dimanche 26 septembre 2010
«À vie»: un documentaire sur François Duvalier, octobre 1968
mardi 14 septembre 2010
Haïti-élections présidentielles 2010/Sondage Stanley Lucas (8-14 septembre 2010)
Monsieur Stanley Lucas a réalisé sur son blog visité le 14 septembre (http://www.solutionshaiti.blogspot.com/) un sondage d'opinion du 8 au 14 septembre 2010. Les internautes devaient répondre à la question suivante:
Question: Si les élections étaient libres, honnêtes et démocratiques qui serait élu President de la République ?
Voici les résultats du sondage de M. Stanley Lucas:
- Jean Henry Céant: 494 votes, soit 42,22%
- Charles Henry Baker: 388 votes, soit 33,16%
- Michel Martelly: 107 votes, soit 9,15%
- Mirlande Manigat: 99 votes, soit 8,46%
- Jacques-Édouard Alexis: 31 votes, soit 2,65%
- Leslie Voltaire: 28 votes, soit 2,39%
Ces six candidats totalisent à eux seuls 98,03% des voix.
Les 13 autres candidats en lice ont chacun un nombre de votes allant de 6 à 0. Ils n'obtiennent ensemble que 1,97% des voix.
Contrairement au sondage d'Haïti-Libre, celui de M. Lucas fournit le nombre de votants (1170). De plus, il est important de noter que l'internaute n'a pu voter qu'une seule fois durant la période du sondage de M. Lucas, alors que celui d'Haïti-Libre a permis à un votant de voter une fois par jour (donc plusieurs fois durant la période du sondage).
Les résultats des deux sondages (Haïti-Libbre et Stanley Lucas) montrent que les partisans de Jean Henry Céant ont été très actifs cette semaine. En effet, on a remarqué que ce dernier a fait un saut de plusieurs points dans le sondage d'Haïti-Libre, mais il n'a pu se placer qu'en quatrième position chez Haïti-Libre. Il est classé premier chez Stanley Lucas.
Voici comment les premiers candidats se classent selon les deux sondages (Haïti-Libre: 5-11 septembre 2010; Stanley Lucas: 8-14 septembre 2010):
- Charles Henry Baker: 1er chez Haïti-Libre, 2e chez Stanley Lucas.
- Jean Henry Céant: 4e chez Haïti-Libre, 1er chez Stanley Lucas.
- Michel Martelly: 2e chez Haïti-Libre, 3e chez Stanley Lucas.
- Mirlande Manigat: 3e chez Haïti-Libre, 4e chez Stanley Lucas.
- Jacques-Édouard Alexis: 5e chez Haïti-Libre, 5e chez Stanley Lucas.
- Leslie Voltaire: 6e chez Haïti-Libre, 6e chez Stanley Lucas.
En se basant sur le nombre de votants au sondage de Stanley Lucas, en l'occurrence 1170, on peut dire que la marge d'erreur serait de l'ordre de 3%, 19 fois sur 20.
Quant au sondage d'Haïti-Libre, la marge d'erreur n'est pas fournie. Il est de toutes façons difficile de la déterminer, le nombre de votants n'étant pas indiqué et un votant pouvant voter plusieurs fois pendant la période de ce sondage.
Dr. Pierre Montès
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Voir aussi:
http://jfjpm-politique.blogspot.com/2010/09/haiti-elections-presidentielles_12.html
lundi 13 septembre 2010
Haïti/Président René Préval à Internationales (entrevue de 52 minutes, le 12 septembre 2010)
Il s'agit d'une entrevue accordée par le Président René Préval à Xavier Lambrechts (TV5MONDE), Bruno Daroux (RFI) et Jean-Michel Caroit (Le Monde).
Cliquez sur le lien suivant pour accéder à la page d'Internationales et pour ensuite cliquez sur l'icône convenable pour écouter cette importante entrevue:
Internationales/René Préval, 52 minutes, dimanche 12 septembre 2010.
Les réponses du Président permettront de comprendre un peu mieux la situation, à deux mois et demi des élections:
- C'est l'international qui a déterminé que les élections sont possibles en 2010 après le séisme du 12 janvier.
- Jude Célestin est bien le candidat de René Préval qui a été choisi par l'INITÉ.
- Il y a huit candidats de la mouvance à laquelle appartient René Préval qui reconnaît que le vote sera alors éparpillé au premier tour et qu'il y aura fort probablement et pour la première fois en Haïti un second tour aux élections présidentielles prochaines.
- Wyclef Jean a été écarté par le CEP parce qu'il résidait à l'étranger, fait de notorité publique, pendant les cinq dernières années.
- Dans le quadrilatère déclaré d'utilité publique, les édifices gouvernementaux seront construits au bas de la ville; la plupart du reste de ce quadrilatère continuera d'appartenir au privé, mais l'État édictera les types de constructions à y ériger: édifices multiétagés de grande hauteur répondant aux normes parasismiques.
- etc.
dimanche 12 septembre 2010
Haïti-élections présidentielles 2010/Résutats du sondage d'Haïti Libre/semaine 2: 5 - 11 septembre 2010
Le sondage d'Haïti Libre a complété sa deuxième semaine (5 - 11 septembre 2010).
Selon les résutats publiés pour la deuxième semaine, seulement trois candidats sont au-dessus de la barre de 10% parmi les 19 candidats en lice. Michel Joseph Martelly perd la première place au profit de Charles Henry Baker. Madame Mirlande Hyppolite Manigat passe en troisième position, laissant la deuxième place à Michel Joseph Martelly. Il est intéressant de noter que les trois premiers candidats du classement de la semaine 1 sont encore les trois premiers du classement de la semaine 2. Madame Manigat doit faire des efforts cette semaine pour rattrapper Monsieur Baker, donc réussir à combler l'écart négatif de 4,42% par rapport au candidat Baker. Le travail du candidat Baker sur le terrain depuis 2006 et la promesse de signer trois arrêtés présidentiels dès le 7 février 2011 sont peut-être pour quelque chose dans le passage en tête de M. Baker cette semaine (arrêté 1: remise sur pied des forces armées; arrêté 2: remise sur pied de la BNDAI; arrêté 3: mise sur pied d'une banque offrant des hypothèques aux travailleurs actuellement sous les tentes, en plus d'oser promettre la création de centaines de milliers d'emplois durant les deux premières années de son mandat, s'il est élu).
Semaine 2: 5 - 11 septembre 2010:
Charles Henry Baker, Respè:..18,45% (1er, gagne deux positions, gagne 4,78%)
Joseph Michel Martelly, Repons peyzan:.. 16,45% (2e, perd une position, perd 7,55%)
Mirlande Hyppolite Manigat, RDNP:..14,03% (3e, perd une position, perd 5,57%)
Jean Henry Céant, Renmen Ayiti:..8,78% (4e, gagne 5 positions, gagne 5,92%)
Jacques-Édouard Alexis, MPH:..7,85% (5e, perd une position, perd 2,35%)
Les trois candidats en tête cette deuxième semaine recueillent ensemble un peu moins de la moitié des votes (48,9%).
Leslie Voltaire et Jude Célestin arrivent au 6e rang (5e la semaine passée) et au 10e rang (6e la semaine passée) respectivement avec 6,48% (6,53% la semaine passée) et 2,39% (5,10% la semaine passée) respectivement.
Pour voir les résultats du sondage de la deuxième semaine pour les 19 candidats, cliquez sur le lien suivant:
Haïti-Élections présidentielles 2010/sondage Haïti Libre (12 septembre 2010).
La précision des résultats du sondage n'est pas indiquée par Haïti Libre.
Le nombre de votants n'est pas fourni. Il est dit qu'un votant ne peut voter qu'un fois par jour pour son candidat préféré. Mais il est dit que le votant peut dans la même journée annuler son vote pour un candidat donné et voter pour un autre candidat.
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Rappel.- Résultats de la semaine 1
Semaine 1: 29 août - 4 septembre 2010:
Joseph Michel Martelly, Repons peyzan:.... 24,0%
Mirlande Hyppolite Manigat, RDNP:...........19,60%
Charles Henry Baker, Respè:.........................13,67%
Jacques-Édouard Alexis, MPH:.....................10,20%
Pour voir les résultats de la semaine 1, cliquez sur le lien suivant:
Haïti-Élections présidentielles 2010/sondage Haïti Libre (5 septembre 2010).
dimanche 5 septembre 2010
Haïti-élections présidentielles 2010/Résutats du sondage d'Haïti Libre/semaine 1: 29 août-4 septembre 2010
Amis et amis internautes,
Un sondage est tenu par Haïti Libre à compter du 29 août 2010. Les résultats seront publiés chaque semaine.
Le nombre de votants n'est pas fourni. Il est dit qu'un votant ne peut voter qu'un fois par jour pour son candidat préféré. Mais il est dit que le votant peut dans la même journée annuler son vote pour un candidat donné et voter pour un autre candidat.
Selon les résutats publiés pour la première semaine, les 4 candidats qui sont en tête parmi les 19 candidats en lice sont:
- Joseph Michel Martelly, Repons peyzan:.... 24,0%
- Mirlande Hyppolite Manigat, RDNP:...........19,60%
- Charles Henry Baker, Respè:.........................13,67%
- Jacques-Édouard Alexis, MPH:.....................10,20%
Ces quatre candidats recueillent donc ensemble les deux tiers du vote sur Haïti Libre cette semaine.
Leslie Voltaire et Jude Célestin arrivent au 5e et 6e rangs respectivement avec 6,53% et 5,10% respectivement.
Pour voir les résultats du sondage pour les 19 candidats, cliquez sur le lien suivant:
Haïti-Élections présidentielles 2010/sondage Haïti Libre (5 septembre 2010).
La précision des résultats du sondage n'est pas indiquée par Haïti Libre.
Le régime parlementaire comme alternative aux dérives autoritaires et autocratiques du présidentialisme haïtien
Par Gesler Jean-Gilles
geslerjeangilles@yahoo.fr
Montréal, le 2 septembre 2010
Au lendemain de la longue nuit duvaliérienne, les constituants, dans le souci d’éviter le retour d’un pouvoir personnel sans bornes en Haïti, se sont résolus à doter le pays d’une constitution promouvant un État démocratique et de droit ; un État fonctionnant sous l’empire des lois. Pressés de limiter les pouvoirs du président, ils ont introduit un régime mixte, de type semi-parlementaire et semi-présidentiel avec des institutions indépendantes et, au sommet de l’État, un Exécutif bicéphale dirigé par le président de la République et le Premier ministre : l’un jouant le rôle de chef de l’État, l’autre celui de chef du gouvernement. Le président est élu au suffrage universel direct, tandis que le Premier ministre l’est de façon indirecte, tirant sa légitimité du Parlement.
Quoi qu’il en soit, les constituants ne réalisaient pas qu’une telle formule fonctionne seulement dans un pays démocratique doté d’un système de partis structurés. Ils croyaient bien faire, puisque nous sortions de 30 années d’un régime dictatorial où la vie de l’Haïtien ne tenait qu’aux humeurs du despote. Dans leur esprit, il convenait d’ériger des garde-fous pour contrer les dérives d’un président trop puissant.
Malgré tout, depuis le 29 mars 1987, date de la ratification par référendum de l’actuelle Loi fondamentale, les présidents de la République se sont comportés en véritables rois sans couronne, comme au bon vieux temps du duvaliérisme triomphant. C’est l’exercice abusif du pouvoir personnel.
La société haïtienne, engluée dans le présidentialisme autoritaire et autocratique, n’a pas semblé comprendre que le président, nullement responsable devant le parlement, viole allégrement la Constitution et expose le pays à d’interminables périodes de turbulences politiques qui bloquent le fonctionnement des appareils de l’État, la croissance économique et le développement durable du pays.
Comble de malheur, la Constitution ne s’illustre ni par sa cohérence ni par sa clarté. En effet, comment prétendre limiter les pouvoirs du président et en même temps faire de lui l’élément incontournable du processus de nomination du Premier ministre et des membres du gouvernement. N’est-ce pas ce même président qui nomme les directeurs généraux des ministères et des organismes déconcentrés, les ambassadeurs, les consuls, et autres… N’est-ce pas encore lui qui a la haute main sur le Trésor public, le ministre des Finances se bornant à exécuter servilement ses ordres. Jamais un président n’aura eu autant de pouvoir que sous la très libérale Constitution de 1987 qui est censée, paradoxalement, réduire ses pouvoirs.
Cette ambiguïté tient au choix des constituants de s’inspirer de la Constitution française de 1958 instituant la 5e République qui renforçait les pouvoirs du président. Les Français entendaient ainsi marquer la rupture avec la 3e et la 4e Républiques sous l’empire desquelles tous les pouvoirs étaient détenus par le président du Conseil (le Premier ministre) au détriment du président de la République dont la fonction était réduite à inaugurer les chrysanthèmes. Formule pour le moins fleurie pour dire qu’il ne disposait d’aucun pouvoir.
Ce n’était pas l’exemple à suivre pour un pays qui se relevait à peine de 30 années d’un pouvoir présidentiel démentiel. Les constituants auraient dû s’inspirer plutôt de l’expérience de l’Allemagne, de l’Australie, du Canada, de l’Italie, de l’Espagne ou du Royaume-Uni, et de tant d’autres pays ; expérience parlementaire qui assure avec bonheur le plein fonctionnement des institutions, le Corps législatif étant le principal dépositaire de la légitimité populaire. Point de double légitimité donc au sommet de l’État, comme cela se passe en France sous la 5e République et qui donne lieu, notamment en période de cohabitation, à une sorte de combat de coqs entre le président de la République et le Premier ministre.
Dans ces pays, le parti vainqueur aux élections, du fait même de disposer de la majorité des sièges au Parlement, forme le gouvernement que préside le Premier ministre ou le Chancelier, dans le cas de l’Allemagne. De son côté, le président de la République est élu par les parlementaires, lors d’une élection au second degré. Ce président, le roi Juan Carlos en Espagne ou la reine Élisabeth au Royaume-Uni, au Canada et en Australie, disposent d’un pouvoir honorifique et ne sauraient influencer les décisions du gouvernement.
Ce n’est pas le cas en Haïti. Un exemple entre autres: l’Exécutif bicéphale établi par la Constitution de 1987 ouvre une brèche à bien des ambigüités, permettant ainsi au président Préval de se garder prudemment, en 1996, de nommer le Coordonnateur général de l’OPL, Gérard Pierre-Charles dont le prestige intellectuel risquait de lui faire de l’ombre, préférant faire choix de Rony Smarth, autre dirigeant de ce parti –majoritaire au Parlement- comme Premier ministre.
Les responsabilités d’État au Parlement
Après plus de 23 années de crises politiques marquées par le refus systématique des différents présidents (issus de coups d’État ou d’élections plus ou moins acceptables) de respecter les limites de leurs pouvoirs, voici venu le moment historique de déterminer le régime politique qu’il convient d’appliquer au pays. Soit que nous retournions au vieux système présidentiel où les tenants de ce présidentialisme autoritaire et autocratique se croient tout permis. Soit que l’on instaure en Haïti un régime parlementaire détenant véritablement les leviers politiques d’État.
Ce régime fait automatiquement du chef du parti vainqueur aux élections et disposant par voie de conséquence d’une majorité de sièges au Parlement, le chef du gouvernement doté de l’autorité de former son gouvernement sans s’exposer aux diktats du président et de son entourage. Si le parti gagne mais n’obtient pas la majorité, son chef est invité par le président à constituer une majorité (de concert avec des partis alliés) l’habilitant à gouverner. Dans l’impossibilité pour ce parti, quoi que vainqueur, de constituer sa majorité, le président se voit contraint d’appeler le chef du parti arrivé 2e aux élections, pour que celui-ci tente à son tour de fabriquer cette majorité lui permettant de former le gouvernement. Il s’agira alors d’un gouvernement de coalition.
À cette fin, des changements sont nécessaires au niveau de la Constitution de 1987 en vue de fixer clairement les champs de compétences du Premier ministre et du président de la République.
De mon point de vue, le président de la République ne devrait plus être élu au suffrage universel direct, mais au second degré. Dans cette logique, les parlementaires l’élisent, comme cela se passait avant 1950. Le chef de l’État ne disposant pas de domaines réservés, ses attributions devraient être les suivantes :
- Donner investiture au gouvernement ;
- Recevoir les lettres de créance des ambassadeurs accrédités en Haïti ;
- Représenter le pays aux réunions et cérémonies officielles, en Haïti ou à l’étranger ;
- Délivrer le message présidentiel annuel à la nation que lui prépare le cabinet du Premier ministre à l’occasion de la Fête de l’indépendance…
Pour ce qui concerne le Premier ministre, le leader du parti vainqueur aux élections devient automatiquement le chef du gouvernement. À ce titre, il :
- Choisit ses ministres et les secrétaires d’État ;
- Choisit le directeur de la Police nationale, les directeurs généraux des ministères et des organismes déconcentrés devant être ratifiés au Parlement ;
- Nomme les ambassadeurs, les consuls généraux et autres agents diplomatiques ;
- Le gouvernement rend compte, explique ses décisions et répond aux questions des parlementaires sur une base régulière selon un agenda préparé par le parti gouvernemental et les bureaux des deux Chambres.
Ce régime parlementaire aura le mérite d’institutionnaliser le système de partis politiques, tout en établissant le mode de scrutin à un seul tour pour éviter la prolifération ridicule de « particules ». Ce qui éviterait des dépenses faramineuses associées à l’organisation de l’élection présidentielle. Dans cette perspective, le régime parlementaire fait du Premier ministre le personnage central du système politique, le chef du gouvernement ayant le contrôle de son cabinet ministériel. Il ne sera plus un simple collaborateur du président de la République exposé aux sautes d’humeurs et aux manœuvres politiciennes souterraines de ce dernier.
Toute révision de la Constitution qui ne propose pas un rééquilibrage des pouvoirs du président de la République par rapport au chef du gouvernement, ne sera que coups d’épée dans l’eau, manœuvres de diversion, destinés à renforcer davantage le présidentialisme traditionnel haïtien. À mon avis, au moment où la chose politique est prise en otage par le Palais national (même effondré), la classe politique et la société civile se doivent d’amorcer le débat sur l’urgence et la nécessité de confier les affaires de l’État à des institutions, en l’occurrence des partis politiques structurés représentés au Parlement.
En évoquant les dérives néfastes du présidentialisme outrancier en Haïti, je pense à la situation prévalant dans le cadre du processus électoral actuel. Et nous nous trouvons face au comportement scandaleux de l’actuel Conseil électoral provisoire (CEP), qui a violé un des prescrits de la Loi électorale en permettant à des protégés du président de se présenter à l’élection présidentielle sans avoir, entre autres, obtenu décharge de leur gestion des deniers publics. Et nous savons tous que ce CEP agit sous les ordres précis du président Préval. Cela donne une idée du pourrissement de la situation politique quand un homme se sent assez fort pour se placer au-dessus des lois de la République.
Gesler Jean-Gilles
NDCDP-Politique
Très bon article. Depuis 2005 je propose (sur différents «forums») le système parlementaire pour Haïti exactement comme le présente M. Jean-Gilles. On voit que lui et moi vivons et observons les systèmes parlementaires québécois et canadien.......
De plus, j'ai proposé la décentralisation du pouvoir où chacun des 10 départements géographiques serait vraiment autonome. Pour cela, il y aurait lieu d'introduire un gouvernement départemental élu au suffrage universel. Cette idée a été proposée sur mon blog (Le Coin de Pierre) et dans au moins un article publié dans le journal Le Matin. À l'intérieur de chaque département géographique, les communes seraient également autonomes, ce que prévoyait déjà la Constitution de 1987.
Avec ou sans l'introduction du système parlementaire, l'introduction d'un nouveau palier de gouvernement élu au niveau de chacun des 10 départements géographiques d'Haïti, permettrait la décentralisation du pouvoir exécutif et permettrait à chaque département de prendre en mains son administration et son développement.
Sans ce nouveau palier de gouvernement départemental élu, Haïti, sous l'empire de la Constitution de 1987, restera comme un homme dont le squelette est désarticulé. Car ce ne sont pas les trois Sénateurs élus par département, ni le délégué départemental nommé par l'exécutif central, qui permettront à un département d'être vraiment autonome, comme le veut la Constitution de 1987. Il n'est pas nécessaire d'avoir une «tête à Papineau» pour le comprendre. Faut-il donc conclure que les constituants de 1987 n'avaient pas réellement voulu décentraliser le pays ? Espérons que les corrections seront apportées dans une future révision de cette constitution ou dans une future constitution qui instaurera du même coup le système parlementaire en Haïti.
Réflexions sur les présidentielles de novembre 2010
Par Michel William, agronome
michelwilliam1000@hotmail.com
Réflexions sur les présidentielles de novembre 2010
Je ne crois pas á un soulèvement populaire devant provoquer le départ de Préval ni au renvoi des élections parce qu’il n’y a pas de financement pour le faire. Les derniers soulèvements liés aux émeutes de la faim ,dit on , ont été financés par JBA. Ceux relatifs au départ de JBA en 2004 ont été financés par l’Internationale á travers Le groupe 184 et la bande á Guy Phillipe appuyés par l’opposition unifiée.
Du coté de lavalas, de nos jours, on ne sait avec certitude quel groupe a le back-up de JBA. Le blanc pour sa part ne montre aujourd’hui aucun signe de désenchantement des agissements du pouvoir et la bourgeoisie locale d’en face est aux amours avec René Préval. En retour il faudrait aussi croire que le pouvoir anticipera un ensemble de frappes pour dissuader l’opposition de rester calme sous peine d’injustes poursuites judiciaires pour atteinte á la sécurité publique.
Sans être un disciple de Jude Célestin ni d’Alexis, encore moins de Baker ou de Mirlande Manigat qui n’ont pas la moindre chance d’être nommé ou d’être élus président dans les élections de novembre 2010 je ne vois pas encore les chances d’un lever Camper pour renvoyer les élections.
Si le RDNP était une force politique organisée dans toutes les sections communales et s’il avait trouvé l’aide de certaines démocraties occidentales pour financer le fonctionnement de ses cellules territoriales dans l’exécution de petits projets qui feraient la force de ses leaders locaux pendant tout le règne de Lavalas, on pouvait espérer une réaction de ces derniers á la volonté manifestée et constatée de l’INITE de s’approprier de l’appareil électoral et des structures administratives de support á ces élections Il n’en est rien. Tout est passe comme une lettre á la poste.
N’en déplaise á ses inconditionnels, le RDNP reste un parti élitiste qui surveille les opportunités pour damer le pion aux autres. Sans des percées louverturiennes difficiles á imaginer aujourd’hui, on peut affirmer sans risque de devoir se tromper qu’ il n’y a aucun espoir pour le RDNP d’accéder au pouvoir. Quant á Baker n’en parlons pas. Il aura contre lui la question de couleur qui refera surface et qui sera exploitée á fond par les hommes de l’INITE contre lui..
J’ai passé vingt ans á critiquer Lavalas en émettant de belles idées qui donnent envie de vivre pendant que des compatriotes qui se réclamèrent de ces idées sirotaient le champagne coulant de la politique que tous nous critiquons. J’ai passé les cinq dernières années du second mandat de Mr Préval á l’accuser de gouvernement de doublure pour signifier que ce n’est pas lui qui est aux commandes des affaires de la république mais bien la communauté internationale par delà le rideau du palais national. Pendant que le mandat de Mr Préval touche á sa fin et qu’il continue d’exécuter les ordres du grand patron de la communauté internationale, au lieu de nous en prendre á cette dernière, nous nous amusons á répéter a la radio que Mr Préval est le fidèle aveugle et exécuteur des instructions du blanc. On le connaît déjà. Devrions nous attendre qu’il fasse le contraire au crépuscule de son apparence de pouvoir réel ?
Les élections s’annoncent dans un environnement délétère sous la férule d’une part du blanc qui donne et ordonne, de l’autre sous l’autorité incontournable d’un CEP décidé á aller de l’avant sauf cas de mort.(Gaillot Dixit) . Qu’elles se fassent aujourd’hui, qu’elles aient lieu demain ou le 28 novembre qu’elles soient renvoyées après qu’on aura sorti les malheureux sous les tentes avec encore les bonnes grâces du blanc il ne se produira aucun changement. On assistera á la reproduction de la comédie politique de Gérard Latortue et de Valdès qui auront gaspillé deux années et demi pour nous accoucher de la souris du président Préval et de la retrouvaille d’une bourgeoisie fortement décriée.
Comme le blanc qui est plus que jamais maitre de la situation politique á travers les 12.000 bottes de la MINUSTHA conditionne son investissement á la réalisation d’élections que lui-même entend façonner pour mettre en place une équipe qui lui garantit le renforcement de la tutelle du pays, aussi longtemps que ses forces occupent le terrain la situation ne changera pas. S’il ne trouve pas ces conditions avec l’INITE ou Alexis , il les trouvera avec un autre ou avec moi. Il boycottera toute velléité de démocratie parce qu’il croit que la solution au problème haïtien ne viendra pas d’aucune lutte démocratique qu’il contrôle.
Dans ces conditions se désolidariser complètement de la continuité du pouvoir pour appuyer un quelconque changement qui se ramène á une substitution de prétendants également inféodés au blanc est apolitique et contre-productif. Il serait plutôt indiqué d’intégrer le jeu du blanc avec une équipe déjà rodée plus stratège qui progressivement sème les grains de la désoccupation du territoire pour nous rendre lentement mais surement une souveraineté obligée de marcher á pas feutré. Ceci est un travail politique de titan qui ne peut être réalisé qu’á moyen et á long terme par des acteurs politiques vieillis sur le harnais habitués á donner et á encaisser les coups qui ne tuent pas.
Depuis 1986 nous avons instauré la démocratie par la radio . Les grands bénéficiaires sont au nombre de trois petits groupes « Zwitt ».
-Les propriétaires des stations de radio les plus stratèges qui se multiplient en importance numérique en faisant le jeu de l’international et des leaders politiques sous couvert de la libre expression de la parole.Radio Caraibes en est le champion.
-Le pouvoir en place et la bourgeoisie qui s’aggrippent au pouvoir et s’enrichissent en finançant le jeu suspect de la radio.
-L’internationale qui en utilisant cette même liberté d’expression pour prolonger et renforcer sa tutelle exerce le véritable pouvoir politique et économique.
Conclusions
La stratégie de la radio est contre productive..Si d’un coté elle parait importante il faut avouer qu’elle est insuffisante et limitée’. Le résultat est que chaque jour nos oreilles sont restées suspendues aux récepteur des stations de radio qui prolongent et renouvèlent le statuquo. La démocratie par la radio nous donne la conscience tranquille le temps que dure les émissions et après, la vie reprend comme d’habitude. Avec les élections qui s’annoncent les ides fleurissent sur le NET .Des militants alimentent les réflexions en dénonçant certaine pratiques politiques reprehensibles inconnues du grand public. Ces écrits contribuent á construire la capacité des élites a repenser chaque jour la stratégie pour le changement d’Haïti sans les armer des moyens pour renverser le rapport des forces qui prévaut actuellement en Haïti. L’étranger a la force et les moyens, nous n’avons que nos idées .Il faut nous accoutumer au temps que prennent les batailles d’idées pour leur concrétisation. Le changement viendra mais il n’est pas pour demain
Pour terminer il faudrait clarifier pour Mr Dunois Eric Cantave que les guerres de libération et la révolution comme stratégies de bataille pour le changement ne sont plus les bienvenues aujourd’hui et il le sait déjà, pour notre ami sincère Gesler Jean Gilles qu’une reformulation dans les prescrits constitutionnels reste une alternative á la condition que le changement s’inscrive dans un momentum politique préparé longtemps avant par des idéologues au pouvoir, enfin pour l’opposition haïtienne et l’internationale que les élections auront leur justification lorsque les candidats aux municipales législatives et présidentielles non achetables sortiront des primaires réalisées par deux ou trois partis politiques fortement implantés dans chaque section communale. « Pou moman jodia , nap blije bwe dlo santi a. Nou pa gen chwa, tout chwa yo rete nan men blan an ak pouvwa a ».