dimanche 10 juillet 2011

La constitution amendée n’est pas celle qu’attend le peuple

Source: Tout-Haiti, Dimanche 10 juillet 2011, 16h 56min 09s
Par Michel William, agronome
michelwilliam1000@hotmail.com


De février 1990 à 14 mai 2011, Haïti a vécu sous le régime des maniaco-dépressifs et des imposteurs. Les officiels des régimes Lavalas, Espoir et Inité se sont appuyés sur la PNH et la MINUSTHA pour créer un climat d’insécurité astucieusement entretenu par la structure de la primature qui n’a en rien desservi le pays. Le maintien dans la version amendée de la constitution de 1987 de la structure de la primature ne relève pas d’un calcul simple mais d’un agenda politique avorté qui visait à séquestrer le pouvoir pendant un minimum de cinq décennies. En conséquence de ce pouvoir fantôme, les fonds sont gaspillés, le pays a passé vingt années sans être gouverné, les crimes commis au plus haut sommet de l’Etat sont restés impunis et les suspects ne sont même pas inquiétés. La demande par les parlementaires de l’INITE de partager le cabinet ministériel est une astuce du président Préval visant à isoler les débats loin de leur enjeu politique majeur, pour forcer la classe intellectuelle et la presse à y voir la violation d’un texte voté et non le maintien de la structure de la primature qui a fait à la fois le bonheur des lavalassiens et le malheur du peuple haïtien. Dans ses déboires, le peuple a toujours ignoré magistralement le premier ministre et a tenu pour responsable le Président de la république de sa mauvaise condition de vie. Le peuple a raison, car la primature a été toujours une doublure qui empêche de voir la gestion directe par le Président des affaires de l’État.

Les manœuvres politiques conçues après le 12 janvier 2010 pour avoir après le 7 février 2011 trois mois et demi de plus n’ont pas suffi pour mener à terme et en leur faveur les différents scénarios déjoués miraculeusement par le séisme dévastateur. Les maniaco-dépressifs habitués à exercer un pouvoir sans partage, ont été pris au dépourvu. Le scénario principal de raz-de-marée électoral ayant échoué, la liquidation négociée de Jude Célestin et le repositionnement de Martelly en deuxième position ne sont pas pour rassurer un clan de politiciens aux abois. L’émergence de Martelly a été le pire des imprévus, car le pouvoir prévalien n’avait jamais effleuré l’idée qu’il aurait à faire face à un outsider tiré hors de son clan et à travailler contre le temps. Il faut à la va-vite trouver des subterfuges et des émissaires. Les rescapés de l’INITE vont tenter un troisième coup de contrôle politique du pays en manœuvrant le CEP pour avoir la majorité parlementaire à la chambre des députés afin d’exercer le pouvoir entier en s’assurant de la majorité dans les deux chambres.

Pendant que ce troisième coup est dans l’impasse, les drogués du pouvoir vont essayer un quatrième coup, celui de vicier l’amendement de la constitution de 1987dont la formule votée le 9 mai et acceptée par les juristes et les constitutionalistes comporte un élément de trouble-fête, la création du conseil constitutionnel. Le texte falsifié est une nouvelle manifestation du génie du mal dont est capable le président Préval. Un vrai coup de Lucifer! Mr Préval a réussi à orienter les débats sur l’amendement sans que personne ne s’aperçoive qu’on discute d’un sujet dénué de relevance pour le pays. Le peuple attend le retour au régime présidentiel et l’élimination de la primature qui est exclusivement une structure budgétivore de blocage politique du pays. Le régime Lavalas adore éperdument la structure de la primature qui est son instrument privilégié de gouvernement avec des personnages de doublure. Un rappel du profil du pouvoir détenu par les premiers ministres, des tractations menées pour leur ratification ainsi que les mises en scène parlementaires pour leur renvoi, suffit pour faire voir l’inutilité de ce poste. Mr Marc Bazin n’a été que l’ombre des militaires. Mr Robert Malval en dépit de sa bonne volonté avait des problèmes avec le président Aristide qui ne lui donnait aucune marge de négocier avec les militaires. Dans la suite, Mr Aristide a dû choisir des effacés comme Mme Werley, Cherestal, Neptune dont les noms ne valent pas la peine d’être évoqués. Le président Manigat a dû faire jouer toute son éminence grise pour ne pas donner la perception que le très respecté Mr Martial Célestin lui était plus un conseiller privilégié qu’un premier ministre. Mr Préval a choisi deux fois un premier ministre pour lequel il n’avait aucune confiance politique malgré la servitude aveugle de Mr Alexis. Il a sacrifié Mme Pierre-Louis qui voulait exercer la fonction de Premier ministre avec un faux semblant de préparer des élections honnêtes. Au dernier moment il a trouvé en Jean Max Bellerive le profil idéal que les lavalassiens recherchaient pour occuper le poste totalement diminué de premier ministre. Aucun des premiers ministres n’avait l’autorité de diriger effectivement le pays. Comme privilège, ils avaient seulement droit au choix discuté des titulaires de deux à trois ministères les plus méprisés, celui de la diaspora, celui de la condition féminine et celui de l’environnement, au mieux les affaires sociales et le commerce vite récupérés avec la corruption. Dans la galerie des sous hommes qui ont occupé cette fonction, l’histoire ne retiendra pas Mr Jean-Jacques Honorat, Mr Rony Smart et Mr Gérard Latortue qui se sont distingués chacun à sa façon dans la possibilité ou l’impossibilité d’exercer cette haute fonction.

Si dans leur analyse de la problématique de la constitution haïtienne, la commission Moïse et récemment les juristes proches du barreau avaient suggéré la suppression de ce poste, ils auraient fait montre de citoyens qui ont le sens du changement et qui suivent le peuple dans l’expression de ses revendications. Tous ces consultants oublient royalement la population quand ils réfléchissent pour le prince et pondent des œuvres bonnes seulement pour la paperasserie politique.

Au demeurant le peuple attendait le retour au régime présidentiel et l’élimination de la primature pour éviter les problèmes liés aux éternelles tractations dans le choix, dans la ratification de politique générale du premier ministre. Les juristes, les constitutionalistes et la presse se sont faits avoir une nième fois par Préval et ont mis le président Martelly dans de beaux draps. Malgré le silence innocent de ces derniers sur la nécessité d’éliminer la primature, la version amendée arrachée à 80 % en faveur de l’INITE ne répond pas complètement aux attentes d’un pouvoir aux abois car la création du conseil constitutionnel, la seule innovation dudit amendement, représente un obstacle majeur au pouvoir manipulateur du parlement. Préval a choisi la version de 1987 moins périlleuse et est passé aux affaires.

L’équipe solide de l’INITE est convoquée et fait appel aux récidivistes de l’administration publique pour falsifier la version votée dans l’unique but de revenir à la constitution de 1987. Le président Martelly a mordu à l’hameçon. Il a remis en selle la constitution de 1987. Sa présidence est « an ba Kod » avec le pouvoir renforcé des parlementaires INITE rebaptisé GPR. On cite sur l’Internet les noms de René Préval, de Rodolphe Joasile, de Joseph Jasmin, de Jocelerme Privert, de Robert Magloire et de Fritz Longchamp comme les éventuels auteurs de cet acte ignoble.

Nous autres sur la toile, nous n’avons pas les moyens de vérifier ces dénonciations. Mais le nouveau président sur l’avis de ses conseillers politiques, même avec un cabinet ministériel démissionnaire devrait pouvoir diligenter une enquête présidentielle complémentaire à celle de la commission sénatoriale pour rechercher les auteurs, co-auteurs complices et exécuteurs de la basse œuvre.

En vertu de la gravité de la faute commise, les suspects qui disposent de tous les moyens pour échapper à la justice du pays, devraient faire l’objet de mesures conservatoires qui les maintiendraient en état. En face du danger de chaos politique créé par cet acte de piraterie constitutionnelle les parlementaires restants devraient immédiatement se repositionner sur l’échiquier politique, se démarquer de l’acte impie posé par leurs collègues et souhaiter la démission de ces derniers du parlement. Le regroupement GPR devrait sortir de sa position partisane, adopter une posture de responsables d’état et prendre une résolution parlementaire à ce concernant. Les partis politiques devraient aussi se mettre de la partie pour exiger la mise en état de ces suspects. C’est le minimum attendu d’une élite qui aurait la vocation de recréer l’état après ces vingt années de non gestion du pouvoir lavalas.

Entretemps le pays est bloqué. Le premier ministre désigné est l’objet des sempiternelles tractations parlementaires téléguidées par un ancien président plus posé que d’habitude. Depuis son bunker politique Préval donne des ordres confus à sa troupe parlementaire pour approuver ou pour ne pas approuver la nomination du premier ministre qui est le moindre souci de la population haïtienne. Les hommes de l’INITE en plein pouvoir illégal et illégitime accusent un pouvoir présidentiel pris aux pièges de prendre trop de temps pour mettre en œuvre son administration. On commence à accuser le nouveau pouvoir de laxisme et ses conseillers de simples remplaçants qui voulaient la place des collaborateurs de Préval.

La presse de Port-au-Prince n’a pas non plus joué le rôle d’éclaireur actif en rendant les suspects sans sommeil dans l’explication de ce crime de lèse-constitution. La presse devrait les interviewer chaque jour, partout, au parlement, dans la rue, chez eux, en province, sur le même sujet pour les porter à avoir honte, à demander pardon à la population et en dernier lieu à démissionner. La presse a choisi de verser dans le superficiel non compromettant.

Enfin de compte, même si le Président Martelly arrive à nommer un premier ministre, celui-ci ne sera pas en mesure de gouverner le pays. Il passera son temps à prévoir des coups ou à dénouer des pièges. La meilleure option offerte au président Martelly pour contrecarrer le projet macabre de séquestration du pouvoir par l’INITE est de répéter l’exemple de Mr Préval, qui avait gouverné avec un premier ministre sans l’approbation du parlement. C’était lors de la nomination de Jacques Edouard Alexis qui, fort de l’appui de Mr Preval, n’avait pas jugé bon de faire approuver sa déclaration de politique générale devant un parlement à majorité OPL. A ce moment le président Préval avait déclaré constater la caducité du parlement. Dans le cas du GPR, le président Martelly pourrait tout aussi bien évoquer le piège constitutionnel et gouverner par décret, fort du même appui de la MINUSTHA et de Mr Clinton. Il faut ajouter que cette option doit être liée à la possibilité de repousser les élections municipales des communes et des sections communales pour demander au nouveau ministre de l’intérieur de nommer par décret les maires et les casecs pour une période intérimaire de deux ans, comme le signal le plus manifeste de Martelly de vouloir changer aussi à la base les éléments de blocage.

Toutes ces anticipations sont pour faire comprendre au Président Martelly que l’existence de la primature créée par la constitution de 1987 est une innovation malheureuse qui n’a pas permis de gouverner le pays depuis 1987 et qu’il y a de la célérité dans l’urgence pour avoir une nouvelle constitution.

Pour amorcer ces changements politiques il faut établir avec Mr Clinton un vrai partenariat dans lequel toutes les vérités et les contre vérités mises à jour dans un langage de franc parler permettent à Mr Clinton de vivre comme il l’avait souhaité l’aventure de la reconstruction d’Haïti et d’être le bienfaiteur reconverti d’Haïti. Mr Clinton y parviendra en négociant au niveau du conseil de sécurité le retour d’Haïti à l’état souverain, c'est-à-dire capable de faire fonctionner les services de l’état. Dans l’état actuel de la démission de l’état sur le terrain, seul un régime présidentiel peut recréer la confiance dans la population. Cette confiance est indispensable pour avancer. Il faut profiter de l’imbroglio de l’amendement pour liquider une fois pour toute la constitution de 1987 et pour lancer la formation d’une assemblée constituante capable de proposer á la nation dans un délai de deux mois une nouvelle constitution non revancharde et non partisane. La quarante-neuvième à qui on demandera de ratifier la nouvelle constitution sera réhabilitée avec l’entrée rapidement en vigueur de la dite constitution.

samedi 9 juillet 2011

COMMENT SAUVER HAITI !

Source: Tout-Haïti, Samedi 9 juillet 2011, 1h 11min 17s

Par Emmanuelle Gilles


L’Espagne n’est pas un partenaire « important » pour Haïti comme les Etats Unis, la France et le Canada. Haïti n’a pas de relations chaudes avec l’Espagne pourtant le Président Martelly s’y est rendu laissant derrière lui une crise dont il ne connait ni la durée ni la fin. M. Martelly, aurait-il été invité par le Roi d’Espagne? Si c’est dans le cadre d’un développement touristique dont l’Espagne est un des champions, il aurait pu attendre qu’il ait un gouvernement bien installé. Néanmoins nous pensons qu'une fois le Premier Ministre et gouvernement installé, Haïti gagnerait à négocier avec la Chine de Pékin qui souhaite développer des relations diplomatiques avec Haïti car contrairement à USAID et l’Agence de Coopération Française ou l’Agence Canadienne de développement, la Chine pourrait mieux nous apprendre comment nourrir 10 millions d’habitants et partager leurs stratégies de génération d'emplois. Je pense qu’Haïti devra coute que coute diversifier ses partenaires et explorer une nouvelle coopération avec les asiatiques car Il est évident que la coopération avec les occidentaux a échoué comme l'atteste d'ailleurs l'aspect général d'Haïti.

La réticence d’Obama à recevoir le nouveau chef d’état de la Caraïbe témoigne d'un manque de confiance a l'egard du President Haitien. On note qu'Obama n’a pas fait l’honneur d’une visite à notre pays non plus après le séisme. Son souhait durant sa campagne d’une nouvelle coopération éliminant la dépendance en assistance internationale vers le développement économique n’était que du vent. Les Etrangers doivent cesser d’imposer à Haïti leur politique soi-disant, en fonction de leurs intérêts. Le pays doit nourrir 10 millions d’Habitants et reconstruire une capitale détruite ce qui ne veut pas dire qu'Haïti doive cesser de chercher et de défendre ses propres intérêts. La coopération américaine, française ou canadienne à travers leurs agences de développement n’a rien réalisé de visible dans notre pays pourtant ils ont beaucoup investi en Costa Rica contribuant ainsi à l'expansion économique de ce pays par le développement du tourisme et bien d'autres choses. Ce dont nous avons besoin de l’occident c’est son expertise, sa technologie et ses connaissances pluridisciplinaires pour nous aider à développer notre pays. Hélas! Force est de constater qu’après des décennies de coopération avec l’occident, Haïti est le pays le plus sous développé de la Caraïbe. Alors nous nous demandons à quoi bon cette coopération ! Si nous avons parlé de Costa Rica c'est surtout pour souligner que ce pays a eu des leaders à la hauteur des objectifs visés contrairement à Haïti ou une classe soi-disant intellectuelle éclairée a jugé de hisser au pouvoir un chanteur de compas. Il existe un problème majeur avec une classe d’hommes et de femmes qui font de la chose politique un jeu de casino. C’est ainsi qu’Haïti avec cette classe pourrait avoir un long chemin à parcourir avant qu'elle sorte de cette situation que nous déplorons tous.

Le Président n’est toujours pas en mesure après tantôt deux mois de faire ratifier un Premier Ministre afin de mettre un gouvernement sur pied. On s’en rend compte unanimement que M. Martelly ne connait pas son rôle de Chef d’Etat à en juger par sa visite récente à New York et son comportement. Ce régime parlementaire qui devrait fonctionner qu’avec des partis politiques bien structurés à la place de ces énergumènes crée comme des « Frankenstein » programmés pour emmerder la nation plutôt que la servir est une honte. Les étrangers le savent et le comprennent mais cette situation fait leur affaire car plus le gouvernement est faible, plus ils le contrôlent. La perte de notre souveraineté vient avec la démocratie qui nous dirige vers la médiocratie sachant qu’une majorité peu éduquée ne peut faire un choix honorable. C’est même paradoxal de vouloir et la démocratie et la bonne gouvernance quand on sait que la democratie nous donne n'importe quoi.

Un premier Ministre normalement ne peut être rejeté avant même de soumettre son programme de gouvernement, il ne peut être évalué qu'après 6 mois de travail, si bien entendu il n’y a des goulots d’étranglement qui ne paralysent pas son action. De ce fait, rien ne justifie le refus de M. Gousse par les parlementaires.

Si le Président Martelly veut vraiment gouverner ce pays, qu’il se détache de Sweet Micky et qu’il commence à agir en Chef d’Etat. Comme il avait pensé mettre en branle de bonnes stratégies de campagne, il doit se doter maintenant de bons spécialistes en protocole et de Conseillers étoffés qui puissent le transformer en Chef d’Etat. Tout s’apprend. Il aurait aussi à exercer son autorité pour dissoudre ce parlement si toutefois la nomination de Gousse est rejetée. Il serait obligé d’organiser de nouvelles élections législatives pour donner au pays une chance et une figure. Les problemes strategiques necessitent des solutions strategiques. On ne peut diriger un pays avec un Président aléatoire et avec des parlementaires abrutis. Le petit groupe qui a porté Michel Martelly à se présenter comme candidat exploitant sa popularité de musicien est aussi coupable que Préval qui entend gouverner le pays à travers des parlementaires mafieux. Dissoudre le Parlement est le seul moyen de neutraliser le pouvoir de Préval et ses intentions d'influencer la politique haitienne au niveau du parlement. Autrement, le pays n’avancera pas d’un iota et on aura 5 ans de jeux politiques habituels et un petit groupe qui s’enrichit au détriment du pays et de son peuple.

Pour l’instant, le pays est dans une impasse qui ne lui permettrait pas d’avancer, cette impasse s’éternisera aussi longtemps que ce style de démocratie à l’occidental nous est imposé et financé par l’extérieur. Haïti doit recouvrer sa souveraineté qu’elle a perdue depuis que sa politique et ses stratégies sont dictées par des voisins et que son budget est financé par eux. Les étrangers s’interfèrent avec arrogance dans nos affaires profitant du vide créé par notre recul devant nos propres responsabilités. Toussaint Louverture qui avait le reve et la vision est furieux en constatant notre lâcheté. La défaillance de nos Institutions ainsi que notre proximité des Etats Unis encouragent l’arrivée chez nous des gangs et des armes à feu à la portée d’une population affamée, ce qui déstabilise le pays davantage sous des gouvernements indifférents et insouciants. Cependant, le succès du capitalisme demeure un mystère pour nous et n’est pas à notre portée aussi facile que la proliferation des gangs. Leurs modèles de développement et d’investissement ne seront jamais préconisés par ces partenaires occidentaux.

Pour sauver Haïti, il nous faut :




  • Refaire la constitution qui serait soumise à un réferendum dans laquelle des conditions sérieuses et plus adaptées à notre réalité seraient fixées pour accéder à la présidence et au parlement.


  • Eliminer l’aide au développement ou l’assistanat.


  • Création d’un climat de sécurité – promouvoir un Etat de droit - démantèlement des gangs par la peine capitale.


  • Installer un Conseil Electoral permanent qui a pour but d'organiser des elections sans interference de l'executif.


  • Réunir les ambassadeurs accrédités en Haïti pour leur faire savoir que ce pays ne peut plus fonctionner comme durant les dernières décennies et qu’ils doivent accepter un nouvel ordre, un nouveau paradigme pour que Haïti démarre.


  • Contrôle de naissance pour réduire l’explosion démographique.


  • Développement du secteur « Service » en vue de la génération de l’emploi.


  • Création d'Ecoles pour la formation d'une main d’œuvre haïtienne afin de générer des emplois.


  • Développement du tourisme à l’intention de la diaspora haïtienne d'abord et développement du tourisme à plus grande échelle par la suite.


  • Organiser des élections avec les propres ressources du pays sans interférence étrangère;


  • Exiger que la coopération bilatérale aboutisse au développement d’un secteur choisit par le gouvernement de la République et qui pourrait être soit l'agriculture, soit le tourisme, les logements sociaux, l'énergie dans le cas contraire cette coopération n’aurait pas sa raison d’être.


  • Encourager la diaspora à mettre son expertise au service de la nation.


  • Eduquer, sensibiliser le peuple de manière à ce qu’il fasse des choix raisonnés pour la nation.


  • Développer un système d’impôts efficace pour approvisionner le budget de l’Etat.


  • Développement du système bancaire à travers le territoire afin de faciliter les prêts hypothécaires et générer des capitaux pouvant garantir une économie en développement et l'habitat.


  • Identifier les richesses de la nation par des experts nationaux et internationaux et les vulgariser dans le monde.


  • Investir dans la recherche afin d’identifier et d'exploiter nos ressources.


  • Développer d’autres formes de coopération avec les pays nordiques et les Asiatiques dans les domaines de la recherche et de production alimentaire.

Emmanuelle Gilles

mercredi 6 juillet 2011

Haïti/Daniel Gérard Rouzier/Lettre ouverte à mes compatriotes

Source: scribd.com.


Le 5 juillet 2011

Chers concitoyens,

Pour qu’un système démocratique fonctionne correctement, il est essentiel que tous les citoyens se soumettent à la volonté des institutions qui les dirigent ; mieux qu’ils les consolident et acceptent sans ciller le verdict qui en émane toutes les fois que celui-ci est transparent et conforme à la Loi. Pour qu’un système démocratique fonctionne correctement, il est tout aussi essentiel que les élus chargés de faire les lois s’engagent à les respecter sans exclusion.

Nos députés ont été légitimement élus par le peuple et, en votant contre ma ratification comme Premier Ministre, ils ont rempli le rôle que leur conscience leur a dicté. Rien ne les autorisait cependant à violer mes droits ou, tout au moins, à laisser que certains des leurs les violent en toute impunité.

Me retrouvant face à un pouvoir d’Etat complaisant dans l’arbitraire et le mensonge, je prends la responsabilité de corriger les calomnies et les contrevérités qui en sont malheureusement sorties, alors que la Commission Parlementaire chargée d’analyser mon dossier avait tout en main pour contredire les diffamateurs et rétablir la vérité et alors que j’avais pris le soin de tenir, en compagnie du Président de la République, une conférence de presse le 21 juin écoulé pour présenter les faits. Je soulignerai au passage que ni le Député de la circonscription où je suis né et où je réside, ni les Députés des deux circonscriptions où je fais partie des plus importants créateurs d’emplois et des plus grands contribuables, encore moins les chambres de commerce dont mes entreprises sont membres n’ont pris ma défense.

Seul dans la proverbiale fosse aux lions, je tiens à rétablir la vérité :

  • Premièrement, je suis Haïtien et je n’ai jamais renoncé à ma nationalité. Toute ma vie, je n’ai utilisé le passeport que d’un seul pays, mon pays, Haïti. Mon passeport valide de même que mes deux derniers passeports expirés ont été soumis à l’analyse de la Commission Parlementaire.


  • Deuxièmement, pour avoir été Consul Honoraire de la Jamaïque en Haïti, je n’ai pas perdu ma nationalité haïtienne. Je n'ai de surcroît jamais pris d’engagement de nature politique envers une nation étrangère ou quelqu’autre engagement à défendre les intérêts d'une nation étrangère au détriment de ceux de mon pays. C’est au demeurant une véritable aberration que nos parlementaires prétendent ignorer la différence entre les attributions d’un consul de carrière et celles d’un consul honoraire qui n’est, en aucun cas et dans aucun pays, un poste politique.


  • Troisièmement, je travaille en Haïti depuis un peu plus de 30 ans et je m’enorgueillis de faire partie des citoyens haïtiens qui se sont toujours acquittés régulièrement de tous taxes et impôts dus à l’Etat haïtien. Je suis fier de dire haut et fort que je suis totalement et absolument en règle avec le fisc. La Direction Générale des Impôts (DGI) peut en témoigner et, comme de fait, n’a jamais manqué de me remettre chaque année un certificat en conséquence.

J’invite les députés qui se croient autorisés à salir, en toute impunité, l’image des honnêtes et intègres citoyens de notre pays à contacter la DGI pour s’assurer de l’authenticité de mes pièces et de la véracité de mes assertions.

Pour l’histoire et pour la vérité, j’attache, à cette lettre, une copie scannée de ma déclaration définitive d’impôts de l’année passée, le reçu de caisse de la DGI pour le montant payé en surplus des retenues à la source effectuées, chaque mois, sur mon salaire pour le compte de la DGI de même que le certificat d’accomplissement fiscal délivré par la DGI. Ces mêmes informations sont disponibles pour les cinq dernières années allant de l’année fiscale 2005-2006 à l’année fiscale 2009-2010, comme l’exige la loi.

Je profite de cette occasion pour remercier le Président Martelly de m’avoir proposé à la Nation pour occuper le rôle de Premier Ministre de mon pays. Sans que je ne le lui demande, il m’a déjà rendu une justice historique : celle d’informer la Nation en lui répétant plus d’une fois que je n’ai pas cherché ce poste, que je n’ai ni manigancé, ni n’ai fait aucun lobby auprès de lui pour obtenir cet honneur ; au contraire!

En tant que citoyen, j’avais accepté de servir mon pays en mémoire de tous nos compatriotes morts du séisme, des intempéries, du choléra, de la misère, des naufrages en haute mer, de la violence armée, des kidnappings et des assassinats, comme ce fut le cas hier encore, de Guiteau Toussaint … Tous, victimes de notre échec collectif à assumer le triptyque de notre République : Liberté, Egalité et, surtout et avant tout, Fraternité.

C’est en pensant spécialement à eux que j’avais accepté de me présenter devant le Parlement et devant la Nation à un moment où le peuple haïtien, confronté à une interminable série de catastrophes politiques, sociales, économiques, institutionnelles, météorologiques et sismiques, les unes plus meurtrières que les autres, avait poussé un cri clair et fort de rupture avec le passé et de progrès pour le futur en portant Michel Joseph Martelly à la présidence de la République.

Une Population bafouée, trahie, méprisée par ceux et celles qui lui avaient promis l’espoir, la démocratie et le développement, pour ne leur délivrer que, le chômage, la misère, la mendicité et l’insécurité ;

Une Population confrontée pendant plus de 50 ans à l’effondrement progressif de l’Etat, à la déliquescence de ses institutions et au règne de la médiocrité, de la corruption, de la violence, et de l’anarchie ;

Une Population finalement décimée par des désastres cataclysmiques comme si la nature voulait, elle aussi, se joindre à la curée entamée par les Gardiens du Troupeau ;

Une Population angoissée, affaiblie, désabusée, traumatisée, à genoux mais jamais vaincue, relevait la tête et assenait un Non sonore et péremptoire au statu quo et à ses partisans.

J’acceptais de servir aux côtés du Président Martelly parce qu’en le portant au pouvoir, Haïti, Première Nation Libre d’Amérique après avoir aboli l’esclavage et Première République Noire du Monde, proclamait aussi par son vote, son droit à un nouveau rêve haïtien dans un Pays redevenu Souverain.

Un nouveau rêve haïtien qui veut que toutes les familles puissent, de par le fruit de leur travail, élever dignement leurs enfants dans une société normalisée et où les notions d’inclusion, de création d’emplois, de distribution de richesses, de solidarité, de justice, de reddition de compte, de transparence, d’ordre et de discipline ne soient plus de simples vues de l’esprit mais une pratique quotidienne commençant à la tête de l’Etat, se propageant à travers l’Exécutif vers la fonction publique et atteignant la société civile par une forme de percolation contagieuse.

C’est parce que je crois fermement à la réalisation de ce rêve que j’avais mis en veilleuse mon implication caritative, démissionné des fonctions de Président de mes compagnies et accepté de sacrifier d’inestimables moments de vie familiale pour assumer la responsabilité de former le nouveau gouvernement qui aurait eu le mandat de construire notre pays.

De nombreux signaux, émanant des rangs du Parlement et insistant sur la nécessité d’une autre politique, résolument et uniquement engagée vers l’amélioration de la qualité de vie de nos compatriotes, m’avaient aussi convaincu qu’ensemble nous aurions pu réussir ce pari et travailler à résoudre les problèmes que nous avons collectivement créés.

Quand les générations futures tourneront leurs regards vers le passé, elles retiendront que l’année 2010 aura été celle de toutes les catastrophes. Cependant si, ensemble, nous nous mettons honnêtement au travail, je suis convaincu que nos descendants seront stupéfaits par le contraste que pourra leur offrir l’année 2011.

Elle pourrait être en effet le point de départ d’une période aussi difficile qu’exaltante. Et me vient à l’esprit le mémorable discours de Winston Churchill quand il devint Premier Ministre d’une Angleterre sur laquelle pesait la menace allemande. Churchill s’exprimait ainsi à ses compatriotes :

« Je dirais au Parlement, comme je l’ai dit à ceux qui ont rejoint ce Gouvernement, que je n’ai rien à leur offrir que du sang, du labeur, des larmes et des sueurs… Vous demandez quelle est notre politique ? Je dirai : elle est de faire la guerre, en mer, sur terre et dans les airs, avec toute notre volonté et toute la force que Dieu pourra nous donner : de faire la guerre à une monstrueuse tyrannie, sans rivale dans le noir et lamentable catalogue du crime. C’est notre politique. Vous demandez : quel est notre but ? Je peux répondre en un mot : c’est la victoire, victoire à tout prix, victoire en dépit de toute la terreur, la victoire quelque soit la longueur du chemin qui y mène ; car sans victoire, il n’y a pas de survie. »

Si nous traitons la misère et les affres du sous-développement comme une monstrueuse tyrannie, nous devons être prêts à leur faire la guerre et cette guerre là, le Président Martelly, le prochain Premier Ministre, vous et moi n’avons simplement pas le droit de la perdre. La politique que je voulais proposer à la Nation était celle d’entrer en guerre contre les conséquences dévastatrices des catastrophes créées par la nature et par l’homme qu’a connues notre pays pendant les 50 dernières années, en embrassant sans réserve le changement promu par le Chef de l’État.

Ce changement devait s’exprimer avant tout dans la défense du bien commun ; ce patrimoine qui englobe l’existence des biens nécessaires au développement du citoyen haïtien et la possibilité réelle pour tous d’y avoir accès. Ce bien commun exige le bien-être social et le développement de tous les enfants du pays, de tous, sans exclusion et sans exclusive; et il implique la paix, la stabilité et la sécurité d’un ordre juste.

Le bien commun est, en ce sens, différent de l’intérêt général qui, dans un groupe, ne prend pas en compte chaque personne et, par conséquent, en ne considérant qu’une entité globale, pourrait accepter le sacrifice nécessaire de certains membres du groupe, d’ordinaire les plus faibles, pour la survie des autres.

Le bien commun, tel que je l’envisage, engagera tous les membres de la société ; personne ne sera exempt de participer, selon ses possibilités, afin de chercher à l’atteindre et à le développer et personne ne sera abandonné. Fok tout moun lité, fok tout moun travay e fok tout moun jwenn !

Pour assurer le bien commun, le prochain gouvernement doit s’engager à harmoniser les différents intérêts sectoriels avec les exigences de la justice et à utiliser toute la force de l’Etat à cet effet.

C’est au nom de cette quête du bien commun au profit de mes concitoyens que j’avais accepté de servir aux côtés du Président Martelly à l’aune de ma foi. Cette foi qui soulève les montagnes; cette foi qui me fait chercher le Christ dans mon prochain; cette foi qui me fait croire que le Bon Dieu a un plan d’amour et d’excellence pour Haïti, que j’ai l’obligation de m’impliquer et que je ne mourrai pas avant d’avoir vu le changement, le vrai dans notre pays.

Ces deux derniers mois, j’ai entendu toutes sortes de voix, les unes plus étonnantes que les autres, s’ériger contre le fait que j’assume publiquement et sans retenue ma foi chrétienne.

Suite au vote des parlementaires, un journaliste, pour lequel j’ai le plus grand respect, écrivait, non sans une note d’amertume : « M. Rouzier a sans doute oublié, dans sa foi et ses prières, que Dieu ne vote pas au Sénat ni à la Chambre des députés. » Je me permettrai de lui répondre que le Bon Dieu a voté et que, dans son grand amour pour moi, il m’a probablement épargné un sort autrement plus douloureux.

J’avais accepté de servir mon pays et je voyais dans cette désignation un appel, un sacerdoce, une occasion de plus de servir le Christ et de le toucher chaque jour dans :
  • les 680,000 sans-abris qui croupissent sous les tentes ;

  • les 8 millions d’Haïtiens qui ce soir dormiront sans électricité ;

  • les 5 millions d’analphabètes qui continuent d’être maintenus dans le noir ;

  • nos milliers de compatriotes qui croupissent en prison pour des peccadilles sans espoir de voir un jour leur juge naturel ;

  • les millions de jeunes qui ne savent plus à quel saint se vouer pour trouver un emploi ;

  • les millions de moins jeunes que notre société a complètement oubliés et mis à l’écart ;

  • les millions de femmes qui doivent trimer quotidiennement juste pour satisfaire les besoins de base de leurs enfants ;

  • nos compatriotes qui souffrent d’incapacités physiques ou de troubles mentaux et qui sont les laissés-pour-compte de notre société ;

  • nos paysans à qui nous avons tourné le dos depuis bien trop longtemps.



Pour toutes ces raisons, je vais continuer à garder mes yeux rivés sur le Christ et continuer à servir. Je n’ai qu’une vie à vivre et j’entends profiter de toutes les opportunités qui me sont offertes pour la faire compter pour quelque chose. Ma vie et ma foi jusqu’ici ont été faites d’efforts et de persévérance dans l’adversité, plus qu’elles n’ont été faites de dogme et de théologie. Le Bon Dieu a planté un rêve d’amour et d’excellence pour tous dans mon cœur et Il m’a permis de comprendre que faire mon possible est normal et qu’aller au-delà de mes capacités est un défi. Là où s’arrêtent mes capacités commence ma Foi. Une Foi forte voit l’invisible, croit l’incroyable et reçoit l’impossible.

Si vous et moi, ensemble, joignons nos efforts et menons la bataille pour une Haïti prospère avec tout le talent, toutes les ressources que Dieu nous a donnés, alors et alors seulement, les générations futures verront l’année 2011 comme le début de la Renaissance.

Que le Bon Dieu bénisse Haïti, qu’Il bénisse le Président de la République, qu’Il bénisse le Parlement et qu’Il nous bénisse tous avec nos familles, toujours.

Respectueusement,


Daniel Gérard ROUZIER

mardi 28 juin 2011

Haïti, histoire, géopolitique et reconstruction vues par quelques experts

Amies et amis internautes,

Voici quelques vidéos qui méritent d'être vus:

1) Haiti's history ang geopolitics by Dr Maghan Keita, Villanova University, September 24, 2010; 51 min 06 sec.

2) A history of Haiti's poverty by Jean Casimir at CLAS, NYU, March 10, 2010; 36 min 46 sec.

3) The US role in Haiti's destruction by Noam Chomsky, (2010 ?) 1h 27 min 45 sec.

4) Former US President Bill Clinton talks at the World Economic Forum, Davos, Switzerland, January 27, 2011; the first 11 minutes of the 57 min 45 sec length.

vendredi 24 juin 2011

Haiti-Reconstruction : Reconstruire avec et pour les Haitiens

P-au-P, 21 juin 2011 [AlterPresse] --- Le Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haiti Nouvelle (Grahn), plaide en faveur d’une reconstruction fondée sur les intérêts du pays rejette tout processus basé sur l’assistanat.

« Il faut reconstruire Haïti avec et pour les Haitiens », déclaré le professeur Samuel Pierre, président de Grahn-Monde, durant une cérémonie de lancement, ce 21 juin, du chapitre Haïti du Grahn et la présentation d’un ouvrage collectif baptisé « Construction d’une Haïti nouvelle – vision et contribution du Grahn ».

« Pour reconstruire Haiti cela prend un plan stratégique axé sur des réflexions à moyen et à long terme », souligne le professeur, alors que le flou persiste sur le processus de reconstruction d’Haiti, terriblement frappé par le séisme du 12 janvier 2010.

La branche Grahn-Haiti se donne pour mission de faciliter un « renforcement de la capacité de l’État à répondre à ses responsabilités » ainsi que celle de la société civile, de sorte que le pays soit « capable, à un certain horizon (…) de se prendre en main », précise le professeur Samuel Pierre.

« Il faut faire que cette Haiti puisse se passer de l’assistanat », préconise-t-il, en présentant le contenu du livre de 600 pages, soit 10 chapitres, écrit par 125 auteurs haïtiens vivants à l’étranger et en Haïti.

Cet ouvrage renferme 175 propositions, 150 recommandations et 25 projets « structurants », dont les réalisations sont définies dans le temps, indique Pierre.

Ces projets ont, en substance, pour objectif de projeter l’ancienne perle des Antilles vers la modernité en répondant aux différents défis auxquels le pays est confronté, soit la sous-éducation chronique, l’inaccessibilité aux soins de santé de base, un taux de chômage élevé, la perte du contrôle démographique et l’incapacité de créer de la richesse.

Le premier ministre désigné, Gérard Daniel Rouzier, qui assistait à la cérémonie, affirme sa volonté de prendre en considération les propositions du Grahn, si jamais il est ratifié par le parlement haïtien. (*)

De son coté le recteur de l’Université d’Etat haïtien (UEH), le professeur Jean Vernet Henry, estime que cette initiative est un « signal de changement … » un pas « pour sortir Haïti du désastre généralisé ».

Le GRAHN est une organisation mondiale qui regroupe plusieurs centaines de professionnels, d‘experts et de citoyens haïtiens, de l’intérieur et de l’extérieur, ainsi que des amis d’Haïti.

Créé officiellement le 20 janvier 2010, son but principal est de permettre une mise en œuvre des forces vives du pays à travers le monde, au bénéfice d’Haiti.

Ses membres nourrissent le rêve de faire d’Haiti, un pays émergent d’ici 2030.
[rh gp apr 21/06/2011 15 :15]
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(*) NDCDP-Politique.- Par un vote pris à main levée en fin d'après-midi du 21 juin, la Chambre des députés, a rejeté la candidature de M. Rouzier au poste de Premier ministre par 42 voix contre, 19 contre et 3 abstentions.

mardi 21 juin 2011

Haïti/Rapport commission parlementaire spéciale ayant examiné le dossier du PM désigné Pierre Gérard Daniel Rouzier

Source: scribd.com, 20 juin 2011


RAPPORT DE LA COMMISSION PARLEMENTAIRE SPECIALE CHARGEE D’EXAMINER LE DOSSIER DE MONSIEUR PIERRE GERARD DANIEL ROUZIER, PREMIER MINISTRE DESIGNE

15 Juin 2011

I. MISE EN CONTEXTE

Apres l’installation du nouveau Président élu à la tête du pays et l’entrée en fonction de la 49ème Législature la constitution exige la désignation, par celui-ci, d’un nouveau chef de Gouvernement et la formation d’un cabinet ministériel en vue du vote de confiance des deux Chambres sur la déclaration de politique générale du Premier Ministre. Ces impératifs de la Constitution de 1987 découlent de son préambule qui postule « l’implantation de la démocratie sur fond de pluralisme idéologique et d’alternance politique » dans le but « d’assurer la séparation et la répartition harmonieuse des Pouvoirs de l’Etat au service des intérêts fondamentaux et prioritaires de la Nation ».

Dans ces circonstances politiques, le nouveau Chef de l’Etat, son Excellence, Monsieur Michel Joseph MARTELLY, en consultation avec le Président du Sénat, l’Honorable Sénateur Jean Rodolphe JOAZILE, et le Président de la Chambre des Députés, l’Honorable Député, Saurel JACINTHE, a, par lettre datée du 19 mai 2011, « confirmé le choix de Monsieur Daniel Gérard ROUZIER comme Premier Ministre pour conduire la politique de son Gouvernement ». Par la même lettre, le Président de la République a convié les Présidents des deux Chambres à entamer « la procédure parlementaire de ratification du choix du Premier Ministre pour la mise en place du Gouvernement ».

Ainsi, se basant sur les articles 98, 102, 103, 104, 130, 134, 135, 137, 152, 153, 155, 156, 156.1 de la Constitution, rappelant la démission du Gouvernement BELLERIVE, et au constat de la vacance parlementaire au niveau de la Chambre des Députés, le Chef de l’Etat a, par message daté du 20 mai 2011, « convoqué le Corps législatif en session extraordinaire en vue de ratifier le choix du Premier Ministre désigné et recevoir l’énoncé de sa Déclaration de politique générale ».

Donnant suite à cette décision présidentielle, conformément aux prescrits constitutionnels et suivant la procédure parlementaire y afférente, la Chambre des Députés, réunie à l’extraordinaire le Juin 2011, a mis en place, sur le fondement de l’article 50 du règlement intérieur, LA COMMISSION SPECIALE CHARGEE D’EXAMINER LE DOSSIER DE MONSIEUR DANIEL GERARD ROUZIER, PREMIER MINISTRE DESIGNE dont la composition et le mandat sont ci-après définis.

II. DE LA COMPOSITION ET DU MANDAT DE LA COMMISSION PARLEMENTAIRE SPECIALE

La composition de la Commission Parlementaire Spéciale chargée d’examiner le dossier du Premier Ministre désigné reflète le pluralisme politique de la Chambre des Députés dont l’article 50 du Règlement intérieur dispose :

« Les membres de la Commission Spéciale sont désignés par le Bureau sur proposition des Présidents de Groupe et en tenant compte de la configuration politique de l’Assemblée. Les Députés indépendants font individuellement acte de candidature auprès du Président de la Chambre des Députés ».

Le mandat de la Commission consiste à analyser et a vérification l’ensemble des pièces et document nécessaire au dossier du Premier Ministre désigné à la lumière des prescrits intangibles de la Constitution, des conventions internationales signées, ratifiées et des lois de la République en vue d’apprécier leur recevabilité et leur conformité aux exigences normatives internes.

III. DES CONDITIONS DE RECEVABILITE DU DOSSIER DE MONSIEUR DANIEL GERARD ROUZIER

La Constitution, en son article 157, prescrit les critères fondamentaux et intangibles pour être Premier Ministre. Elle dispose ainsi : Pour être Premier Ministre, il faut : • Etre Haïtien d’origine et n’avoir jamais renoncé à sa nationalité ; • Etre âgé de trente (30) ans accomplis ; • Jouir de ses droits civils et politiques et n’avoir jamais été condamné à une peine afflictive et infamante ; • Etre propriétaire en Haïti ou y exercer une profession ; • Résider dans le pays depuis cinq (5) années consécutives ; • Avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable des deniers publics.

L’analyse des pièces soumises par le Premier Ministre désigné, au regard des cinq premiers critères définis à l’article 157, et étant entendu que celui-ci n’a pas été comptable de deniers publics, a révélé ce qui suit :

1. De la qualité d’Haïtien d’origine / de la non renonciation à sa nationalité Monsieur Daniel Gérard ROUZIER, né à Port au Prince le 15 septembre 1960, des œuvres légitimes de monsieur Pierre Emile Gérard ROUZIER et de Joseph Alice Marie Hélène BRUN, est haïtien d’origine puisque né de père et de mère haïtien qui eux-mêmes, descendants respectifs de monsieur Pierre Raoul ROUZIER et de Georgette Odéïde, d’une part, de Daniel BRUN et de Madeleine BORNO, d’autre part, sont nés haïtiens conformément à l’article 11 de la Constitution haïtienne. La Commission Spéciale, à propos de l’impératif de la « non-renonciation à la nationalité haïtienne » tant par Monsieur ROUZIER, que par ses père et mère, ne dispose pas d’éléments suffisants pour vérifier si ces derniers au moment de la naissance de monsieur Daniel Gérard ROUZIER, n’avaient pas renoncé à la nationalité haïtienne. Il en est de même pour Daniel Gérard ROUZIER qui, suivant les documents d’état civil fournis, est né haïtien. En fait, rien dans le dossier ne permet d’établir que le Premier Ministre désigné, ainsi que ses père et mère aient, à un moment de leur vie, renoncé à la nationalité haïtienne.

2. De l’âge requis pour être Premier Ministre Pour avoir pris naissance le 15 Septembre 1960 et pour être âgé de cinquante (50) ans et neuf (9) mois, Monsieur Daniel Gérard ROUZIER répond au critère de l’âge requis par l’article 157.2 de la Constitution en vue d’occuper la fonction de Premier Ministre du Gouvernement.

3. De l’exercice des droits civils et politiques La radiographie du dossier de monsieur Daniel Gérard ROUZIER a également révélé que ce dernier jouissait pleinement de ses droits civils et politiques puisqu’il dispose, d’une part, d’un certificat de casier judiciaire daté du 23 mai 2011, délivré par le Greffe du Tribunal de Première Instance de Port au Prince, attestant qu’il n’a jamais été l’objet de condamnation correctionnelle ou criminelle et, d’autre part, d’un certificat daté du 7 juin 2011, délivré par le Bureau de Renseignements Judiciaires (BRJ) de la Direction Centrale de la Police Judiciaire précisant que le premier Ministre désigné n’est pas recherché par la Police nationale d’Haïti. Figurent à son dossier, sa carte d’identification nationale (CIN), émise le 7 septembre 2005, portant les numéros : 01-01-99-1960-09-00191 et sa carte d’identité fiscale, expirée le 24 Mars 2007, portant le numéro : 003-023-637-8. Le dossier de monsieur Daniel Gérard ROUZIER semble donc conforme aux prescrits de l’article 157.3 de la Constitution.

4. De l’exercice du droit de propriété ou d’une profession Le Premier Ministre désigné jouit du statut de propriétaire à raison d’un titre de propriété, passé au rapport du Notaire GARRY BRISSON CASSAGNOL en date du 30 Mars 2006 attestant l’acquisition, faite par lui, des sieurs et dame Jacques D. BRUN, Louis Daniel BRUN et Marie Hélène BRUN, d’un terrain d’une superficie de 1547 mètres carrés, sis à Pétion Ville, dépendant de l’habitation Berthé. En outre, le Premier Ministre désigné a exercé les fonctions de Président Directeur Général de la Société anonyme E-power et celle de Président du Conseil d’Administration de la Sun-Auto S.A. Ceci atteste la conformité de son dossier au prescrit de l’article 157.4 de la Constitution.

5. L’obligation de résider dans le pays depuis cinq années consécutives

En réponse à l’exigence de résidence dans le pays depuis cinq années consécutives, le dossier du Premier Ministre désigné comprend un acte de notoriété délivré par le Juge de Paix de Pétion-Ville, ainsi qu’un certificat de résidence daté du 9 Juin 2011 émis par la Présidente du Conseil Municipal de Pétion ville, Madame Claire Lydie PARENT, attestant que monsieur Daniel Gérard ROUZIER demeure dans la Commune de Pétion-Ville, au numéro 105 de la rue Daniel Brun, Pétion-Ville, Haïti.

Si ces documents peuvent manquer de force probante, le Premier Ministre désigné a également soumis à l’appréciation de la Commission Parlementaire Spéciale, deux passeports délivrés par l’Etat haïtien, portant les numéros PP1815940 et PP2467869. On y remarque des visas chinois, Schengen et des Territoire d’Outre-mer français. L’absence de visas américains et le constat de sceaux d’entrée et de sortie de l’Immigration américaine, semblent indiquer que le Premier désigné serait un résident américain, ce qui pourrait constituer un accroc à l’article 157.5 de la Constitution haïtienne.

Toutefois, le premier Ministre désigné peut bien posséder la qualité de « résident américain » et résider en fait, c’est-à-dire effectivement, en Haïti. Une analyse minutieuse de ses sorties et rentrées, à partir de son passeport, confirme sa situation de résident de fait dans le pays pendant cinq années consécutives, sous réserve de données contraires que pourrait fournir la Direction de l’Immigration et de l’émigration du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales.

IV. RESERVES

L’examen des exigences posées par l’article 157 de la Constitution concernant la désignation du Premier Ministre, révèle que le dossier du Premier Ministre désigné est recevable.

Toutefois, la Commission parlementaire spéciale émet des réserves ; les déclarations sur le fait que Mr Rouzier devrait être ratifié sans aucun doute par les deux Chambres reposent sur le sentiment que l’analyse des pièces fournies serait la seule mission des membres de la commission. Bien qu’a un niveau également certaines explications devraient être fournies : (par exemple pourquoi le montant des impôts payer par Mr Rouzier est si bas au vu de ses revenues supposes dans le pays, absence de CFPB pour les années 2007, 2008, 2009, comme il dit qu’il était propriétaire d’une maison détruite en 2010 par le séisme du 12 janvier, absence de la traduction de la lettre de nomination comme consulte honoraire de la Jamaïque, absence de contrat de vente d’énergie de E-Power a l’état Haïtien, absence de preuve de revenue annuelle ?), il est donc clair que le processus de ratification va au-delà d’une simple vérification de pièces. En lisant le Curriculum Vitae de monsieur Daniel Gérard Rouzier, Premier Ministre désigné par son Excellence le Président de la République, Monsieur Joseph Michel Martelly, plusieurs éléments ont conduit les membres de la commission à évoquer la possibilité d’insurmontables conflits d’intérêt aussi bien au niveau politique, social qu’économique.

Conflit d’intérêts au niveau politique

Il apparait que Monsieur Daniel Gérard Rouzier, en référence de la lettre du Premier Ministre et ministre des affaires étranger et d’échange l’Honorable Dr Kenneth O. Baugh de la Jamaïque en date du 14 May 2010 Réf. 202/801/65 a stipuler que ‘‘ We look forward to working with you in the years ahead, and we are confident that during your tenure, you will defend and promote to the best of your ability, the interests of Jamaica in Haiti ”. Quelles sont les relations entretenues avec la Jamaïque ou les Jamaïcains qui justifieraient ce choix. En référence à l’article 13.2 de la Constitution. Il est acquis que les pièces soumises, notamment l’acte de naissance, les différents livrets de passeport, les cartes d’immatriculation fiscale et d’identification nationale attestent de la nationalité d’origine du sieur Gérard Daniel Rouzier. Elles ne permettent pas, en revanche, d’établir s’il n’a jamais été en situation de perte de sa nationalité.

Conflits d’intérêts au niveau social

Monsieur Daniel Gérard Rouzier représenté l’archétype de la bourgeoisie élitiste. Au-delà de son engagement pour les plus pauvres (Food for the poor) pense-t-il pouvoir représenter cette classe moyenne qui a été la pricipale victime des desastres qui ont frappe Haiti depuis plus de 3 ans et certainement la meilleure opportunite de relance de notre économique. Certains voient la classe sociale qu’il représente comme étant le principal obstacle au développement d’une classe moyenne forte car elle contrôle tous les leviers économiques et financiers. D’ailleurs, durant les vingt dernières années, cette classe sociale a été intimement associée aux différents reversements de l’ordre démocratique. Comment se situe Monsieur Daniel Gérard Rouzier face a ce positionnement idéologique « le pouvoir aux plus capables » ? Conflits d’intérêts au niveau économique

Monsieur Daniel Gérard Rouzier est l’un des principaux actionnaires d’une compagnie qui annonce vouloir investir plus de 59.3 millions de dollars américain en Haïti. Il se trouve que pour l’instant, l’état haïtien est le seul et unique client de cette compagnie d’énergie électrique. Monsieur Daniel Gérard Rouzier annonce qu’il aurait démissionne du conseil d’Administration de E-Power. Nous prenons acte de la lettre, mais peut-il nous prouves qu’il a vendu la totalité de ses actions (à qui dans l’éventualité positive) ? Enfin, il serait important que nous connaissions les noms des autres actionnaires de cette compagnie afin de nous assurer qu’il n’y aura pas de conflits d’intérêts dans les marches publique. Par ailleurs, il est bruit que de nombreux entrepreneurs ont intégré l’équipe économique de Mr Rouzier, quelle garantie que le e le Premier Ministre désigné peut nous donner afin d’éviter qu’il n’y aura pas de favoritisme ou d’échanges d’informations confidentielles pour les futurs appels d’offres ?

Sous ce rapport, des zones d’ombre subsistent, quant à la fonction de consul honoraire de la Jamaïque auprès de l’Etat haïtien exercée par M. Pierre Gérard Daniel Rouzier, poste pour lequel il a remis sa démission au Vice-ministre des affaires étrangères jamaïcain. En effet, les dispositions de la Convention de Vienne spécifiques au rôle du Consul honoraire, notamment les articles 1er al. 3, 67, 68 et 71, font état tant d’immunité de juridiction que d’inviolabilité personnelle en relation avec cette position officielle. L’exercice de la fonction consulaire honoraire demeure ainsi sujet à interprétations diverses quant à son caractère administratif ou politique.

Face au doute qui peut donc être entretenu sur la nature du poste occupé par M. Rouzier, la Commission estime qu’il y aurait lieu d’apprécier si dans l’exercice effectif de ses fonctions, le Premier Ministre désigné a posé des actes ayant une portée politique, pour le compte du Gouvernement Jamaïcain, et de nature à porter atteinte aux intérêts supérieurs de la nation haïtienne Il reste que la sanction de déchéance de nationalité relevant, selon le décret du 6 novembre 1984 sur la nationalité, de la compétence du Président de la République qui l’exerce par arrêté, la Commission n’a pas qualité pour se prononcer, par voie d’autorité, en la matière.

V. RECOMMANDATIONS

______________________________
NDCDP-Politique.

Comme on le verra dans le document posté sur scribd.com, il n'y a pas de recommandations dans le rapport de la commission parlementaire. La rubrique Recommandations contient un ensemble de 19 traits continus (des "blanks"). Il semble donc que la commission n'ait fait aucune recommandation à l'Assemblée des députés comme cela a été largement rapporté dans la presse.

Cependant, le document posté par haiti-info.com (1) contient des recommandations défavorables à Daniel Rouzier et qui s'adressent également, bizarrement, directement au Président Martelly:

«La nomination d’un Premier Ministre va donc bien au-delà d’une simple analyse de pièces et de l’expose de sa politique générale. Il nous semble que les conflits d’intérêts qui existe a différents niveaux ne nous permettent pas de recommander a l’assemblée de ratifier le choix de Mr Daniel Gérard Rouzier pour le poste de chef de gouvernement, a moins de considérer que l’élection du Président Joseph Michel Martelly l’exonéré de l’obligation de choisir un Premier Ministre qui soit libre de redevances envers des particuliers, des institutions, des entreprises ou de pays étrangers. Nous demandons donc au Président Joseph Michel Martelly de soumettre le plus rapidement possible aux Présidents des deux Chambres le nom d’une autre personne qui puisse, sans conflits d’intérêts majeurs, occuper cette fonction. Comprenant l’urgence de la mise en place d’un nouveau gouvernement.»


D'autre part, la version lue à la séance du 20 juin se termine par des recommandations correspondant à celles rapportées par Alterpresse (2):

«Tenant compte des réserves formulées par la commission parlementaire spéciale en ce qui concerne des zones d’ombre que recèle le dit dossier, les neuf commissaires, soussignés, députés du peuple de la 49e législature, recommandent à l’Assemblée des députés de statuer souverainement sur la ratification du choix fait par le président de la République».

Il existerait donc au moins trois versions du rapport de la commission spéciale. En ce qui a trait aux recommandations, laquelle des trois versions a été signée par les membres de la commission et remise à l'assemblée des députés ? Celle qui a été lue à la Chambre et diffusée en directe dans les médias et rapportée par Alterpresse serait la bonne version du rapport de la commission spéciale.
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(1) haiti-info.com.

(2) alterpresse.org.

jeudi 16 juin 2011

Haïti/Les trente premiers jours de présidence de Michel Martelly

Amies et amis internautes,

Voici un vidéo dans lequel le Président Martelly présente le rapport de ses trente premiers jour à la tête du pays.

Compliments, Monsieur le Président.

Martelly/ 30 day report, youtube , 7 min 42 sec