vendredi 30 mars 2012

Haïti/ «Avec la Constitution de 1987 le pays sera in-gou-ver-na-ble.»

Par Dr. Pierre Montès


C'est ce qu'affirmait le Professeur Hubert De Ronceray en 1987, dans les jours qui ont suivi l'adoption de la Constitution par référendum le 29 mars 1987.

Le sociologue De Ronceray avait bien vu. Ses prédictions se sont révélées vraies pendant les 25 dernières années. Elles continueront de l'être dans le futur tant que cette constitution reste en vigueur, que ce soit sous sa forme amendée dans la confusion et suivant un processsus flou en 2011, que ce soit sous toutes autres futures formes amendées.

Je me rappelle très bien ces paroles du Dr. De Ronceray en 1987.

La Constitution a donc 25 ans. Vingt-cinq ans perdus à la violer parce qu'elle est une loi inapplicable et parce que les haïtiens, depuis 1804, ne se sont pas encore entendus de bonne foi sur une manière de faire fonctionner démocratiquement les institutions.

Il ne s'agit pas d'amender la Constitution pour tenter de l'améliorer. Elle est trop rigide et irréaliste. Il faut la rejeter et repartir à zéro: le régime semi-présidentiel, semi-parlementaire ne marche pas. Il faut un document plus simple et bien conçu: «Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément

Il faut donc écrire une nouvelle constitution plus claire, plus simple, plus courte, plus facile d'application et qui soit le fruit d'un consensus entre tous les haïtiens.

En Amérique, il y a deux régimes politiques: le régime présidentiel dans certains pays, le régime parlementaire dans d'autres (*). Haïti est le mouton noir de l'Amérique, voire le mouton noir du monde entier.

Dans le cas d'Haïti, j'aurais privilégié l'introduction d'un système parlementaire comme dans les antilles anglophones,ou comme au Québec. Mais Haïti n'est pas encore prête pour un tel système. Il lui faut donc un système présidentiel et, sans premier ministre, s'il vous plaît. 

Haïti regorge de belles têtes, hommes et femmes, qui sont plus utiles au reste du monde qu'à leur propre pays, qu'elles soient dans la diaspora ou qu'elles soient sur le terrain. C'est triste de faire un tel constat: je n'aime pas ça  «pantoute».

Et quand un haïtien veut changer les choses, les autres, voire presque tous les autres, se liguent contre lui. Un exemple actuel: le cas du Président Michel Martelly vs. le Parlement.

Le plus grand problème d'Haïti, c'est que chacune de ses belles têtes pense que c'est elle, et elle seule, qui doit être à la tête du pays pour qu'il soit «bien gouverné». Chaque belle tête pense que c'est elle, et elle seule, qui ait «la» solution aux problèmes d'Haïti. Et, au lieu de faire équipe avec les autres belles têtes pour faire avancer leur pays, quelle que soit la couleur (politique ou épidermique) du chef de l'État en fonction, chaque belle tête préfère faire obstruction aux actions du chef de l'État et de son gouvernement. Dans ces conditions, les puissances amies d'Haïti s'imposent comme arbitres, le surarbitre étant les États-unis d'Amérique. 

Il faudrait entamer des échanges entre haïtiens, initier un dialogue national, pour définir sans préjugés ce que l'on devrait faire pour qu'Haïti commence à fonctionner «comme du monde», c'est-à-dire, comme le reste de l'Amérique, comme le reste du monde.

Une bonne constitution (de préférence pas très longue) serait la pièce maîtresse, la clef de voûte (the keystone) dans cette marche d'Haïti vers la modernité en 2012.


En attendant, peut-être, faudrait-il que les puissances amies d'Haïti, les arbitres et le surarbitre, permettent au Président Martelly de se transformer, c'est-à-dire, de passer de l'homme mou («papa gâteau», «papa Pétion bon kè») à l'homme fort («papa Christophe pi di») qui n'ait pas peur de «fouetter» (2), comme des animaux, certains des parlementaires, c'est-à-dire, ceux qui se  comportent comme des dinosaures.

Pour écrire cette nouvelle constitution, il n'y a nulle doute dans mon esprit que Madame Myrlande Manigat, professeure, constitutionnaliste, serait la personne indiquée pour présider l'entité qui serait chargée de produire ce document.

Quant au dialogue national, le Président Martelly a toute la bonne volonté, toute l'énergie, toute la ténacité requises pour diriger/inspirer l'équipe qui serait chargée d'organiser les échanges haitïano-haïtiennes durant son quinquennat.

Les échanges constants entre l'équipe chargée d'écrire la nouvelle constitution et l'équipe chargée d'organiser le dialogue national seraient indispensables. 
_________________

7 août 2011.

(2) Le mot «fouetter» est ici utilisé au sens figuré, c'est-à-dire, le sens qu'a le mot «fouetter» dans la bouche du brillant animateur de l'émission «C'est bien meilleur le matin» de Radio-Canada/radio, le morning man René Homier-Roy.

dimanche 25 mars 2012

Haïti/ POUR UNE DIASPORA PUISSANTE

Simple billet de solidarité à Monsieur Daniel Supplice, Ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger, et aussi à ses dévoués collaborateurs.

Par Gilbert Mervilus

Le poids de l’hypothèque du passé…

L’actualité du pays natal est chargée de leçons. Je travaillais à reconstituer l’ambiance de curiosité, fascinante, d’une heure de cours avec un ancien haïtien. Avec quelle facilité, nous nous promenions à travers les noms, les lieux et les faits de cette discipline à part, non conseillée aux paresseux, tout simplement  intitulée «Histoire d’Haïti » ! 

L’actualité présente du pays natal et son cortège d’inepties nous commandent de secouer notre poussiéreuse mémoire, en sélectionnant quelques fiches utiles.

Lorsque notre directeur nous introduisit dans l’univers consistant des «Antinationaux» (Louis-Joseph Janvier), de «Ainsi Parla L’Oncle» (J. Price-Mars) et «Les Mensonges de Notre Démocratie» (Damasse Pierre-Louis), nous étions très loin de penser qu’une trentaine d’années après, nous aurions à vivre parmi et à affronter tant d’intellectuels faussaires[1] , dans une république étranglée par de trop lourdes mallettes[2] .

Soulignons que vers cette fin des années 70 et début 80, Dieudonné Fardin avait réimprimé pour la jeunesse, pratiquement toute la production littéraire de notre XIXème siècle, à un prix indiscutablement abordable.

Personnellement, j’aurais peut-être erré si, de très tôt, notre directeur au secondaire, Me. Antoine Guerrier, ne nous avait pas accompagnés, dans l’identification magistrale des crises structurelles et leurs lourdes conséquences démographiques (quant aux mouvements migratoires),  à travers l’œuvre de Leslie F. Manigat, André Georges Adam et Roger Gaillard. Je crois entendre sa voix précise, nous «démontrant», patiemment, l’hypothèque du passé, chapitre remarquable de Paul Moral, dans «Le Paysan Haïtien».


 La diaspora haïtienne est maintenue à l’écart…

 Grâce à Facebook, je viens de retracer environ 500 anciens élèves de  Me. Antoine Guerrier, éparpillés dans notre Diaspora.

Me. Edgar Marseille nous accompagna, en 1977-1978, dans les premiers chapitres de «L’Espace Haïtien»[3]. Nous étions encore loin de comprendre que notre diaspora n’est pas une lodyans !

Daniel Supplice, l’auteur du capital Dictionnaire Biographique, est retourné dans mes carnets de lecture, à un moment où la majorité des citoyens soucieux se préoccupaient, inconsciemment ou par simple curiosité intellectuelle, sur la généalogie, l‘histoire et l’urgent devenir d’Haïti. Il s’agissait, en effet de la troublante conjoncture 2001-2004.

 Ce Dictionnaire reste un ouvrage fondamental pour répondre à de nombreuses questions, en ce qui concerne nos ancêtres, les parents et amis de nos ancêtres ou des dizaines de noms que nous croyions avoir écoutés dans le ventre de notre mère[4].

 Je me rappelle une intervention spectaculaire – nous sommes au début des années 80…- d’un jeune sous-secrétaire d’Etat, qui dénonçait le trafic des enfants haïtiens vers l’étranger. Les réseaux d’alors  utilisaient de savants mécanismes d’adoptions détournées. Ne disposant plus de ma vieille collection de journaux «Le Nouveau-Monde», j’évite les imprécisions autour de la date, mais le fait d’armes portait la signature de Daniel Supplice – nous étions entre novembre 1979 et avril 1980-. Un inquiétant aspect de nos affaires avait été clairement dénoncé…

Si quelque chose a bien réussi, au cours des cinquante dernières années en Haïti, pour le renforcement de la marche-arrière institutionnalisée, il s’agit de la profonde mise en place structurée, par les forces politiques et financières internes, dans le but de maintenir à l’écart la diaspora constructive. S’il vous est arrivé de saisir les sous-entendus et les non-dits des discours décousus, de différents secteurs, diaboliquement malveillants pour la plupart, qui enragent sur la nationalité de celui-ci ou le passeport de cet autre-là, armez-vous de courage cynique. Osez enquêter, dans les missions diplomatiques de Port-au-Prince, sur la couleur réelle du drapeau hissé dans le cœur de tel politicien (parlementaire ou autre !) et aussi vers quelle(s) lointaine (s) caisse(s)  favorable(s), atterrissent leurs affections en deniers métalliques. Ah oui, amis et parents de la diaspora, de nombreuses interrogations pèsent sur notre patriciat «nationaliste» !

Affaiblir, par tous les moyens la participation civique active de la diaspora, dans les affaires de la république, est un programme sur lequel, les «ismes» d’hier et d’aujourd’hui, de la gauche patatiste à la droite moitrinaire, la communauté internationale, dans son ancien et nouveau formatage, se sont férocement entendus. Sur ce point, triste point, ils rappellent quelques grands révolutionnaires de 1946 et de 1957 : «A bas les mulâtres, vive les mulâtresses» !  


Seule une puissante diaspora nous aidera…

En considérant, soigneusement, le bilan des actions posées par les grands «amis» d’Haïti, depuis 1986 et particulièrement à partir de leur golden era – de 1994 à nos jours –, nous devrions, sincèrement, nous préoccuper.

La modernisation du cadre juridique et la mise en marche de structures d’accueil crédibles, pour convenablement traiter notre diaspora, restent l’une des rares issues concrètes, pour prétendre entrer – déjà en retard !– dans le XXIème siècle. Seule une diaspora puissante nous aidera à casser notre devise opérationnelle : «En Haïti, les analphabètes sont un problème, et les intellectuels, un danger permanent… » !

Sans oublier que le cahier des histoires autour du pays natal ne manque pas de surprises : en Espagne, on me prenait pour «marocain» ! 

Gilbert Mervilus
Février-Mars 2012



[1] Livre de Pascal Boniface, 2011
[2] Voir Pierre Péan, scandales polico-financiers en France, La République des Mallettes, Fayard 2011.

[3]Ouvrage célèbre de Georges Anglade, qui introduisit toute une génération aux sciences sociales modernes.
[4] Prononcé par le Dr. Carlo A. Désinor à la sortie de son ouvrage DANIEL (Fignolé), en 1987.

lundi 19 mars 2012

Entrevue de l'Ambassadeur Kenneth Merten au service créole de La Voix de l'Amérique

L'Ambassadeur américain en Haïti a accordé une intervenue au journaliste Ronald César de l'émission créole de La Voix de l'Amérique. L'on se souvient, l'ambassadeur Merten avait, au Palais national, le 8 mars dernier, déclaré: «Le Président Martelly n'est pas américain: il est haïtien.».
Il l'a répété avec plus d'emphase le 15 mars sur  La Voix de l'Amérique en créole.

Cliquez sur le lien suivant pour écouter l'entrevue:

voacreole/ambassadeur Kenneth Merten, 15 mars 2012 , 16 min 17 sec.

jeudi 8 mars 2012

Edito : Les acculés

Par Frantz Duval
Source: Le Nouvelliste, 6 mars 2012

Haïti: Le président Michel Martelly prend des coups. Pas un jour qu'une nouvelle lettre de sénateurs, une déclaration de député ou un document sur internet ne vienne troubler son règne. Stoïquement, le Martelly nouveau laisse passer la vague, fait le dos rond, encaisse et compte les jours.

La mauvaise passe comme les sept plaies d'Égypte n'est que pour un temps, doit-il se dire.
De partout, rapporte-t-on, les conseils affluent : il doit tenir bon et ne rien dire qui puisse raviver les ressentiments. Parler n'a pas été une bonne idée pour le chanteur. Quand on sait combien lui coûte son silence, lui qui adore provoquer, son attitude est admirable.

Les diplomates qui ont rencontré le président de la République ces derniers temps sont convaincus que les leçons de ses dernières sorties ont été apprises. « Monsieur le président, plus d'excitations gratuites », lui a même conseillé un des grands amis d'Haïti.

Résultats: les visites prévues de longue date se déroulent sans anicroches. Premier ministre de Curaçao, dollars de Petrocaribe, Commissaire de l'Union Européenne, elatriye. Les annonces de millions se suivent à un rythme soutenu. Cela ne veut pas dire que les promesses seront tenues, mais au moins elles sont faites. Le Premier ministre désigné a le temps de souffler et d'enfiler rencontre sur rencontre pour se tisser une base d'appui plus large. Martelly marque des points sans tapage, achète du temps. Compte ses vrais amis.

La communauté internationale sait que Martelly est convaincu qu'elle doit le soutenir. Comment les diplomates en poste ici pourraient-ils s'infliger un tel désaveu en mettant en doute le choix appuyé avec chaleur il y a moins d'un an ? Nos grands amis doivent peser sur le frein du leader et boire la lie de ses erreurs.

Les parlementaires aussi savent que nous ne sommes pas à la veille d'un bouleversement, mais, eux, ne peuvent plus actionner le bouton de l'arrêt d'urgence. Ils ne veulent pas se déjuger non plus ni passer pour des vendus, des mous, des lâches.

Pendant que les jours passent, la situation se détériore, le capital confiance s'effiloche, les conditions d'une crise plus sérieuse se mettent en place.





Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Twitter:dalfaz

samedi 25 février 2012

Haiti Without a Prime Minister Again: Is This Reconstruction or ‘Deconstruction’?

By Tim Padgett

Source: globalspin.blogs.time.com, February 25, 2012

This article was written by Tim Padgett in Miami with Susana Ferreira in Port-au-Prince
Speaking to his nation Friday night, Feb. 24, Haitian President Michel Martelly sported several pink bracelets that read Tet Kale, or “Bald Head” in Creole, a political slogan referring to Martelly’s own shaved pate. Unfortunately, it’s the Haitian government that’s looking pretty bald at the moment after Friday’s resignation of Martelly’s Prime Minister, Garry Conille, who had only been on the job for four months. In his two-minute television broadcast, Martelly urged Haitians and the international community to “stay calm. We have already taken every step so that the state my continue to work normally.”
But Haiti, the western hemisphere’s poorest nation and arguably its most dysfunctional government, doesn’t work normally in the best of times – and Conille’s sudden departure is a politically seismic shock to Haiti’s recovery, two years after an earthquake that wrecked the country and killed more than 200,000 people. It was also a product of what looks increasingly like an intractable standoff between a populist President, a former carnival singer known as “Sweet Micky,” who seems as imperious as he is inexperienced, and an opposition-controlled Parliament run by entrenched establishment pols who can’t accept an outsider head of state. “This is a big, senseless step backward,” one western diplomat in Port-au-Prince told TIME. “It’s the last thing Haiti needed right now.”
The diplomat’s sentiments are being echoed around the international community – Canadian Foreign Affairs Minister John Baird said the Conille resignation “causes further instability at a time when the Haitian people face serious hardship” – and for good reason. Thanks to the acrimony between President and Parliament, Haiti went without a Prime Minister – who runs the government and therefore oversees disbursement of earthquake recovery funds – for more than six months after Martelly was sworn in last May. During that time, nervous international donors withheld billions of dollars for reconstruction projects.
Conille’s installation as Haiti’s No. 2 leader had buoyed them. A U.S.-educated doctor and veteran of U.N. development work, Conille was a top aide to former U.S. President Bill Clinton in the latter’s role as special U.N. envoy to Haiti. In the past four months, Haiti has seen a series of high-profile investments, including the announcement of a $45 million Mariott Hotel and the construction of the Caracol Northern Industrial Park, a $300 million project set to cut ribbon for its first tenant in a matter of weeks. But the new political crisis suddenly renders the future of these and other projects uncertain. Now, after the recent momentum, as Martelly sought to build confidence in Haiti’s potential as a manufacturing, agriculture and tourism hotspot – he insisted Friday that “the country is starting to take off” – his government could find itself back at square one.
And the reasons seem as boorish as they are byzantine. If Conille’s appointment had encouraged the international community, it put domestic pols on edge from the start. Among the sore points that led Martelly, cabinet ministers and parliamentarians to push Conille out: arguments over interpretations of the Haitian Constitution, particularly the powers of the PM versus the President’s; a Senate-led investigation into the alleged dual nationality of Martelly, Conille and other high-ranking government officials (Conille had urged those being targeted to comply and submit documents, while Martelly had advised them not to, calling the probe a conspiracy against him); and Conille’s push to audit $300 million in post-earthquake contracts awarded under his predecessor, Jean-Max Bellerive, a cousin of Martelly’s.
Disagreements between Martelly and Conille had become more public in recent weeks, with the President even arriving unannounced at Conille’s house one evening for an angry exchange. Still, Conille insisted two weeks ago that he wouldn’t step down, that he was in it for the long haul.
But when the government returned to work on Thursday, Feb. 23, after the bright revelry of Carnival, the political mood turned darker. Cabinet ministers and other officials did finally comply with the investigating Senate commission’s request for nationality and travel documents, but they reportedly wore pink Tet Kale bracelets to make it clear they backed Martelly and not Conille. They then openly boycotted a scheduled meeting with the PM – who, humiliated, having lost control of his cabinet and facing the prospect of a no-confidence vote in Parliament, felt “obliged,” as he wrote in his terse resignation letter, to quit.
Conille, a consummate technocrat, can also be blamed to a certain degree for political naivete if not arrogance: running the Haitian government requires more rough-and-tumble shrewdness than a career in the U.N. usually instills. He perhaps could have done more, for example, to assuage concerns in the Parliament that he felt more loyalty to the U.N., Clinton and foreign investors than to Haiti.
Even so, his ouster makes Martelly’s government and Parliament look more foolish and petty than ever. Half the earthquake rubble has yet to be cleared away in Haiti, but the Senate has chosen to make a dual-nationality witchhunt one of its priorities? Given Haiti’s long and ugly history of official corruption, it’s natural that international donors want to see more transparency in the use of their reconstruction billions – and yet when Conille tried to inspect the post-earthquake books, Martelly and his allies pushed back, making it look all the more to the outside world that Haiti has something to hide.
Meanwhile, the Haitian media report that violent crime is up sharply in the capital, Port-au-Prince, during the crisis – with one major daily, Le Nouvelliste, calling the current situation “deconstruction” instead of reconstruction. Conille will stay on to manage routine affairs until a new PM is nominated; Martelly promised the search for Conille’s successor would begin soon, and that government officials and Parliament would resolve the crisis quickly. “Like it or not,” he said, using one of his slogans, “victory is for the people.” But not with a government like this.

samedi 11 février 2012

Une image vaut mille mots: rencontres de chefs d'État ou de gouvernement


Le Président Michel Joseph Martelly cherche des opportunités pour son pays et pour les citoyens de son pays. Il renforce la coopération avec Cuba, le Vénézuela, entre autres choses, sans négliger la coopération incontournable entre Haïti et les États-Unis d'Amérique. Pourtant, certains secteurs adverses, nostalgiques de leur règne anarchique d'hier, mettent des pelures de banane sur le chemin du Président Martelly. «Cela n'a pas de bon sens», comme on le dit au Québec. Le Président Martelly saura éviter, j'en suis sûr, ces pelures de banane.

Le Président Martelly, je l'ai déjà dit, fait ce que j'aurais fait si j'étais Président d'Haïti...


Je rapporte, ci-dessous, quelques images qui parlent d'elles-mêmes.


1) Pierre Trudeau et Fidel Castro


Fidel Castro en compagnie du Premier ministre Pierre Trudeau, son épouse Margaret
et l'un de leurs fils que Fidel surnommait Micha-Miche.
Photo  (datant de 1976) trouvée sur le Web. 


Fidel Castro et Pierre Trudeau
Photo utilisée par Radio-Canada en 2006 (1)

Pierre Elliot Trudeau, Premier ministre du Canada pendant plusieurs années et pendant plusieurs mandats, a toujours entretenu d'étroites relations avec Cuba et son leader suprême Fidel Castro, à la barbe des américains et en pleine période de guerre froide. Trudeau et Castro étaient en plus des amis proches. Je devine que ces deux hommes de loi ont dû échanger pendant de longues heures sur les grandes questions qui les intéressaient tous les deux.

« J'ai grandi en sachant que, dans le panthéon de nos liaisons et amitiés familiales, Fidel Castro était parmi nos plus intimes. À la maison, nous gardions une photo de Fidel, dans son complet militaire, portant dans ses bras mon frère Michel qui n'était alors qu'un bébé joufflu. Lors de cette première rencontre, en 1976, Fidel avait même donné à Michel son surnom définitif: Micha-Miche. » — Alexandre Trudeau (La Presse, 15 août 2006)

2) Joseph Michel Martelly et Raoul Castro



Présidents Raoul Castro (Cuba) et Michel Joseph Martelly (Haïti)
Source: Page FaceBook de Michel Martelly, automne 2011.

3) Joseph Michel Martelly et Hugo Chavez



Présidents Hugo Chavez (Vénézuéla) et Michel Joseph Martelly (Haïti)
au sommet de l'ALBA le 4 février 2012.
Source: Page FaceBook de Michel Martelly 

P.S. Deux photos additionnelles.



4) L'ex-Président Jimmy Carter et le président Fidel Castro


L'ex-Président américain Jimmy Carter et le Président cubain Fidel Castro
aux funérailles de l'ex-Premier ministre Pierre Elliot Trudeau à Montréal, le 3 octobre 2000.
Photo trouvée sur le Web.  



L'ex-Président américain Bill Clinton et l'ex-Président haïtien Jeau-Claude Duvalier
le 12 janvier 2012 en Haïti, aux cérémonies commémorant le tremblement de terre du 12 janvier 2010.
Source: page FaceBook du Président Jean-Claude Duvalier. 


______________________

(1)  Relations avec le Canada, mise à jour du 22 décembre 2006

samedi 4 février 2012

Haïti: De «l'union intime» entre le Premier ministre et son Président

Par Dr. Pierre Montès

Le Président Martelly veut le plus grand bien au plus grand nombre d'haïtiens. J'aime beaucoup ça.

Il est sur tous les fronts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

C'est ce genre de Président qu'Haïti avait besoin depuis 1986.

Pendant vingt-cinq ans, des avalanches de boues (lavalas) ont envahi les maisons, les champs et les rues. Le temps du grand nettoyage des lieux est enfin arrivé. Le Président Martelly organise ce nettoyage. De plus, il tient à y participer directement, quotidiennement. J'aime beaucoup ça.

On ne pourra pas empêcher le Président de participer au koumbit qu'il est en train d'organiser! Que chaque ministre du gouvernement, y compris le Premier ministre, se le rappelle constamment. Sinon, le Président le leur rappellera à chaque fois.


Le Premier ministre Garry Conille doit se considérer comme le paratonnerre du Président Michel Martelly. Il doit donc le protéger contre les attaques des ses adversaires en tout temps et en tout lieu. 

Le Premier ministre Garry Conille a le devoir de tenir le chef de l'État, son Président, au courant de ses activités en tant que chef du gouvernement.

Il doit exister entre les deux hommes un lien si étroit et si fort que les parlementaires ne pourront jamais réussir à le relâcher.

Il est bon que le Premier ministre ait toujours en tête l'histoire de Tarpeia. Il ne doit pas se laisser amadouer par ceux qui sont contre le changement, ceux qui sont contre le Président Martelly.

Du Président Martelly, je dirai au Premier ministre Conille, paraphrasant les conseils de Kerverseau à Hédouville au sujet du comportement que ce dernier devait avoir vis-à-vis de Toussaint Louverture:

«Les forces qui vous manquent, vous les trouverez dans votre union intime avec le Président Michel Martelly. C'est un homme de grand sens, dont l'attachement à Haïti ne peut être douteux, dont la fermeté égale la prudence..., qui jouit de la confiance de toutes les couleurs et qui a sur la sienne un ascendant qu'aucun contrepoids ne peut balancer. Avec lui, vous pouvez tout. Sans lui, vous ne pouvez rien.» 


Quant au Président Martelly, je lui dirai simplement ce que m'avait dit le Général Pierre Merceron, Ministre de l'intérieur et de la défense nationale, le samedi 4 janvier 1986, la première fois de ma vie que je l'ai rencontré, à une réunion de travail au bureau du Ministre de l'information, le Dr. Adrien Raymond, à Delmas. Pendant une pause-santé, après quelques heures de discussions où il avait entendu mes argumentations sur les questions débattues, le général Merceron mit sa main droite sur mon épaule gauche et me dit ceci:

«...Vous êtes un saint. Restez comme vous êtes. Et aucun malheur ne vous arrivera.»