dimanche 9 janvier 2011

Haïti/Crise électorale - crise politique



Le Président haïtien René Préval et le Secrétaire général adjoint de l'OEA, Albert Ramdin, 17 décembre 2010. Photo: OEA



Le 28 novembre 2010, après la journée de vote où des partisans du candidat du parti au pouvoir ont participé à des fraudes massives en faveur de leur candidat Jude Célestin, des diplomates réunis en la circonstance étudiaient la possibilité d'envoyer le Président Préval en exil. C'est ce qu'a déclaré l'ambassadeur Ricardo Seitenfus dans une entrevue à un journal brésilien le 29 décembre 2010.

Une commission formée d'experts choisis par l'OEA est venue, fin décembre-début janvier, à Port-au-Prince pour évaluer la nature et l'ampleur des fraudes et faire ensuite rapport au secrétaire général de l'OEA, au Président Préval et au CEP.

Il est bruit que le rapport des experts de l'OEA sera déposé au début de cette semaine.

Le rapport des experts de l'OEA va permettre, nous l'espérons, de comprendre ce qui s'est réellement passé le 28 novembre 2010, jour du vote, ce qui s'est passé ensuite au centre de tabulation, et, enfin, ce qui s'est passé au CEP de René Préval.

Le rapport permettra, nous l'espérons, de mesurer l'ampleur des fraudes perpétrées en faveur du candidat de René Préval, Jude Célestin, par des militants du parti INITÉ, ce qui déteminera s'il y a lieu d'annuler le premier tour ou de continuer avec un second tour avec ou sans Célestin.

Selon ce que rapporte CaribWorldNews, (Kingston, Jamaïque, 8 janvier 2011), les experts ont tiré au hasard un échantillon de 550 urnes pour vérification.

Nous supposons que l'expert statisticien de la commission de l'OEA voudrait vérifier, entre autres choses, si l'échantillon prélevé permet d'obtenir des résultats similaires à ceux proclamés par le CEP. Par exemple, est-ce que l'échantillon contient à la fois environ 31% de voix pour Manigat, 22% environ pour Célestin, 22% environ pour Martelly ? Ce sont les pourcentages dévoilés par le CEP le 5 décembre dernier sur un total de 1 074 056 votes valides au premier tour des présidentielles 2010.

Si tel était le cas, les experts de l'OEA pourraient arriver à la conclusion que le centre de tabulation et le CEP méritent 10 sur 10. Et les fraudes se situeraient alors exlusivement (ou presque) du côté des militants de INITÉ qui ont opéré dans les bureaux de vote le 28 novembre ou dans la nuit du 27 au 28 novembre dans les bureaux de vote, si on ne tient pas compte de la mauvaise organisation de la logistique par le CEP (électeurs ne sachant où aller voter, électeurs munis de leur carte et dont le nom ne figurait pas sur la liste d'électeurs au bureau de vote où ils ont été dirigés, etc.).

Il ne sera pas possible de corriger le biais que les fraudes du parti INITÉ ont introduit dans le vote du 28 novembre 2010 en faveur de Jude Célestin, car ce biais affectera aussi, évidemment, l'échantillon de 550 urnes prélevé par les experts de l'OEA.

Espérons que les experts soient en mesure de déterminer le pourcentage d'urnes qui sont polluées parmi les 550 urnes de l'échantillon choisi et qu'ils se prononceront clairement sur l'opportunité ou non d'appliquer ce pourcentage aux urnes remplies aux élections présidentielles du 28 novembre dans l'ensemble des bureaux de vote.

Rapelons qu'il y a aussi le sondage réalisé par le CNO (centre national d'observation des élections qui avait déployé 5 500 observateurs à travers le pays) le jour du vote, sur environ 1500 bureaux de vote qui avait donné les estimations suivantes:

Mirlande Manigat: 30% environ;
Michel Martelly: 25% environ;
Jude Célestin: 20% environ (résultat biaisé par les fraudes en faveur de Célestin).

Il reste qu'une décision sera prise à la suite du dépôt du rapport des experts de l'OEA.
Le CEP et René Préval, devraient accepter de suivre les recommandations du rapport des experts de l'OEA. C'est ce qu'a déclaré en essence le Premier ministre Bellerive à Carib World News la semaine passée à Kingston.

Mais, quelle que soit la décision que prendront Préval et le CEP, le deuxième tour devrait être organisé par un CEP remanié, et, sous un gouvernement provisoire, après le 7 février 2011, dans un délai court. On ne peut pas faire confiance au système Préval-CEP actuel, même si Célestin est éliminé au premier tour.

Si le rapport des experts révèle que les fraudes en faveur de Célestin sont énormes, l'une des solutions politiques possibles serait d'accorder la victoire à Mirlande Manigat au 1er tour, étant donné son avance et étant donné qu'il n'y a pas eu de fraudes en sa faveur au premier tour. Ce serait alors élire un président à la majorité relative. A ce propos, si l'on enlève les voix en faveur de Célestin au premier tour, comme s'il avait 0 vote en sa faveur au 1er tour (le pire des scénarios), on aboutirait alors aux pourcentages suivants au 1er tour des présidentielles du 28 novembre 2010:

Mirlande Manigat: 336 878/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 40,5%
Michel Martelly: 234 617/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 28,2%
Jude Célestin: (241 462 - 241 462)/(1 074 056 - 241 462) x 100% = 0,0%

Est-ce que les électeurs qui se sont déplacés pour aller voter pour Mirlande Manigat et qui n'ont pas pu voter du tout le 28 novembre, représentent les 9,5% de votes qu'il lui manque pour être élue dès le 1er tour ?

Est-ce que les électeurs qui se sont déplacés pour aller voter pour Michel Martelly et qui n'ont pas pu voter du tout, représentent les 21,8% de votes qu'il lui manque pour être élu dès le 1er tour ?

On n'aura jamais réponse à ces deux questions hypothétiques. On ne peut que conjecturer.

Enfin, en résumé, le rapport des experts de l'OEA sera très utile. Il restera à savoir comment Préval le fera utiliser par son CEP.

Préval est comme pris dans un piège (pèlen, karabann): d'un côté il y a la communauté internationale qui a condamné Préval au point d'avoir voulu l'envoyer en exil, si Bellerive avait accepté de faire partie de la transition le 28 novembre (2e entrevue de Seitenfus au Brésil, le 29 décembre); d'un autre côté, il y a les électeurs qui veulent que leur vote au premier tour compte. Et enfin, il y a l'échéance constitutionnelle du 7 février 2011 que Préval sera amené à respecter de gré ou de force.

Les États-Unis seraient prêts à supporter l'annulation des élections

Source: lenouvelliste.com, 7 janvier 2011

Haïti: Le gouvernement américain n'aurait pas d'objection à une recommandation d'annulation des élections controversées du 28 novembre dernier par les experts de l'OEA chargés de superviser le Centre de tabulation des votes. Elle pourrait même supporter cette recommandation. Cependant, il sera intéressé à comprendre la méthode utilisée par la Mission de l'OEA pour arriver à cette conclusion, selon le Washington Post. Pour l'heure, tout le monde attend le rapport de cette mission.

Selon Cheryl Mills, le chef de cabinet de la secrétaire d'Etat américain Hillary R. Clinton, les Etats-Unis sont en attente du rapport de la Mission de l'OEA en Haïti depuis la fin du mois de décembre dernier. Les responsables américains évalueront toutes les mesures jugées nécessaires par le groupe, a-t-elle dit. « Si la mission de l'OEA conclut l'annulation ou de refaire [...], il faut tenir compte, nous serions évidement intéressés à comprendre comment ils sont arrivés à ces conclusions, a déclaré Mills, rapporté par Washington Post. Les États-Unis voudraient examiner si oui ou non ces conclusions ont été celles que nous aussi pourrons soutenir, a-t-elle ajouté. »

En outre, Cheryl Mills n'a pas dit si les États-Unis appuieraient le président Préval s'il devait rester en fonction au-delà du 7 février. Mais elle a réitéré les préoccupations au sujet des suffrages du 28 novembre, qui sont contestés par les partisans des trois premiers au classement.

Selon radio Vison 2000, la Mission de l'OEA soumettra son rapport au président René Préval et au Conseil électoral provisoire (CEP) au début de la semaine prochaine. De graves irrégularités et de faux procès-verbaux ont été constatés par les experts de la mission de l'organisation hémisphérique.

La mission a rencontré vendredi plusieurs observateurs locaux dont l'Initiative de la société civile (ISC), le Conseil national d'observation électorale (CNO) et le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH).

Le RNDDH aurait conseillé aux experts de l'OEA de tenir compte de la volonté du peuple haïtien ainsi que des droits de ceux qui ont participé aux scrutins du 28 novembre.

Il faut rappeler que le directeur général du CEP, Pierre-Louis Opont, avait souligné qu'un second tour avant le mois de février est matériellement impossible. « Il faut attendre les résultats de la mission de l'OEA pour avoir une nouvelle date. On bâtira le calendrier électoral à partir de la publication des résultats définitifs du premier tour », avait-il dit. A partir de la date de la publication des résultats définitifs du premier tour, nous aurons besoin d'au moins un mois avant de tenir le second tour, avait-il ajouté.

« Toute décision du Conseil dépendra du rapport d'évaluation que produiront les experts de l'Organisation des Etats américains », avait avancé pour sa part le président de l'institution électorale, Gaillot Dorsainvil.

Par ailleurs, un des responsables de la campagne électorale de la plateforme présidentielle INITE, Pascal Nard-Denis, a affirmé lundi que son organisation politique est prête a se courber au verdict de la mission d'experts de l'OEA, tout en soulignant que son candidat à la présidence ira au second tour de l'élection s'il ne les remporte pas au premier tour.

En outre, la Première Dame de la République d'Haïti prend la défense du président dans crise née des élections du 28 novembre. « M. Préval n'est pas partie prenante de la crise électorale, n'étant pas candidat », a déclaré Elisabeth Préval. Son rôle est de protéger la stabilité en s'assurant que la crise soit résolue en conformité avec la Constitution, la loi électorale et à la lumière des recommandations de la mission d'experts de l'OEA », a-t-elle ajouté.
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NDCDP-Politique.-
A) Il faut noter que le Président Préval n'est pas neutre dans ces élections générales:
1) Son parti INITÉ prend part aux élections.
2) Il appuie ouvertement le candidat à la présidence Jude Célestin.
3) Il influence le CEP.
4) INITÉ utilise le matériel du CNE pour faire campagne en faveur de Jude Célestin
5) Certains militants du parti INITÉ détiennent chacun (chacune)des dizaines de cartes d'électeurs, alors que beaucoup d'électeurs qui n'appuient pas INITÉ n'ont pas pu retirer leur carte d'électeur.
6) Les fraudes aux élections générales du 28 novembre 2010 ont été perpétrées par des militants du parti INITÉ en faveur de Jude Célestin et des autres candidats de ce parti.
7) etc.

B) À lire aussi:
CaribWorldNews.com: «Haiti PM says his government will accept OAS-CARICOM election advice», Kingston (Jamaica), Saturday, January, 8, 2011

samedi 8 janvier 2011

Haïti/Le mandat du Président René Préval doit prendre fin le 7 février 2011


Source: Page FaceBook de M. Jean-Junior Joseph, 8 janvier 2011


Le CEP, en proclamant l'élection de René Préval en 2006 à la présidence d'Haïti, avait précisé que le mandat du Président prendra fin le 7 février 2011.
Plusieurs juristes, dont l'éminent homme de loi Gérard Gourgue, se sont prononcés récemment sur le sujet. Ils sont unanimes à dire que le Président Préval devra partir le 7 février 2011, comme le veut la Constitution de 1987.

Selon toute vraisemblance, le deuxième tour des élections présidentielles aura lieu sous un président et un gouvernement provisoires qui feront la transition (qu'on espère très courte, disons 45 jours environ) entre René Préval et, nous l'espérons, Madame Mirlande Manigat (RDNP) qui a été classée première au premier tour tenu le 28 novembre 2010, malgré les fraudes du parti au pouvoir (INITÉ).

mardi 4 janvier 2011

Dilma Rousseff devient présidente du Brésil



Dilma Rousseff, samedi 1er janvier 2011, lors de son investiture. (REUTERS)


Sources: AFP et liberation.fr, 1er janvier 2011

Dilma Rousseff a été investie ce samedi présidente du Brésil et devient la première femme à diriger le géant sud-américain, succédant au président sortant Luiz Inacio Lula da Silva.

Cette économiste et ex-guérillera de 63 ans ayant connu les geôles de la dictature a prêté serment sur la Constitution brésilienne devant les députés et les sénateurs ainsi qu’un parterre de chefs d’Etat et de gouvernement étrangers réunis au Congrès. Elle a été longuement ovationnée par les parlementaires.

La nouvelle présidente hérite d’un pays en plein boom économique mais qui reste l’un des plus inégalitaires du monde. Celle qui fut la principale ministre de Lula a déjà annoncé sa priorité: «éradiquer la misère» qui touche encore 18 millions de personnes.

Surnommée la «dame de fer» pour son tempérament bien trempé et sa grande capacité de travail, Dilma, comme l’appelle les Brésiliens, a été élue fin octobre face au social-démocrate José Serra, grâce au soutien de Lula qui a usé de tout son charisme et de son poids politique pour faire élire cette économiste quasi-inconnue des Brésiliens, aux premiers pas publics hésitants.

«Je suis la seule femme méchante au Brésil»
C’est déjà Lula qui l’avait imposée en 2009 comme candidate de son parti des Travailleurs (PT, gauche), alors qu’elle avait le double handicap de n’avoir jamais disputé une élection et de ne pas être une membre historique du PT. Mais le président sortant affirme que ses talents politiques et de gestionnaire l’ont convaincu qu’il s’agissait de la «meilleure» candidate.

«Elle est arrivée avec son petit ordinateur. On a commencé à discuter et j’ai senti quelque chose de différent en elle», dira Lula en 2003 après l’avoir nommée au gouvernement au poste stratégique de ministre de l’Energie.

Connue pour son caractère tranchant, Rousseff a la réputation de houspiller publiquement les ministres. «Je suis dans un gouvernement, un pays, où aucun homme n’assume ses positions. Je suis la seule femme méchante au Brésil entourée par des hommes gentils», a plaisanté Rousseff lors d’une rencontre avec la presse.

En 2005, le scandale sur le financement parallèle de la campagne du PT a décapité la direction du parti en contraignant les poids lourds du gouvernement à démissionner. Dilma Rousseff a alors été propulsée au poste clé de ministre de la Maison civile, une sorte de chef du gouvernement.

Depuis 2007, Lula présente Dilma comme la «mère du PAC», le programme d’accélération de la croissance qui finance d’énormes investissements dans les favelas et les infrastructures du pays.

«Jeanne d’Arc de la subversion»
Née le 14 décembre 1947 à Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais (sud-est) d’un père bulgare et d’une mère brésilienne, Dilma a activement milité dans les mouvements de lutte armée, en pleine dictature. Dans des dossiers secrets récemment révélés, les militaires la présentaient comme la «Jeanne d’Arc de la subversion».

Arrêtée à Sao Paulo en janvier 1970, elle a été condamnée à six ans de prison mais a été finalement libérée fin 1972 sans avoir cédé à la torture.

Début 1980, elle participe à la refondation du Parti démocratique travailliste (PDT, gauche populiste) de Leonel Brizola avant de rejoindre le PT en 1986.

Pour affronter les électeurs, Dilma s’est soumise à plusieurs opérations de chirurgie esthétique. Elle en est sortie rajeunie, plus mince, et sans ses grosses lunettes de forte en thème.

L’année dernière, elle a admis publiquement subir un traitement contre un cancer, ce qui a adouci son image. Les médecins la considèrent aujourd’hui guérie.

La «dame de fer», qui maintient une grande discrétion sur sa vie privée, est divorcée après avoir été mariée deux fois. Elle est mère d’une fille, Paula, et grand-mère depuis début septembre.

lundi 3 janvier 2011

Further Interview by Brazilian Diplomat Ricardo Seitenfus

Source: canadahaitiaction.ca
Diplomat in Haiti to be dismissed for criticizing OAS, NGOs
Ricardo Seitenfus claims coup against Préval was suggested
(Abridged translation of an interview by BBC in Brazil, as published in Folha December 29. )

The representative of the Organization of American States in Haiti for two years, Brazilian Ricardo Seitenfus is due to be fired from his position soon, a development he himself interprets as a response to his “critical position” on the role of the international community in the Caribbean nation’s recovery…

BBC Brazil Have you been notified officially of your dismissal from your position?

Ricardo Seitenfus No, not yet. I had decided not to take a vacation in December so I could be in Haiti during this delicate phase of the election. But the secretary general (José Miguel Insulza) asked me to take a vacation. I conclude that for the two months, February and March, that I was supposed to remain in Haiti I would no longer be there. But that is not the problem. The most serious thing is what is happening now: the OAS representative is not in Haiti during an electoral crisis. And I have an ability for dialogue with the Haitian government that no one else in the OAS has and that few in the international community have.

BBC You have been in Haiti for two years. Has there been a recent incident that moved you to adopt this more critical position?

RS Right after the earthquake, an exceptional job was done. To the degree that it was possible, Haitians received help, aid… An international joint effort was made that was positive. Meanwhile, when the emergency was over, things began not working as they should. In March, there was a meeting of the donors in New York in which 11 billion US dollars was collected for Haiti. It happened that those resources never got to the country.

An international commission for the reconstruction of the country was created that to this day is searching for its real functions. At any rate, the international community’s promises were not kept. And meanwhile the plight of the displaced remains the same.

BBC All that changed your view of things?

RS I would say that I became progressively aware of our limitations and, why not say it, of our failures in Haiti… I mean, we of the international community. Besides that, on November 28, the day of the elections, there was discussion in a meeting of the Core Group (donor countries, OAS and the United Nations) of something that seemed to me simply frightening. Some representatives suggested that President René Préval should leave the country and that we should think about an airplane for that purpose. I heard that and I was horrified. The prime minister of Haiti, Jean–Max Bellerive, arrived and immediately said not to count on him for any solution outside the constitution and he asked if President Préval’s mandate was being negotiated. And there was silence in the room. Beside me was Albert Ramdin, adjunct secretary of the OAS, so I could not speak because the OAS was being represented by him. But faced with his silence and that of the others, I asked to be able to speak and reminded them of the existence of the Inter-American Democratic Charter [of the OAS] and that I thought any discussion of President Préval’s mandate would be a coup. I was very surprised by the fact that the adjunct secretary of the OAS remained silent in the face of the possiblity of shortening the term of a legitimately elected president.

BBC But many people argue for a provisional government as a solution to the electoral impasse in the country…

RS I was always against that. A provisional government would not have the legitimacy of the ballot boxes and it would be an admission of our failure. If after almost seven years (of the peace mission in Haiti) we do not manage to organize a democratic transfer of power, I wonder how we can make a positive evaluation of the presence of the international community, which came here to bring democracy to the country.

BBC So your criticisms apply to the peace mission as well?

RS After the earthquake the nature of the Haitian challenges changed completely. We are faced with one of the greatest challenges… It is a human venture to reconstruct a country of ten million inhabitants destroyed by a natural catastrophe. We have 1.5 million people on the streets, with 80 percent unemployment, the cholera epidemic.

We cannot limit ourselves to the challenges foreseen, even mistakenly, in 2004 (the beginning of the mission) as a question of security. The situation is much more complicated and demands more than a peace operation.

BBC But the Brazilian government, for example, has opposed a change in the mandate of the mission… In your opinion, what is that position due to?

RS The international system does not have the means to confront a situation like that of Haiti. We have to change the Council. We have to get rid of the nature of the Security Council and change it to a Council for Economic and Social Development. And above all, we have to think that the development of Haiti has to be carried out by the Haitians. If people imagine that it can be done through MINUSTAH and through the NGOs, we will be deceiving the Haitians and deceiving the world’s public opinion.

BBC Is the Haitian government not being given its due space in this process?

RS Neither the government nor Haitian society. Being in solidarity is not the same as being a substitute for someone, it is to accompany someone. And we are deciding for them. Now we are getting involved in the electoral process. Let Haitian institutions solve their own problems.

BBC But there are charges of past episodes of corruption involving the transfer of resources intended for the Haitian government, no? Does the country not have certain institutional limitations?

RS It is our fault that they have limitations. We transferred all the resources through NGOs and not through Haitian institutions. Without a doubt the Haitian state is very weak and was worse after the earthquake, losing 30 percent of its personnel.

What do we have to do? Maintain policies of accompanying Haiti that allow the personnel to remain in the country. The charges of corruption are part of an ideological discussion. There is no corruption, there is the perception of corruption. Haiti has no way of being corrupt because the state has no resources.

What can be questioned is how the resources that the NGOs collect, without accounting for them to anyone, are being administered. That is indeed the big question. I make an exception of the work that was done in the emergency, but there cannot be a permanent policy of substituting the NGOs for the state. Haiti is Haiti, it is not Haitong [Haiti-NGO]. No country would accept what the Haitians are forced to accept.

BBC And what is Brazil’s role in this process?

RS Brazil has a very large responsibility, because this is the first time that we have a peace mission that is this long and this expensive for us, in which we attempt to demonstrate a different way of acting.

Brazil should take advantage of the fact that there will be a new government in Haiti and a new government in Brazil and make an assessment of six and a half years of MINUSTAH. I am not proclaiming that Brazil should withdraw its troops tomorrow. That will be done after a long discussion, that includes the Haitian government and the United Nations.

Not discussing it would be the big mistake. As though MINUSTAH were a divine truth, a bolt of lightning from the sky, as though there could be no reservations. I have the impression that the quality of a peace operation is inversely proportional to its duration. The longer a peace mission is extended in time, the less value it has. The good peace missions are the short peace missions.

dimanche 2 janvier 2011

Haïti-élections 2010/ Entrevue de Charles Baker

Voici un vidéo où le candidat Charles Baker présente un échatillon de ce qui s'est passé le 28 novembre 2010:
Haïti-élections 2010/fraudes et irrégularités/conférence de presse de Charles Baker, 7 min 50 sec, Le Nouvelliste, 13 décembre 2010.

Voir aussi:
Conférence des 12 candidats à la présidence pour l'annulation des élections du 28 novembre 2010:
Haïti-élections 2010/fraudes et irrégularités/ conférence des 12 candidats, 9 min 35 sec, Le Nouvelliste, 30 novembre 2010.

Haïti/René Préval aux Gonaïves: Le chant du cygne ?



Gonaïves, 1er janvier 2011.- Président René Préval: le chant du cygne ?
Photo: zimbio.com




Manifestation anti-Préval aux Gonaïves, 1er janvier 2011
Photo: zimbio.com


Pour plus d'images, cliquez sur: zimbio.com.


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Tiré du journal Le Nouvelliste:, 1er janvier 2011

Haïti: "Nous sommes à un carrefour dangereux" selon René Préval

Le président René Préval a jugé samedi, à l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance d'Haïti, que son pays se trouvait à un "carrefour dangereux" en raison de la crise politique née des élections contestées du 28 novembre.

"Aujourd'hui, nous sommes à un carrefour dangereux. A côté des calamités naturelles, nous sommes dans une crise politique issue des élections du 28 novembre 2010", a déclaré M. Préval à la télévision nationale d'Haïti depuis la ville des Gonaïves (Nord) où se déroulaient les festivités du 207e anniversaire de l'indépendance d'Haïti, ancienne colonie française.

La proclamation, début décembre, des résultats préliminaires des scrutins présidentiel et législatifs avait provoqué de violentes manifestations en Haïti où de nombreux secteurs ont dénoncé des fraudes en faveur du candidat à la présidence Jude Célestin, soutenu par M. Préval.

Le chanteur populaire Michel Martelly, arrivé en troisième position de la présidentielle avec 21% des voix derrière Jude Célestin (22%) et l'ex-première dame Mirlande Manigat (31%), contestent les résultats qui font actuellement l'objet d'une évaluation par des experts dépêchés par l'Organisation des Etats américains (OEA).

M. Préval, dont le mandat constitutionnel arrive à terme le 7 février, a ainsi laissé entendre qu'il pourrait rester au pouvoir jusqu'au 14 mai pour permettre de compléter le processus électoral.

Un groupe de 12 candidats à la présidence qui exigent l'annulation des élections demande à René Préval de partir à la fin de son mandat et prône l'installation d'un gouvernement provisoire.

"C'est un président légitime et des parlementaires légitimes qui doivent remplacer le président, les sénateurs et les députés", a recommandé M. Préval appelant au respect de loi électorale et de la Constitution du pays "pour éviter de tomber dans une crise plus grave".

"La reconstruction du pays ravagé par un violent séisme en 2010, la lutte contre le choléra qui a fait plus de 3.000 morts, réclament la stabilité dans la vie politique du pays", a scandé M. Préval.