vendredi 27 janvier 2012

AP Interview: Haitian leader could pardon Duvalier

Source: miamiherald.com,thursday january 26, 2012

By NIKO PRICE
Associated Press

Haiti's president suggested Thursday that he might pardon former dictator Jean-Claude Duvalier, saying reconciliation for his nation is more important than making the man known as "Baby Doc" pay for his bloody rule.

In an interview with The Associated Press, Michel Martelly pledged to respect the independence of the judge expected to rule within days whether Duvalier should face trial on corruption and human rights violations. Duvalier was driven into exile in 1986 and returned to Haiti a year ago.

But Martelly suggested he has little appetite for a trial that could be explosive for the Caribbean nation, recovering from decades of political turmoil and a devastating earthquake two years ago.
"My way of thinking is to create a situation where we rally everyone together and create peace and pardon people, to not forget about the past - because we need to learn from it - but to mainly think about the future," he said, adding: "You cannot forget those who suffered in that time, but I do believe that we need that reconciliation in Haiti."

Duvalier assumed power in 1971 at age 19 following the death of his notorious father, Francois "Papa Doc" Duvalier. The two presided over a dark period in which their private militia of thugs in sunglasses, known as the Tonton Macoute, tortured and killed opponents. The younger Duvalier has been accused of stealing millions of dollars from public funds; he denies the accusations.

Martelly said any decision on a possible pardon would come only with "a consensus among all leaders, all political parties."

Martelly also pledged to build a new Haitian security force to maintain order without the U.N. peacekeepers - about 11,000 foreign military and police officers have patrolled Haiti since 2004. They have recently come under fire for allegations of sexual abuse and suspicion of being the source of a cholera outbreak that has killed nearly 7,000 people and sickened a half-million.

The president refused to blame the United Nations for the problems, saying individual troops should be held accountable for their own misdeeds. But he said he will replace the peacekeepers with a Haitian security force that will create jobs for 3,000-5,000 Haitian youths and help Haiti become self-sustaining.

Martelly said he'll need foreign cooperation to fund and train the security force, but pledged to have it at least partially in place by the end of his term in 2016. He has run into opposition from donor countries that criticized earlier pledges to build a new Haitian army - disbanded in disgrace in 1995 - and he acknowledged Thursday that a new army wasn't realistic.

He refused to put a time frame on an exit for the peacekeepers.

"We are working with them to establish a calendar where they can retreat," he said. "I don't want to force the peacekeeping nations to feel like I'm pushing them out."

The Haitian president spoke on the sidelines of the World Economic Forum, an annual gathering of global power brokers at the Swiss ski resort of Davos, where he came to meet with potential investors.
Martelly, a popular musician sworn in as president in May, said he has already provided new homes to thousands of earthquake refugees, sent nearly 1 million more children to free schools and made progress on rebuilding the airport and the ports. Investment, he said, is booming.

His main priority, he said, is to create jobs so Haiti can support itself without being dependent on foreign aid.

"The Haiti that has been waiting for help and not moving no longer exists," he said. "Enough handouts; we need hands up. Enough aid; we need trade."

Part of that mission will involve helping Haitians to take over the earthquake reconstruction work, which has been dominated by foreigners working for non-governmental organizations.

"When I came in, Haiti was not governed by Haitians anymore. Probably mostly by NGOs. And that has done what to Haiti? It has weakened our institutions," he said. "We need to focus on the plan that Haiti has today. We have a plan. When we want to go somewhere we are going to have them accompany us. ... We need to organize and better use that aid.

A key part of that will be drawing home well-educated Haitians who have abandoned their country amid corruption and lack of opportunity. This week the foreign affairs minister in Paris appealed to Haitians abroad to return.

"The diaspora will be put back to work. We need them," Martelly said.

But he said he wouldn't be offering them specific incentives: "It's not we have anything to offer. They need to have something to offer too. They need to come back and understand that Haiti is their country. By going away..." He broke off and sighed.

"Don't they always come back?"

Read more here: http://www.miamiherald.com/2012/01/26/2609390_ap-interview-haitian-leader-could.html#storylink=addthis#storylink=cpy

lundi 9 janvier 2012

L'année MMXI (2011) en Haïti, au Canada et au Québec: quelques commentaires sur la scène politique

Haïti.-

Des élections présidentielles et législatives biaisées par des fraudes et irrégularités flagrantes ont eu lieu: premier tour, dimanche 28 novembre 2010; deuxième tour, dimanche 20 mars 2011.

Aux présidentielles, le vainqueur a été Michel Joseph Martelly, tandis qu'aux législatives, le parti INITÉ du président sortant René Garcia Préval est devenu majoritaire au Sénat et est le parti ayant le plus grand nombre de députés à la Chambre basse.

Le parti au pouvoir, INITÉ, n'a pas réussi à faire élire son candidat, Jude Célestin, au premier tour avec le pourcentage de 54% et quelques poussières qu'il avait, selon les rumeurs, fixé à l'avance. L'INITÉ n'a pas non plus réussi à le faire maintenir en deuxième position au premier tour, même si le CEP avait publié, dans un premier temps, des résultats selon lesquels Jude Célestin était déclaré deuxième (241 462 voix, 22,48%), loin derrière la candidate du RDNP, Mirlande Manigat (336 878 voix, 31,37%), mais très proche du candidat de Répons Peyisan, Michel Martelly (234 617 voix, 21,84%), placé en troisième position.

Dans un premier temps donc, Michel Martelly était éliminé de la course. Il faut rappeler qu'il y eu 19 candidats au premier tour des présidentielles 2010-2011. Les trois quarts des voix sont allés aux trois premiers candidats Manigat, Célestin et Martelly, tandis que les seize autres candidats n'ont pu obtenir ensemble qu'un quart des voix au premier tour.

Les fraudes et irrégularités ayant été flagrantes, une révision du processus et des résultats a été effectuée par des experts de l'OÉA fin décembre 2010 - début janvier 2011.

Les experts de l'OÉA ont révisé les résultats de CEP et ont établi que la candidate Mirlande Manigat (RDNP) était effectivement première au premier tour (323 048 voix, 31,57%), que le candidat Michel Joseph Martelly (Répons Peyizan) était le vrai deuxième au premier tour (227 467 voix, 22,23%) et que le candidat Jude Célestin (INITÉ) était plutôt le vrai troisième (224 242 voix, 21,92%).

Malgré les recommandations des experts de l'OÉA, le CEP n'a pas corrigé les biais dans les résultats qu'il avait antérieurement publiés. La formule trouvée par l'INITÉ pour sauver la face a été le retrait de la candidature de Jude Célestin. «Les nombres gouvernent le monde», disait Pythagore. Le comportement du CEP confirme qu'Haïti fait encore exception à cette règle élémentaire. En réalité, elle rejette cette règle d'or depuis le début de son existence. Le pouvoir est conquis non par l'obtention de la majorité des voix, mais par la force: la force des armes ou la manipulation du vote par le pouvoir en place en faveur du candidat de son choix. Mais l'OÉA a réussi à tordre le bras de l'INITÉ pour le forcer à rejeter son candidat, Jude Célestin.

Cependant l'OÉA n'a pas jugé bon de réviser les résultats du premier tour des législatives entaché lui aussi de fraudes et d'irrégularités flagrantes. Était-ce un deal (marché) conclu tacitement avec l'INITÉ de René Préval ?  Le pouvoir exécutif serait laissé à l'opposition, le pouvoir législatif à l'INITÉ ?

Le deuxième tour des présidentielles s'est donc fait au début de 2011 entre deux candidats de l'opposition au pouvoir en place: Mirlande Manigat (RDNP) et Michel Joseph Martelly (Répons Peyizan), une première en Haïti. Le deuxième tour des législatives s'est fait en même temps.

Contre toutes attentes, la candidate Mirlande Manigat (RDNP) «perd» au second tour tenu le dimanche 20 mars 2011 (31,74%). Les résultats sont proclamés le lundi 4 avril 2011. Le candidat Michel Joseph Martelly (Répons Peyizan)  «gagne» avec 67,57%. Il devient ainsi le nouveau président d'Haïti pour cinq ans (mai 2011-février 2016).

Selon les données non-officielles qui circulaient sur le Web et dans les secteurs politiques, jusqu'à la veille de la date du dévoilement des résultats officiels par le CEP, environ 1700 procès-verbaux entachés d'irrégularités auraient été mis à l'écart par le Centre de Tabulation. Dans ces conditions, la candidate du RDNP, Mirlande Manigat était classée première avec environ 52% des voix exprimées et le candidat de Répons Peyizan, Michel Joseph Martelly était deuxième avec 48% des voix. Mais les compilations exhaustives du camp Martelly établisaient son pourcentage à 67% en tenant compte de tous les procès-verbaux, y compris les 1700 entachés d'irrégularités.

Coup de théâtre de la communauté internationale agissant dans les coulisses et impliquée jusqu'au cou dans le contrôle du processus des élections: le Président du CEP, Gaillot Dorsainvil, se rend en personne au Centre de Tabulation le dimanche 3 avril 2011. Il aurait demandé aux responsables du Centre de Tabulation d'insérer les résultats contenus dans les 1700 procès-verbaux biaisés qui avaient été mis en quarantaine. Conséquences immédiates: Martelly, 67,6%; Manigat, 31,7%.

Le CEP dévoile les résultats le lundi 4 avril 2011: le candidat Michel Joseph Martelly est proclamé vainqueur des élections présidentielles.

LCDP-Politique avait analysé les résultats du second tour des présidentielles (voir article du 9 avril 2011). Nous résumons ici cette analyse.

Premier tour (28 novembre 2010):
Mirlande Manigat, première: 31,57%
Michel Joseph Martelly, deuxième: 22,23%
L'ensemble des 17 autres candidats: 46,20%
Total des 19 candidats: 100%

Deuxième tour (20 mars 2011):
Michel Joseph Martelly, premier: 67,57%
Mirlande Manigat, deuxième: 31,74%
Votes nuls: 0,69%
Total: 100%

Pour prendre la mesure de ce qui s'est réellement passé, on propose l'interprétation suivante:

  1. On admet que les mêmes électeurs qui ont voté au premier tour ont voté au second tour.
  2. De plus, on admet que les mêmes électeurs qui avaient voté pour Mirlande Manigat au premier tour ont encore voté pour elle au second tour, à peu de choses près, et qu'il en a été de même pour Michel Martelly.
  3. Sous ces deux hypothèses, on aurait (partiellement): Manigat (MHM1=31,57%); Martelly (MJM1=22,23%).
  4. On admet que les 46,20% des électeurs qui avaient voté pour les 17 autres candidats au premier tour, étaient partagés entre les deux finalistes comme suit: 45,77% auraient voté pour Martelly au second tour, 0,43% aurait voté pour Manigat. On aurait (partiellement): Manigat (MHM2=0,43%); Martelly (MJM2=45,77%); 
  5. En additionnant les résultats partiels et hypothétiques en 3 et 4, on obtiendrait: Martelly (MJM1+MJM2=22,23% + 45,77% = 68,00%); Manigat (MHM1+MHM2=31,57%+0,43%=32,00% ). 
Il nous semble peu probable qu'un tel événement ait pu se produire. Et pourtant, c'est à peu près ce qu'ont révélé les résultats proclamés par le CEP le 4 avril 2011: Martelly: 67,57% des voix, Manigat: 31,74% des voix.

En d'autres termes,  et plus simplement dit, voici ce qui se serait passé aux présidentielles:
  • Supposons que 100 électeurs soient allés aux urnes le 28 novembre 2010 et que les mêmes 100 élécteurs soient encore allés aux urnes le 20 mars 2011.
  • 1er tour: Mirlande Manigat, 32 voix pour; Michel Martelly, 22 voix pour; les 17 autres candidats, 46 voix pour en tout. Total: 32+22+46=100 voix.
  • 2er tour: Mirlande Manigat, 32+0 = 32 voix pour; Michel Martelly, 22+46 = 68 voix pour. Total: 32+68 =100 voix.
Les résultats du vote au second tour signifiraient que les électeurs, partisans du parti INITÉ, ayant voté pour Jude Célestin au premier tour, entre autres choses, auraient reçu le mot d'ordre de voter pour Michel Martelly au second tour et l'auraient fait.

Le Président Michel Martelly a prété serment le 14 mai 2011 et a succédé au Président René Préval.
Les péripéties subies par le Président Michel Martelly entre mai et octobre 2011 pour faire ratifier un premier ministre ne corroborent pas la mécanique du calcul précédent, même si les résultats proclamés par le CEP correspondent aux combinaisons de pourcentages que nous avons présentées ci-dessus.

En Haïti, quand il y a élections, le comptage des voix exprimées n'a jamais été effectivement la règle réellement utilisée pour déterminer le vainqueur d'une élection. La mathématique du vote n'est pas dans les moeurs politiques haïtiennes, même quand Haïti est sous tutelle directe, voire quand elle ne l'est pas!

Quand Haïti n'est pas directement sous tutelle, c'est la Rue ou l'Armée presque uniquement qui dicte les résultats du scrutin. Le dépouillement des urnes est symbolique; il est fait pour la forme: le dictateur connaît à l'avance les résultats et la Rue est chargé d'indiquer le vainqueur à la nation. On l'a vu en 1950 (Paul E. Magloire), en 1957 (François Duvalier), en 1990 (Jean-Bertrand Aristide), en 2000 (Jean-Bertrand Aristide).

Quand Haïti est directement sous tutelle, à la force de la Rue, s'ajoutent la force du tuteur qui jouent chacune leur partition sous la direction du dictateur invisible. On l'a vu en 1995 (René Garcia Préval), en 2006 (René Garcia Préval) et en 2011 (Michel Joseph Martelly).

On le sait, LCDP-Politique avait appuyé ouvertement la candidature de Mirlande Manigat qui a été perçue comme le meilleur choix pour Haïti en 2010-2011. Mais c'est Michel Martelly qui a été proclamé vainqueur. En bon démocrate, nous acceptons le résultat proclamé par le CEP. Michel Martelly est le président d'Haïti pour cinq ans.

Parce qu'il n'appartient pas à la mouvance des anarchistes qui a gouverné Haïti pendant les 20 dernières années, et parce que, comme Mirlande Manigat, Michel Martelly, à sa manière, c'est-à-dire de façon inédite, lutte quotidiennement pour le changement, LCDP-Politique, dans ces conditions, a décidé d'appuyé le Président Martelly, jusqu'à preuve du contraire.

Donc, Martelly, le nouveau président n'est pas issu des forces anarchiques qui ont dominé la scène politique haïtienne depuis 1986. Il n'est pas issu de la classe politique traditionnelle non plus.
  • Il est différent politiquement.
  • Il veut gouverner autrement. 
  • Il travaille à la réconciliation nationale.
  • Il oriente la politique de son gouvernement selon quatre priorités (les quatre E, devenus 5E depuis la ratification du PM Garry Conille): 1) Éducation; 2) État de droit; 3) Emploi; 4) Environnement; 5) Énergie (ajout du PM Conille).
  • L'éducation semble constituer la priorité des priorités du gouvernement Martelly-Conille.
  • Il voyage beaucoup tant à l'intérieur pour se rapprocher du peuple du pays en dehors, qu'à l'extérieur pour chercher des opportunés pour son pays.
  • Il semble accessible à tous: on dirait qu'il est constamment en campagne électorale.
  • Il est très présent dans les médias sociaux et à la télévision. Et LCDP aime beaucoup ça.
  • À l'analyse, c'est le genre de président qu'Haïti attendait depuis 1986, comme quoi, elle aurait perdu 25 ans dans l'anarchie entretenue par ceux qui ne peuvent gouverner autrement.
En faisant de l'éducation la priorité des priorités, le président Martelly vise juste. Faire de l'éducation la priorité des priorités était déjà dans mon esprit dès janvier 1986. Mais le peuple, à ce moment-là,  avait d'autres priorités «plus prioritaires».

L'éducation à elle seule constituera une révolution en Haïti. Et ce sera à la gloire du président Martelly.

Mais il manque beaucoup à Haïti pour qu'elle entre dans la modernité:
  • D'abord sa diaspora. Elle est maintenue physiquement à l'écart en ne lui octroyant pas la double citoyenneté. Malgré tout, un flux monétaire de 2 G$/an (deux milliards de dollars par an) est observé à sens unique entre la diapora haïtienne et la mère patrie.
  • Ensuite une décentralisation vers une autonomie départementale et communale, ce qui rejoint ce que le Professeur Gérard Bissainthe propose sur le Web: le municipalisme.
  • Une culture de partis politiques et une culture de l'alternance politique.
  • Une culture d'élections honnêtes, sans fraudes ni irrégularités, sans l'influence d'un dictateur.
  • Un climat sécuritaire garanti à «six sigmas» pour attirer et retenir les investisseurs.
  • Une culture d'exécution, telle que préconisée sur le Web par l'ingénieur Ray Killick.
  • Une culture de liberté, telle que pronée sur le Web par le Professeur d'économie Parnell Duverger.
Il faudra donc, en définitive, que Martelly initie une «révolution tranquille» haïtienne, comme celle pronée par le Professeur Gérard Étienne, de son vivant, en long et en large dans le journal Haïti-Observateur et sur le Web.

LCDP souhaite un bon quinquennat au Président Martelly et à son gouvernement.


Canada.-

Au Canada, en 2011, la politique a été dominé par la réélection en mai 2011 des Conservateurs de Stephen Harper qui a réussi, enfin, à former un gouvernement majoritaire.

Il y a également la surprise créée par Jack Layton du parti NPD: le phénomène Layton. Contre toutes attentes, le NPD a réussi à faire élire plus d'une centaine de députés et est devenu du même coup l'opposition officielle à Ottawa. Même au Québec, le NPD a fait le plein. Malheureusement, le cancer a eu le dessus sur Jack Layton en été 2011. Il reste et demeure un grand canadien. Une course à la chefferie du NPD est en cours et prendra fin avec l'élection d'un nouveau chef en 2012.

Quant au Bloc québecois, il est passé d'une cinquantaine de députés avant les élections de mai 2011, à quelques députés que l'on peut compter sur les doigts d'une seule main! Même le chef du Bloc, Gilles Ducceppe, a mordu la poussière. Déçu, il a démissionné le soir des élections. Ira-t-il vers un autre échec, au provincicial cette fois, s'il se mêle d'être le successeur de Pauline Marois à la tête du Parti québécois, si jamais cette dernière céde aux pressions internes de son parti ou à celles des ténors du mouvement souverainiste qui trouvent qu'elle ne fait pas avancer assez vite le projet souverainiste ?

Le Parti Libéral du Canada, avec son chef Michael Ignatieff, n'a pas pu reconquérir le pouvoir perdu, il y a quelques années. Il ne forme même plus l'opposition officielle depuis mai 2011. Ignatieff démissionne immédiatement après les élections de mai 2011 pour accepter ensuite un poste de professeur à l'Université de Toronto. Le milieu universitaire semble mieux lui convenir que le milieu politique.  En attendant une course à la chefferie, le PLC a confié provisoirement au député torontois, Bob Ray, la direction du parti. Bob Ray se débrouille bien. Ce n'est pas un nouveau venu en politique. Il ne serait pas étonnant qu'il devienne, sous peu, faute de concurrents, le chef qui conduira le PLC aux élections dans quatre ans, le temps pour ce parti de rebâtir ses assises dans les dix provinces canadiennes y compris le Québec.



Québec.-

Au Québec les dernières élections générales datent du 8 décembre 2008. À l'issue de ces élections, la composition de l'Assemblée nationale se présentait comme suit (total 125 sièges):
  1. PLQ, parti majoritaire: 66 députés (1 366 046 voix, 42,08%); chef Jean Charest, Premier ministre.
  2. PQ, opposition officielle: 51 députés (1 141 751 voix, 35,17%), chef Pauline Marois, chef de l'opposition.
  3. ADQ: 7 députés (531 358, 16,37%), chef Mario Dumont qui a démissionné par la suite et est remplacé par Gérard Deltell.
  4. QS (Québec solidaire): 1 député, co-chefs: Amir Khadir (député) et Françoise David.
Actuellement (depuis le 16 novembre 2011) la composition de l'Assemblée nationale du Québec se présente comme suit:
  • PLQ, 64 députés, dont est issu le gouvernement actuel;
  • PQ, 45 députés, opposition officielle;
  • ADQ, 4 députés, deuxième groupe d'opposition;
  • Québec solidaire, 1 député indépendant;
  • Option nationale, 1 député indépendant;
  • Autres, 9 députés;
  • Siège vacant, 1 (comté d'Argenteuil)
  • Total: 124 députés et 1 siège vacant.

La situation politique au Québec se complexifie en 2011 avec la formation d'un nouveau parti politique la CAQ (Coalition Avenir Québec) avec à sa tête François Legault, un ancien ministre de gournements péquistes antérieurs, donc un ancien souverainiste. La CAQ semble avoir du vent dans les voiles. Elle est en train de faire une alliance avec l'ADQ (Action démocratique du Québec). Elle dit vouloir mettre de côté le débat sur la question de la souveraineté du Québec. Mais pour combien de temps ? Est-ce pour attirer les partisans du PLQ (Parti libéral du Québec) et/ou les communautés éthniques qui sont d'allégeance libérale en grande partie et qui, traditionnellement, veulent préserver l'unité du Canada ?

Il semble peu probable que la CAQ réussisse à séduire les communautés éthniques d'ici les prochaines élections. Mais il ne faut pas écarter une réédition du phénomène Layton avec François Legault, si les partisans traditionnels du PQ et du PLQ, hormis les communautés éthniques, décidaient d'appuyer stratégiquement la CAQ. Mais, d'ici aux prochaines élections générales (en 2013?), beaucoup d'eaux «s'écouleront sous les ponts».

La situation n'a pas été facile pour Pauline Marois, chef du PQ. Mais elle résiste jusqu'à présent aux tentatives endogènes visant à la déstabiliser et à la faire démissionner. Elle a beaucoup d'expérience en politique active. C'est une sociale-démocrate chevronnée. Onze fois ministre sous les gouvernements péquistes antérieurs, elle a tout ce qu'il faut pour gouverner le Québec. Espérons qu'en 2012, elle continue à tenir les rênes de son parti.

Il est difficile de tenter de deviner, à ce moment-ci, comment se composerait un prochain gouvernement québécois. Sera-t-il majoritaire ou minoritaire ? Sera-t-il formé par le PLQ, le PQ, la CAQ ? Une lutte à trois n'est bon pour aucun des trois partis. Qui arrivera en tête avec une majorité relative, ou avec plus de la moitié des sièges (63): majorité absolue ? Ce deuxième cas correspond à la situation actuelle du PLQ de Jean Charest. Le PLQ réussira-t-il à résister au maraudage que la CAQ a déjà commencé à entreprendre ?  Le PQ de Pauline Marois réussira-t-il à résister au maraudage que la CAQ ne manquera pas de tenter ?

Enfin, Jean Charest restera-t-il à la tête du PLQ jusqu'au prochaines élections ? Peut-être bien. Des analystes disent que c'est en campagne électorale que Jean Charest est à son meilleur. Mais il faudra un jour ou l'autre passer le flambeau à d'autres ...

jeudi 8 décembre 2011

El deber y la epidemia en Haití / Le devoir et l'épidémie en Haïti

Fidel Castro
cubadebate.cu, 6 Diciembre 2010


El pasado viernes 3 de diciembre la ONU decidió dedicar una sesión de la Asamblea General al análisis de la epidemia de cólera en ese hermano país. La noticia de esa decisión era esperanzadora. Seguramente serviría para advertir a la opinión internacional de la gravedad del hecho, y movilizar su apoyo al pueblo haitiano. Al fin y al cabo, su razón de existir es enfrentar problemas y promover la paz.

El momento actual de Haití es grave, y la ayuda urgente requerida es poca. Nuestro agitado mundo invierte cada año un millón 500 mil millones de dólares en armas y guerras; Haití -un país que hace menos de un año sufrió el brutal terremoto que ocasionó 250 mil muertos, 300 mil heridos y enorme destrucción- lo que requiere para su reconstrucción y desarrollo asciende, según cálculos de expertos, a 20 mil millones, solo el 1,3% de lo que se gasta en un año a tales fines.

Pero no se trata ahora de eso, que constituiría un simple sueño. La ONU no solo apela a una modesta solicitud económica que se podría resolver en unos minutos sino también a 350 médicos y 2 000 enfermeras, que los países pobres no poseen y los países ricos se los suelen arrebatar a los pobres. Cuba respondió de inmediato, ofreciendo 300 médicos y enfermeras. Nuestra Misión Médica Cubana en Haití atiende casi el 40% de los afectados por cólera. Rápidamente, después del llamamiento de la Organización Internacional, se dio a la tarea de buscar las causas concretas del alto índice de letalidad. La baja tasa de los pacientes que ellos atienden es inferior al 1% -se reduce y seguirá reduciendo cada día-, frente al 3% de las personas atendidas en los demás centros sanitarios que laboran en el país.

Es evidente que el número de fallecidos no se limita solo a las más de 1 800 personas que se reportan. En dicha cifra, no constan los que fallecen sin asistir a los médicos y centros de salud existentes.

Indagando las causas de los que acudían con mayor gravedad a los centros de lucha contra la epidemia atendidos por nuestros médicos, ellos observaron que estos procedían de las subcomunas más distantes y con menos comunicación. La superficie de Haití es montañosa, y en muchos puntos aislados solo puede llegarse caminando por terrenos abruptos.

El país se divide en 140 comunas, urbanas o rurales, y 570 subcomunas. En una de las subcomunas aisladas, donde viven aproximadamente 5 000 personas, según cálculos del Pastor protestante 20 habían muerto por la epidemia sin asistir a un centro de salud.

De acuerdo con investigaciones urgentes de la Misión Médica Cubana, en coordinación con las autoridades sanitarias, se ha constatado que 207 subcomunas haitianas en los puntos más aislados carecen de acceso a los centros de lucha contra el cólera o de atención médica.

En la reunión mencionada de Naciones Unidas, esta ratificó la necesidad informada por la señora Valerie Amos, subsecretaria general de la ONU para Asuntos Humanitarios, quien visitó con urgencia durante dos días el país y calculó la cifra de los 350 médicos y 2 000 enfermeras. Hacía falta conocer los recursos humanos existentes en el país para calcular la cifra del personal requerido. También ese factor dependerá de las horas y días consagrados por el personal que lucha contra la epidemia. Un hecho importante a tener en cuenta es no solo el tiempo que se dedica al trabajo, sino el horario. En el análisis del alto índice de mortalidad se observa que el 40% de la letalidad ocurre en horas de la noche, lo cual evidencia que a esa hora los pacientes afectados no reciben igual atención a su enfermedad.

Nuestra Misión estima que el uso óptimo del personal reduciría el total mencionado. Movilizando los recursos humanos disponibles de la Brigada “Henry Reeve” y los graduados de la ELAM con que se cuenta, la Misión Médica Cubana está segura de que, aún en medio de las enormes adversidades originadas por la destrucción del terremoto, el huracán, las lluvias impredecibles y la pobreza, la epidemia puede ser dominada y preservar la vida de miles de personas que en las actuales circunstancias inexorablemente morirían.

El domingo 28 tuvieron lugar las elecciones a la presidencia, la totalidad de la Cámara de Representantes y de una parte del Senado, lo cual constituyó un evento tenso y complejo que nos preocupó seriamente, por lo que se relaciona con la epidemia y la situación traumática del país.
En su declaración del 3 de diciembre el Secretario General de la ONU señaló textualmente: “‘Insto a todos los actores políticos, cualesquiera que sean las quejas o reservas sobre el proceso, a que se abstengan de usar la violencia y a que empiecen a debatir el asunto de manera inmediata y encontrar una solución antes de que empiece una crisis seria’”, informó una importante agencia de noticias europea.

El Secretario General, de acuerdo con dicha agencia, exhortó a la comunidad internacional a cumplimentar la entrega de 164 millones de dólares, de los cuales solo han suministrado el 20%.
No es correcto dirigirse a un país como quien regaña a un niño pequeño. Haití es un país que hace dos siglos fue el primero en este hemisferio en poner fin a la esclavitud. Ha sido víctima de todo tipo de agresiones coloniales e imperialistas. Fue ocupado por el Gobierno de Estados Unidos hace apenas seis años, después de promover una guerra fratricida. La existencia de una fuerza de ocupación extranjera, en nombre de las Naciones Unidas, no priva a ese país del derecho al respeto a su dignidad y a su historia.

Consideramos correcta la posición del Secretario General de Naciones Unidas de exhortar a los ciudadanos haitianos a evitar enfrentamientos entre ellos. El día 28, en horas relativamente tempranas, los partidos de oposición suscribieron un llamamiento a protestar en la calle, provocando manifestaciones y creando notable confusión dentro del país, especialmente en Puerto Príncipe; y sobre todo en el exterior del país. No obstante, tanto el Gobierno como la oposición lograron evitar actos violentos. Al día siguiente la nación estaba en calma.

La agencia europea informó que Ban Ki-moon había declarado con relación a “las elecciones del pasado domingo en Haití [...] que ‘las irregularidades’ registradas ‘parecen ahora más serias que lo que se pensó en un principio’.”

Quien leyó todas las informaciones procedentes de Haití y las declaraciones ulteriores de los principales candidatos de la oposición, no pueden comprender que quien está apelando a evitar luchas fratricidas después de la confusión creada entre los electores, en vísperas de los resultados del escrutinio que determinarán los dos candidatos rivales en la elección de enero declare ahora que los problemas eran más serios que lo que él pensó en un principio, lo que equivale a echar leña en el fuego de los antagonismos políticos.

Ayer, 4 de diciembre, se cumplió el 12 aniversario del arribo a la República de Haití de la Misión Médica de Cuba. Desde entonces, miles de médicos y técnicos de la salud pública cubana han prestado sus servicios en Haití. Con su pueblo hemos convivido en tiempos de paz o de guerras, terremotos y ciclones. Con él estaremos en estos tiempos de intervención, ocupación y epidemias.

El Presidente de Haití, la autoridades centrales y locales, sean cuales fueren sus ideas religiosas o políticas, saben que pueden contar con Cuba.

Fidel Castro Ruz
Diciembre 5 de 2010
8 y 12 p.m.

mardi 22 novembre 2011

Haïti/Affaire Bélizaire/Rapport de la commission spéciale du Sénat

Amies et amis internautes,

Voici le lien vers le rapport:


Premiers commentaires.-

Le rapport de la commission du Sénat est de toute évidence biaisé. Le Sénat aurait dû confier cette enquête à une commission indépendante qui aurait sans doute fait preuve de plus d'objectivité.

La demande de la levée de l'immunité du député Arnel Bélizaire, qui doit de toutes façons faire face à la justice, reste  sans réponse jusqu'à présent. Cette demande devrait pourtant préoccuper au plus haut point les parlementaires pour que le public sache, une fois pour toutes si oui ou non le Parlement sert, malgré lui, de refuge ou de bouclier à des personnes qui veulent profiter de l'immunité parlementaire.

Voici les conclusions du rapport de la commission du Sénat:

« Conclusions

Nous voilà au terme de cet éreintant voyage qui nous a conduit d’une banale (mais triviale) altercation entre deux hommes d’état a une grossière violation de la loi, de la constitution et des droits de la personne. On aurait pu éviter d’en arriver là, mais le mal est déjà fait. Tout compte fait, cela ne peut nullement être le fruit du hasard qu’autant d’intelligences soient mises à profit pour violer la loi, contrarier le gouvernement de la république et mettre à rude épreuve la dignité et la stabilité de la nation .Un résultat symboliquement plus important doit avoir été visé.

Le commissaire du gouvernement connaît son métier. Le ministre de la justice est un magistrat de carrière; il l’a répété plusieurs fois devant la commission. Le ministre de l’intérieur est un avocat ayant accumulé plus de vingt-cinq ans de carrière sous la basoche. Le premier ministre a combattu sous les feux des administrations internationales et connaît les risques du métier. Le directeur de l’AAN n’est pas un nouveau-né de l’administration publique haïtienne, il connaît l’aéroport de Port-au-Prince et son importance stratégique pour la nation.

Comment peuvent-ils tous se permettre de violer ou de laisser violer la loi alors que certains ont prêté serment ou ont fait la promesse de respecter les institutions républicaines et de travailler au bien-être du pays ?

Le but visé par cette violation grossière de la constitution et des lois de la république de la part des agents de l’exécutif et de cadres de l’administration publique doit avoir été et est en fait un renforcement des pouvoirs de l’exécutif. À l’occasion des derniers démêlés entourant le processus de mise en place du gouvernement, celui-ci a compris la réalité du pouvoir réel législatif. Il a voulu lui porter un grand coup en ternissant son image et en sapant par ainsi les bases tant légales que symboliques de ses pouvoirs.

Ce dont il est vraiment question ici est une dispute de gorilles où tous se disputent la force la plus brute. Entre temps, la nation agonise. Le pays pourrait sortir grandi de cette épreuve si tous les responsables étaient véritablement imprégnés des défis dont fait face le pays. Les menaces sont concrets, visibles et palpables. Certains veulent exploiter nos faiblesses pour maintenir le pays sous tutelle. Cette escalade survenue quelques jours après un vote unanime à la chambre des députés pour mettre en place ce nouveau gouvernement tend à donner raison á tous ceux qui essaient de nous faire passer pour des enfants ou qui ne peuvent s’entendre, voire même diriger seul le pays.

En ce moment crucial de la vie nationale, le pays a besoin d’envoyer au monde entier des images fortes d’unité, de solidarité et de cohésion sur la voie à emprunter pour reconstruire la nation haïtienne. Le Président de la république a un rôle déterminant à jouer en ce carrefour historique. Il doit s’élever à la dimension des défis actuels pour se projeter en tant que chef d’état responsable garant de l’unité nationale indispensable devant aboutir à la récupération de notre souveraineté bafouée, souillée par nos inconséquences. Il doit en permanence s’assurer que les trois pouvoirs fonctionnent harmonieusement. En ce sens, il est impératif que le Président s’asseye rapidement avec les autres branches de l’état afin de trouver une entente honorable capable de sauvegarder la cohésion indispensable devant nous amener à coup sûr vers la stabilité et le progrès du pays.»

jeudi 3 novembre 2011

L'immunité parlementaire ne doit pas servir de bouclier à des criminels

Le Commissaire du Gouvernement haïtien, Me Félix Léger, veut procéder à l'arrestation du Député Arnel Bélizaire que tout le monde en Haïti sait avoir été, dans le passé, impliqué dans des activités criminelles (vols de véhicules, kidnappings, etc.).

Le Commissaire du Gouvernement haïtien écrit au Président de la Chambre des députés, Saurel Jacinthe, pour obtenir de cette chambre la levée de l'immunité du Député Bélizaire.

Le Commissaire du Gouvernement haïtien n'a pas attendu que cette immunité soit levée et a obtenu des Forces de Police au service de la Justice l'arrestation du Député à son retour de voyage en France à l'aéroport François Duvalier.

La France a immédiatement protesté contre cette arrestation qui viole l'immunité du Député (1).
Les deux Chambres (Sénat et Chambre des Députés) ont vivement protesté.
Beaucoup de citoyens haïtiens ont protesté.

Pour apaiser les vives tensions internes et/ou pour donner satisfaction à la France et à la Communauté internationale, le Commissaire du Gouvernement, moins de 24 heures après cette arrestation spectaculaire, a permis que le Député Bélizaire soit remis au Parlement par les autorités pénitencières.

Depuis près de 7 mois au moins, des intellectuels, des observateurs, tant de la diaspora que de l'intérieur, n'ont cessé de dénoncer le fait que certains parlementaires au niveau des deux Chambres aient été élus avec la complicité de l'Exécutif sortant dans le but d'être dotés de l'immunité parlementaire.

Bien au courant du cas du Député Bélizaire, le Président Michel Martelly n'a pu s'empêcher d'avoir un échange de mots peu sympathiques avec le Député Bélizaire au cours d'une rencontre au Palais national en présence d'un groupe de parlementaires.  On sent ce que ressent le Président en face d'un criminel qui devrait être en prison, mais que la fonction de député munit d'un bouclier: l'immunité parlementaire.

Le Président Martelly a été élu par 67,6% des votants. [LCDP-Politique avait plutôt appuyé, naturellement, la candidate Madame Mirlande Manigat.] LCDP-Politique constate que le Président Martelly, avec un rare dynamisme, met en application des politiques qui sont de nature à freiner la descente aux enfers du pays que les régimes anarchiques des 20 dernières années avaient systématiquement et sciemment organisée. Son style de leadership ne plait pas à certains partisans des pouvoirs déchus. Mais il veut la réconciliation de tous les fils et de toutes les filles d'Haïti. Il veut le plus de bien pour le plus grand nombre d'haïtiens.

Le Président Martelly a la chance d'avoir à ses côtés une charmante et dynamique femme, son épouse Sofia. Cette dernière poursuit à une échelle plus grande les oeuvres de bienfaisance qu'elle avait entreprises avec son époux depuis de nombreuses années. Je suis convaincu qu'elle saura contribuer à adoucir avec succès les moeurs de son auguste époux, comme le fit tante Yvonne pour son époux, le Général Président Charles De Gaulle en France.

De leur côté la Chambre des députés et le Sénat de la République doivent faire diligence pour lever l'immunité de tout parlementaire désigné par le Commissaire du Gouvernement pour que la justice puisse suivre normalement son cours. Après jugement, si le parlementaire en question est reconnu innocent, il réintégrera le Parlement et reprendra son immunité; s'il est reconnu coupable des crimes qui lui sont reprochés, il devra alors purger sa peine en prison.

En toute logique, il paraît absurde d'invoquer l'immunité d'un parlementaire dans le cas où les crimes qui lui sont reprochés ont été commis avant son élection.

Il est moralement inacceptable que l'immunité parlementaire serve de bouclier à des criminels.
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vendredi 14 octobre 2011

Haïti/Conseil de sécurité des Nations Unies/ Prolongation du mandat de la MINUSTAH jusqu'au 15 octobre 2012

Date: 14 octobre 2011

6631e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES
POUR LA STABILISATION EN HAÏTI (MINUSTAH) JUSQU’AU 15 OCTOBRE 2012

Le Conseil de sécurité a décidé, ce matin, de proroger d’un an, jusqu’au 15 octobre 2012, « dans l’intention de le renouveler encore », le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

Par la résolution 2012 (2011), adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil de sécurité a également décidé que l’effectif de la MINUSTAH pourra s’établir à « 7 340 soldats de tous rangs » et que la composante policière de la Mission pourra atteindre 3 241 membres, répondant ainsi aux recommandations que le Secrétaire général a formulées dans son rapport*. « Le retrait partiel des renforts militaires et policiers de la Mission, fait-il remarquer, n’empêchera pas la MINUSTAH de s’acquitter de ses tâches en Haïti. »

Depuis le tragique séisme du 12 janvier 2010, Haïti a en effet fait d’énormes progrès, constate M. Ban Ki-moon dans son rapport, notant que le pays connaît « pour la première fois de son histoire » la passation pacifique des pouvoirs d’un président démocratiquement élu à un autre appartenant à l’opposition. M. Michel Joseph Martelly a prêté serment en tant que successeur de M. René Préval le 14 mai 2011. M. Garry Conille a, quant à lui, été nommé, le 5 octobre, Premier Ministre d’Haïti.

Aux termes de la résolution adoptée aujourd’hui, le Conseil affirme qu’à l’avenir « tout aménagement de la configuration de la force devrait reposer sur l’état général de la sécurité sur le terrain, compte tenu du développement continu des capacités des autorités publiques, notamment par le renforcement en cours de la Police nationale d’Haïti ».

Pour que la MINUSTAH soit la « dernière » mission de maintien de la paix déployée en Haïti, affirme également M. Ban dans son rapport, les autorités du pays doivent assumer de plus en plus la responsabilité de sa stabilité, ce qui suppose une présence plus forte de l’État dans tout le pays.

La MINUSTAH ainsi reconfigurée est encouragée à « aider le Gouvernement, en coopération avec les acteurs internationaux compétents, à faire face au risque de résurgence de la violence en bande, de la criminalité organisée, du trafic de stupéfiants et de la traite d’enfants ». La MINUSTAH est également encouragée à continuer d’aider le Gouvernement haïtien à offrir une protection adéquate à la population civile, notamment les femmes et les enfants, y compris en mettant en place des dispositifs conjoints de police de proximité dans les camps de personnes déplacées et en renforçant les mécanismes de lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

De son côté, le Secrétaire général est prié d’élaborer, en étroite consultation avec les autorités haïtiennes, avec les pays fournisseurs de contingents, « un plan global pour la protection des civils ».

Enfin, le Gouvernement haïtien est engagé à accorder la priorité, avec le soutien de la MINUSTAH, à l’élaboration et à la mise en œuvre du prochain plan quinquennal de développement de la Police nationale d’Haïti, le plan de réforme actuel venant à expiration en décembre 2011.



LA QUESTION CONCERNANT HAÏTI

Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (S/2011/540)

Texte de la résolution S/RES/2012 (2011)

Cette résolution était coparrainée par le Brésil, la France, les États-Unis, la Colombie, l’Espagne, le Pérou, l’Uruguay, le Guatemala et l’Argentine.

Le Conseil de sécurité,

Réaffirmant ses précédentes résolutions sur Haïti, en particulier ses résolutions 1944 (2010), 1927 (2010), 1908 (2010), 1892 (2009), 1840 (2008) 1780 (2007), 1743 (2007), 1702 (2006), 1658 (2006), 1608 (2005), 1576 (2004) et 1542 (2004),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité d’Haïti,

Constatant qu’Haïti a fait d’énormes progrès depuis le tragique séisme du 12 janvier 2010, et en particulier que pour la première fois de son histoire, on y a vu une passation pacifique des pouvoirs entre un président démocratiquement élu et un autre issu de l’opposition,

Constatant également, comme le Gouvernement haïtien, que si elle demeure précaire, la situation d’ensemble en matière de sécurité s’est améliorée depuis qu’il a adopté ses résolutions 1908 (2010), 1927 (2010) et 1944 (2010), ce qui a permis de procéder à une réduction partielle des moyens militaires et de police de la MINUSTAH comme première étape vers le retrait des renforts qu’il avait autorisés à titre temporaire au lendemain du séisme, tout en continuant d’adapter les effectifs de la Mission sans compromettre la sécurité et la stabilité d’Haïti, et conscient que les décisions concernant l’avenir de la MINUSTAH doivent être prises en fonction des circonstances et des impératifs de sécurité,

Se félicitant de la nomination d’un premier ministre et d’un président de la cour suprême et appelant tous les acteurs politiques concernés, notamment les pouvoirs exécutif et législatif, à engager un dialogue constructif en vue d’un accord politique qui permettrait de cimenter un programme d’actions concrètes portant sur des domaines clefs tels que la sécurité, le budget, les priorités en matière de relèvement et de développement, les élections et la réforme électorale, y compris la participation des femmes au processus électoral, et l’achèvement de la réforme constitutionnelle,

Constatant qu’Haïti demeure confronté à d’importantes difficultés sur le plan humanitaire, avec plus de 600 000 personnes déplacées encore tributaires de l’aide pour leur survie, une épidémie de choléra et une extrême vulnérabilité aux catastrophes naturelles,

Insistant sur le fait qu’il est essentiel, pour instaurer durablement la stabilité d’Haïti, que des progrès soient réalisés en matière de relèvement et de reconstruction, ainsi que sur le plan du développement social et économique, notamment grâce à une aide internationale au développement efficace et en augmentant la capacité des institutions haïtiennes de tirer parti de cette aide, et réaffirmant que la sécurité doit aller de pair avec le développement social et économique,

Soulignant le rôle directeur qui est celui du Gouvernement haïtien dans l’effort de relèvement et de reconstruction après le séisme, notamment dans les activités de réduction des risques et de préparation aux catastrophes, et insistant sur la nécessité d’une coordination et d’une complémentarité renforcées de l’action menée par l’ensemble des organismes des Nations Unies et les autres parties prenantes concernées pour soutenir le Gouvernement dans ce contexte, ainsi que de l’appui général au développement social et économique d’Haïti,

Saluant le travail accompli jusqu’à présent par la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, à laquelle l’Organisation des Nations Unies continue de dispenser des conseils en matière de politique et un appui technique réguliers, ainsi que par le Fonds pour la reconstruction d’Haïti, qui tous deux jouent un rôle central dans les efforts de reconstruction à moyen et à long terme du pays,

Saluant les diverses initiatives de relèvement menées par les organismes des Nations Unies en Haïti, en particulier les programmes de déblaiement des décombres et de logement bénéficiant de l’appui de l’ONU, et l’utilisation qui a été faite avec succès des unités de génie militaire de la MINUSTAH pour répondre aux besoins urgents immédiatement après le séisme de janvier 2010, soulignant qu’il importe d’accroître la participation des autorités haïtiennes et des acteurs internationaux et de la société civile à ces efforts,

Priant instamment les donateurs d’honorer sans retard les engagements qu’ils ont pris lors de la Conférence internationale des donateurs tenue le 31 mars 2010 sur le thème « Un nouvel avenir pour Haïti », afin que les efforts de reconstruction continuent de procurer des bienfaits tangibles et visibles, et soulignant qu’il incombe au pays de donner des orientations et des priorités claires,

Soulignant le rôle que jouent les organisations régionales dans le processus de stabilisation et de reconstruction en cours en Haïti et demandant à la MINUSTAH de continuer de collaborer étroitement avec les organisations régionales et sous-régionales, les institutions financières internationales et d’autres parties prenantes, en particulier l’Organisation des États américains (OEA) et la Communauté des Caraïbes (CARICOM),

Conscient du caractère interdépendant des défis à relever en Haïti, réaffirmant que les progrès durables de la sécurité, de l’état de droit, de la réforme institutionnelle, de la réconciliation nationale et du développement se renforcent mutuellement, et saluant les efforts persévérants du Gouvernement haïtien et de la communauté internationale pour relever ces défis,

Se déclarant préoccupé de la menace que les bandes organisées continuent de représenter pour la stabilité d’Haïti,

Reconnaissant que l’état général de la sécurité s’est amélioré mais se déclarant préoccupé par le fait que depuis le tremblement de terre, la grande criminalité, notamment les meurtres, les viols et les enlèvements, ait eu tendance à s’aggraver à Port-au-Prince et de le Département de l’Ouest,

Constatant que la violence sexuelle et sexiste demeure préoccupante, en particulier dans les quartiers marginalisés de Port-au-Prince, dans les camps de personnes déplacées et dans les zones reculées du pays,

Saluant les efforts faits par la Police nationale d’Haïti pour multiplier ses patrouilles et accroître sa présence sur le terrain et ses contacts avec la population, ce qui peut avoir contribué à l’augmentation du nombre des infractions constatées,

Conscient que le renforcement des organismes nationaux de défense des droits de l’homme, le respect des droits de l’homme et de la légalité, la lutte contre la criminalité et la violence sexuelle et sexiste et les efforts faits pour mettre fin à l’impunité sont essentiels pour garantir l’état de droit et la sécurité en Haïti,

Saluant le rôle déterminant joué par la MINUSTAH pour ce qui est d’assurer la stabilité et la sécurité en Haïti, reconnaissant la complémentarité des rôles qu’ont joués jusqu’à maintenant la MINUSTAH et l’équipe de pays des Nations Unies pour aider Haïti dans ses efforts de relèvement, réaffirmant l’autorité confiée au Représentant spécial du Secrétaire général s’agissant de la coordination et de la conduite de toutes les activités des institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies en Haïti, et soulignant l’importance qui s’attache à ce que le Représentant spécial resserre encore la coordination entre la MINUSTAH et l’équipe de pays des Nations Unies dans les volets de leurs mandats respectifs qui se recoupent, et ceci en prêtant une attention particulière au renforcement des capacités des institutions haïtiennes, notamment dans les domaines de la reconstruction et du développement,

Félicitant la MINUSTAH de ce qu’elle continue à aider le Gouvernement haïtien à assurer un environnement sûr et stable, exprimant sa gratitude aux personnels de la Mission et à leurs pays d’origine respectifs et rendant hommage à ceux qui ont été blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions,

Saluant l’engagement pris par le Gouvernement haïtien de renforcer l’état de droit, appelant le Gouvernement haïtien à continuer, en coordination avec la communauté internationale, de progresser dans la réforme du secteur de la sécurité, et notamment dans la mise au point et l’exécution du prochain plan quinquennal de développement de la Police nationale d’Haïti qui doit prendre effet après décembre 2011, soulignant qu’il importe que le Gouvernement haïtien agissant avec l’aide de la communauté internationale, fournie à sa demande, prenne des mesures pour garantir la réalisation par la Police nationale d’Haïti des objectifs de la réforme fixés par ce plan, et encourageant le Gouvernement, avec l’appui de la MINUSTAH, à informer régulièrement la population haïtienne des progrès accomplis vers ces objectifs,

Soulignant qu’il importe que la Police nationale d’Haïti puisse compter sur un budget suffisant et invitant le Gouvernement haïtien à tirer parti du soutien apporté par la communauté internationale pour garantir à la population haïtienne des conditions de sécurité satisfaisantes,

Soulignant la nécessité de renforcer encore l’appareil judiciaire et pénitentiaire haïtien pour favoriser une meilleure intégration et une plus grande cohérence du secteur de la sécurité, se félicitant des progrès accomplis vers la mise à la disposition du système judiciaire de moyens humains et matériels suffisants, et conscient que les problèmes de droits de l’homme qui continuent d’affecter le système pénitentiaire, comme les détentions provisoires prolongées, la surpopulation carcérale et l’insuffisance des services sanitaires, constituent des obstacles importants à la consolidation des réformes administratives,

Saluant les efforts déployés par l’ancien Président des États-Unis d’Amérique William J. Clinton, en sa qualité d’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, pour renforcer l’action de relèvement menée par l’Organisation des Nations Unies, au niveau tant des opérations humanitaires que des activités de développement, et pour effectuer le suivi des promesses de contribution et le décaissement des fonds promis, assurer la liaison entre la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et les institutions financières internationales, ainsi que la cohérence des interventions des organismes des Nations Unies présents en Haïti, et notant l’importance qu’il attache à la communication régulière d’informations sur ces activités,

Soulignant l’importance d’une coordination vigoureuse entre le bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, les autres entités des Nations Unies et les États Membres, ainsi que la nécessité d’une coordination entre tous les acteurs internationaux intervenant sur le terrain,

Insistant sur la nécessité de mettre en œuvre des projets à forte intensité de main-d’œuvre d’une grande efficacité et d’une grande visibilité, qui aident à créer des emplois et à dispenser les services sociaux de base,

Accueillant avec satisfaction le rapport du Secrétaire général S/2011/540, en date du 25 août 2011,

Constatant que la situation en Haïti demeure une menace contre la paix et la sécurité internationales dans la région, malgré les progrès accomplis jusqu’ici,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, ainsi qu’il l’exposait à la section I du paragraphe 7 de sa résolution 1542 (2004),

Décide de proroger jusqu’au 15 octobre 2012, dans l’intention de le renouveler encore, le mandat de la MINUSTAH défini dans ses résolutions 1542 (2004), 1608 (2005), 1702 (2006), 1743 (2007), 1780 (2007), 1840 (2008), 1892 (2009), 1908 (2010), 1927 (2010) et 1944 (2010);

Décide que l’effectif de la MINUSTAH pourra s’établir à 7 340 soldats de tous rangs et que la composante policière de la Mission pourra atteindre 3 241 membres, ainsi qu’il est préconisé au paragraphe 50 du rapport du Secrétaire général;

Affirme qu’à l’avenir tout aménagement de la configuration de la force devrait reposer sur l’état général de la sécurité sur le terrain, compte tenu de l’incidence des réalités sociales et politiques sur la stabilité et la sécurité en Haïti, du développement continu des capacités des autorités publiques, notamment le renforcement de la Police nationale d’Haïti qui se poursuit, et de l’exercice de plus en plus effectif par les autorités nationales de la responsabilité de l’État en matière de maintien de la stabilité et de la sécurité dans le pays;

A conscience que c’est au Gouvernement et au peuple d’Haïti qu’appartient la maîtrise et qu’incombe au premier chef la charge de la stabilisation du pays sous tous ses aspects, se félicite des dispositions prises par la MINUSTAH pour fournir au Gouvernement haïtien, ainsi que celui-ci l’a demandé, un soutien logistique et une expertise technique, dans la limite des moyens disponibles, en vue de l’aider à poursuivre les activités destinées à renforcer les capacités des institutions garantes de l’état de droit aux échelons national et local et pour accélérer la
mise en œuvre de sa stratégie de réinstallation des personnes déplacées, sachant que ces mesures sont temporaires et seront progressivement supprimées à mesure qu’Haïti verra ses capacités progresser, et demande à la Mission de mener avec célérité les activités y afférentes, ainsi que le Secrétaire général l’a recommandé;

Se félicite de l’action menée par le Gouvernement haïtien pour renforcer les capacités des institutions chargées d’assurer la sécurité et de garantir l’état de droit à tous les niveaux, y compris grâce à la décentralisation, et demande à la MINUSTAH, agissant dans le cadre de son mandat, et à d’autres acteurs compétents, de continuer à apporter leur concours pour consolider l’action d’institutions publiques autonomes dans le secteur de la sécurité, surtout à l’extérieur de Port-au-Prince, afin de renforcer davantage la capacité de l’État haïtien d’élargir son autorité et d’assurer sa présence sur l’ensemble du pays, et de favoriser la bonne gouvernance à tous les niveaux;

Considère qu’à la suite de la tenue des élections présidentielles et législatives, la stabilisation du climat politique et institutionnel est essentielle à la stabilité du pays et aux efforts de relèvement et de reconstruction, appelle de nouveau la MINUSTAH à soutenir le processus politique en cours en Haïti, notamment en faisant appel aux bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général, et encourage la Mission à continuer de prêter son concours pour les prochaines élections locales et législatives partielles, et à coordonner l’assistance internationale fournie à Haïti à cette fin, en coopération avec les autres acteurs internationaux intéressés, notamment l’Organisation des États américains et la CARICOM;

Se félicite de ce que fait actuellement la MINUSTAH pour améliorer la coordination avec la Police nationale d’Haïti et renforcer les capacités de celle-ci afin qu’elle puisse assumer l’entière responsabilité des mesures à prendre pour répondre aux besoins du pays en matière de sécurité, notamment en ce qui concerne les activités de gestion des frontières et les mesures de sécurité visant à évaluer les menaces et à décourager les activités illicites, et appelle les partenaires internationaux et régionaux d’Haïti à intensifier l’aide qu’ils apportent au Gouvernement haïtien à cet égard, comme celui-ci l’a demandé;

Encourage les autorités haïtiennes à tirer pleinement parti de ce soutien, notamment en renforçant les capacités de la Police nationale d’Haïti, tout particulièrement pour la modernisation des lois essentielles et l’exécution du plan de réforme de la justice, à prendre les mesures nécessaires, y compris par des nominations, pour permettre le bon fonctionnement des juridictions supérieures, et à chercher des solutions au problème des détentions provisoires prolongées et de la surpopulation carcérale, en prêtant une attention particulière au sort des femmes et des enfants;

Engage le Gouvernement haïtien à accorder la priorité, avec le soutien de la MINUSTAH, à l’élaboration et à la mise en œuvre du prochain plan quinquennal de développement de la Police nationale d’Haïti qui fera suite au plan de réforme actuel venant à expiration en décembre 2011, et prie la MINUSTAH de continuer, s’il le faut avec l’aide supplémentaire, dans la limite des moyens disponibles, d’interprètes recrutés sur le plan local, à appuyer l’agrément, l’encadrement et la formation des fonctionnaires de police et du personnel pénitentiaire et à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles des services pénitentiaires, et de continuer également à apporter, sur demande, un concours technique aux projets financés par les donateurs pour remettre en état et construire des locaux pour la police ainsi que des installations pénitentiaires;

Se félicite de la reprise de la formation des recrues de la Police nationale d’Haïti, insiste sur la nécessité d’appliquer le principe de responsabilité et d’avoir un processus d’agrément solide, et souligne qu’il importe de maintenir et d’accroître l’appui de la communauté internationale au renforcement des capacités de la Police nationale, notamment grâce à un renforcement de l’encadrement et de la formation d’unités spécialisées;

Encourage également la MINUSTAH à aider le Gouvernement, en coopération avec les acteurs internationaux compétents, à faire face au risque de résurgence de la violence en bande, de la criminalité organisée, du trafic de stupéfiants et de la traite d’enfants;

Invite tous les donateurs et toutes les organisations intergouvernementales et non gouvernementales, notamment internationales, à coordonner leurs actions et à travailler en étroite collaboration avec la Commission intérimaire pour le relèvement d’Haïti, ou l’institution qui lui succèdera, en vue de renforcer la capacité du Gouvernement de mettre à exécution le Plan d’action national pour le relèvement et le développement d’Haïti;

Prie l’équipe de pays des Nations Unies, et demande à toutes les parties prenantes, de compléter les mesures adoptées dans le domaine de la sécurité et du développement par le Gouvernement haïtien, avec le soutien de la MINUSTAH, par des activités visant à améliorer véritablement les conditions de vie des populations intéressées, en particulier les femmes et les enfants;

Prie la MINUSTAH de continuer à exécuter des projets à effet rapide qui renforcent encore la confiance de la population haïtienne à son endroit;

Encourage la MINUSTAH à continuer d’aider le Gouvernement haïtien à offrir une protection adéquate à la population civile, en prêtant tout particulièrement attention aux besoins des déplacés et des autres catégories vulnérables, notamment les femmes et les enfants, y compris en mettant en place des dispositifs conjoints de police de proximité dans les camps et en renforçant les mécanismes de lutte contre les violences sexuelles et sexistes et, rappelant sa résolution 1894 (2009), prie le Secrétaire général d’élaborer, en étroite consultation avec le Gouvernement haïtien, avec les pays qui fournissent des contingents militaires et du personnel de police et avec les autres intervenants, un plan global pour la protection des civils;

Condamne fermement les violations graves commises contre les enfants victimes de la violence armée, ainsi que les viols et autres sévices sexuels qui frappent fréquemment les femmes et les filles, et demande au Gouvernement haïtien de continuer, avec l’appui de la MINUSTAH et de l’équipe de pays des Nations Unies, à promouvoir et protéger les droits des femmes et des enfants, ainsi que stipulé dans ses résolutions 1325 (2000), 1612 (2005), 1820 (2008), 1882 (2009), 1888 (2009) et 1889 (2009);

Prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures nécessaires pour que l’ensemble du personnel de la MINUSTAH observe scrupuleusement la politique de tolérance zéro mise en œuvre par l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des violences sexuelles et de le tenir informé, et exhorte les pays qui fournissent des contingents et du personnel de police à faire en sorte que les actes mettant en cause leur personnel fassent l’objet d’enquêtes en bonne et due forme et soient sanctionnés;

Réaffirme le mandat de la MINUSTAH dans le domaine des droits de l’homme, déclare que le respect des droits de l’homme, qui consiste notamment à veiller à ce que les auteurs de graves violations sous de précédents gouvernements répondent individuellement de leurs actes, est essentiel pour la stabilité d’Haïti, invite instamment le Gouvernement à s’assurer que la Police nationale d’Haïti et la magistrature respectent et protègent les droits de l’homme, et demande à la MINUSTAH de fournir un suivi et un appui en ce sens;

Salue le travail important effectué par la MINUSTAH pour répondre à des besoins urgents en Haïti et encourage la Mission à continuer à utiliser pleinement, dans les limites fixées par son mandat, les moyens et capacités dont elle dispose, y compris en matière de génie, aux fins de renforcer encore la stabilité dans le pays, et la prie de se doter d’une planification à plus long terme, et demande au Secrétaire général de faire figurer dans son prochain rapport des informations sur les plans de la MINUSTAH visant à encourager une appropriation accrue par les Haïtiens des activités de reconstruction en Haïti;

Prie la MINUSTAH de continuer à lutter contre la violence de voisinage, en adaptant le programme aux besoins changeants d’Haïti après le tremblement de terre, et en concentrant ses efforts sur les déplacés et les personnes qui vivent dans des quartiers en proie à la violence;

Prie également la MINUSTAH de continuer d’appuyer les efforts déployés par les autorités haïtiennes en vue de contrôler les flux d’armes légères, notamment les projets à forte intensité de main-d’œuvre, l’ouverture d’un registre des armes, la révision des lois en vigueur en matière d’importation et de détention d’armes, la réforme du régime des permis de port d’armes ainsi que l’élaboration et l’application d’une doctrine de la surveillance policière de proximité;

Souligne qu’il importe que les documents de programmation des composantes militaire et de police de la MINUSTAH, tels que le concept d’opérations et les règles d’engagement, soient régulièrement mis à jour, selon qu’il convient, et cadrent avec les dispositions de toutes ses résolutions pertinentes, et prie le Secrétaire général de lui faire rapport à leur sujet, ainsi qu’aux pays qui fournissent des contingents militaires ou des forces de police;

Prie le Secrétaire général de lui faire rapport deux fois par an sur l’exécution du mandat de la MINUSTAH, en veillant à présenter son second rapport 45 jours au moins avant la date d’expiration du mandat de la Mission;

Prie également le Secrétaire général de faire figurer dans son rapport une évaluation très complète des menaces qui planent sur la sécurité en Haïti, en prêtant une attention particulière à l’instauration d’un environnement protecteur pour tous, en particulier les femmes et les enfants, et sur les progrès accomplis pour ce qui est de la réinstallation durable des personnes déplacées, et de proposer, le cas échéant, divers moyens de reconfigurer la composition de la MINUSTAH;

Décide de demeurer saisi de la question.

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