNS Comfort a laissé Baltimore ce matin en direction d'Haïti. Le monde entier vient à la rescousse du pays de manière tangible, en espèces et en nature. Les Haïtiens de la Diaspora se sont transformés en ambassadeurs de leur pays là où ils travaillent et vivent; ils sont parmi les travailleurs de l'humanité qui vont reconstruire Haïti.

Mais avant de reconstruire, on fait l'effort initial de sauver les vies, d'enrayer les infections, d'enterrer les morts, etc.. Ensuite, il faudra une vision, un plan stratégique de reconstruction, un plan opérationnel et surtout des cadres pour ce faire. Et pour la reconstruction, il est impératif que les mêmes politiciens qui étaient à la barre, lesquels la Nature en a démontré l'incapacité et l'incompétence, ne soient pas les interlocuteurs de l'Internationale et les gestionnaires des capitaux internationaux et de la Diaspora haïtienne. Évidemment, on ne saurait les blâmer pour un tremblement de terre de 7.0 à l'échelle de Richter, mais quand un minimum de présence de l'État ne se fait pas sentir, il y a un problème de vision et d'ordre stratégique qui traduit la démission au timon des affaires.

Et c'est d'ailleurs pour cela que la secrétaire d'État américaine précise, diplomatiquement, durant sa conférence de presse du 16 janvier 2010 avec Préval, que les États-Unis sont en Haïti à l'invitation du gouvernement Préval pour coordonner conjointement la reconstruction d'Haïti. Ceci apparait comme une mise en garde au gouvernement que ce ne sera plus business as usual. En d'autres termes, "ne vous attendez pas à ce qu'on vous verse des fonds pour des projets. Nous allons travailler avec vous pour reconstruire Haïti." Clinton précise que les États-Unis d'Obama seront présents "demain, après-demain et à l'avenir".

BEST BANG FOR THE BUCK

D'autre part, il faut que la Diaspora évite d'écouter la chanson des sirènes qui nous invitent à confier nos contributions monétaires à ceux qui n'ont jamais rien prouvé et qui, pourtant, prônent qu'ils sont en mesure de réussir là où les politiciens traditionnels qui ne pensent jamais pays échouent systématiquement. Aujourd'hui, c'est la société en son entier qui paie les conséquences des inconséquences de nos politiciens.

Si on subit une hémorragie cérébrale, on ne va pas penser à s'acheter des habits neufs sur le moment. De la même manière, seuls ceux qui ne sont pas pragmatiques ou qui veulent profiter de la naïveté des autres les décourageront d'investir dans ce qui est le plus essentiel pour le moment : la rescousse du peuple haïtien. N'investissez pas dans des rêves sans conviction. Contribuez à sauver le peuple haïtien, le pays tout entier à travers vos offrandes aux organisations sérieuses déjà sur le terrain. Évitez les organisations du genre de celles qui viennent de voir le jour.

Ceux qui désirent vos contributions doivent s'atteler à les mériter. Fini les messies ! Fini les promesses ! Il est temps pour nous Haïtiens de penser de par nous-mêmes et de choisir la voie qui conduit vers l'établissement d'une société responsable et productive.

LA DERNIÈRE CHANCE

Une nouvelle chance a été offerte à Haïti. C'est l'occasion pour les Haïtiens qui aiment vraiment leur pays de prendre l'initiative et de fortifier la voie vers le renouveau en sachant intelligemment tirer le maximum de l'aide étrangère qui s'annonce.

Haïti offre également une nouvelle chance à la communauté internationale de sispan'n fè jwèt avek politiciens korompi. Ou tandé Clinton ? Ou tandé George Bush ? Il semblerait que oui, puisque Hillary Clinton vient de préciser pour Préval qu'il s'agit de coordination conjointe (USA-Préval) de la reconstruction d'Haïti.

Comme je n'ai cessé de le répéter depuis des années, on ne peut pas reconstruire un pays avec la même mentalité qui l'avait détruit, la mentalité rapace qui fait qu'en moments de crise, le gouvernement est absent; la mentalité tribale qui réduit Haïti à la république de Port-au-Prince. La mentalité qui fait qu'on ridiculise la discipline d'exécution pourtant incontournable dans toute reconstruction. La mentalité qui fait qu'on préfère faire cavalier seul quand la collaboration est la voie indiquée pour développer la vision, l'approche et la stratégie qui produiront des résultats durables et positifs. La mentalité internationale qui consiste à verser des fonds à des gouvernements corrompus.

Hillary Clinton recentre le ballon à Port-au-Prince, car l'Onu fut singulièrement absente de sa conférence de presse avec Préval. Obama est désormais en charge de la stabilisation et de la reconstruction d'Haïti.

L'aube du renouveau semble s'annoncer. On ne peut qu'espérer, en travaillant laborieusement, que cette fois-ci Haïti et la communauté internationale ont grandi, partenaires d'un sauvetage désormais humaniste.

samedi 16 janvier 2010

Haïti-séisme/ La leçon d’Haiti

Par Fidel Castro
14 janvier 2010

Voilà deux jours, à partir de six heures de l’après-midi à Cuba, mais déjà de nuit en Haïti du fait de sa position géographique, les chaînes de télévision ont commencé à informer qu’un violent séisme de catégorie 7,3 à l’échelle Richter, avait frappé sévèrement Port-au-Prince, l’épicentre ayant été repéré dans une faille tectonique située en mer à seulement quinze kilomètres de la capitale haïtienne où 80 p. 100 de la population vit dans des maisons de pisé et de torchis.

Les nouvelles ont continué d’arriver presque sans interruption pendant des heures. Les images manquaient, mais on disait que de nombreux bâtiments publics, des hôpitaux, des écoles et des installations plus solides s’étaient effondrés. J’ai lu qu’un séisme force 7,3 équivalait à l’énergie libérée par une explosion de quatre cent mille tonnes de TNT.

Les descriptions étaient tragiques. Les blessés en pleine rue réclamaient en criant des secours médicaux, au milieu des ruines sous lesquelles des familles étaient ensevelies. Personne n’a pu toutefois, durant bien des heures, transmettre la moindre image.

La nouvelle a surpris tout le monde. Nous étions nombreux à écouter de fréquentes informations sur des cyclones et de grandes inondations en Haïti, mais nous ignorions que notre voisin courait des risques de fort tremblement de terre. C’est alors qu’on a appris que le dernier grand séisme survenu dans cette ville remontait à deux cents ans en arrière, quand elle ne comptait sans doute que quelques milliers d’habitants.

À minuit, le chiffre de victime était encore approximatif. De hauts fonctionnaires des Nations Unies et plusieurs chefs de gouvernement parlaient de ces événements bouleversants et annonçaient l’envoi de secouristes. Comme des troupes des Nations Unies de divers pays étaient déployées en Haïti dans le cadre de la MINUSTAH, des ministres de la défense évoquaient des pertes éventuelles parmi leurs personnels.

C’est réellement hier matin, mercredi, que des nouvelles attristantes ont commencé à arriver au sujet d’énormes pertes humaines dans la population, et des organisations comme les Nations Unies signalaient que certains de leurs bâtiments s’étaient effondrés, une expression qui ne dit rien en soi ou qui peut au contraire signifier beaucoup.

Des nouvelles toujours plus bouleversantes au sujet de la situation dans ce pays frère ont continué d’arriver pendant des heures. Les chiffres de victimes mortelles variaient selon les sources de trente à cent mille. Les images sont désolantes. Cette catastrophe a reçu une large divulgation mondiale, et de nombreux gouvernements sincèrement émus s’efforcent de coopérer dans la mesure de leurs moyens.

Toute tragédie bouleverse de bonne foi un grand nombre de personnes, surtout quand il s’agit de désastre naturel. Mais rares sont sans doute celles qui se demandent : pourquoi Haïti est-elle un pays si pauvre ? Pourquoi sa population dépend-elle à presque 50 p.100 des envois de fonds familiaux en provenance de l’étranger ? Pourquoi n’analysent-elles pas aussi les réalités qui ont conduit à la situation actuelle en Haïti et à ses énormes souffrances ?

Le plus curieux de cette histoire, c’est que personne ne rappelle à aucun moment qu’Haïti a été le premier pays où quatre cent milles Africains victimes de la traite et de l’esclavage des Européens se soulevèrent contre trente mille Blancs, maîtres de plantations de canne à sucre et de café, déclenchant la plus première grande révolution sociale sur notre continent. Ils écrivirent des pages d’une gloire insurpassable. Ils mirent en déroute le général de Napoléon le plus éminent.

Haïti est le pur produit du colonialisme et de l’impérialisme, de plus d’un siècle d’utilisation de ses ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions militaires et de la ponction de ses richesses.

Cet oubli historique ne serait pas aussi grave que le fait réel qu’Haïti constitue une honte de notre époque, dans un monde où l’immense majorité des habitants de la planète continue d’être exploitée et mise à sac.

Des milliards de personnes en Amérique latine, en Afrique et en Asie souffrent de carences semblables, quoique toutes ne les subissent peut-être dans des proportions aussi élevées qu’en Haïti.

De situations comme celles de ce pays ne devraient exister nulle part sur la Terre, et pourtant des dizaines de milliers de villes et de villages y connaissent des conditions semblables, voire pires, à cause de l’ordre économique et politique international injuste qu’on a imposé au monde. La population mondiale n’est pas seulement menacée par des désastres naturels comme celui d’Haïti, qui est un pâle reflet de ce que les changements climatiques peuvent provoquer, bien que ces risques aient été vraiment tournés en dérision à Copenhague.

Il est juste de dire à tous les pays et à toutes les institutions qui ont perdu des citoyens ou du personnel dans le désastre naturel d’Haïti : nous ne doutons pas que vous ferez les plus grands efforts pour sauver des vies et soulager la douleur de ce malheureux peuple ; nous ne pouvons vous rendre coupables du phénomène naturel qui vient d’y avoir lieu, bien que nous soyons en désaccord avec la politique qu’on a suivie vis-à-vis d’Haïti.

Je ne peux m’empêcher de le dire : il est temps de chercher des solutions réelles et véritables pour ce peuple frère !

Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu’à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés.

De nombreux autres jeunes Haïtiens font actuellement des études de médecine à Cuba.

Nous coopérons aussi avec le peuple haïtien dans d’autres domaines à notre portée. Aucune autre forme de coopération ne sera toutefois plus digne de porter ce nom que celle de la bataille dans le monde des idées et dans l’action politique pour qu’on mette fin à la tragédie sans borne que souffrent de nombreuses nations comme Haïti.

La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. » Tel était le message laconique qu’elle a pu envoyer quelques heures après son arrivée, hier, à Port-au-Prince à la tête de renforts médicaux.

Elle a fait savoir tard dans la nuit que les médecins cubains et les Haïtiens diplômés de l’École latino-américaine de médecine (ELAM) de La Havane étaient en train de se déployer dans le pays. Ils avaient déjà soigné à Port-au-Prince plus de mille blessés, après avoir refait fonctionner d’urgence un hôpital qui ne s’était pas effondré et en recourant, en cas de besoin, à des tentes. Ils se préparaient à installer sans retard d’autres centres de soins d’urgence.

Nous somme fiers à juste titre de la coopération que les médecins cubains et les jeunes médecins haïtiens formés à Cuba prêtent à leurs frères d’Haïti en ces moments tragiques !

Fidel Castro Ruz
Le 14 janvier 2010

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Provenance de l'article ci-dessus: Legrandsoir.info