vendredi 22 mars 2013

Haïti est un échec. Est-ce à cause de son histoire, ou à cause de son système d'éducation ?

Par Dr. Pierre Montès
Mise à jour: 23 mars 2013

Ne vous attendez pas à un long discours aujourd'hui.
Une image parle mieux que mille mots.
J'ai donc emprunté l'image suivante de la page FaceBook de Nicolas Maduro.
Cette image fait référence aux comédiens de "The Three Stooges" ("Los Tres Chiflados") [1, 2, 3]
Elle traduirait bien la situation de la plupart des polititiens d'un pays que nous connaissons tous: Haïti.
Il y manque cependant un quatrième personnage: " l'international ". 

Pour ceux et celles qui veulent un discours politique, je les renvoie au film/livre "Les Comédiens" ("The Comedians") [4, 5].

Pour ceux qui veulent aller davantage en profondeur, il leur faudra absolument lire la thèse de Monsieur Roselor François: "Aliénation des Haïtiens par rapport à leur Education ancrée au système esclavagiste français" (6). Il en a parlé dans une excellente entrevue à Vision 2000, le 18 janvier 2013, que j'ai eu la chance d'écouter intégralement en direct. Roselor François explique pourquoi le système éducatif haïtien a été/est la cause principale de l'aliénation.
 
Monsieur Jean-Junior Joseph a mis en ligne cette belle entreveue de Roselor François. On peut l'écouter en cliquant sur le lien donné ci-dessous (7). Nous disons un grand merci à JJJ. Il faut aussi le rappeler, cette entrevue pouvait être écoutée en différé dans la rubrique Invité du jour, sur le site Web de Vision 2000 pendant quelques jours après le 18 janvier 2013 et y était téléchargeable.




Los Tres Chiflados
Source de l'image: page FaceBook de Nicolas Maduro

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(1) Wikipedia en anglais: The Three Stooges

(2) Wikipedia en espagnol: Los Tres Chiflados

(3) Wikipedia en français: Les Trois Corniauds

(4) Wikipedia en français: Les Comédiens

(5) Wikipedia en anglais: The Comedians

(6) Depuis plusieurs années, je souligne le fait que les pays de la Caraïbe anglophone fonctionnent bien politiquement parlant avec le système parlementaire calqué sur le système britannique. Et je mentionne qu'Haïti aurait intérêt à expérimenter un tel système politique. De plus, depuis un plus grand nombre d'années (plus de 40), je constate, impuissant, que bon nombre d'intellectuels et de professionnels haïtiens croient en la supériorité de tout ce qui vient de la France (ou de l'Europe) par rapport à ce qui émane d'eux-mêmes et/ou des autres continents réunis. La thèse de Roselor François tente d'identifer l'une des causes de ce phénomène. On pourra également lire ou relire les livres du père (ou du grand-père) de la négritude, Jean Price-Mars, pour enfin entreprendre et, souhaitons-le, gagner le combat contre ce phénomène qui a trop duré.

(7) Entrevue de Roselor François (Vision 2000, Invité du jour; interviewé par Valery Numa):
Radio Vision 2000/ a/s Jean-Junior Joseph/ Entrevue de Roselor François, 18 janvier 2013

mercredi 6 mars 2013

Du chavisme, loin de Caracas ...


Par Gilbert Mervilus
Port-au-Prince, mardi 5 mars 2013, 18h30
  
«Je ne finirai jamais d’écrire cet ouvrage[1]»
 
Je n’ai pas encore mis les pieds au Vénézuela. Toutefois, vers la fin des années 90, une fois terminés les cours du samedi à Pétion-Bolivar, je restais dans une salle, pour approfondir Doña Bárbara ou Canta Claro. C’est pas facile à vous expliquer ; presque 4 ans au Centre m’avait fait découvrir que, lorsqu’on y lisait Rómulo Gallegos, un parfum, mystérieux et agréable – qui ne pouvait être que du Vénézuela – empreignait, tout doucement, la pièce.
 
Presqu’une décennie après, je reçois un appel vers 9h du soir, de Luis Quesada.
–Demain, tôt, vous allez rencontrer le lieutenant-colonel Juan Valero et le major Alberto Fabio Carrillo, de la Brigade Simón Bolívar.
En très peu de mots, Quesada me fit un brillant exposé du fonctionnement des structures institutionnelles solidaires du Poder Popular Bolivariano (à travers La Corporación de Abastecimiento y Servicios Agrícolas, C.A.S.A. ; Mercal, Mercado de Alimentos, entre autres) en temps de crise et me laissa entendre que, chaque jour, le Commandant serait ponctuellement informé de l’évolution respective de nos missions.
J’ai commencé à parler de Gallegos au major Carrillo, sur le campus de l’Université adventiste de Diquini. Nous étions en tournée d’inspection des principales boulangeries de la capitale. Troublante conjoncture, celle-là, lorsqu’une branche de l’Exécutif national venait de magouiller pour se débarrasser d’une autre branche, prétextant « émeutes de la faim », l’analyse des microstructures de production/distribution alimentaire, rien pour la région métropolitaine, nous révélerait de précieux détails.
A notre première réunion de travail à l’Ambassade –Bicentenaire–, nos alliés sourirent, en remarquant l’impressionnant paquet de revues et publications liées au chavisme que me remit le compañeroministre conseiller, Luís Quesada. L’analyse de nos enquêtes de terrain et l’analyse de toutes les données, alors disponibles, avaient convaincu, en haut lieu, à Miraflores, que pour la capitale, l’alimentation et le logement constituaient deux bombes à retardement pour n’importe quel gouvernement.
Je vous signale, en passant, que nous ne sommes qu’en 2008. Mai-Juin, 2008…Chavez rêvait d’un puissant ministère du logement, pour Haïti, et d’une superstructure équivalente à trois de nos ministères pour l’alimentation.
A l’issue de la réunion, le major Carrillo me présenta au capitaine Juan Prato, commandant du mini-contingent alors en poste à l’Ambassade et impliqué dans la construction du marché. A trois reprises, au cours de nos rencontres ultérieures, le capitaine Prato, de sa tente du Bord de mer, savait avec une effrayante précision microscopique, Qui faisait quoi, avec l’aide détournée, dans chaque corridor d’Haïti. Entre nous, gens de la Caraïbe, qui comprennent vite les choses compliquées, un délicat sourire philosophique terminait la conversation…
De Grand-Ravine à La Saline, en passant par Delmas –au delà de la vitrine–, jusqu’au Canapé-Vert (Rosa et alentours), pendant 21 jours, nous avons apporté le message et la personnalité doctrinale de Hugo Rafael Chavez Frías, efficacement. La plupart de ces cellules sont restées « dormantes », pendant quelques mois, avant de disparaître, purement et simplement. Accompagné d’un jeune ingénieur vénézuélien, apparemment civil, nous avions toujours cru que la quincaillerie politicienne nationale s’intéressait uniquement à l’argent de Chavez, mais pas au chavisme, dans son éruptive complexité émancipatrice.
En quelques jours et sans grand effort mental, j’avais vite compris que l’intérêt solidaire qui se manifestait dans la poitrine de ces officiers (Valero, Carrillo, Prato), envers la République d’Haïti, allait très au-delà des belles photos-souvenirs, généralement sans avenir, donc condamné à ne pas trouver d’écho consistant ou de vis-à-vis sérieux. Quelques jours après cette mémorable mission, les décideurs locaux firent publier une petite note réductrice, au bas d’une page perdue, d’un de nos quotidiens. Enfin ! Et Hélas, plusieurs fois…
Ami lecteur, l’une des rares personnalités solides de cette planète, qui nourrissait des rêves de dignité pour ce qui nous reste de pays, vient de s’éteindre. Nous lui devons une pensée spéciale. Merci pour cette longue minute !
 

[1] Dr. Carlo A. Désinor, Un Siècle Au Quotidien, Tome 1.

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NDCDP-Politique.-
Pour lire un résumé de la biographie du Président Hugo Chavez, cliquez sur le lien suivant:
Wikipedia/ Hugo Chavez

mardi 12 février 2013

Universités - La gratuité est réaliste, dit Jacques Parizeau

ledevoir.com, mardi 12 février 2013

L'obsession du déficit zéro empêche de réfléchir, croit l'ancien premier ministre.

Les étudiants « ne sont pas hors norme, ils ne sont pas hors d’ordre. C’est ridicule de les envoyer paître », estime l’ancien premier ministre Jacques Parizeau.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les étudiants « ne sont pas hors norme, ils ne sont pas hors d’ordre. C’est ridicule de les envoyer paître », estime l’ancien premier ministre Jacques Parizeau.


La gratuité scolaire est une option financièrement réaliste qui doit être discutée dans le cadre du Sommet sur l’enseignement supérieur.
C’est ce que croit l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, qui s’explique mal que le gouvernement Marois n’ait pas manifesté une ouverture spontanée au discours des étudiants sur l’abolition des droits de scolarité, une des visées de la création des universités du Québec.

« Est-ce que [la gratuité scolaire] peut se financer ? Eh bien oui, il faut regarder cela », a-t-il affirmé au cours d’une rencontre avec Le Devoir. M. Parizeau, qui a notamment été ministre des Finances et ministre du Revenu du Québec, admet que la question est complexe et qu’elle mérite une analyse sérieuse. Mais selon lui, le sommet qui doit se tenir dans deux semaines est un lieu tout à fait approprié pour lancer cet important « débat de société ».

Il critique indirectement l’attitude du gouvernement Marois par rapport aux demandes des étudiants, lui qui a tergiversé pendant quelques semaines avant de finalement promettre que la question de la gratuité pourra être abordée lors des discussions. « Pendant plus de 20 ans, la société québécoise a fonctionné sur la base d’une gratuité scolaire qui, éventuellement, devait venir quand les frais de scolarité ne devaient plus représenter grand-chose, à cause de l’inflation. Que des jeunes d’aujourd’hui veuillent discuter de ça, eh bien, il y a toute une génération qui a pensé la même chose. Ils ne sont pas hors-norme, ils ne sont pas hors d’ordre. C’est ridicule de les envoyer paître. »

M. Parizeau a ainsi rappelé qu’à la fin des années 60, au moment d’implanter le réseau des universités du Québec, le gouvernement s’était clairement donné comme objectif de tendre, à long terme, vers la réduction à néant des droits de scolarité. Ainsi, au moment de la naissance des polyvalentes et des cégeps, Québec avait décidé que la gratuité serait évidemment la norme au secondaire, mais aussi au collégial. « Mais en arrivant aux universités, on a constaté qu’on n’avait pas assez d’argent pour rendre ça gratuit. C’est ce qu’on voulait, mais on n’avait pas les moyens, a expliqué M. Parizeau, qui était alors conseiller économique du premier ministre Daniel Johnson. On a pris la moyenne des frais de scolarité des universités du Québec à ce moment-là. On a établi le montant des frais à 567 $ partout, on a décidé de le geler et de laisser l’inflation gruger ça. Nous étions tous d’accord, et il y avait un consensus social évident. On voulait laisser l’inflation réduire le fardeau des étudiants. »

Ce gel a été en vigueur de 1968 à 1989. La facture a par la suite été multipliée par trois en quelques années. Depuis, le débat sur la hausse des droits de scolarité refait constamment surface. Le Parti québécois, qui privilégie la voie de l’indexation, juge que la gratuité scolaire n’est tout simplement pas possible, en raison de l’état actuel des finances du Québec. « La gratuité scolaire nous apparaît plus comme un idéal à long terme que comme une mesure concrète dans le contexte actuel », a dit le ministre de l’Enseignement supérieur - et auteur d’une biographie en trois tomes de Jacques Parizeau -, Pierre Duchesne, la semaine dernière.

Se donner les moyens

L’ancien ministre des Finances croit plutôt que le gouvernement devrait mettre de côté l’absolue nécessité de boucler chaque année financière sans le moindre déficit, sans quoi le débat sur le financement des études supérieures ne pourra se faire. « Le déficit zéro bousille tout. À partir du moment où vous fixez l’objectif zéro pour une date butoir et que ça devient une religion, vous cessez de réfléchir. On coupe partout, on ne se pose pas de questions », a-t-il laissé tomber.

Acteur important de la Révolution tranquille, Jacques Parizeau suggère en outre de réfléchir aux moyens que l’État pourrait se donner pour accroître ses revenus. « Pour le financement des universités, si on décide que la gratuité est un objectif à long terme, c’est certain que la contribution des entreprises doit être augmentée », a-t-il souligné. « Par exemple, voulez-vous bien me dire pourquoi on a enlevé la taxe sur le capital au Québec ? Qu’est-ce que ça a donné ? Enlever les taxes pour l’industrie manufacturière, je comprends ça. C’est important pour la maintenir. Mais pour les banques, ça ne crée pas une job. Tout ce que ça fait, c’est transférer de l’argent des contribuables aux actionnaires. »

« Réimposer la taxe sur le capital pour les banques, ça ne me dérangerait pas, a-t-il poursuivi. Et on parle de quelques centaines de millions de dollars. Ce n’est pas rien. C’est au moins deux fois ce que le gouvernement [de Jean Charest] attendait de ses propres hausses. » Pour les seules institutions financières, les revenus pour l’État québécois provenant de cette taxe abolie par les libéraux entre 2007 et 2011 ont déjà représenté plus de 600 millions de dollars. Ce montant représente à lui seul la majorité de la somme nécessaire pour financer la gratuité, selon les diverses évaluations disponibles.

Le rôle de l’université

Au-delà des questions financières, Jacques Parizeau se dit convaincu de la nécessité de réfléchir à la mission des universités. « C’est de ça qu’il faudrait discuter d’abord. On se fixe un objectif, et ensuite, on cherche de l’argent, pas le contraire. À l’heure actuelle, on fait toujours le contraire. » Selon lui, les institutions accordent trop de place à la recherche, au détriment de la mission d’enseignement, à laquelle il faudrait pourtant accorder la priorité. « Quand on dit qu’il faut avoir des professeurs d’excellence, de première qualité, pour rivaliser avec les autres universités, on ne pense pas à l’enseignement ou à la qualité de l’enseignement. On pense à la recherche. »

Il s’oppose par ailleurs à l’idée - défendue par le chef caquiste François Legault et la rectrice sortante de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum - d’instaurer un système universitaire qui distinguerait les grandes universités tournées vers la compétition mondiale de celles plus vouées au développement régional. « C’est proprement insensé, a lancé M. Parizeau. Les petites universités régionales jouent un rôle qui est sans aucune commune mesure avec leur taille. C’est habituellement le plus grand centre culturel de la région. Elles jouent souvent le rôle de levier économique que les grandes entreprises jouaient auparavant quand elles venaient ouvrir une usine ou une mine. »

dimanche 6 janvier 2013

« Le trésor public n'a pas une gourde du Canada », MCJM dixit.


Par Robenson Geffrard,
 
Trois jours après avoir déconseillé à ses ressortissants de visiter Haïti, le Canada annonce qu'il gèle tous ses fonds destinés aux nouveaux projets dans le pays. « Le Canada est très méchant », s'insurge la ministre de l'Economie, alors que le ministre des Affaires étrangères dit ne pas être au courant de cette décision.
 
 
La ministre de l’Economie et des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie
 
La ministre de l’Economie et des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie
 
 
« Allons-nous nous occuper de leurs problèmes pour toujours? Eux aussi doivent se prendre en main », a déclaré au journal La Presse le ministre canadien de la Coopération internationale, parlant d’Haïti. Julian Fantino a annoncé que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a mis les fonds destinés aux nouveaux projets en Haïti dans la glace, en attendant de déterminer une approche plus «efficace» qui permettrait aux Haïtiens «de se prendre en main ».
 
Une décision qui indigne les dirigeants haïtiens. « Je n’ai pas une gourde du gouvernement canadien dans mon budget ni à titre d’appui budgétaire, ni à titre de projets financés par des dons. Effectivement, l'ACDI finance certaines assistances techniques pour Haïti. Mais ces assistances sont assurées par des firmes canadiennes; aucune firme haïtienne n’en bénéficie », a martelé la ministre de l’Economie et des Finances. Marie Carmelle Jean-Marie a pris en exemple l’assistance technique fournie à la douane par une firme canadienne. « Ces fonds ne rentrent pas dans le Trésor public ni dans le secteur privé. Donc, s’ils jugent que les fonds de l’ACDI sont mal gérés, cela ne concerne en rien l’Etat haïtien. Ils doivent diligenter leur propre audit sur des firmes chez eux qui travaillent en Haïti… », a-t-elle déclaré vendredi matin sur Radio Magik 9.
 
Dans cette interview accordée au journal La Presse, Julian Fantino a indiqué que « depuis 2006, le Canada a versé environ 1 milliard de dollars à Haïti ». «Le fait est qu'Haïti est toujours en mauvais état. Et on va à côté, en République dominicaine, et les choses vont beaucoup mieux. Allons-nous continuer à faire la même chose de la même manière en Haïti? Je ne pense pas! Parce que nous n'obtenons pas le progrès auquel les Canadiens sont en droit de s'attendre », a-t-il déclaré.
 
Selon M. Fantino, les fonds destinés aux nouveaux projets pour Haïti ont donc été gelés en attendant de décider des prochaines étapes. Il a estimé que les Haïtiens pourraient et devraient maintenant en faire davantage pour bâtir leur propre avenir. Le ministre canadien de la Coopération internationale, qui a visité Haïti pour la première fois à la fin novembre, a déclaré : « Prenez la situation des déchets, par exemple. Le taux de chômage est très élevé en Haïti. Il y a des centaines de milliers d'hommes et de femmes très capables qui pourraient s'impliquer et nettoyer. Il y a des déchets partout! »
 
En revanche, il a souligné que son pays va continuer à financer certains programmes… Mais il n'y a pas de nouvelle initiative en ce moment, a-t-il dit.
 
Réagissant sur cette récente décision du Canada et sur le « Travel Warnings », Marie Carmelle Jean-Marie a estimé que c’est « très méchant de la part de ce pays ami qui dit vouloir aider. On fait des efforts, par exemple l’inauguration de l’hôtel Oasis, prochainement celle de Best Western, et c’est maintenant que le Canada déconseille à ses ressortissants de visiter Haïti. Comme si à chaque fois qu’on va se sortir de l’eau, il nous enfonce la tête un peu plus, nous empêchant de respirer… »
 
Intervenant vendredi matin à l’émission Panel Magik, le ministre haïtien des Affaires étrangères a indiqué qu’il n’était pas au courant de cette décision du Canada. « Nous n’avons pas encore cette information, ni officiellement, ni officieusement. Hier soir (jeudi soir), j’avais des conversations avec l’ambassadeur du Canada sur d’autres sujets, il ne m’en avait pas parlé. De toute façon, Haïti ne peut pas vivre indéfiniment de l’aide de la communauté internationale », a déclaré Pierre-Richard Casimir. Cependant, il a reconnu que les situations difficiles auxquelles fait face le pays le rendent dépendant par rapport à la communauté internationale.
 
« Sitôt reçue cette information, je vais l’analyser. Il doit y avoir un document officiel sur cela, je ne l’ai pas encore. Mais je vais me renseigner pour savoir quelle est la situation et savoir quelles sont les raisons de cette décision », a avancé le chancelier haïtien. Il a rappelé que lors de sa récente visite en Haïti, le ministre canadien de la Coopération internationale, Julian Fantino, avait exprimé ses satisfactions sur les échanges et « on s’était mis d’accord sur la nécessité d’aller de l’avant sur un ensemble de choses… », a-t-il rappelé.
 
Clément Bélizaire, responsable du projet 16/6 visant à reloger les sinistrés qui se sont refugiés au Champ de Mars après le séisme du 12 janvier 2010, financé par le gouvernement canadien, a fait savoir au Nouvelliste que cette décision du Canada ne concernait pas le programme qu’il dirige. « Le projet 16/6 fonctionne normalement. Nous n’avons fait aucune demande de nouveaux fonds. Tous les indicateurs montrent que le programme marche très bien… », a-t-il dit.
 
L'ancienne gouverneure générale, Michaëlle Jean, a dit espérer que la décision de l'ACDI de geler les fonds destinés aux nouveaux projets en Haïti ne sera que temporaire. Tout en reconnaissant que les pays donateurs doivent repenser la manière de distribuer l'argent pour être plus efficace, l'envoyée spéciale de l'UNESCO en Haïti s'inquiète des conséquences de cette décision.
 
Dans une note de protestation, le gouvernement haïtien a estimé que les avertissements du Canada, déconseillant à ses ressortissants de visiter Haïti, « sont incompatibles avec les progrès constatés sur le terrain et sont définitivement préjudiciables à l’image du pays à un moment où l’administration Martelly/Lamothe conjugue tous ses efforts pour remettre Haïti sur la carte internationale. »
 
Selon plus d’un, après les dernières déclarations du ministre canadien de la Coopération internationale, Julian Fantino, et la décision de son pays de geler ses fonds destinés à Haïti, les dirigeants doivent comprendre que les Etats n’ont pas vraiment d’amis.
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NDCDP.- À lire aussi sur le même sujet:
Le Canada a largué Haïti, LCDP-Politique, 4 janvier 2013 

vendredi 4 janvier 2013

Le Canada a largué Haïti

Par Dr. Pierre Montès
 

*
Photo: Swoan Parker, Reuters, lapresse.ca, 4 janvier 2013
 
Le ministre de la Coopération internationale du gouvernement consevateur (canadien), Julian Fantino, a visité Haïti pour la première fois à la fin de novembre 2012. On le voit sur la photo; il est en premier plan, le 2e à partir de la droite.
 
Le ministre a répété en ce début d'année ce que le Professeur Jared Diamond a écrit, il y a quelques années, en long et en large dans un fameux livre que les haïtiens devraient lire [(1), (2)]:
 
«Le fait est qu'Haïti est toujours en mauvais état.
Et on va à côté, en République dominicaine, et les choses vont beaucoup mieux».
 
Cliquez sur le lien suivant pour lire l'article de La Presse:
 

La balle serait dans le camp de la diaspora et des haïtiens de l'intérieur.
À ce propos, je vous suggère de cliquer sur le lien suivant pour lire un travail que j'avais publié, il y a trois mois:

Article LCDP-Économie générale, 13 octobre 2012
__________________________
(1) Jared Diamond: "Collapse"
(2) Article LCDP, 10 mars 2008

mardi 30 octobre 2012

Commission Charbonneau/ Le coffre-fort du parti Union Montréal débordait, selon le témoignage d'un ex-organisateur

Je vous invite à lire l'article auquel conduit le lien suivant:

lapresse.ca / Le coffre-fort d'Union Montréal débordait, dit un ex-organisateur du parti

Voici un extrait de cet article sur un fait inusité.

« Un soir, à l'automne 2004, Bernard Trépanier, responsable du financement d'Union Montréal, convoque Martin Dumont. En entrant, il lui demande de fermer la porte et les stores, même si les locaux du parti sont vides. Celui que plusieurs surnomment monsieur 3% se tient alors derrière son bureau, penché devant son coffre-fort.»

- Comment est-ce que je peux t'aider? a dit Martin Dumont.

- La porte ne ferme pas, a répliqué Trépanier.

- Il y a un problème avec la serrure?

- Non, il est trop plein.

« C'est à ce moment que Martin Dumont affirme avoir constaté que le coffre-fort débordait d'argent. L'ex-organisateur dit surtout avoir été frappé par la couleur des billets - rouge, brun, rose, soit des coupures de 50$, 100$ et 1000$. "C'est le plus gros montant que j'ai vu de ma vie", s'étonne encore aujourd'hui M. Dumont, incapable d'évaluer combien d'argent se trouvait devant lui.»

« Pour résoudre son problème, Bernard Trépanier a fini par retirer des billets pour les cacher dans son veston.»
...

« Mal à l'aise, Martin Dumont dit avoir suggéré à la blague à Bernard Trépanier de se procurer un coffre-fort plus volumineux.»

« Quelques semaines plus tard, l'ex-organisateur dit avoir été surpris de constater qu'un coffre deux fois plus gros avait été installé dans le bureau du responsable du financement...»


NDCDP-Politique

Le témoin Martin Dumont a affirmé hier que le coffre-fort avait pour dimensions 2 pieds de largeur par 2 pieds de hauteur. On peut supposer qu'il avait aussi 2 pieds de profondeur. Le volume du coffre-fort était donc de l'ordre de 8 pieds cubes.

Bernard Trépanier a remplacé ce coffre-fort par un autre dont les dimensions étaient deux fois plus grandes (c'est ce qu'a affirmé le témoin Martin Dumont hier à la Commission Charbonneau).

Eh bien, ce faisant, le volume du nouveau coffre-fort, n'a pas doublé l'espace disponible pour déposer de l'argent liquide, mais il a été multiplié par huit, soit 4 pieds x 4 pieds x 4 pieds = 64 pieds cubes !

Pour doubler le volume d'un cube donné, il aurait fallu que les dimensions soient multipliées par racine cubique de 2, soit approximativement 1,26. En effet: 1,26 x 1,26 x 1,26 = 2.

Selon le témoignage de Martin Dumont, les dimensions du nouveau coffre-fort n'étaient pas 26 % plus grandes que celles de l'ancien coffre-fort, mais le double.


 Wikipédia rapporte cette légende grecque bien connue. Les Déliens (habitants de l'île Delos en Grèce) étaient frappés par une épidémie de peste. Ils demandèrent à l'oracle de Delphes comment faire cesser cette épidémie. La réponse de l'oracle fut qu'il fallait doubler l'autel consacré à Apollon, autel dont la forme était un cube parfait. Le problème de la duplication du cube était (et l'est encore) impossible à résoudre à l'aide de la règle et du compas.

De nos jours, la collusion et la corruption peuvent-elles être empêchées ?
Sur cette question, l'oracle est consulté: c'est la Commission Charbonneau.
Soyons optimistes...il ne s'agit ici ni de la duplication d'un cube, ni de la quadrature du cercle, ni de la trisection de l'angle, trois problèmes insolubles avec règle et compas.