mardi 7 décembre 2010

Haïti/Élections présidentielles 2010/ résultats du premier tour

LCDP-Politique, mardi 7 décembre 2010, 21h25

Le CEP a enfin publié ce soir (entre 20h40 et 21h10) les résultats du premier tour des élections présidentielles et législatives en Haïti.

Pour les présidentielles, les trois candidats suivant arrivent en tête:

1.- Mirlande Manigat (RDNP) : 336 878 voix, soit 31,37%

2.- Jude Célestin (INITÉ) : 241 462 voix, soit 22,48%

3.- Michel Martelly (Répons Peyzan) : 234 617 voix, soit 21,84%

Il y aura donc un second tour aux élections présidentielles, le 16 janvier 2011, entre Mirlande Manigat et Jude Célestin.

Pour la première fois en Haïti, un président sera élu au deuxième tour.

Bien que le candidat Michel Martelly soit plus populaire sur le terrain que le candidat du pouvoir Jude Célestin, il n'a pas pu se placer en deuxième position et se qualifier pour le second tour. Est-ce que ce sont les bourrages d'urnes en faveur du candidat du pouvoir le 28 novembre dernier qui lui ont permis au candidat du pouvoir de se placer en deuxième position ?

LCDP-Politique souhaite bonne chance à Madame Mirlande Manigat au second tour.

Nous reviendrons plus tard pour plus de détails sur les résultats du premier tour (élections législatives et présidentielles).
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Résultats du premier tour des présidentielles, vidéo: livestream.com.

lundi 6 décembre 2010

Haïti: un second tour en vue selon les premières estimations

Source: google.com
Par Clarens RENOIS (AFP), 6 décembre 2010

PORT-AU-PRINCE — Le candidat du pouvoir pour l'élection présidentielle en Haïti Jude Célestin serait évincé du second tour au profit de la juriste Mirlande Manigat et du chanteur Michel Martelly, selon des estimations données lundi, alors que le bilan du choléra dépasse 2.000 morts.

D'après les données recueillis dans 1.600 bureaux de vote (sur plus de 11.000) par le Conseil national d'observation électorale (CNO), Mirlande Manigat aurait recueilli 30 % des suffrages, Michel Martelly, 25%, et le candidat du pouvoir Jude Célestin, 20%, lors du premier tour de la présidentielle le 28 novembre.

Si les estimations de ce groupe d'observateurs haïtiens financé par l'Union Européenne sont confirmées, Mme Manigat et M. Martelly se retrouveront lors du second tour qui doit avoir lieu le 16 janvier. Les premiers résultats officiels doivent être diffusés par le Conseil électoral provisoire (CEP) lundi ou mardi.

La semaine dernière Mme Manigat et M. Martelly s'étaient déclarés confiants quant à leurs chances de se qualifier pour le second tour après avoir pris connaissance des premiers procès-verbaux rédigés dans les bureaux de vote.

Dans le même temps, le parti au pouvoir avait reconnu qu'il pourrait avoir perdu les élections. Cela n'a pas empêché des milliers de personnes de défiler au cours des derniers jours dans la capitale Port-au-Prince pour réclamer l'annulation des scrutins, les jugeant entachés de fraudes et d'irrégularités en faveur de Jude Célestin.

"Arrêtez (le président sortant) René Préval, destituez le Conseil électoral provisoire", ont encore scandé dimanche des manifestants défilant dans les rues de la capitale à l'appel d'une dizaine de candidats à la présidentielle.

Une note diplomatique américaine confidentielle de juin 2009 et publiée par le site WikiLeaks la semaine dernière a révélé que le président Préval avait cherché à "orchestrer" sa succession de peur d'être contraint à un exil forcé.

Le pays a connu coups d'Etat, régime dictatoriaux et élections truquées au cours de son histoire récente et plusieurs dirigeants ont été contraints à l'exil, dont le premier président élu démocratiquement, Jean-Bertrand Aristide.

Le CEP a reconnu des irrégularités et des fraudes imputées aux partis politiques et à la défaillance de la machine électorale, mais a validé les scrutins marqués aussi par des violences qui ont fait au moins deux morts.

Ces élections sont cruciales pour le pays, le plus pauvre des Amériques, dévasté en janvier par un séisme qui a fait 250.000 morts et 1,3 million de sans-abri et aux prises avec une épidémie de choléra qui a fait jusqu'ici 2.071 morts, selon un bilan diffusé lundi par le ministère de la Santé haïtien.

Plus de 90.000 cas de cette maladie très contagieuse ont été enregistrés depuis la mi-octobre, sa progression ne semblant pas ralentir.

Selon l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il pourrait y avoir jusqu'à 400.000 cas de choléra au cours des douze prochains mois, dont la moitié au cours des seuls trois prochains mois.

Les résultats définitifs du premier tour seront communiqués le 20 décembre, indique le CEP sur son site internet.
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Lire aussi: haitielections2010.com.

Hïti/Élections 2010/ Rapport d'observation de la journée du 28 novembre 2010

Source: haitielections2010.com , 30 novembre 2010

OBSERVATION ELECTORALE
RAPPORT PRELIMINAIRE
30 NOVEMBRE 2010



Ce rapport préliminaire de l’observation électorale des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2010 est réalisé par le CNO et ses partenaires ISC, CONHANE, CERESS, MOFKA, avec l’assistance technique et financière d’Union Européenne, de la Coopération Canadienne, et du NDI. Ce processus d’observation nationale non partisane a été réalisé initialement avec la participation d’environ 5, 525 observateurs.

Dans une note de presse succincte, émise à la fin de la journée électorale du 28 Novembre, les organisations suivantes, CNO, ISC, CONHANE, CERESS, MOFKA et RNDDH, engagées dans l’observation électorale, ont exprimé, leur profonde insatisfaction par rapport au déroulement de la journée électorale, qu’elles considèrent comme un véritable désastre. Le présent rapport préliminaire vient fournir des faits qui sont à la base de cette appréciation et aborder d’autres aspects du processus. Il présente dans une première partie, les différents constats effectués, et dans une seconde, une analyse des irrégulatités, susceptibles d’expliquer les graves perturbations survenues au cours de la journée du scrutin.

A) CONSTATS

Département de l’OUEST

Commune de Port-au-Prince.
Dans plusieurs bureaux de la Commune, les électeurs n’ont pas pu trouver leur nom sur la liste électorale. Les Centres suivants sont parmi les cas les plus critiques :
-Ecole Nationale Hermann Héraut
- Ecole Nationale République du Chili
- Ecole municipale de Carl Brouard (zone Marché Salomon)
- Lycée du Cent Cinquantenaire (Lycée des Jeunes Filles)
a) Au lycée Fritz Pierre Louis dans la 3ème circonscription de Port-au-Prince, jusqu’à 2 heures et demie, plus de 4 bureaux n’ont pas reçu de bulletins de vote. Toujours au lycée Fritz Pierre Louis, de faux bulletins ont été retrouvés. Les bureaux numérotés de 14 à 21 ont reçu leurs matériels mais fonctionnaient au ralenti.

A l’école nationale Fortunat Gerry à coté du Théâtre National, des individus armés ont envahi ce centre, s’en prenaient aux membres des bureaux, déchiraient des bulletins et renversaient les urnes. Des bulletins déchirés jonchaient la cour de l’école et les matériels restants ont été emportés par les Agents de la MINUSTAH.
Au Stade Sylvio Cator, aux environs de 11 hres du matin, 3 partisans du parti INITE ont investi le centre de vote et s’apprêtaient à semer la terreur. Ils ont été appréhendés par la Police Nationale d’Haïti.

Au Centre de vote Horace Théard, il y a eu des heurts entre les partisans de Jude Célestin et de Michel Martelly. Des jets de pierre ont été lancés.
Au Centre de vote de l’école d’Argentine Bellegarde, les partisans de Jude Célestin ont investi le centre de vote sans leur carte électorale. Lors du dépouillement, ils ont lancé des pierres en direction de ce centre.

Au Centre de Vote Fabre Geffrard les membres du BV empêchaient les observateurs du CNO d’y pénétrer. Quand ils ont réussi à entrer dans le bureau de vote, ils constataient que les urnes étaient déjà remplies. Aussi, ils ont rapporté avoir entendu des gens à l’intérieur se disputaient violemment.
Au Centre de vote Lycée Pétion des partisans de Jude célestin entraient dans le centre de vote pour voter sans leur carte électorale. Et après avoir voté, ils lançaient des pierres, brandissaient des photos de leur candidat Jude Célestin et leur député M. Timothée.

Au Centre de l’Ecole Nationale Venezuela, les électeurs ne voulaient pas pénétrer dans le centre de vote sous peur que des bandits ne viennent les agresser.
Au Centre Collège Honora Beaubrun, les électeurs étaient présents en masse mais il n’y avait pas de bulletin pour voter.

Dans la Commune de Carrefour beaucoup de bureaux ont été saccagés. Il y a eu beaucoup de provocation par des supporteurs de Jude CELESTIN.

CENTRE DE DELMAS :

Collège Ampère de Delmas 33 : Dans la matinée, un groupe d’individus venait semer la panique et forcer les observateurs ainsi que les superviseurs du CNO à quitter le centre. Le même groupe de bandits était revenu plus tard terroriser les électeurs. Les responsables ont dû fermer le centre.
Au Centre Collège Martinez Valgard, il y a eu beaucoup de tirs aux environs de 1 hre p.m. par des partisans de Jude Célestin.

Au Lycée de Petite Place Cazeau, on lançait des Jets de pierres dans les bureaux de vote où les Responsables ont dû fermer le centre de vote. Ils ont fait appel à la MINUSTAH et la Police pour rétablir l’ordre.

HAUT DELMAS :

Au centre Collège Union des éducateurs Haïtiens : Arrestation d’un mandataire du RDNP parce que sa carte d’indentification n’était pas scelée par le CEP.

BAS DELMAS :

Au Centre BUILDING 2004, il n’y avait pas de matériels à l’ouverture des bureaux jusqu’ à midi. Au moment où les électeurs commençaient à voter, soudainement des jets de pierres les obligeaient à évacuer le Centre ainsi que les observateurs du CNO. Les partisans de Michel Martelly étaient responsables du désordre.

COMMUNE DE KENSKOFF :
Dans la commune de kenscoff , il y avait plusieurs centres de vote où les électeurs ne pouvaient pas voter parce que leurs noms ne se trouvaient pas sur la liste électorale pourtant ils avaient l’habitude de voter dans ces centres, par exemple :

Ecole baptiste Conservatrice de Fermathe (ville)
Ecole Baptiste Conservatrice de Kenscoff
Ecole nationale de Furcy

COMMUNE DE TABARRE :

Comme dans les autres Centres et Bureau de Vote du département, le nom de plusieurs électeurs n’étaient pas sur la liste électorale. Jusqu’à 11 hres du matin des citoyens n’arrivaient pas à remplir leur devoir civique.

Au Centre Guillaume Manigat à 8 :00 heure a.m beaucoup d’électeurs en ligne ne pouvaient pas voter parce qu’ils ne trouvaient pas leur nom sur la liste électorale.

A Ravine Roche : Les partisans de Henry Céant ont trouvé un homme avec un sac rempli de bulletin du candidat de Jude Célestin.

Au Centre Lycée Caradée, la Police Nationale a appréhendé un individu conduisant un pick up blanc transportant à bord cinq autres individus qui intimidaient les électeurs et les empêchaient de voter.

COMMUNE DE PETION-VILLE :

Au Centre LYCÉE NATIONALE DE PÉTION VILLE, des partisans de Michel Martelly ne trouvaient pas leur nom sur la liste électorale et déclenchaient spontanément une manifestation pacifique.

COMMUNE DE CITÉ SOLEIL :

Au Centre École Nationale de Damien : Grande tension entre les électeurs de ce centre. La police est intervenue pour évacuer les manifestants.

Au Centre École communautaire de Damien : Les partisans de Jude Celestin voulaient voter sans leur carte électorale.

Au Centre Collège Don Bosco de Drouillard : Affrontement entre les partisans de Jude Célestin et ceux de Wilson Jeudy. On a dû fermer le centre. La police a autorisé le comptage des bulletins

Au Collège Océan du Savoir : Les électeurs ne trouvaient pas leur nom inscrit dans le registre.

Au Centre Ste Anne à Cité Soleil : C’est le remplissage total des urnes par les partisans de Jude Célestin. Les observateurs étaient contraints de vider les lieux pour ne pas être témoins.

Département du SUD

Commune D’Aquin
Incidents graves au bureau du CASEC de la 1ère section communale. Il y avait un affrontement entre des partisans de INITE et de ALTENATIV, deux personnes ont été tuées par balles (Lentz et Pois Tipis). On n’a pas pu identifier les personnes qui ont commis ces actes. L’événement s’est passé aux environs de 12hres, ce qui a provoqué un blocage définitif du vote.

Saint Jean du Sud
Tentative des partisans de INITE pour bloquer le scrutin. Un électeur a tenté de voter deux fois au centre de Mareau.

Commune des Cayes
Au Centre Dumarsais Estimé des coups de feu ont été entendus, il y a eu des tentatives des partisans de INITE de remplir les urnes. La Police était intervenue pour rétablir l’ordre. L’incident a toutefois ralenti le processus. Un procès verbal de l’incident a été dressé.

Commune de Port-Salut
Au Centre Anse Andrick, il y avait affrontement entre les partisans de INITE et de ANSANM NOU FÒ. Cela avait bloqué le scrutin pendant plusieurs heures.

Commune de Chardonnières
Il y eut des cas d’irrégularités, des électeurs n’arrivaient pas à voter. Ce qui a provoqué des tensions dans la localité de la Rochelle. La Police et la Minustah ont dû intervenir et la situation s’est calmée. Les responsables du bureau ont dressé un procès verbal.

Commune de Cavaillon
Quelques irrégularités dans la 1ere section communale des Humanistes de Boilo. Il y a eu des tentatives des membres du parti INITE pour influencer les électeurs par la violence. Aussi, un chauffeur de ce parti a tenté de troubler le scrutin mais la police et les responsables du centre sont intervenus et ont rétabli la situation.

DEPARTEMENT DU SUD’EST

A JACMEL, au Centre Celi Lamour Peredo, confusion dans les bulletins du Centre de Etzer Valmont et celui du Lycée Pinchinat. Ce même constat a été fait dans la Commune de la Vallée, entre le Centre du Lycée Valentin et Patrick Domond.
Au Centre Cité Lumière de la commune de Jacmel, il y avait un climat de panique.

DEPARTEMENT DU NORD
Commune de TROU DU NORD : Il y a eu des dérapages dans 5 centres de vote. Les opérations de vote ont été interrompues de très tôt dans les Centres de Vote suivant :

Ecole nationale de roche plate
Ecole nationale de Dubuisson
Ecole Nationale Presbytérales de Darsine
Ecole professionnelle centre ville
Ecole nationale des filles et des garçons

Commune de l’Acul du nord :

Dans cette Commune, il était 11 heures dans la matinée, des Centres Vote n’étaient pas encore ouverts.

A Morne Rouge dans la matinée tout s’est déroulé sans incident, mais a partir de 6hres p.m. lors du comptage des urnes, des bandits armés ont investi les BV et ont renversés les urnes.

A l’Ecole Mathurin à St. Raphaèl, des partisans du parti INITE et de l’ALTENATIV ont fait irruption au centre de vote, ils ont bastonné les superviseurs du centre et démoli les équipements du bureau. Les représentants ont été agressés et certains d’entre eux ont été blessés légèrement. Les observateurs du CNO n’étaient pas épargnés, leurs outils de travail auraient été endommagés, leurs téléphones ont été volés.

DEPARTEMENT DU NORD’EST

Commune de Terrier Rouge
Il y a eu des perturbations au niveau de plusieurs centres de vote plus précisément à Grand Bassin.

-Au niveau du lycée national de terrier rouge (Centre ville) aux environs de 1heure dans l’après midi, des groupes armés ont perturbé les centres de vote et ont emporté des boites de bulletin. Les électeurs ont dû prendre la fuite parce qu’il y avait des coups de feu.

-Ecole nationale de Phaéton
Aux environs de 3 heure p.m, le candidat à la députation sous la bannière INITE accompagné des groupes armés ont emporté les boites contenant les bulletins et les ont jetés dans les rues, il y a eu des blessés lors des affrontements. Deux superviseurs du CNO ont été bastonnés, des électeurs ont été blessés et ont été transportés à l’hopital.

Commune de CAPOTILLE :
A l’école nationale de Kosh, au premier bureau, les superviseurs et les membres du BV s’identifiaient visiblement comme des partisans de l’INITÉ. Par ailleurs, les autres électeurs étaient mécontents parce qu’ils n’ont pas trouvé leur nom sur la liste électorale. Le président du BEC a tiré des coups de feu sur les policiers sur place. Il y a eu des blessés. L’ordre a été rétabli mais on a éliminé le Centre de Vote.

Commune de OUANAMINTHE :
Au Collège Martin Luther King, les opérations de vote ont pris fin de très tôt et il y a eu de bourrages d’urnes par les partisans de INITÉ. Le candidat au Sénat Jean Baptiste Bien-Aimé et son frère vice délégué de la commune ont été surpris en flagrant délit avec des boites de bulletins. Ils ont été interceptés par la Police et la MINUSTHA.

Commune de CARACOL :
Des centres de vote ont été perturbés par des bandes armées. Ces derniers étaient cagoulés. Ils ont frappé les gens et jetés les bulletins de vote dans les rues.

DEPARTEMENT BAS ARTIBONITE

A partir de 6 hres du matin, quelques bureaux étaient ouverts. Des bandits armés, partisans de Levalliant Louis Jeune ont empêché le déroulement du scrutin.

A St-Marc, aux environs de 3hrs 30 p.m., au centre de vote Ecole Nationale Elodie Hérisson, aux bureaux 11 et 12 des partisans de INITÉ ont pris les urnes avec les bulletins de Mirlande Manigat et les ont déchirés. Ils ont continué à attaquer d’autres centres de vote. Les partisans de Mme Manigat ont manifesté jusque
tard dans la soirée.

A Verettes, depuis 11 h 45 dans la matinée, tous les centres de vote étaient déjà fermés.

A Guillaume Moger, 4ème section de Verettes , à 11hres 35 on comptait déjà les bulletins. Il y a eu un affrontement entre la population et la MINUSTAH.
Centre ville Verette : A 12 hres 45, toutes les urnes étaient déjà remplies, et le peuple n’a pas voté. Le remplissage des urnes a été organisé par les partisans de Michel C. Mayco, candidat au Senat sous la bannière d’INITÉ.

Dans le centre de Verettes, un véhicule Nissan Patrol de couleur bleue sans plaque d’immatriculation semait la panique près du Centre de vote de l’Ecole nationale Morand Doret. A Borel, dans le Centre de Vote de l’école Bon Samaritain, il y avait des cas de bourrage d’urnes par le candidat au Sénat de la plate forme INITÉ, répondant au nom de Michel Chrysostome et ses partisans.

A l’Ecole Nationale de Dorrin, les potentiels électeurs n’avaient pas accès au Bureau de Vote alors qu’à l’intérieur du Bureau les membres de BV en complicité
avec les mandataires remplissaient les urnes.

A La Chapelle : Il y avait affrontement entre les partisans du parti AYITI AN AKSYON (AAA) et ceux d’INITÉ.

A Bossou, 2eme section de la Lachapelle il y a eu affrontement entre les partisans des partis politiques. Ils ont déchiré les bulletins et trois (3) observateurs du CNO ont été victimes. Les partisans de AAA ont volé leurs documents de travail et l’un des Observateurs est fracturé à la main.

Marchand Dessalines : A l’école nationale de PRIEN, 4 ème section de Dessalines, très tôt dans la journée, il y a eu beaucoup de dérapage, coups de feu, tentative de fermeture des bureaux.

Au centre ville, à l’école Nationale de Jacques 1er : il était 2h dans l’après midi la population attendait en ligne pour voter. Mais la MINUSTHA leur a interdit

d’investir le centre de vote. La population en colère s’est affrontée aux Agents de la Minustah sur les lieux.

Grande Saline : Un dénommé Wilbert Deshommes, partisan de INITÉ a tué par balles un certain Francky Potneau, et la population en colère a incendié 15 maisons des partisans de INITÉ.

DEPARTEMENT DES NIPPES :

Petite Rivière des Nippes :

A Bezin, les mandataires forçaient les électeurs à voter pour leurs candidats.

A Charlier, les Membres du Centre de Vote empêchaient les Observateurs d’y pénétrer.

A Berquin : Il y a eu un incident, la police a procédé à l’arrestation d’un citoyen qui voulait voter avec la carte d’une personne décédée.

DEPARTEMENT DU CENTRE

Haut Plateau

Commune de MAISSADE :
A Maissade, il y a eu bourrage d’urnes dans la localité de Rantonobie par des partisans de INITE, ils ont lancé des jets de pierres et ont emporté des bulletins. Le même scenario s’est passé dans la section d’Alti dans un bureau de l’Ecole Communautaire de l’Agoune.

BAS-PLATEAU

Commune de Saut-D’eau
Les candidats de l’AVNI armés ont semé la panique dans les bureaux de vote.

Commune de Lascahobas
Selon Mathieu Macener, les partisans de l’AVNI ont empêché les partisans des autres partis de voter. A Flandé dans la section de Rompa, on a lancé des jets de pierres sur le centre de vote. Les agents de la police et un superviseur du centre de vote du nom de Baldomère Moncoeur ont empêché un observateur de CNO d’entrer dans un bureau. Dans le centre de vote Pouli, section Rompa, un mandataire du parti ALTERNATIVE forcait les électeurs de voter pour les candidats de son parti. Dans la section Laroye, les partisans des partis ATERNATIVE et L’AVNI ont lancé des jets de pierres. Les agents de la police sont intervenus et ont lancé des gaz lacrymogènes.

DEPARTEMENT DE LA GRAND’ANSE

Des irrégularités graves ont été enregistrées dans presque tous les centres de vote notamment à Jérémie dans les Centres de Vote des Lycée Nord Alexis – Lycée de Jeunes Filles – Ecole Nationale Pétion Laforest.
Les électeurs avaient des difficultés pour trouver les numéros des centres de vote et les membres de BV n’étaient pas en mesure de les aider. Très tôt, les mandataires des partis politiques avaient laissé le bureau de vote après la conférence de presse des 12 candidats demandant l’annulation des élections.

Aux Abricots : dans certains centres de vote, le désordre était généralisé car il n’y avait pas de policier pour sécuriser les bureaux. Des gens ont déchirés les formulaires des superviseurs et observateurs du CNO.

A Léon : la situation n’était pas différente, dans le Centre de Vote, il n’y avait pas de liste électorale. Et la population a manifesté dans les rues exprimant leur mécontentement.

A Grand Vincent : les BV étaient fermés depuis midi car les partisans du parti INITÉ voulaient remplir les urnes.

A signaler : que les membres du parti INITÉ sont à l’ origine de tous les désordres selon les observateurs.

Département Nord-ouest

Bassin Bleu
Altercation entre les partisans de INITÉ et ceux de AYITI AN AKSYON dans la première section de La Place. On a observé aussi des jets de pierres et de bouteilles entre eux. La Police a lancé des coups de feu pour calmer la situation. En revanche, les fauteurs de trouble ont répliqué par des tirs.

Baie de Henne
Dans la 1ère section de Citerne Rémy et 4eme section de l’Estère d’Eré à Petite Anse, des partisans du député du parti politique MAS identifié au numéro 44 ont lancé des coups de feu.

Les représentants du parti politique INITÉ ont versé des sommes à certains électeurs pour voter leur candidat. Cette action jugée malhonnête a entrainé de vives protestations chez les autres électeurs de cette localité.

Port-de-Paix
Dans la commune de Port de Paix, les élections ont mal déroulé dans deux centres : le centre Tertullien Guilbaud et celui de Richard Brisson. D’abord, on a observé dès le début du déroulement des élections une altercation entre les mandataires du parti RDNP et ceux du parti INITÉ. Ensuite, cet incident a causé l’arrêt instantané de ces deux centres. Puis la MINUSTAH et la Police Nationale sont intervenues pour rétablir l’ordre permettant la poursuite du processus.
A l’Ile de la Tortue , il y a eu des dérapages dans les centres de vote de Cayonne et de Haut Palmiste. L’ancien député Marc Antoine François du parti AYITI AN AKSYON et ses partisans ont déchiré des bulletins provoquant la panique chez les électeurs voulant exercer leur droit de vote. Pour cela, on a éliminé le centre de vote de Haut Palmiste.

B) ANALYSE DES IRRÉGULARITÉS

1.- Les Electeurs.
Un grand nombre de citoyens et de citoyennes n’ont pas pu exercer leur droit civique le jour du scrutin, pour différentes raisons :

1.1. Certains, parce qu’ils n’ont pas reçu leur carte d’identification à temps de l’ONI, Office Nationale d’Identification. On avait constaté les files d’attente devant les centres de distribution, jusqu’`a la veille des élections.

1.2. Certains n’ont pas pu trouver le lieu où ils devaient voter. Quand ils se sont présentés au centre de vote habituel, leur nom n’y figurait pas. A l’origine de ce problème, se trouve la vaste opération de délocalisation des électeurs effectuée par le CEP. Une opération non seulement inutile mais qui allait sérieusement perturber la journée. En effet, il fallait au contraire pratiquer une politique de stabilisation de l’électeur. A partir du moment où l’électeur ne change pas d’adresse et que le local n’est ni détruit, ni désaffecté, il y a lieu d’habituer l’électeur à un même centre de vote. Des mouvements aberrants ont été enregistrés dans le cadre de cette opération de délocalisation. Par exemple des électeurs de Pétion –Ville ont été envoyés à Carrefour ou à Fort-Liberté. Non seulement il n’était pas facile pour un électeur de faire ce trajet à un moment où`il n’y a pas de transport public, mais on le place dans une autre circonscription ou un autre département ou les candidats à la Députation et au Senat ne sont pas les mêmes. Cette délocalisation massive a été faite dans le cadre d’une campagne dite de COV (Centre d’Opération et de Vérification) qui devait prétendument faciliter le vote aux personnes vivant dans des sites d’hébergement, mais qui en fait s’est révélée injustifiée étant donné qu’à 90%, les personnes déplacées se trouvent à proximité de leur lieu de résidence donc de leur bureau de vote.
De plus, parmi les trois moyens fournis par le CEP pour connaitre ou vérifier son bureau de vote, à savoir la liste affichée au BEC, l’internet ou le téléphone, le plus accessible au grand public, c’est le téléphone. Selon le témoignage de la plupart des citoyens qui les ont essayés, les quatre numéros proposés étaient pratiquement dysfonctionnels.

1.3.-De nombreux citoyens se sont plaints qu’ils ont trouvé leur nom sur la liste électorale affichée à l’extérieur du Bureau de vote mais que sur le registre qui se trouve à l’intérieur du Bureau, leur nom et leur photo ne figuraient pas.

1.4.-D’autres électeurs ont dénoncé le fait qu’arrivés à l’intérieur du bureau, ils ont constaté qu’on avait déjà voté à leur place. Cela signifie que les membres du bureau n’ont pas vérifié soit par négligence ou par complicité avec l’usurpateur que la photo du registre correspondait à celle de la carte d’identification et au porteur de la carte.

1.5. Dans le Département du Sud, par exemple, des électeurs ont reçu des menaces de la part de personnes proches de la Plate-forme INITÉ.
Toutes ces frustrations connues par les électeurs allaient alimenter la grogne et la colère qui ont provoqué des réactions violentes, qui si elles ne sont guère justifiées sont toutefois compréhensibles.

2.- Les Mandataires.

Le CEP avait, quelques jours avant les élections, d’une part, remplacé de façon arbitraire, les superviseurs de nombreux centres de vote, et non par concours comme le veut la loi et d’autre part, nommé lui-même bon nombre de membres de bureau de vote, alors que ceux-ci doivent être des représentants de partis politiques. Ainsi, les candidats, pour s’assurer de la crédibilité des opérations au sein des bureaux de vote, se sont rabattus sur les mandataires. D’où la présence d’un grand nombre de mandataires dans les bureaux de vote. Or le CEP a pris la décision qu’on ne devait avoir que 5 mandataires au maximum dans les bureaux de vote. Cette décision allait provoquer un profond mécontentement chez les mandataires qui se trouvaient dans l’incapacité de remplir leur fonction et chez les candidats qui se trouvaient dans l’impossibilité absolue de veiller sur leurs intérêts et de s’assurer de la fiabilité du processus. Aux Cayes, des partisans se sont même opposés par la force a l’entrée de certains mandataires dans les bureaux. Dans certains bureaux les responsables allaient même jusqu'à refuser aux mandataires de voter dans les bureaux ou ils étaient affectés, alors que les règlements le leur permettent. Cette question des mandataires allait non seulement provoquer des esclandres mais constituer l’une des principales raisons qui ont poussé les candidats à la présidence à demander très tôt, l’annulation des élections. En effet, Ils se sentaient impuissants, face à une machine infernale qui leur enlevait tout moyen de contrôle.

3. Les Observateurs.

Le traitement injuste fait aux mandataires des partis politiques allait s’étendre dans certaines communes aux observateurs de la société civile. C’était le cas par exemple dans la commune de Belladère ou le Président du Bureau Electoral Communal allait se saisir des cartes d’accréditation des observateurs et leur interdire de pénétrer dans les bureaux de vote. Autre cause de frustration.

4.- Les Bulletins.

Quelques jours avant les élections, la rumeur courait selon laquelle, de faux bulletins avaient été imprimés. Ceci allait se confirmer le jour du vote. A plusieurs endroits, on a surpris différentes personnes, candidats, présidents de bureaux, parlementaires, en possession de boites de bulletins déjà marques, prêts à être introduits dans l’urne. Un président de bureau a même été arrêté en flagrant délit. De tels incidents se sont produits à Bois Caïman dans le Nord, a Gommier dans la Grand’ Anse à l’hôtel Résidence Royale au Cap Haïtien, a l’Ecole Mathurin à la ruelle Nazon à Port-au-Prince. Des cas de bourrage d’urne ont également été signalés à Fond-Cochon, Lopineau, Tozia, St Victor, pour le Département de la Grand’Anse à Camp Perrin, aux Cayes pour le Département du Sud à Pilate dans le Nord. Au Lycée Anacaona de la Grande Rivière du Nord, à 11h, il n’y avait plus de bulletin pour voter alors qu’il y avait encore des électeurs en ligne.

5. Les Bureaux de vote.

A Thomonde, un Président de bureau donnait a certains électeurs, dix bulletins au lieu d’un. Au Building 2004 à Port-au-Prince, à une heure avancée de la matinée, les responsables refusaient de donner les bulletins aux électeurs. Certains bureaux se sont ouverts après 9h du matin. A l’Ecole Nationale Don Bosco de Cite Soleil, on permettait aux électeurs de voter sans la carte d’identification. Un Président de bureau de vote à Carrefour avait un lot de cartes d’identification en mains. Certains bureaux aux Cayes, n’avaient pas d’encre indélébile.

6. Sécurité.

On a constaté certaines défaillances au niveau de la Police. A Caracol, des heurts ont éclaté entre partisans de deux partis politiques. Aucune présence policière n’était visible pour rétablir le calme. Certains centres ont du fermer pour raison de sécurité. Aux Roseaux on a même signalé des policiers qui avaient une attitude partisane. A plusieurs endroits, des tirs ont été entendus à Pilate par exemple. Il y a eu des morts et des blesses dans le Sud, à Desdunes, à Marchand Dessalines, à l’Acul du Nord.

7. Réactions.

Toutes ces situations d’irrégularité, d’injustice, de non respect de la loi électorale, signalées plus haut ont provoqué la colère des électeurs, des militants de partis politiques, d’une partie importante de la population. A un moment, des partisans ont commencé à saccager des bureaux de vote, à éparpiller les bulletins. Des bureaux ont été soit fermés à plusieurs endroits, à Roseaux par exemple, soit incendiés, par exemple à Port-à-Piment, à Grande Rivière du Nord, St Raphael Dondon. Des manifestations de rue ont été organisées dans plusieurs villes où la journée électorale s’est terminée dans le désordre.

Quelques points saillants sur les résultats de l’exploitation des formulaires 1F et 2F
Heure de fermeture des BV

Sur un échantillon de 1829 BV reparti à travers les 10 départements :

Avant 4 h 11.4 %
A 4h : 69.7 %
Apres 4 h 15.6 %
Non précisé 3.3 %
100 %

Nombre de votants pour le BV

Sur un échantillon 1385 BV à travers les 10 départements
Taux de participation 42.6 %

Bulletin signé et scellé en présence de chaque électeur

Sur un échantillon de 1829 BV à travers les 10 départements
Oui 89.3 %
Non 9.6 %
Non précisé 1.1 %
100 %

Respect du secret des votes
Sur un échantillon de 1829 BV à travers les 10 départements

Oui 82.6 %
Non 16.9 %
Non précisé 0.5 %
100 %

Les électeurs ont signés ou mis leurs empreintes sur les registres de vote

Sur un échantillon de 1829 BV à travers les 10 départements

Oui 82.9 %

Non 16.2 %
Non précisé 0.9 %
100 %

Des mandataires ont orienté des électeurs vers le choix de leur candidat

Sur un échantillon de 1829 BV à travers les 10 départements

Oui 41.7 %
Non 57.0 %
Non précisé 1.3 %
100 %

Tous les mandataires ont signés le procès verbal lié au dépouillement du vote
Sur un échantillon de 1829 BV à travers les 10 départements

Oui 89.1 %
Non 10.9 %
Non précisé 0 %
100 %

Les mandataires ont signés le procès verbal lié à la fin des opérations de vote
Sur un échantillon de 1747 BV à travers les 10 départements

Oui 94.1 %
Non 5.9 %
Non précisé 0 %
100 %

Le procès verbal lies au dépouillement du vote est affiché sur un BV à travers les 10 départements
Sur un échantillon de 1744 BV à travers les 10 départements

Oui 82.5 %
Non 17.5 %
Non précisé 0 %
100 %



D) Conclusions et recommandations
Une première considération de l’observation systématique du CNO et ses partenaires ISC, CONHANE, CERESS, MOFKA pendant la journée électorale du 28 novembre concerne la défaillance en termes d’organisation de logistique et d’administration du processus. Ceci est reflété par :

- le retard dans le démarrage du vote et la fermeture prématurée de beaucoup de bureaux dans tous les départements,
- l’absence de matériels nécessaires pour les opérations de vote et les déficiences dans la formation des membres des bureaux et d’autres aspects relatifs à l’organisation et le bon fonctionnement de la journée électorale.


Il est recommandé de :

Effectuer une enquête et une évaluation sur l’ensemble du processus et la journée du scrutin par une commission indépendante, en vue de fixer les responsabilités et prendre les mesures appropriées.
Etablir un vrai dialogue avec les différents acteurs concernés en vue d’adopter les mesures et décisions appropriées
Effectuer une révision intégrale du registre et de la liste électorale.
S’assurer d’une meilleure planification en termes d’organisation de logistique et d’administration du processus.
Résoudre le problème de confusion sur le centre de vote assigné à chaque électeur.
Fixer et renforcer le rôle des mandataires des partis politiques.
Prendre les mesures en vue d’améliorer les locaux de certains centres de vote qui se révélèrent inadéquats.


Fait à Port-au-Prince, le 3 Décembre 2010
Pour :
CNO Elvire Eugene
ISC Rosny Desroches
CONHANE Edouard L. Paultre
CERESS Woldson Bertrand
MOFKA Magdala M. Jean Pierre

dimanche 5 décembre 2010

Haïti/Élections présidentielles 2010/Tendances des premiers résultats très partiels et non officiels (traitement de moins de 0,50% des votes)

*


*


LCDP-Politique, dimanche 5 décembre 2010

Jusqu'à ce jour (5 décembre 2010, 10h00 AM), aucuns résultats partiels des élections du 28 novembre ne sont officiellement publiés par le CEP.

Le CEP promet de dévoiler les résultats au plus tard le mardi 7 décembre 2010. Cependant le site Web HPN annonce l'imminence de la publication des résultats officiels des élections du 28 novembre 2010.

Dès le 29 novembre 2010, le lendemain du vote truffé d'irrégularités de toutes sortes organisées en faveur du candidat du pouvoir sortant, le site Internet du quotidien espagnol El Mundo avançait les chiffres suivants:

1) Michel Martelly: 39% des votes comptabilisés;
2) Mirlande Manigat: 31% des votes comptabilisés;
3) Jude Célestin: 12% des votes comptabilisés.

Pour Edmond Mulet, interrogé par le Journal du Dimanche, "personne ne peut parler de pourcentages tant que la comptabilité des votes n’est pas achevée".


Résultats préliminaires tournant sur le Web (*)

LCDP-Politique a pris connaissance des résultats très préliminaires et très partiels qui circulent sur le Web (0,50% des votes, c'est-à-dire environ 21 400 votes comptabilisés sur un maximum théorique de 4,7 millions d'électeurs potentiels).

Selon ces résultats très préliminaires, Madame Mirlande Manigat serait en tête dans cinq départements: l'Artibonite, le Centre, la Grand'Anse, le Nord-Ouest, le Sud-Est. Elle serait en deuxième position dans quatre départements: les Nippes, le Nord-Est, l'Ouest et le Sud, et en troisième position dans le Nord.

Selon ces mêmes résultats très préliminaires et très partiels, Michel Martelly serait en tête dans quatre départements: les Nippes, le Nord, l'Ouest et le Sud.

Quant au candidat du pouvoir, Jude Célestin, selon ces mêmes résultats très préliminaires et très partiels, il serait en tête seulement dans le Nord-Est.

Sur la base de ces résultats très préliminaires et très partiels dans les dix départements géographiques du pays, et tenant compte du nombre d'électeurs potentiels dans ces départements, et, en supposant que tous les électeurs potentiels avaient voté le 28 novembre 2010, LCDP-Politique a fait les projections provisoires suivantes:

1) Mirlande Manigat aurait environ 31,90% des votes sur l'ensemble du pays;
2) Michel Martelly aurait environ 29,80% des votes sur l'ensemble du pays;
3) Jude Célestin aurait environ 15,01% des votes sur l'ensemble du pays.

En réalité, les pourcentages précédents représentent les pointages obtenus par les candidats au moment où les 21 400 premiers votes ont été dépouillés, soit au tout début du processus de comptage. Ce sont des moyennes pondérées par le poids de chacun dix des départements géographiques pour les 21 400 votes comptabilisés. Par conséquent, considérer ces moyennes pondérées comme reflétant l'ensemble des résultats a priori est une chose à prendre avec la plus grande prudence.

Donc, étant donné que ces projections se basent sur un très faible pourcentage du vote, il se peut que les pointages réels des candidats qui seront connus quand les résultats officiels seront dévoilés, soient complètement différents de ceux projetés ci-dessus; il se peut aussi qu'ils aillent dans le même sens que ces projections.

À la lumière de cette analyse, tout est donc possible:
1) victoire au premier tour de Madame Mirlande Manigat,
2) ou bien passage au second tour avec deux candidats: Mirlande Manigat et Michel Martelly,
3) ou bien passage au second tour avec Mirlande Manigat et Jude Célestin (si les nombreuses irrégularités aux élections du 28 novembre ne sont pas corrigées).


Si d'autres résultats partiels nous parviennent avant la publication des résultats officiels par le CEP, nous mettrons à jour ces projections.
______________________
(*) Une version de ces résultats est disponible chez pikliz.com.

Comme on peut le voir, ces résultats très partiels, préliminaires et non officiels sont présentés dans onze tableaux. Les dix premiers tableaux que nous avons utilisés ci-dessus, correspondent aux dix départements géographiques du pays clairement identifiés. Le onzième et dernier tableau n'est associé à aucun département géographique et ne correspond pas explicitement à l'ensemble du pays. Nous n'en avons pas tenu compte dans notre analyse.
Mentionnons cependant que ce onzième tableau donne:
1) Mirlande Manigat: 7355 votes sur 21 912, soit 33,6%;
2) Michel Martelly : 5311 votes sur 21 912, soit 24,2%;
3) Jude Célestin : 5021 votes sur 21 912, soit 22,9%.
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Dernière mise à jour: lundi 6 décembre 2010, 6h30.

samedi 4 décembre 2010

L'Onu appelle au respect du droit et à la retenue en Haïti

Source: nouvelObs.com, 04/12/10 10:44 1

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Les irrégularités constatées lors des élections à Haïti semblent "plus sérieuses qu'on ne le pensait initialement", a déclaré vendredi le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en appelant les candidats et leurs partisans à respecter le droit et à s'abstenir de toute violence.

Ban a rendu compte à l'assemblée générale de l'Onu à New York de la situation à Haïti, où les élections présidentielle et législatives de dimanche dernier, tenues sur fond d'épidémie de choléra dans le pays, ont été suivies par plusieurs journées de manifestations et de troubles.

"Quelles que soient les plaintes et les réserves vis-à-vis du processus (électoral), j'appelle tous les acteurs politiques à s'abstenir de toute violence et à entamer des discussions sans attendre pour trouver une solution à ces problèmes - avant qu'une crise grave ne voie le jour", a déclaré Ban.

Les résultats préliminaires des élections doivent être annoncés mardi. Après le premier tour de l'élection présidentielle, où 18 candidats étaient en lice, un second tour devrait avoir lieu, sans doute le 16 janvier.

Les responsables électoraux haïtiens ont rencontré à Port-au-Prince les candidats à la présidentielle, dont un bon nombre, à l'exception des favoris, ont réclamé l'annulation du scrutin en raison, selon eux, de "fraudes massives".

Jeudi dans la capitale, 2.000 personnes ont manifesté pour réclamer la tenue de nouvelles élections, considérant que le scrutin de dimanche avait été entaché de fraudes. Les manifestants étaient emmenés par plusieurs candidats à la présidentielle, qui ont accusé le président sortant, René Préval, et son protégé, Jude Célestin, lui-même candidat, de chercher à voler la victoire.

Les observateurs internationaux ont prudemment cautionné les élections en dépit d'"irrégularités" constatées dans certains bureaux et les responsables des Nations unies estiment que l'atmosphère dans le pays, quoique inquiétante, est moins violente que lors des précédentes élections.

Le Conseil électoral provisoire (CEP), ignorant plaintes et manifestations, a estimé que ces élections s'étaient "dans l'ensemble bien déroulées".

Joseph Guyler Delva, Eric Faye pour le service français

L'épreuve de force

Par Agnès Gruda
La Presse
Source: cyberpresse, 30 novembre 2010 à 07h07

(Port-au-Prince) Le chef de la mission internationale d'observation des élections haïtiennes, Colin Granderson, a un tout petit filet de voix. Quand il a suggéré hier, en conférence de presse, que les Haïtiens auraient dû faire davantage d'efforts pour aller voter, je n'étais pas certaine d'avoir bien compris.
Mais il l'a répété, et là, je me suis pincée: avions-nous vécu, lui et moi, le même événement, dans le même pays, au même moment?

Car dans la campagne électorale que j'ai suivie depuis deux semaines, j'ai vu des gens prêts à faire de gros, gros efforts pour exercer leur droit de vote. Des centaines d'électeurs ont attendu pendant des heures sous un soleil de plomb pour obtenir leur carte électorale.

Et dimanche, ils étaient nombreux à courir d'un bureau de scrutin à l'autre dans l'espoir de trouver enfin celui qui leur était assigné. La pagaille était indescriptible et je trouvais qu'ils avaient bien du mérite.


Mais il est vrai que Colin Granderson ne vit pas tout à fait sur la même planète que moi. Sa planète à lui, c'est la diplomatie. Il a sûrement d'excellentes raisons de minimiser les dérapages qui ont été observés un peu partout au pays le jour du vote. Et de conclure que, malgré d'«importantes irrégularités», il n'y avait pas lieu de remettre en question la validité du processus électoral.

Je comprends cela. Mais moi qui n'aspire à aucune carrière diplomatique, je peux dire librement ce que j'ai entendu, observé et confirmé auprès de quelques personnes bien informées durant mes deux semaines de reportage en Haïti.

Premier constat: je m'attendais à trouver un peuple apathique, trop occupé à survivre pour s'intéresser à des élections. Faux: partout où je suis allée, des camps de déplacés aux chic quartiers de la capitale, j'ai rencontré des gens qui discutaient avec passion de l'avenir de leur pays.

Certains ne juraient que par Mirlande Manigat, d'autres étaient de véritables groupies de Michel Martelly, d'autres enfin préféraient des candidats plus marginaux, pour un tas de bonnes ou de mauvaises raisons. Mais presque tous les gens à qui j'ai pu parler étaient d'accord sur un point: le régime actuel doit céder la place. Le ras-le-bol est généralisé.

Conclusion: la candidature de Jude Célestin, que le président René Préval a choisi comme dauphin, est totalement artificielle, gonflée aux millions de dollars qui lui ont permis de placarder son visage d'un bout à l'autre du pays. D'après ce que j'ai pu entendre à Port-au-Prince, à Cap-Haïtien ou à Jacmel, si Jude Célestin a pu se classer deuxième dans les sondages, c'est parce que ces sondages n'étaient pas faits selon les règles de l'art. Et si jamais il devait remporter le vote, ce serait la meilleure preuve de fraude électorale...

Quatrième constat: il est possible que le chaos de dimanche ait été le fruit d'une désorganisation involontaire. Mais, chose certaine, quand une vingtaine de personnes s'agglutinent en hurlant autour d'un bureau de vote, tous les tours de passe-passe deviennent possibles.

L'autre certitude, c'est que le régime actuel était prêt à tout pour garder le pouvoir. Dans certains bureaux de vote, on a assisté à de véritables festivals de bourrage d'urnes. Mais certains de ces bulletins de vote finiront par être rejetés. Et dans l'ensemble, l'ampleur de la fraude est difficile à évaluer.

D'ailleurs, malgré leur coup d'éclat de dimanche, où ils ont appelé à l'annulation du vote, aucun des deux leaders les plus populaires, Michel Martelly et Mirlande Manigat, ne veut vraiment recommencer à zéro. Chacun espère que, malgré les irrégularités, le dépouillement des votes finira par jouer en sa faveur. Ils se gardent donc toutes les portes ouvertes, au cas où...

Le 7 décembre prochain, le Conseil électoral provisoire doit annoncer les résultats préliminaires du scrutin. Le régime actuel gagnera-t-il son pari en propulsant Jude Célestin jusqu'au deuxième tour de la présidentielle? Si oui, comment la population réagira-t-elle? Sinon, que fera le gouvernement?

Une délicate épreuve de force s'engage en Haïti. D'un côté, un régime menacé qui a la force du pouvoir. De l'autre, des candidats qui peuvent s'appuyer sur la colère populaire. Et entre les deux, une communauté internationale qui ne sait plus sur quel pied danser. Et qui se demande jusqu'où elle peut soutenir un régime détesté sans risquer l'explosion sociale - dont les premiers signes se font déjà sentir dans quelques coins du pays.


jeudi 2 décembre 2010

Message de Mirlande Manigat

Port-au-Prince, le 1er décembre 2010
Source: Harry Loiseau

FREM AK SEM NAN PEYI DAYITI,

Map komansé pou’m di nou mwen antré lakay nou, Onê, Respè !

Map di mèsi tout moun a la rond badè ki té soti pou mwen, byen bonè jou éleksyon an. Nou pap pèdi vot nou ! (bis)

Dimanch ki sot pasé-a , mwen te réyini ak kolaboratè’m yo, manb pati ak mouvman kap maché ak nou. Nou té konstaté yon pakèt magouy, déblozay nan péyi-a ; bagay ampil obsèvatè té wè ak gé yo.

Se pout tèt sa mwen té fè déklarasyon cila. Mwen te mandé ké yo anilé vot la ! Sépandan, Mwen toujou kandida a la prezidans, et kel ké lan swa rézilta définitif, map kontinyé batay la paské mwen konen, é nou men’m tou nou konen ké map prézidan péyi-a. Paské sé volonté nou !

Jounen Jodi-a mwen vini di nou apré anpil kontak, diskisyon, anpil réfléksyon, ké mwen menm, mwen respekté la lwa, konstitisyon’a : Sé sèl KEP la ki gen otorité pou anilé éleksyon an. Mwen mandé’l li pa fè-l. Ki donk éleksyon ap rapousiv.

Nap tan’n plis enfomasyon !

Map kontinyé mandé ké koté éleksyon yo té gen fos koté, pou yo refè yo. Epi pou KEP ‘la ak tout gouvènman-an, manb kominoté int’l la kap kolaboré nan zafè sa-a, ké yo bay garanti net al kolé ké briganday ki té fèt dimanch la pap rékomansé.

Mwen konnen gen pakèt rézilta kap flannen, gen pakèt kobinézon anbachal kap bouyi. MAP BAY PINGA, mwen mandé pou yo respekté volonté pèp ayisyen an !

Frem ak sè mwen, mwen tandé rèl nou nan 4 kwin péyi-a, é nan tout diaspora-a, mwen résévwa pil ak pakèt pétisyon, pou mandé’m pa kité pèp la pou kont-li. Mwen pa tap jan fè sa ! Mwen Mirlande Manigat, pap jan’m trayi konfyans nou !!! Mwen pa gen dwa abandoné nou ! Vot nou té ban’m dimanch lan, nou pap pedi’l ! Tout dézod yo tap fè-a. Se paské yo té wè nou ta pral genyen.

Fok nou assiré ké nap mété sou plas tout bèl program ké nou wè ansan’m yo, tout projè rékonstwi péyi-a. Respekté la lwa ak konstitisyon an, pwoblem koléra-a, pwoblèm moun ki anba tant yo, lékol ki pou répran’n, Tout ti moun ki pa al lékol… Nou vlé yon léta ki séryé, ki vlé é ki kapapb fè pèp la lévé a tè-a. Nou vlé yon léta konpétan, é ki sansib pou malè pèp ayisyen an. Tout bagay nou te wè ansan’m yo.

Depi konnyé a map di tout kandida ki té nan kous la, map tan yo pou nou palé, pou nou fè tèt ansan’m. Map di tout patizan lot pati yo, ké nou sé pitit yon sel péyi ki malad. Ki bezwen tout moun.

Batay la konsèné nou tout ! sé pou nou tout. Mwen konté sou nou, Nou mèt kontinyé konté sou mwen !