mercredi 10 juin 2009

Haïti / Salaire journalier minimum / Panser les plaies de l’injustice sociale !

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Le premier ministre, Madame Michèle Duvivier Pierre-Louis au Parlement, le 8 juin 2009
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Source: Le Matin, mercredi 10 juin 2009
Par Jacques Desrosiers

À l’ouverture de la dernière session constitutionnelle de la 48e législature, le lundi 8 juin 2009, le président de l’Assemblée nationale a signalé que l’Exécutif est encore dans le délai pour la promulgation de la proposition de loi portant le salaire minimum à deux cents gourdes, déjà votée au Parlement, ou pour présenter ses objections. Rappelant que les députés étaient partis immédiatement en vacances après le vote de la loi en question, le sénateur Kély C. Bastien a estimé impératif qu’elle soit de nouveau transmise au chef de l’État.
Votée par les deux Chambres, la loi portant le salaire minimum à deux cents gourdes a provoqué pas mal de réactions. Jusqu’à ce mardi, des étudiants de l’Université d’État d’Haïti ont continué de manifester avec casse pour forcer le président René Préval à la promulguer.
De l’avis du sénateur Kély C. Bastien, le vote de cette nouvelle loi sur le salaire minimum renouvelle l’engagement des parlementaires aux principes de justice et d’équité. Le président de l’Assemblée nationale a par ailleurs souligné que cette hausse du salaire minimum n’est pas de nature à satisfaire les problèmes de santé, d’éducation, de logement et d’alimentation des familles haïtiennes. « Néanmoins, elle peut contribuer à améliorer la situation des ménages ».
Le président de l’Assemblée nationale a salué les réactions favorables à la hausse du salaire journalier et condamné tous les actes de violence auxquels a donné lieu sa promulgation retardée. « Ces violences ne vont pas résoudre le problème », a dit le sénateur Kély C. Bastien qui a demandé aux autorités de libérer les étudiants arrêtés au cours des dernières manifestations. Il a appelé tous les secteurs concernés à s’asseoir en vue de trouver des compromis appropriés.
Selon le sénateur Bastien, l’initiative d’augmenter le salaire minimum parmi constitue une des décisions adoptées par le Parlement en vue de panser un certain nombre de plaies sociales. Le président de l’Assemblée nationale a également cité la proposition de loi sur la régulation des frais scolaires, déjà votée au Sénat, et en attente de la sanction de la Chambre des députés.
Dans son plaidoyer en faveur de l’environnement, la Première ministre Michèle Duvivier PierreLouis a appelé tous les secteurs à laisser de côté les querelles stériles et à mettre la mains à la pâte. « Notre pays s’en va, partout les villes sont en danger.
Les travaux que nous entreprenons : routes, profilage de rivières, constructions d’écoles entre autres et les millions de dollars qu’ils coûtent peuvent se retrouver à la mer, emportés par la furie des eaux si rien n’est fait pour arrêter le désastre », a lancé Michèle Duvivier PierreLouis. Côté gouvernemental, elle a informé de la création d’une commission sur l’aménagement du territoire.
La Première ministre a par ailleurs souligné les réalisations de certains ministères et déposé au Bureau de l’Assemblée nationale tout un lot de documents sur l’action gouvernementale. Question pour les parlementaires de se rendre compte eux-mêmes « que contrairement à une idée largement diffusée dans les médias et qui veut laisser croire que le gouvernement ne fait rien », le gouvernement n’est pas inactif. La Première ministre s’est félicitée de la tendance à la baisse de l’inflation qui, de « 20 % en septembre 2008 », est passé « à 1 % au mois de mars 2009 ». La stabilisation du taux de change à quarante gourdes pour un dollar est aussi pour elle un motif de satisfaction sur le plan économique.
Dans le domaine de l’agriculture, la Première ministre a noté les efforts du ministère concerné pour permettre au pays de se remettre des dégâts causés par les dernières intempéries. Michèle Duvivier Pierre-louis a souligné les travaux de réhabilitation et d’aménagement de structures hydro agricoles, la promotion de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture, la fourniture d’outils et d’équipements agricoles et la mise en place d’un système de crédit rural.Des réalisations dans les domaines des infrastructures, de la culture et de la sécurité ont été également soulignées.
Vers l’annulation d’une partie de la dette externe
Une des tâches prioritaires auxquelles les parlementaires doivent s’atteler au cours de cette session est le vote, cette semaine, de la loi sur la passation de marchés. Question de permettre au pays de bénéficier d’une réduction de plus de neuf cent millions de dollars des bailleurs de fonds et de cinquante millions du service du paiement de la dette externe. La Première ministre Michèle Duvivier PierreLouis a réclamé le bénéfice de l’urgence pour ce projet de loi. Le président du Sénat, Kély C. Bastien, a abondé dans le même sens.
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